RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Absolument d’accord sur tous ces points, j’adore aussi l’épisode en question, sans l’ombre d’un super-vilain à l’horizon.
Pour la sortie des codes millériens, j’abonde ; en un sens ce que fait Waid en ce moment me semble un peu dans la même logique, qui consiste à raccorder D.D. plus fortement au reste du Marvelverse (Nocenti ramène Mephisto, les Inhumains, Ultron…), même si Miller l’a fait en quelques occasions, avec Hulk ou les Heroes for Hire.

Kesel avait tenté de son côté de trouver un équilibre entre le drame « noir » à la Miller et la sitcom à la Stan Lee. Il avait créé le personnage de la mère de Foggy (super personnage au demeurant), il s’amusait à donner un chien d’aveugle à Matt, et somme toute à renouer avec le jeu sur les apparences et les faux-semblants qu’avait proposé Lee (avant que Thomas puis surtout Conway glissent vers le sérieux, quoi…).
Cela dit, à relire les Miller, ça ne manque pas d’humour : Turk et Grotto, les blagues de Foggy, l’épisode avec le Stilt Man, l’épisode « Foggy Nelson Private Eye », sans compter un humour noir nettement plus diffus.
L’air de rien, Daredevil se prête assez bien à l’humour, même si les derniers scénaristes avant Waid semblaient l’avoir un peu oublié…

Jim

Vendredi, j’ai fait ma petite razzia trimestrielle chez Pulps. Je me suis précipité notamment sur cet Essential Captain Marvel tome 2, qui contient la période Starlin (un total must have de toute l’histoire de Marvel, j’ai pas d’autres mots), mais également l’immédiate reprise de la série par deux potes de Starlin, Steve Englehart et Al Milgrom.
Je considère la série Captain Marvel, à partir de Starlin, comme une très excellente série qui ne démérite plus jusqu’à la fin, les épisodes allant du bon (les Scott Edelman, avec le Docteur Minerva…) à l’excellent (les Doug Moench / Pat Broderick, avec ISaac l’ordinateur fou…). Et j’ai conservé des épisodes d’Englehart / Milgrom un excellent souvenir dans leur VF dans Strange. Notamment la saga du « procès du Gardien ». Ce sont ces trois épisodes que j’ai relus samedi soir, et c’est un grand plaisir : Captain Marvel affronte la fameuse « Légion Lunatique » qui vient de lui envoyer Nitro ou Nimrod sur le râble, et découvre un groupuscule de puritains krees racistes et suprémacistes qui cherchent querelle (et vengeance) aux sang-mêlés comme Mar-Vell. Et il se trouve qu’Uatu le Gardien s’est allié à eux, alliance qu’il regrette. Il se retourne contre ses tristes associés et, trahissant son vœu de non-intervention, décide de passer devant le jugement de ses pairs. Bon, tout ça, la parabole sur le racisme et le portrait d’une machine judiciaire sans frein dans les pentes, je m’en souvenais vaguement. Ce que j’avais oublié, c’est que Rick Jones, dans les mêmes épisodes, après un coup de fatigue, prend de la « vitamine C » que lui a donné une copine du milieu du spectacle. La capsule contient cependant des produits aux effets plus notables. Et il se retrouve en plein trip. Mais comme Rick et Mar-Vell partagent à l’époque la symbiose qui leur permet d’intervertir leurs corps, le trip hallucinatoire de Rick, Mar-Vell le vit (et le voit) aussi. Et ça, je ne m’en rappelais pas du tout (faudrait que je retrouve mes vieux Strange, pour voir s’ils avaient davantage édulcoré le récit qu’Englehart avait déjà bien déguisé). Toujours est-il que c’est sous le coup de cette « Vitamine C » que les deux héros parviennent à court-circuiter la fusion de leur corps et à apparaître tous les deux en même temps dans le même univers. Il est même précisé que la « conscience cosmique » (joli trip, ça, déjà…) et les autres pouvoirs de Mar-Vell sont décuplés.
Étonnant.
J’ai même du mal à savoir si Englehart a écrit cela dans la lignée des épisodes de Starlin, à savoir comme une illustration souriante et presque admirative des paradis artificiels, ou bien comme une gentille moquerie des orientations narratives de son prédécesseur et collègue, dont il décortique les limites et qu’il utilise pour sortir d’une situation répétitive (« choquons nos néga-bracelets l’un contre l’autre pour nous sortir de ce pétrin et retomber dans un autre », en gros…).
Mais toujours est-il que je trouve ces épisodes proprement hallucinants, et ce à plusieurs niveaux.
Je vais entamer la suite (qui n’est pas piquée des hannetons non plus) dans pas longtemps : redécouverte formidable.

Jim

C’est dans ces épisodes que Rick Jones affronte brièvement Annihilus ?
(je me rappelle également d’un épisode avec l’affrontement entre Mar-Vell et Drax, qui voit la première apparition d’Elysius)
Si c’est le cas j’en garde également un très bon souvenir…

Voilà.

Ça, c’est plus tard, c’est au début de la saga d’Isaac, par Doug Moench et Pat Broderick. Et c’est dans Titans.

Comme je disais, la série, à partir de Starlin, est vraiment d’excellente qualité tout du long. Même les épisodes de Scott Edelman, un peu plus faibles, sont d’une excellente facture.
Et les Moench / Broderick retrouve la magie, l’ampleur et la portée des Starlin, je trouve.

Jim


Après avoir lu The Other Side de Aaron, j’en ai profité pour lire une autre série de référence sur la guerre du Viêt nam, à savoir The Nam.
Le premier tpb regroupe les dix premiers numéros dessinés pour la plupart par Michael Golden, scénarisés par Doug Murray et édité par Larry Hama (tous deux vétérans de cette même guerre).
Le pitch de départ est qu’elle se veut plus réaliste (un an de publication correspond à un an de service pour les personnages) du moins au départ.
Ces épisodes sont vraiment pas mal, Golden est très en forme graphiquement, son style cartoony fonctionnant finalement assez bien dans ce genre de récit.
De ce que j’ai pu lire, ces épisodes sont clairement les meilleurs de la série, qui aura ensuite souffert du départ de Hama et de la baisse des ventes dans les 90’s…

Pour une fois, je ne vais pas parler d’un TPB que j’ai découvert, mais d’un TPB que j’appelle de mes vœux.

Vendredi dernier, j’ai pris le temps d’explorer le rayon des back issues soldées chez Pulps. Des bacs à 50 centimes, c’est toujours intéressant. Parmi beaucoup de comics des années 2000, j’ai trouvé quelques comics des années 1990 et même une ou deux pièces des années 1980. Et j’ai notamment retrouvé un numéro de Ka-Zar the Savage, la série animée par Bruce Jones dans les années 1980, et dont certains épisodes avaient en droit à des traductions désordonnées chez Artima. En son temps, j’avais retrouvé quelques épisodes de la suite, qui semble vraiment sympa. Il y a notamment une saga où, si j’ai bien compris, Ka-Zar est considéré comme mort, mais récupéré par ses ennemis et vaguement zombifié*, tandis que Shanna essaie de le retrouver et tient la vedette de la série.
J’ai donc retrouvé le #17.

Dessin de Ron Frenz, encré par Steve Mitchell, dans une association assez étonnante. Le récit intérieur est assez décalé (comme l’annonce la couverture), et le travail de lettrage, de Janice Chiang, est somptueux, offrant deux typos différentes pour deux types de voix off, qui elles-mêmes jouent sur le cliché du narrateur de roman noir. Formidable.
Et là, face à de telles couvertures, de si appétissantes bribes de saga, je me demande ce qu’attend Marvel pour rééditer toutes les histoires du personnage. Personnellement, c’est cette série qui m’intéresse le plus, mais les précédentes ont été servies par des dessinateurs comme John Buscema, donc c’est jamais à négliger.
Deux trois bons gros Essentials seraient une excellente surprise.
Ma foi, l’ensemble du patrimoine de Marvel commence à être réédité in extenso, lentement mais sûrement. J’ai longtemps espéré une compilation des Doctor Strange de Stern, et elle est aujourd’hui presque complète, Captain Marvel et Sub-Mariner, c’est en route, et plein d’autres choses qui valent sérieusement le détour. À quand Ka-Zar ? À chaque fois que je tombe sur un épisode, c’est toujours un grand plaisir.
Vivement !

Jim

  • Cela m’évoque la série Shadow d’Andy Helfer et Kyle Baker, que DC a publié dans la foulée des Sienkiewicz, mais que je n’ai pas lus non plus. Purée, il y en a, des TPB qui mériteraient de se faire !!!

A part “The Other Side” et “The Nam”, y’a pas grand chose sur la guerre du Vietnam, non ? Quand on voit la profusion de projets cinématographiques sur le sujet, c’est un peu chiche…

Celui dont je parle se situe plutôt aux alentours de Strange 87-88 avec les Null-Trons.

Période Englehart, donc. Mais Elysius n’y apparaît pas, je crois.

Jim

Je me rappelle d’une brune mystérieuse, j’ai sans doute cru que c’était Elysius en raison de la scène flashback de La mort de Captain Marvel où elle attaque Mar-Vell et Drax avec des serpents…

Je vais ressortir le recueil dans la journée, pour voir…

Jim

L’attaque des serpents avec Elysius, c’est dans Titans 26.

Et il me semble bien que l’épisode précédent marque la première apparition de ce personnage.

Cette série à l’air vraiment pas mal, notamment les épisodes de Brent Anderson avec Belasco.
En plus, j’ai vu qu’il y avait également des back-ups dévoilant l’origine de Zabu dessiné par le grand Gil Kane !!!

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Tu attends que je rentre chez moi demain et je te dis ça ce WE. J’ai la Guerre dans la BD chez Eyrolles et je devrais pouvoir t’apporter deux trois trucs sur le sujet !

(sinon, y a l’excellent Blazing Combat chez Akileos ( france-comics.com/article.ph … ticle=4965 ) et y a sûrement des épisodes qui concernent le Vietnam dans Frontline Combat. Jim ?)

Ah ben merci pour ces infos déjà, je ne connais pas les deux titres que tu cites là…

Il y a aussi Punisher : Born, même si c’est moins lié au conflit en lui-même qu’à la construction de celui qui deviendra le Punisher, et aussi quelques épisodes récents de la série Fury Max de Garth Ennis qui traitent du sujet. Je n’ai pas lu ses War stories ou ses autres comic books de guerre, mais ce ne serait pas impossible qu’il ait abordé le sujet ailleurs encore.

Il y a aussi l’excellent Mon dernier jour au Vietnam de Will Eisner.

Ah oui, le Will Eisner, celui-là j’aurais dû y penser…

Bon, en fin de compte ça commence à en faire, des récits sur le Viet-Nam. Je dois dire que j’ai vraiment une connaissance très limitée des comics de guerre, sans être pourtant allergique au genre comme Nemo.

Alors pour avoir ressorti l’Essential et m’être replongé dans les épisodes d’Englehart (excellents, au demeurant, je te remercie de m’avoir conduit à y remettre le nez), je confirme : tu as mixé les deux périodes.
Dans les épisodes d’Englehart (traduits dans Strange), Rick Jones rencontre une jolie brune dévêtue appelée Fawn (je sais pas comment c’était en VF), qui le conduit, séductrice, aux Null-Trons. L’action commence grosso modo quand Captain Marvel se fritte, sur deux épisodes, avec Drax. C’est peut-être là la raison de ta confusion.
Et donc, dans les épisodes de Moench (traduits dans Titans), Captain Marvel rencontre à nouveau Drax, à nouveau il se bat contre lui, et c’est dans le cadre de l’offensive d’Isaac qu’il finit par rencontrer une autre brune, jolie mais nettement plus capiteuse et mystérieuse, Elysius.
Personnellement, la période Moench me semble être le second moment fort de la série, après les Starlin. Mais les Englehart sont quand même vachement chouettes aussi.

Jim