PLUS CON ON TUE ! (Guy Vidal / Alain Bignon)

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Sortie en 1983, cette BD est réalisée par la même équipe de celle d’Une éducation algérienne, qui avait fait grand bruit au sein de la presse française, quel que soit le bord politique.

Ici, on suit plusieurs vies (une assistante de direction trentenaire, un jeune journaliste, et surtout, une bande de terroristes politiques) qui vont tous finir au même endroit, dans le même quartier. parce que c’est aussi la vie d’un quartier, son bar du coin, le petit resto du midi, etc. … une vie assez classique de l’époque (et encore d’aujourd’hui, d’avant les masques), où l’autre montre que certains de ces persos peuvent être nous. Et ça ajoute complètement encore plus d’effet avec ce final presque inattendu (disons qu’on le sent venir quelques cases avant), mais avec un effet assez glaçant en fait. Critiquer le terrorisme, c’est comme critiquer la maladie ou les guerres, mais ici, j’ai l’impression que la volonté de l’auteur est surtout de parler des victimes (enfin, finir la BD avec celle-ci, parce que rien n’indique avant les 5 dernières pages que ce sera ce propos). En tout cas, ça m’a fait un drôle d’effet, et j’ai pas voulu rester avec celui-ci avant de dormir. Et on peut dire que cette BD n’a finalement pas pris une ride dans le propos.

Le dessin de Bignon est assez anguleux. Pour un récit réaliste, son dessin ne rentre pas dans le réalisme à la Martin, Vance ou autres du même genre. Je m’y suis habitué au fil des pages, pas forcément mon style préféré, mais j’aime bien son encrage qui me rappelle un peu celui de Risso.