PARENTS (Bob Balaban)

REALISATEUR

Bob Balaban

SCENARISTE

Christopher Hawthorne

DISTRIBUTION

Randy Quaid, Mary Beth Hurt, Sandy Dennis, Bryan Madorsky…

INFOS

Long métrage américain/canadien
Genre : horreur
Année de production : 1989

Premier long métrage réalisé par l’acteur Bob Balaban (Rencontres du troisième type, Gosford Park…), Parents propose une vision de la petite famille américaine des années 50 qui ne ressemble pas vraiment aux représentations de Norman Rockwell. Nick Laemle (nom choisi en hommage à Carl Laemmle, le fondateur d’Universal Pictures), sa femme Lily et leur fils Michael s’installent dans un nouveau pavillon de banlieue. Le petit Michael (Bryan Madorsky dans sa seule apparition à l’écran) n’est pas très causant et il est visiblement impressionné par la stature imposante de son géniteur…

Dès le début, il y a comme un malaise qui se dégage de ce petit cocon familial. Michael est visiblement plus proche de sa mère que de son père, sans que l’on ressente une véritable chaleur entre eux. La nuit, Michael est hanté par des rêves horribles, à la dominante rouge sang. Le scénario cultive dans un premier temps une certaine ambiguïté, en brouillant à une ou deux reprises la frontière entre cauchemar et réalité.

Une atmosphère étrange imprègne ce très bon petit film (et ce n’est pas juste parce qu’il ne dépasse pas les 80 mn, une durée bien maîtrisée), efficacement entretenue par les choix de mise en scène de Bob Balaban, les transitions entre certains plans au montage, le travail sur la photographie et la musique signée Angelo Badalamenti, fidèle collaborateur de David Lynch. Si Michael est perturbé, ce n’est pas uniquement parce qu’il a surpris ses parents en train de faire l’amour…car cette scène arrive bien dans le film mais il y a quelques détails qui la rendent encore plus dérangeante…

Il faut dire que les Laemle ont un rapport bien particulier avec la viande. Ils en mangent tout le temps, même au petit déjeuner. Michael, lui, n’y touche jamais…car il soupçonne une terrible vérité concernant la nature de la viande qui remplit en énorme quantité les réserves de ses parents. Bob Balaban amène les révélations progressivement, s’amusant avec le comportement des adultes lorsqu’ils ne savent pas que leurs enfants les observent, jouant sur la perception, le hors-champ, les sons sans trop recourir au gore (juste pour une poignée de scènes)…

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Aux côtés de Mary Beth Hurt dans le rôle de la maman, Randy Quaid (Independence Day) est très bon en père inquiétant qui détourne l’image de la figure d’autorité stricte, travailleuse et protectrice. Sa personnalité est l’un des éléments qui font bien monter la tension avant de la faire exploser lors du final. En amenant l’horreur dans des situations apparemment banales, Bob Balaban a signé un suspense prenant, avec un bon crescendo…

…et un dernier plan qui continue de faire planer le doute dans l’esprit torturé du petit Michael…

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