RED HOOD #1 (Gretchen Felker-Martin / Jeff Spokes)

Le savait-elle ?

Je serais curieux de l entendre en itw aujourd’hui.

Vu ses déclarations sur kirk ou sur les flics par exemple, on peut sans doute supposer son positionnement politique.

Comment son expérience d etre cancellée va t elle l affecter et affecter ses idées politiques ?

Et puis d autre dans le monde des comics, dans le monde des journalistes de comics, en France aussi, ont refusé avec acharnement de comprendre ce que la critique du “wokisme” pouvait toucher de juste. Malgré les explications les plus posées, les plus calmes, et parfois des explications moins calmes et plus virulentes, c est à une fin de non recevoir que je me suis avec d autres heurté.

Est ce que cet événement va les faire repenser la question ? Ou est ce que c est la calomnie de kirk qui va l emporter, pour s atterrer d à quel point le monde est devenu fou ? De ca aussi je suis curieux.

Mais là, tu t’égares.

Juste les faits. En quoi le fait que le mec soit ultra-conservateur permet à cette auteure d’écrire un truc aussi pourri?

Elle a le droit de l’écrire sur SON réseau social, de le penser aussi. De son côté, DC a aussi le droit d’arrêter les frais en optant pour ce choix car le tweet est ce qu’il est. Haineux.

Je (re)précise que mon post concerne l’acte d’un éditeur majeur d’annuler une série.

D’ailleurs, de mémoire de chacun, a-t-on déjà connu une annulation soudaine et immédiate d’une série suite à un événement du genre? C’est très radical.

Non, je ne crois pas.

Je suis assez rétif à l idée qu un employeur puisse licencier quelqu un pour des propos qui ne tomberaient pas sous le coup de la loi et sachant que chacun est libre de trouver haineux tel ou tel propos, le fait de dire que tel propos est haineux me semble dinc un motif tres faible pour un licenciement.

Un raisonnement métonymique, par association, peut transformer n importe quel propos en propos haineux.

Je peux estimer par exemple que le fait de trouver haineux le propos de quelqu un est en soi un propos haineux contre cette personne et que donc ton propos à toi aussi est haineux.

La dénonciation du propos haineux est toujours un raisonnement et comme tel il est ouvert au débat. D ailleurs, en passant par la loi, on impose le débat, justement, devant un juge pour tenter de sortir du fait majoritaire.

DC a évoqué une clause contractuelle pour licencier, et donc l’irrespect du contrat par la scénariste :

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Et qui évalue la perception ?

Je cherche à préciser les enjeux tel que je les perçois dans la société américaine et selon son rapport au free speech.

Un pan entier du “wokisme” cherchait à limiter la liberté d expression.

Là aux states, les maga font leur l idée que “la liberté d expression n est pas la liberté vis à vis des conséquences”, ce qui etait le crédo des “wokes” jusque là lorsqu ils ont theorisé le hate speech.

L un et l autre n en passent pas par la loi du fait de l importance du free speech chez les ricains. En découle tout un tas de questions épineuses que fait semblant d ignorer celui dont l ideologie dicte la perception. En gros : ce sont les campagnes de lynchage médiatique qui donne le las. Le “wokisme” venant de perdre la dominance idéologique, ce sont contre eux que se font les campagnes. C est ce qui se passe actuellement aux states.

En France ou en Europe ou même en Angleterre, il y a une longue tradition de limitation de liberté d expression par la loi. En découle des problématiques tres differentes tournant autour de l abus de pouvoir de l etat.

Je trouve intéressant de comprendre ces différences pour comprendre ce qui est en jeu politiquement et qui depend des traditions differentes entourant la liberté d expression.

L’employeur.
Mais ça, c’est le cas partout. Qui évalue la perception d’un harcèlement moral ou d’une incitation à l’effort ? Qui évalue des objectifs ambitieux ou inatteignables ? Qui évalue la complémentarité d’un salarié avec son binôme ?
C’est l’employeur, avec potentiellement reprise contraire par le juge. Mais il y a bien une perception, et elle n’est pas publique ou démocratique. Elle est de base contractuelle, via la subordination à l’employeur ; puis judiciaire, le cas échéant.

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Et devant quel juge un américain peut se tourner pour contester ce licenciement, tu saurais ?

Est ce que tu penses qu en France, on pourrait etre licencié pour ce tweet ?

Je ne sais pas.
Je ne sais déjà pas quel est le régime juridique de la relation entre scénariste et éditeur.

Clairement oui.
Mais pas Monsieur Tout le monde, ou Madame X. Il faudrait que la personne concernée ait un emploi public, un job de prestation personnelle auprès du public où son nom et son activité sont de facto liées à l’entreprise.
Par exemple, un porte-parole d’entreprise, ou un designer de mode. John Galiano a été viré non pas pour un tweet mais des déclarations que son employeur n’a pas acceptées car il était alors le visage de la marque.

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Pour jouer sur une room de poker où j’ai vu plus d’une fois des zèbres faire des “sale juif” sur le chat, je peux te dire qu’il y a des propos haineux qui ne relèvent pas du débat. Et ça ne date pas du 7 octobre 2023.
Moi, dans ce genre de cas, je balance direct à la room.

Je me fous d’ailleurs de la nature de la haine : homophobie assumée, propos raciste… je balance tout pareil.

Je n’ai pas suivi le débat sur le wokisme. Si débat il y a eu.
Je ne sais pas à quoi tiennent les arguments que tu poses sur le sujet.
Mais j’avoue qu’à l’époque où nous vivons, j’ai du mal à voir les “wokes” comme le problème majeur de nos sociétés.
Et ceux qui le “combattent” ne sont pas… comment dire… les plus démocrates/progressistes.

Le soucis avec la question du problème “majeur”, c est que cela a tendance à disqualifier l idée même que ce soit un problème.

Le “wokisme”, ou ce que je préfère appeler le tournant identitaire de la gauche, n etait lui-meme pas très démocrate ni très progressite puis qu il réhabilitait la notion de race, la censure et la régression de la politique à la morale.

En l occurrence, il ne sera plus un problème aux states mais avec l assassinat de kirk, si tu suis la politique américaine, tu peux constater que les maga s approprient désormais ses pratiques en les inversant alors qu ils ont fait campagne notamment contre ces pratiques au nom du free speech.

JD Vance a fait il y a quelque mois un discours aux européens sur ce sujet, expliquant que l europe n etait plus démocratique parce qu elle renonczit à la liberté d expression en tentant par la loi d empecher les discours “haineux” sur les rs. Or là JD Vance appelle à un doxing de masse de tout ceux qui se sont félicités de l assassinat de Kirk. On ne peut pas faire retournement plus complet.

Si tu veux on peut dire qu avec cet assassinat on assiste à la naissance d un “wokisme” de droite qui va etre autrement plus fort parce que lui peut s appuyer sur une réelle majorité. La droite sera toujours plus forte que la gauche sur la morale et la censure et c etait entre autre bien le problème, majeur ou non, de les rehabiliter.

Oui. des arrêts comme ça il y en a eu.

c’est un propos qui ne rentre pas dans les valeurs de la société et oui on peut être viré pour ça surtout pour des personnes publiques.

Ce sont quoi les valeurs de la société ? Si demain la société décide que le fait d alerter sur les risques que le discours “trans” contient est contraire à ses valeurs, que fait on ?

Si demain l etat décide que refuser qu un travesti puisse aller dans les toilettes des femmes est un discours de haine, que fait on ?

Tout cela est arrivé aux states ou en Angleterre. Des femmes furent licenciées de leur emploi pour avoir refusé de partager leur vestiaire avec des travestis, des médecins, des psy furent blacklistés pour s etre opposés à l automaticité de la transition de genre sur simple déclaration.

Ce “wokisme” fut un moteur important de rejet des democrates aux etats unis et donc un moteur de l élection de trump.

Ca devrait nous apprendre à y regarder à deux fois lorsqu on brandit les valeurs de la société comme une évidence, je trouve.

Donc pour en revenir au sujet de la scénariste, la violence de ses propos parait en effet plus évidente que ne l etait la violence des discours dit transphobes, voilence qui, elle, necessitait tout un raisonnement pour être “demontrée”. Mais si les propos de la scénariste ne transgressent aucune loi, pourquoi devrait on trouver son licenciement si évident que cela ?

Est ce que ce n est pas un pouvoir un peu trop grand que celui laissé aux entreprises privées de pouvoir de se réclamer de valeurs ?

On devrait faire plus attention, je trouve, à la distinction entre principe et valeur, l un doit être explicité comme l est le principe de laïcité quand l autre, les valeurs, préserve un flou qui ouvre trop à l arbitraire.

Les principes sont politiques, les valeurs sont morales.

My two cents

Je pense que @KabFC employait le mot « société » comme synonyme d’entreprise, pas société sociale ou civilisation.

Je pense aussi. Ca fonctionne dans les deux sens, cf la conclusion sur les entreprise privée

Les valeurs d’une entreprise sont changeantes, évidemment, ou absentes, mais celles qui disent en avoir les mettent suffisamment en avant pour ne souffrir aucun dépassement de ligne par les salariés.
A l’heure d’une accélération du retrait de l’Etat dans le quotidien des citoyens, voulue et accélérée par des générations de politiciens, les entreprises commerciales viennent volontairement « compenser » cette absence en se plaçant comme nouveaux garants de valeurs et d’esprits jadis liés à l’Etat.
Google en méga famille de la tech positive, les entreprises à mission en France jouent sur ces tableaux, avec plus ou moins de cynisme.

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Sauf quand ça concerne le pognon.

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Puisque le sujet est la censure ou non dans le champ culturel :

Sophia Aram : « Le jour où j’ai été annulée » Sophia Aram face à la censure de la gauche culturelle : « le jour où j'ai été annulée » #Politique via @LePoint

CHRONIQUE. Pour l’humoriste, ê@LePointre artiste aujourd’hui, c’est simple : il faut réciter le catéchisme anti-israélien. À défaut, la gauche culturelle ne vous donnera plus droit de cité.

Par Sophia Aram

Publié le 17/09/2025 à 20:00

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Sa décision est sans appel. Il ne verra pas mon spectacle et il ne le mettra pas à l’affiche. Parce que, comme me l’écrit ce programmateur en 2024, « si, en octobre, nous devons tous nous retrouver pour qualifier le Hamas de groupe terroriste, en mai, nous devons affirmer avec la même force le comportement insupportable et génocidaire du gouvernement de Netanyahou ». Et ça, je ne l’ai pas fait.

Me voilà donc « annulée » faute d’avoir exprimé une opinion conforme à celle d’un responsable de scène nationale utilisant son pouvoir, l’argent du ministère de la Culture et de la région Grand Est pour m’encourager à suivre ses opinions sur Gaza.

« Libérer la Palestine de la mer au Jourdain »

Et, s’il l’écrit, c’est qu’il est convaincu d’agir pour le camp du bien mais aussi parce qu’une partie de ses collègues (qui n’auront pas tous la bêtise de l’écrire) partagent l’idée qu’ils ne sauraient programmer des artistes n’ayant pas publiquement accusé Israël de génocide.

Voilà comment la gauche culturelle mène la guerre contre ceux qui refusent de qualifier Israël d’« État génocidaire », d’appeler à « libérer la Palestine de la mer au Jourdain » et donc d’appeler à l’éradication d’Israël.

Il y a quelques semaines, pour avoir exprimé des opinions contraires à celle de la maire de Besançon au sujet de la possibilité ou non de trouver à Gaza des journalistes indépendants du Hamas, Raphaël Enthoven se verra déprogrammé puis, face au tollé, reprogrammé au festival littéraire Livres dans la boucle pour un livre sur sa mère qui, faut-il le préciser, n’a jamais été impliquée dans aucun bombardement.

À lire aussi : Festival du livre : la maire de Besançon rétropédale, Raphaël Enthoven « ravi de cet épilogue »

Critère de recrutement

Puis la traductrice Bérengère Viennot sera déprogrammée, en raison de sa position sur la question palestinienne, d’un débat sur… la parole totalitaire ! Pour les organisateurs d’un festival à Douarnenez, lutter contre le totalitarisme serait donc compatible avec le délit d’opinion.

À lire aussi : Pourquoi le monde entier se focalise sur Gaza et pas sur les autres guerres

À Gand, les organisateurs du Festival de Flandre ont déprogrammé Lahav Shani en invoquant l’absence de « position claire » du chef d’orchestre israélien, dont le rôle au sein de l’Orchestre philharmonique d’Israël ne saurait garantir « sa distance » vis-à-vis du « régime génocidaire de Tel-Aviv » ! Que Lahav Shani appelle à la paix et prône le dialogue et la réconciliation n’y changera rien. S’il veut travailler, il doit prononcer les mots magiques en qualifiant Israël d’« État génocidaire ».

De son côté, l’association culturelle Zirlib, dirigée par le metteur en scène Mohamed El Khatib, exige que les candidats à un emploi soient « sans condition, pour la reconnaissance immédiate d’un État palestinien ». Une opinion apparemment indispensable si on veut coordonner et développer des centres d’art… en Ehpad.

Une condamnation sans procès ni argument

J’arrête les exemples et je vous laisse imaginer le nombre d’artistes qui préféreront se taire ou conformer leur parole publique à des opinions plus compatibles avec leur survie alimentaire.

Il y a la crainte de se retrouver banni par cette gauche culturelle en pleine radicalisation, mais aussi la peur. Celle d’être désigné comme « complice-d’un-génocide-en-cours ». Une condamnation sans procès ni argument dont l’objectif est de vous déshumaniser, de vous rendre infréquentable, infâme et vulnérable. D’autres finiront le travail. Ce sera une déprogrammation, une lettre d’insulte, une menace, une gifle ou une balle dans le cou. Peu importe le prix puisqu’ils sont du bon côté de l’Histoire.

Voilà comment, sans être « au pouvoir », de petits apparatchiks de la « gauche culturelle » essayent d’imposer leur idéologie et faire taire leurs contradicteurs avec la conviction de « faire le bien » tout en soulageant leur conscience à peu de frais.

Ouais, c’est flippant.

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C est le second late show qui saute et sans doute que le deuxième.

Les late show sont des hauts lieux de satire politique aux etats unis.