RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Non, retour assez raté, c’est sûr !

Venant d’acquérir les visionaries, j’ai relu les débuts de la série dont je garde un très bon souvenir (au même tire que les X-Men de Silvestri/Green et du Wolverine de Buscema/Williamson).
Le duo fonctionne très bien, notamment dans l’utilisation d’un ton humoristique/décalé salvateur qui contraste avec le côté plus sombre des autres séries X de l’époque, accentuant ainsi l’aspect fun de la série (mention spéciale au tie-in d’Inferno).

Les personnages sont bien caractérisés et fonctionnent parfaitement ensemble (notamment le triangle amoureux Kurt/Meggan/Brian) grâce à la maîtrise de Claremont qui use (et abuse ?) de sub-plots et utilise pas mal d’éléments de continuité, qui rappellent que la série s’inscrit dans la lignée du Captain Britain de Marvel UK.
Davis quant à lui réalise un des ses meilleurs travaux, sa version de Diablo restant encore aujourd’hui ma préférée.
Avec le recul, je me rend compte à quel point la série était inégale sans lui, en ce sens il est véritablement l’âme de la série, et de ce point de vue je trouve son second run en solo encore meilleur.

Je m’interroge beaucoup sur cette collection « Epic », qui me semble être le successeur de la collection Essential. Sauf que là, c’est en couleurs. Mais ce sont de gros pavés, qui couvrent une vingtaine de numéros, et offrent donc un intérêt historique, en plus de narratif, évident.
J’avais feuilleté le tome consacré aux Fantastic Four d’Englehart, contenant également la mini-série Fantastic Four vs X-Men, de Claremont et Bogdanove. Et le menu m’avait semblé un peu fourre-tout.
Hier, j’ai feuilleté celui-ci, qui reprend le court run, quoique formidable, de Rober Stern et John Byrne, ainsi que les épisodes qui suivent, annonçant l’imminente prestation de DeMatteis et Zeck (et non moins formidable : un truc à lire ab-so-lu-ment).
Je suis tenté, mais en même temps très perplexe : parce que mettre les Stern / Byrne avec ce qui suit (et qui est moins bon et plus désordonné), ça donne là encore une impression de fourre-tout. Cela dit, l’intérêt historique est évident, puisque la série est replongée dans son jus.
Autre gros avantage : la reproduction des planches crayonnées et colorisées, mais ni lettrées ni encrées, de l’épisode que Stern et Byrne n’ont jamais fini. Là encore, sacré document d’archive. Accompagné de reproductions de planches originales, qui me semblent provenir de sites internet (c’est les mêmes que celles que j’ai vues un peu partout). Mais qu’importe, là encore, l’intérêt historique est là.
Donc cette collection « Epic » me semble un compromis équilibriste entre le bouquin pour amateur qui sélectionne et le tome pour complétiste. Un peu bizarre.
Une chose est sûre, question quantité, on n’est pas blousé.

Jim

Bon, ça, j’ai en noir et blanc en format Essential. Mais je conseille vivement. C’est un sommet. Point barre. Et y a les deux Annuals qui concluent le cycle, et qui constituent une merveille graphique et épique à eux seuls ! Starlin à son meilleur, et l’un des plus formidables comics cosmiques* de tous les temps.

Jim

  • "comics cosmiques : répétez ça vingt fois, pour voir !

Thanos a essayé, ça a mal tourné pour lui… :smiling_imp:

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THOR EPIC COLLECTION: A KINGDOM LOST TPB
Volume 11 in the Thor Epic Collection
Written by CHRIS CLAREMONT & ALAN ZELENETZ
Penciled by KEITH POLLARD with RICK LEONARDI, GIL KANE, ALAN KUPPERBERG, LUKE McDONNELL & BOB HALL
Cover by GIL KANE
Thor returns to Earth, but the enemies of Asgard aren’t going to wait for him back home! Foes fit for a god one and all — from the Wrecking Crew and Galactus’ heralds Gabriel and Firelord to the Frost Giants and Drax the Destroyer — come for a piece of the Asgardian Avenger! Speaking of Avengers, Thor teams up with Iron Man to confront some of the strangest and most gruesome villains in the Marvel Universe, even as Loki conspires to pit his half-brother against the stone men of Easter Island and the great dragon Fafnir! Topping off this epic are new Tales of Asgard, and two action-packed Annual adventures featuring Odin vs. Dormammu — and Thor, joined with the gods of countless pantheons, against the fearsome God-Eater! Collecting THOR (1966) #303-319 and ANNUAL #9-10.
480 PGS./Rated T …$34.99
ISBN: 978-0-7851-8862-9

Ouh là là, complètement inédit en VF, ça (ça devient rare, quand même, les TPB qui constituent de vraies découvertes…). Et jamais lu (à part un épisode isolé que j’ai déniché dans un bac à solde…). Purée, ça, je crois que je vais pas hésiter longtemps !

Effectivement, je n’ai pas hésité longtemps. J’étais chez Pulps, il y avait plein de monde, et mon éditeur m’attendait, donc fallait que je fasse vite. Et quand j’ai vu ce tome, bien épais, hop, j’ai sauté dessus.

Pour reprendre une argumentation évoquée récemment dans d’autres discussions, effectivement, trente-cinq dollars, c’est cher. Mais en même temps, on a une vingtaine d’épisodes, donc ça reste assez copieux.
De même, nous évoquions, dans dont je vous conseille la fréquentation assidue, bande de distraitsViens dans mon comic strip, le fait que de nombreuses séries importantes de Marvel ou DC connaissent de grands trous de traductions, des périodes entières, bonnes ou moins bonnes, que les lecteurs franco-belges n’ont pas eu l’occasion de juger par eux-mêmes.
Thor est de ces séries, qui pendant longtemps a vu une presque centaine de ses épisodes demeurer inédits. Désormais, le run brillantissime de Walt Simonson est disponible en VF, mais il reste une quarantaine (au bas mot) d’épisodes oubliés, se situant entre la prestation de Roy Thomas, passionnante au début puis alourdie par une volonté de goupiller la mythologie nordique, les apports de Kirby (Eternals…) et la continuité Marvel (ça reste super, mais c’est quand même un peu étouffe-chrétien à la lecture, malgré l’énergie des dessins de Keith Pollard) et l’électrochoc qu’a été le règne de Simonson.

Et comme je le disais plus haut, personnellement, je ne connais pas. Je n’ai qu’un épisode, écrit par Zelenetz et dessiné par un Leonardi débutant (que l’encrage de Chic Stone rend méconnaissable). Et donc, je découvre que cette période est écrite par Doug Moench, qui s’installe sur la série alors que Gruenwald et Macchio ont fait l’intérim après le départ de Thomas et ont imposé une back-up, le retour des « Tales of Asgard », dans le sommaire.
Ça aussi, pour moi, c’est une découverte : je pensais que cette back-up, inventée par Kirby à une époque où il tente de garder la main sur la série et explore le fond folklorique de son univers, n’était revenue dans la série qu’à l’occasion du long run de Tom DeFalco (très sympa aussi, d’ailleurs). Mais en fait, bah non ! Et ce que font Gruenwald et Macchio, c’est utiliser ce récit de complément pour faire avancer les choses, notamment autour de Balder. Donc le récit n’est plus déconnecté de la continuité mais fait avancer l’univers.

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Chose intéressante, Moench, une fois qu’il s’est installé, essaie au contraire de sortir Thor de son univers asgardien. Moi, j’aime bien Moench. Je me souviens d’un commentaire dans Scarce qui, à l’occasion d’un article sur Claremont, disait en substance que le style de Claremont était immédiatement reconnaissable, contrairement à, par exemple, Doug Moench. Moi, je ne trouve pas. Moench est un grand amateur de pulps et ça se ressent sur plein de ses récits, où l’on retrouve une ambiance un peu « polar fantastique » (c’est sensible sur Master of Kung-Fu ou Batman…), et des thématiques, comme par exemple les civilisations disparues (un thème exploité dans ses Fantastic Four, que je n’ai pas aimé à l’époque, et que je devrais relire, si j’étais courageux, histoire de me mettre des claques pour être passé à côté de quelque chose…).
Là, c’est un peu pareil. Qui plus est, afin d’animer ses intrigues, il puise au patrimoine d’autres séries, notamment Hulk. Thor se retrouve opposé à la Bi-Beast ou au Man-Beast (oui, je sais, il est apparu dans Thor, mais il a surtout été développé autour d’Adam Warlock et Hulk). Ça donne l’impression que la série cherche à sortir de sa sphère habituelle, ce qui n’est pas désagréable et tout à l’honneur de Moench.
Parfois, c’est un peu maladroit : l’affrontement avec Mephisto ne fait qu’un épisode (très beau, cela dit), là où un tel antagoniste aurait bien mérité un peu plus long. Si Moench place son action bien souvent sur Terre (Thor ayant décidé de se consacrer à la protection de Midgard, ce qui finira par lui jouer des tours), il s’occupe également de Donald Blake. Ce dernier n’exerçant plus en tant que médecin libéral, il intègre l’équipe d’une clinique de quartier, où il pratique la chirurgie. Mais ses obligations super-héroïques le conduisent à s’éloigner d’un patient qui décède (à l’occasion d’un récit à tonalité sociale comme Marvel savait en produire à cette époque, à la fois audacieux dans son propos et balourd dans sa démonstration), ce qui lui vaut d’être soumis au jugement de ses pairs. Dans le même temps, le dieu du tonnerre, à l’instigation de Tyr le dieu de la guerre, fait lui aussi l’objet d’un procès en Asgard (pour désertion, faisons court). Une fois la situation résolue, le héros au marteau retourne sur Terre, tandis que Blake retrouve une amie du temps de ses études, ce qui lui permet d’envisager de nouvelles perspectives de carrière tout en laissant entrer dans sa vie un nouvel « intérêt sentimental ».

Ah, et puis on trouve dans ce recueil la première apparition de Demogorge, le God-Eater qui tient une place importante dans le run de Greg Pak et Fred Van Lente sur Incredible Hercules (quoi, vous n’avez pas lu ça ? Lâchez immédiatement vos Avengers, Uncanny X-Men et autres inepties, et allez rattraper votre retard, non mais…). Je pensais que c’était une invention de ces deux-là, mais en fait, non, pas du tout, ça vient du début des années 1980, dans Thor !

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Question dessin, c’est Keith Pollard. Moi, j’aime beaucoup Keith Pollard, une espèce de sous John Buscema stéroïdé, qui dessine des héros hiératiques et des héroïnes renversantes. C’est péchu, bourrin, ça remplit complètement le contrat (et en plus, le recueil contient des couvertures où il s’encre lui-même, et c’est vraiment super). L’encrage n’est pas toujours formidable (je suis pas fan de Chic Stone, surtout à l’époque, et la prestation de Gene Day, très maniérée, alourdit un peu : faut dire qu’il avait Sinnott sur Fantastic Four ou Mooney sur Amazing Spider-Man, le gratin, quoi…), mais quelle puissance dans les pages.
C’est quand même incroyable, Pollard : il a eu quelques courtes années de gloire, où il régnait, chez Marvel, sur des séries importantes, signant Amazing Spider-Man #200, Fantastic Four #200, Thor #300… Et puis, ça s’est éteint avant la moitié des années 1980. Je sais pas trop pourquoi : parti faire de la pub ou du storyboard ou chaipakoi ?

Bref, voilà un recueil cohérent (on prend une époque, on la traite in extenso), qui tape dans une période méconnue, mésestimée, mais pourtant pas désagréable sans être ni géniale ni indispensable. Les épisodes sont sympathiques, très bien dessinés et très dynamique, il y a une grande énergie chez tous les participants, y compris les auteurs de fill-ins, à l’exemple de Gil Kane sur l’épisode 318.

Deux petits bémols purement éditoriaux : le recueil s’ouvre sur le neuvième Annual de la série, écrit par Chris Claremont et dessiné par Luke McDonnell et Vince Colletta. L’encrage velu (mais à poils courts) de ce dernier n’aide pas à faire ressortir les qualités de McDonnell, dont le trait est déjà raide. Commencer par ça, c’est pas glop. Autre petit point agaçant, pour ceux qui, comme moi, aurait les deux tomes de Thor: The Eternal Saga, c’est que ces derniers s’arrêtent à Thor #301, alors que le recueil commence dans Thor #303. Zut, un numéro passé à la trappe. Scrogneugneu.
Mais autrement, c’est un bouquin plutôt distrayant, très dynamique, qui ravira les curieux et en donnera pour leur argent.

Jim

Voilà, j’ai retrouvé le visuel (c’est toujours mieux avec un visuel).

À l’époque, Byrne quitte les Fantastic Four, Roger Stern assure l’intérim (et se débrouille pas mal, mais ça sent la panique dans l’éditorial, et le #300 est d’une grande pauvreté, pour un événement pareil). C’est la période durant laquelle Claremont fait des pieds et des mains pour récupérer la série (parce qu’il l’aime ou parce qu’il a envie de se venger de Byrne, allez savoir…). Mais c’est finalement Steve Englehart qui emporte le morceau. je n’ai pas bien regardé les dates, mais l’arrivée d’Englehart jouxte celle de Tom DeFalco au poste de rédacteur en chef, et ce dernier entame son opération « back to basis », qui consiste à tenter de retrouver un ton semblable à celui des années 1960. Englehart, en fin connaisseur et archiviste, est sans doute mieux à même d’y parvenir que Claremont.
Claremont a tout de même l’occasion de se frotter au quatuor dans la mini-série Fantastic Four vs X-Men, qui raconte comment l’équipe découvre que Reed Richards a fait exprès d’exposer ses amis aux rayons cosmiques. Bien entendu, le journal qui avoue cela est un faux, écrit par Doc Doom. C’est super bien dessiné par Bogdanove, et ça donne un ton dramatique, psychologique et tendu à l’équipe (un peu comme ce que Claremont fera plus tard sur Fantastic Four, mais en mieux…). Enfin, en mieux, sauf la fin, qui est torchée.
Ce qui est dommage, c’est le recueil fait un peu fourre-tout. Ce qui est bien en revanche, c’est que son sommaire rend compte de l’environnement éditorial, de la lutte entre les prétendants, et de l’évolution du couple Richards (le récit de Claremont pouvant expliquer pourquoi la famille Richards décide de quitter le groupe). C’est déstabilisant, mais il y a un véritable intérêt.
Mais cela me fait espérer un autre « Collection Epic » consacré au reste de la production d’Englehart, qui mérite bien une redécouverte (« Secret Wars III », c’est vraiment super).

Jim

Un volume qui m’intéresse énormément, même si je ne sais pas encore vraiment quoi penser de cette collection EPIC. Comme tu le soulignes dans tes différents commentaires, elle propose des choses alléchantes mais je la trouve aussi un peu fourre-tout et un peu chère comparée aux Essential…
Pour Keith Pollard, son départ des comics se situe plutôt au début des années 90, je pense…il a dessiné notamment la série Nick Fury écrite par Chichester dont quelques épisodes ont été publiées en V.I. par Semic ainsi que le graphic Novel Le Surfer d’Argent : Les Prédateurs écrit par Stan Lee.

D’une certaine manière, c’est un peu des « Essential en couleurs ». J’ai lu des commentaires de responsables Marvel qui disaient que les Essentials s’arrêtaient (mais ça a pas l’air d’être clair) et que la « Collection Epic » est un peu la solution de remplacement. Du coup, couleurs obligent, ça augment.
J’imagine également qu’ils sont un peu embêtés par les sommaires des Essentials, et qu’ils doivent trouver des périodes qui soient intéressantes.
Ceci pouvant expliquer cela : si l’on adopte une approche « complétiste » comme les Essentials, il faut passer par des mini-séries, tout ça…
Après, j’imagine que la collection va prendre ses marques. J’ai vu deux tomes consacrés à Iron-Man, l’un reprenant le début de la période O’Neil / McDonnell, l’autre reprenant le run de Byrne / Romita Jr / Ryan. Et ça, c’est éditorialement nettement plus cohérent.

Ouais, voilà, les années 1980, je crois pas qu’il y a grand-chose de marquant : des Teen Titans, des Vigilante, souvent en fill-ins, mais il cesse d’être sur le devant de la scène. C’est bizarre. Et les années 1990, il disparaît quasiment des radars.

Jim

Je suis en train de bouquiner le premier tome. En fait, je n’en relis que les épisodes de Marvel Presents, qui contiennent les aventures des Gardiens de la Galaxie, parce que les autres aventures, qu’elles proviennent de Two-in-One ou de Defenders, je les ai bien en tête. Et au final, elles concernent surtout la lutte contre les Badoons, qui constitue la situation de départ du groupe, mais pas du tout son véritable sel.
Le recueil contient plein de choses intéressantes, et notamment deux textes, tirés d’un Foom de 1978. Le premier texte est signé Steve Gerber et raconte comment il s’est retrouvé sur une série de SF alors que la SF ne constitue pas son univers de prédilection. Et le second texte est signé Roger Stern, et il explique comment il a repris la série alors que toute l’équipe était en retard, et que Gerber ne savait même pas comment il allait finir l’histoire.
Je conseille aux éventuels lecteurs de ce tome de bouquiner ces textes (avant ou après les épisodes, comme vous voulez), parce qu’ils sont assez explicatifs du foutoir qu’a été la construction de ces épisodes.
Notamment, Stern explique comment il travaillait avec Milgrom, qui à l’époque habitait dans le même immeuble que lui, et comment ils finissaient l’épisode à fond les ballons, à des pas d’heures du soir, en se passant les planches de palier à palier. Il précise également que Jim Starlin a participé au dessin d’un épisode. Les remerciements auraient dû paraître dans une page de courrier d’un Doctor Strange, mais la page a sauté quand l’épisode en question est passé de dix-septe à dix-huit pages. L’œil aguerri reconnaît le style de Starlin, mais bon, Milgrom, à l’époque, faisait des choses similaires, donc le doute était permis. L’épisode des Gardiens ne contient aucune mention à la présence de Starlin au dessin, et le TPB le liste parmi les encreurs de la série, sans plus de précision. Le petit texte de Stern est donc la seule indication de la participation de Starlin au crayon.
Graphiquement, c’est du Milgrom (aidé, donc, par Starlin et Chaykin). C’est sympa, pas génial, mais super lisible, très narratif. Personnellement, j’ai toujours bien aimé Milgrom, et j’ai une certaine affection pour le Milgrom de cette période (j’aime beaucoup ses Captain Marvel, j’aime bien ses Firestorm). Chose intéressante, il passe par des encreurs aussi marqués que Pabloc Marcos ou Terry Austin (ou le Bob Wiacek de l’époque), et il encre lui-même un épisode, et c’est un plaisir de comparer les résultats.
Au niveau du scénario, je suis en plein milieu, donc je ne vais pas tout commenter, mais il y a une grosse satire sociale, Gerber étant en mode « métaphorique », comme pour ses Man Thing voire ses Howard the Duck. Dans le premier épisode, les Gardiens essaient de s’insérer dans la société et n’y parviennent pas. Dans le deuxième, il pose les bases de ses intrigues à venir (l’hermaphroditisme de Starhawk, la termite de l’espace…), mais dans le troisième, il profite du fait que le « Captain America », le vaisseau startrekoïde des Gardiens, soit en panne, pour envoyer l’équipe sur un monde qui ressemble à la Terre, au New York des années 1930-1940, mais peuplé d’extraterrestre. Occasion pour le scénariste de lancer des piques vers la politique, la religion, tout le monde en prenant pour son grade (la rencontre de Vance Astro avec une communauté de hippies de l’espace est intéressante, dans sa mise en scène de l’incapacité de cohabiter). À la fin, on découvre que cette planète est un asile : l’Amérique des années 1930 comparée à la une maison de fou, c’est frappant !
La suite est un peu du même tonneau, avec différentes menaces, qui touchent à l’immanence, mais également au religieux. Les héros vont affronter un clergé un peu dément.
Ça déborde d’idées, c’est rapide, assez enlevé, la voix off est parfois bien ironique. Bref, encore une série secondaire qui mérite la redécouverte.
Pour moi, d’ailleurs, c’en est une : j’ai vérifié sur Comics VF, et il semblerait que toute la série soit traduite dans Titans. Et pourtant, y a plein de choses dont je ne me souvenais pas. Sans doute que ça fait trop longtemps que je n’ai pas lu la série. Cette réédition est définitivement la bienvenue.

Jim

Vendredi soir, j’ai feuilleté ce recueil. Qui contient pas mal de vieilleries (dont le fameux épisode par Claremont, Byrne et Austin, ici en noir & blanc, ce qui est pas mal… mais je sens que je vais me garder mon édition couleurs sous couverture de Golden, non mais).
Il y a aussi la série de Timothy Zahn, dont j’ai entendu du mal, et dont le feuilletage des planches ne m’a pas convaincu, mais bon…
Cela dit, le reste du matos, c’est quand même de l’excellente came.
Donc conseillé !

Jim

Film imminent oblige, Marvel réimprime la série récente, qui constitue l’une de mes lectures favorites des dernières années. Donc même si ce n’est pas de l’auguste vieillerie (je vous vois, là, vous, au fond, qui pensez que je n’aime que les trucs poussiéreux), je conseille avec la vigueur la plus déterminée.
Les débuts de la série sont formidables (drôles, enlevés, dynamiques, pleins de trouvailles narratives). Et le cross-over War of Kings m’a particulièrement emballé, car il développe une vision « géopolitique » très maîtrisée.
(J’ai pas encore repris tout ça, mais mon sac à dos était trop petit, la dernière fois…)

Vendredi soir, j’ai considéré ce TPB avec curiosité. Je connais fort mal la série des années 1990 (comme plein d’autres trucs Marvel de l’époque, genre Darkhawk, Sleepwalker, divers bidules…). J’ai un ou deux épisodes fascicules qui se battent en duel, et la première édition d’un TPB qui reprend les premiers épisodes (et dont il faudrait d’une partie que je vérifie le contenu et d’autre part que je me replonge dedans, histoire de…).
J’ai jamais été grand admirateur de Jim Valentino, mais je ne déteste pas ses boulots « indés » (son Normalman est rigolo), et j’aime son énergie. Le peu que je connais de cette mouture des Gardiens me laisse l’impression que c’est plein d’idées et que ça va vite. Il n’est donc pas impossible que je revienne sur le sujet un jour, histoire d’évoquer plus précisément cette série.

Jim

Les Gardiens de Valentino sont rapidement évoqués dans l’article du dernier Zoo consacrés aux GoG.

Ils en causent aussi dans le Comic Box du mois…et à ma grande surprise, il semblerait que la série cartonnait pas mal à l’époque.

Il semblerait que si graphiquement c’était pas terrible (ça rejoint ce que Jim à propos de Valentino), le scénario se tenait !

Alors j’ai ressorti mon vieux TPB, intitulé “Quest for the Shield”.
Déjà, c’est pas la même couverture.

Ensuite, le bouquin contient les six premiers épisodes (alors que le tome 2 de l’édition récente commence au huitième). Soit le septième épisode passe à la trappe, soit je vais devoir reprendre le premier tome de l’édition récente.
Les coquinous.
Bon, je finis le TPB reprenant les épisodes des années 1970, et j’entame celui-ci, afin de me faire une opinion.

Le truc cool, pour un vieux lecteur comme moi qui a commencé la VO en 1981 (oui, l’année où j’ai commencé la VF, c’est une longue histoire), c’est que l’impression restitue les trames d’impression de l’époque. Du coup, ça a un charme fou. Je sens déjà que je vais avoir du mal à offrir cette vieille édition.

Jim

Je viens de le relire, ce vieux TPB de 1992.

Très sympa.
Mais très nineties, hein !
Des grandes cases pleines d’effets de vitesse, des explosions, des bastons. En soi, assez peu de violence, celle-ci s’exerçant sur les décors, les vaisseaux spatiaux, ou des personnages dont on se doute qu’ils vont bientôt s’en remettre (“après s’être tirés de ce mauvais, nos héros…”).
L’écriture est bizarrement décompressée (avant l’heure), il ne se passe pas grand-chose mais ça demeure assez bavard, Marvel way. Les notes d’humour sont nombreuses (notamment dans les crédits), et Valentino recourt à d’étranges ellipses, rattrapant le non-dit dans les dialogues. Bref, ça crée des changements de vitesses assez étonnants.
Mais c’est pas mal. Sur un pitch basique (Vance Astro se met en tête de retrouver le bouclier de Captain America, sans doute pour la force symbolique de l’objet), les six premiers épisodes présentent une grosse baston sur une planète étrangère qui vient de subir les assauts d’un groupe de criminels cosmiques appelé “Force” (quatre épisodes), puis les duels successifs des différents Gardiens contre les membres de Force (deux épisodes). C’est un peu déséquilibré, et Valentino utilise la structure déjà vue depuis des décennies, utilisée bien souvent dans les tournois orchestrés par le Grand Master (vous vous souvenez de différents épisodes de Defenders ou du Tournoi des Champions) et mise au point dans les premiers Justice League of America des années 1960 (allez lire la réédition de vieux épisodes dans le Forever Evil d’Urban, si vous ne voyez pas de quoi je parle). Ça donne à ce combat une touche désuète, qui fonctionne assez bien dans la machinerie générale, vaste hommage à l’univers Marvel version Stan Lee. C’est rétro, quoi.
Un comble pour une série qui se passe dans le lointain futur. Mais justement, la lecture de ce TPB conforte l’impression que j’avais de la série au feuilletage des quelques épisodes que j’avais : l’un des centres d’intérêt de la série est d’observer comment cet univers du futur se remplit petit à petit (dans ces cinq épisodes, les Gardiens accueillent deux nouveaux membres, versions futures de deux héros du “présent”), et comment cet univers du futur paie les pots cassés du “présent” (on sait déjà que le monde des Gardiens se situe après la guerre contre les Martiens dans laquelle Killraven devient célèbre) : Valentino explique l’émergence d’une civilisation belliqueuse et technologique en la rattachant à un personnage célèbre de l’univers normal.
Bref, c’est très sympa. Absolument pas génial, pas formidablement dessiné (mais Valentino fait son boulot), mais assez enlevé, avec de bons dialogues, des personnages bien tenus, une dynamique de groupe vivace. Valentino reprend dans les pas de Gerber et Stern, mais il développe les personnages sans les dénaturer. C’est plutôt pas mal. Et il semble bien s’amuser dans son bac à sable personnel. C’est sans doute cela, aussi, qui a conquis un public fidèle, à l’époque.

Jim

Avec deux ans de retard j’ai enfin acheté la bloodstone hunt et j’ai aussi pris la society of serpent en collection epic. Plus qu’à lire tout ça. Sinon vous me conseillez quoi en tp sur cap. Fighting chance :acceptance et denial ça vaut le coup?

J’attends ton avis. Je crois que c’est essentiellement du Gruenwald, ça doit pas être folichon au dessin, donc j’hésite encore, et ton avis m’intéresse.

Fighting Chance, c’est la fin de la période Gruenwald, quand le sérum du super-soldat joue des tours à Cap, qu’il perd sa motricité et qu’il est obligé de porter une armure. C’est juste avant Waid, et ça vaut le coup en tant que chant du cygne de Gruenwald.

Je conseillerais plutôt Death of the Red Skull, qui marque la dernière dizaine d’épisodes de DeMatteis, et qui est assez formidable. On peut vraiment le lire comme le duel de la démocratie et du fascisme, c’est costaud.

Jim

En relisant le thread j’avais vu que tu en avais dit du bien de dematteis du coup sur ma shopping liste. Pour fighting chance je voulais un avis car en feuilletant les tpb chez pulp’s j’ai vu que graphiquement c’était pas exceptionnel.
J’attaquerais la société du serpent demain soir au boulot ( ce soir suissur le tome 2 d’human target ). Je te tiens au jus d’ici la fin de semaine voir début de semaine prochaine.
Merci Jim