RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Je crois que c’est un run qui ne laisse personne indifférent (de ceux qui ont eu l’occasion de le lire). On aime ou on déteste. Et je crois aussi que la parution en français, erratique et bordélique, n’a pas aidé.
Moi, j’ai adoré cette approche un peu plus Vertigo que la production “normale”, à l’instar du Spider-Man de JMS (que j’ai pour ma part assez peu aimé, mais qui avait le courage de proposer autre chose : je suis content qu’elle se soit terminée, mais je reconnais l’ambition du truc). J’aimais bien ce côté un peu adulte, avec du suspense à la X-Files (avec les qualités et les défauts de cette série télé, à savoir du suspense à rallonge, des mystères dans les mystères, des séquences noires pour masquer à peu de frais…).

Jim

Moi j ai adoré au début… puis j ai trouvé le syndrome xfiles… c est a dire le mystere pour le mystere, la conspiration pour la conspiration… et j etais ravi que ca s arrete.

Bien plus fan de Jenkins et plus aimé globalement Pak.
Là c est pour moi du hulk sans hulk ou qui aurait pu se faire sans hulk…

De Jones sur du superheros: je prefere Ka-zar.

J’avais bien aimé aussi et je ne l’avais pas vraiment oublié ! :wink:
Le premier épisode est d’une efficacité redoutable !

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Je viens de terminer le TPB consacré aux aventures de Doctor Strange dans les pages du Strange Tales des années 1980, dont il partageait le sommaire avec Cloak & Dagger.

C’est une période que je connais mal. Pour situer, nous sommes à la fin des années 1980. Le titre Doctor Strange s’est arrêté au numéro 81. Il est alors réalisé par Peter B. Gillis et Chris Warner, qui ont remplacé Roger Stern et Paul Smith (pour faire court). La série s’arrête donc, mais Marvel ne semble pas disposé à laisser tomber son personnage et le titre Strange Tales est créé, permettant de faire vivre des licences. Gillis et Warner vont donc reprendre les aventures du héros là où elles s’étaient arrêtées.

Pour la petite histoire, à la fin de l’intermède Strange Tales, une nouvelle série est lancée en 1989. Apparemment, c’est encore Gillis au scénario, mais les quelques avis que j’ai lus semble s’accorder pour dire qu’il était moins inspiré. Faudrait que je trouve ces numéros. Je ne connais que la reprise par Roy Thomas et Jackson Guice, donc je n’en sais gère plus.
Après avoir situé l’éditorial, situons l’action.

Doctor Strange vient de triompher d’un adversaire redoutable, mais il a dû détruire tous ses talismans, ses grimoires et ses artefacts magiques qui lui permettaient de tenir à distance les sales bestioles gourmandes des plans d’existence voisins. Donc, les épisodes de Strange Tales racontent comme le Sorcier Suprême se rend compte que le monde est menacé, qu’il n’a plus la carrure pour le protéger, et qu’il devra faire d’autres sacrifices afin de revenir dans la course. Et l’ensemble du récit (une petite vingtaine d’épisodes d’une dizaine de pages chacun) décrit la chute « vers le côté obscur » du bon docteur, qui suit l’enseignement de Kaluu, un vieux personnage créé par Ditko et présenté comme l’ennemi de l’Ancient One.

Graphiquement, ça démarre assez fort, puisque Chris Warner, alors en pleine émulation millerienne, assure comme un chef : scènes d’action puissantes, gonzesses magnifiques, mecs sur le même calibre, découpage efficace, planches construites, que du bon. Hélas, en cours de route, il est remplacé par des gens comme Terry Shoemaker, Dan Lawlis ou Richard Case. On sent l’envie de bien faire, il y a des belles cases ici et là, mais bon, c’est pas tip-top.

Le lettrage suit la même courbe. Au départ, c’est Bruzenak qui lettre, mais on a beaucoup d’épisodes gérés par Janice Chiang, et ses lettres fines sont trop maigres, alors que la ponctuation disparaît parfois entièrement. Dommage. On sent que l’editing de Carl Potts est solide, mais on peut se dire que les budgets alloués au titre ne sont pas suffisants pour retenir des faiseurs solides.

Ce qui est dommage, parce que le récit de Gillis est pas mal. De l’émotion, une situation tendue, des choix extrêmes (Strange « vole » leur énergie à Victoria Bentley puis à un ennemi afin d’affronter Shuma-Gorath). Le scénariste se frotte au thème du pouvoir absolu qui, ici, ne corrompt pas absolument mais dépersonnifie absolument (ce qui, au demeurant, revient un peu à la même chose). Et la manière qu’il propose de faire revenir le héros à la normale est aussi ingénieuse que belle. Avec un grand dessinateur, ça aurait donné un morceau incontournable. Les deux entrevues avec Victoria Bentley, les retrouvailles avec Wong et Sarah, sont également deux chouettes passages, un peu gâchés par des dessinateurs de second ordre.

Sans être au niveau de l’élégante période Stern, Gillis se pose en bon continuateur, parvenant à pousser assez loin les enjeux de la série. Stern avait repositionné le héros comme protecteur mystique de la planète, Gillis pose la question d’un pouvoir désincarné, la question du couteau à double tranchant.

Reste, graphiquement, les splendides couvertures, notamment dues au talent sans mélange de Kevin Nowlan, reproduites pleine page dans le recueil. Un bonheur en soi.

Jim

Ça a l’air pas mal du tout cette période, je ne connaissait pas non plus.

Je découvre cette période petit à petit. Je ne connaissais par exemple aucun des épisodes de la section Strange Tales (même si j’en connaissais des conséquences : dans la série de Roy Thomas, on évoque la “mort” de Stephen Strange, par exemple).

Ces derniers mois, j’avais repéré ça :

Je connais un peu mieux, pour posséder quelques épisodes de cette fin de série. Je crois qu’il m’en manque encore un ou deux. Ce qui m’a permis de survoler l’ensemble et de comprendre un peu de quoi il retourne. Mais bon, ce sera mieux de relire l’ensemble dans un seul chouette volume.
Qui, pour préciser, s’insère pile avant celui qu’on vient d’évoquer et après le hardcover Into the Dark Dimension, qui couvre la saga se déroulant dans le monde de Cléa. Un volume qui à ma connaissance n’existe pas en softcover, et à qui je ferais le reproche (véniel) de la couverture. J’adore Blevins (l’auteur de la couverture plein pot, qui a l’énorme mérite de présenter un Doc Strange en pleine possession de ses moyens), mais je voue une tendresse puissante à la couverture de Paul Smith utilisée en petit pour l’autre maquette, qui en plus montre un autre de mes personnages préférés. Ah, quand le cœur balance…

Mais bon, bref, avec Into the Dark Dimension, Don’t Pay the Ferryman et Strange Tales, on a une belle suite, qui rend honneur au personnage, je trouve.

Jim

Ca m’a franchement l’air super, tous ces trucs que je ne connais absolument pas. Quelle honte qu’on ne soit pas mieux servi en Doc Strange en VF…
Espérons que le film incite à pallier cet écueil (la sortie du run de Ditko semble déjà acquise ; croisons les doigts pour qu’elle fasse des petits).

C’est sûr ?
Sous quelle forme ?

Pour les amateurs de noir & blanc, la collection Essential a repris la série jusqu’au début de la période Stern. Ce qui fait pas mal, quand même.

Jim

Je n’arrive pas à remettre la main sur la source, mais si mes souvenirs ne me trahissent pas, ce sera sur le modèle des « Intégrales », je crois bien. Pas avant l’année prochaine, bien sûr (et la sortie du film).

Oui, c’était annoncé dans l’un des éditos d’un mensuel. Ce sera sous la forme habituelle des intégrales (12-13 épisodes à 30 euros)

Pas la solution la plus économique, donc, elles sont assez chères ces Intégrales. Je le dis car je te sais attentif à la question, Artie. :wink:

Merci les aminches, oui ce n’est pas la version éco, mais selon la qualité (de la traduction, de l’impression voire du numérique) je me laisserai surement tenter.
Ou alors j’irais vers la V.O (ce que finalement je fais de plus en plus, mes progrès en anglais certainement :wink: ).

En tout cas merci.

C’est exactement pour ça que j’ai précisé le nombre d’épisodes et le prix ! :wink:

Ceci dit, en dehors du prix des choses il y a des choses qui n’on pas de prix et peut-être en avez-vous déjà parlé, mais en ce qui me concerne j’avions toujours cru, mais j’ai l’impression que c’est cuit pour le coup, que c’est Stan Lee qui voulait que le Bouffon vert soit **Osborne ** et que **Ditko ** ne le voulait pas et que c’est l’une des raisons qui a fait partir Steve Ditko de chez Marvel.

:slight_smile: :wink:

Eh bien il semble que l’Histoire telle que je la connaissais, oui celle avec une grande hache, n’était pas celle que je croyais.
Non !

Les liens que l’on m’a communiqués donne un autre son de cloche.
Voyez-vous même : le **John Romita Sr.**Ditko OsborneGreen Gobelin, et là on en discute aussi.

Ma source.

Le monde est fou :open_mouth:

J attend ce TP des Doc Strange par Gillis… j ai l impression (j en ai lu 1 ou 2) que c est moins bon que Stern mais aussi que Thomas (d ailleurs il arrive vite sur la série Sorcerer Supreme au 5 (il lance directement le Gambit de faust sorti en RCM chez Semic).
De Stern, il me manquera les 57, 62-67

L essential couvre jusqu au 56 (2eme série), on a ensuite le TPB Dr Strange vs. Dracula : The Montesi Formula avec 58-62 puis le dark dimension dont parle Jim.

Album qui vient d’ailleurs d’être réédité dans la collection british des Marvel Pocket Books (j’en ai parlé il y a quelques pages, c’est pitit et pas cher).
On retrouve donc au sommaire la première rencontre entre ce bon Docteur et le plus célèbre des vampires dans le diptyque Tomb of Dracula 44/Dr Strange 14, par Wolfman et Englehart au scénar et Gene Colan/Tom Palmer à la partie graphique (l’incroyable duo créait les ambiances des 2 séries à l’époque…Colan et Palmer sont quand même restés moins longtemps sur Doc Strange), avec deux pages issues d’un autre épisode, histoire de faire le lien avec la suite.

Le reste du sommaire est consacré aux excellents épisodes 58 à 62 de Dr Strange, consacré aux efforts de Dr Strange et de ses alliés (La Sorcière Rouge, Hannibal King, Frank Drake, Blade…) pour débarrasser une bonne fois pour toute la Terre de la menace de Dracula, et par extension du vampirisme. Je n’avais jamais lu cette saga, j’en avais juste entendu parler au détour de répliques dans d’autres comics, et ce fut une découverte particulièrement enthousiasmante : un récit très bien troussé, à la caractérisation soignée et qui utilise à merveille la continuité tout en alliant les éléments super-héroïques et surnaturels de Marvel (Dracula qui envoie ses goules attaquer le manoir des Vengeurs, c’est un grand moment). Et à propos de grands moments, l’épisode 62, qui voit Doc Strange affronter Dracula sur le plan astral pendant que ses co-équipiers préparent la formule qui permettra de l’éradiquer, est sacrément palpitant, avec une progression dramatique accrocheuse jusqu’à la dernière page.
Ca m’a donné envie de me procurer le run entier de Roger Stern (je n’ai que ces épisodes et ceux publiés dans l’Essential 4).

Les dessins font aussi plaisir aux mirettes : Dan Green et Terry Austin, c’est très élégant et joliment inspiré par les concepts de Ditko (on voit bien aussi la part importante de Terry Austin sur les crayonnés de Dan Green, puisque le #61, encré par Rick Magyar, est un chouïa moins beau), et c’est Steve Leialoha qui s’occupe du dessin et de l’encrage du #62, dans un style plus sombre, bien adapté à l’atmosphère voulue par le scénariste et à final très intense.

Bref, encore une période inédite qui mérite bien une publication française (ça ferait un chouette Marvel Classic, par exemple)…

Ah, tiens, j’ai découvert ce blog cet été, et j’ai commencé à en lire les articles… Mais je n’en suis pas encore à ceux de 2015…
Une réflexion que je me fais, au passage, à propos de ces crédits… Stan Lee est crédité en tant que « writer », non ? mais ce terme est par essence ambigu.
Dans les crédits, le scénariste et le dialoguiste devraient pouvoir être séparés (je suppose que les dialogues sont bien, eux, pour la plupart signés par Stan Lee uniquement quand il est seul crédité en tant que « writer »… mais je me trompe peut-être).

Tori.

En réédition tu as juste dark dimension qui trés sympa dans la lignée de la formule montesi (mais Jim l a superbement vendu).
Malheureusment il reste de l inédit TP et qui n est donc pas numérisé et donc pas adaptatble en VF (puisque panini ne numerisera pas pour Marvel).
J attendais un volume Strange en epic collection…
il reste plus grand chose a part Stern ou bien la série Sorcerer Supreme…

Eh bien, il n’y a plus qu’à patienter, alors…car j’ai bien l’impression qu’il y aura pas mal de rééditions dans un an pour accompagner la sortie du film. Le contraire serait étonnant…