RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

J’ai déjà dit le mal que je pensais de Secret Invasion, tant l’événement éditorial, télégraphié en grosses lettres, que la mini-série centrale, aussi illisible qu’elliptique. J’ai également exprimé le plaisir que j’ai eu à lire quelques morceaux choisis (les épisodes de Nova, qui permettent de comprendre que ce n’est pas un événement centré sur le nombril de la Terre, les épisodes de Hercules qui montrent le panthéon Skrull…), dont font partie les trois épisodes de Black Panther, qui ont plein de qualité.

Notamment, présenter un chef Skrull qui n’en a pas grand-chose à foutre des visées politiques de son empire et qui fait son boulot de la manière la plus efficace et la plus honorable possible, face à un couple royale qui incarne et humanise un Wakanda souvent réduit à des clichés. Bref, c’est un récit de guerre, mais dont les protagonistes, dans les deux camps, ont une véritable épaisseur.
J’étais d’ailleurs étonné de trouver autant de qualité dans ce récit, alors que la série menée par Reginald Hudlin me laissait souvent un sentiment d’enquiquinement.
Ce jeudi, j’ai trouvé un exemplaire du TPB, à pas cher. Et j’ai compris pourquoi cet arc m’a laissé un souvenir différent du reste de la série. Les trois épisodes sont écrits par Jason Aaron.

Jim

Les épisodes de DnA sur les gardiens étaient très chouettes aussi, notamment avec cet aspect huis clos sur fond d’ambiance paranoïaque (et qui a le mérite de ne pas mettre tous les skrulls dans le même panier, en montrant bien que certains sont plus que réticents par rapport à cette mentalité “va-t-en-guerre”).

Oui, comme souvent, ce sont les produits périphériques qui sont les plus intéressants.

Jim

Un ami m’a offert le hardcover reprenant Avengers: Assault on Olympus, l’arc mythologique intervenant vers la fin de la période Roger Stern et faisant suite à Under Siege, la légendaire attaque des Masters of Evil contre le Manoir.

Je connais bien cette saga, je n’ai donc fait que la survoler à nouveau (en lisant l’épisode fill-in réalisé par Bob Harras et Bob Hall, consacré à un Jarvis blessé), mais je l’ai trouvée plus exaltante qu’à ma première lecture. Si j’ai préféré Under Siege, ce premier assaut sur l’Olympe (des années plus tard, Pak et Van Lente en mèneront un autre avec Hercules) a quand même du souffle. Et c’est un plaisir de s’y replonger, c’est nettement plus bondissant que dans mon souvenir, et les personnages sont parfaitement écrits.

Jim

En discutant des TPB reprenant l’intégralité de la prestation de Roger Stern (on peut presque tout relire en relié, désormais, ce qui est une bonne chose) avec le pote qui m’a offert Assault on Olympus, j’ai découvert l’existence d’un autre TPB intitulé Heavy Metal, et reprenant l’arc « robotique » lancé par Stern avant son départ (et bouclé par Ralph Macchio).

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De mémoire, le récit ne faisait pas assez d’épisodes pour remplir un TPB. Et en feuilletant le recueil en librairie, j’en ai eu confirmation : ce tome contient les premiers épisodes écrits par Walt Simonson pour le tandem John Buscema / Tom Palmer. Des épisodes frénétiques où le scénariste s’empresse de détricoter l’équipe en poussant très loin les différentes intrigues qui traînaient dans le coin. Électrisant.
On a beaucoup parlé de cette période inconnue (ou presque) des lecteurs français. Et pas encore compilée. Ou presque là encore, puisque donc, le début vient d’être réédité. On peut sans doute imaginer l’arrivée d’un TPB reprenant les autres épisodes de Simonson, pour ce qui reste un morceau de choix de l’histoire de cette équipe. Crossfingers.

Jim

Je viens de récupérer ce recueil, qui est assez épatant par son contenu, mais quelque peu foutraque dans son sommaire. Ils décident de commencer par la mini-série de James Owley, qui est très bien, mais qui arrive un peu en dernier par rapport à tout le reste. Bizarre.
Signalons que le premier épisode est dessiné par Paul Smith. Dans son interview à Scarce, il affirmait être très content d’avoir Vince Colletta comme encreur. Choix étonnant, vu comment le monsieur est décrié, mais les pages sont très chouettes.
Le reste du sommaire est composé d’épisodes de Captain America par Gene Colan, d’un Marvel Premiere par Mark Evanier et Sal Buscema (je ne sais pas trop s’il a été traduit, c’est possible, mais moi je n’en avais aucun souvenir), d’une histoire courte par Edelman et Budiansky, et surtout d’une back-up de Captain America, par DeMatteis et Zeck, où Sam Wilson est tiraillé entre son ancienne personnalité et qui il croit être, et flirte avec une carrière politique (je vois là un écho au « What can one man do » d’Elliot Maggin).
Graphiquement, les planches de Zeck sont splendides (quelques-unes sont encrées par Joe Rubinstein, et non John Beatty), l’épisode de Buscema est sympa, ceux de Colan et Sinnott sont des classiques, et la couverture de Miller qui orne l’ensemble est vigoureuse, typique de son sens du mouvement de l’époque. Dans l’ensemble, plutôt chouette, quoique inégal.
Bref, super sommaire, mais que j’aurais personnellement composé autrement (ou alors agrémenté de textes explicatifs, mais bon, ça, ils ne le font plus depuis longtemps…).

Jim

il me semble que le marvel premiere est dans un comic pocket genre un frankeinstein…

(edit : c est dans Etranges Aventures 70)

Ça ne m’étonne pas : encore une démonstration de ma mémoire défaillante.

Jim


AVENGERS: QUICKSILVER TPB
Written by TOM PEYER, JOE EDKIN & JOHN OSTRANDER
Penciled by CASEY JONES, ROB HAYNES, DEREC AUCOIN, IVAN REIS, PASQUAL FERRY & CHRIS RENAUD
Cover by GEORGE PÉREZ
In the wake of Onslaught, the Avenger called Quicksilver forges a new path! When Wundagore Mountain falls to Exodus and his fanatical Acolytes, the High Evolutionary puts the mercurial mutant in charge of the evolved beasts known as the Knights of Wundagore. Now, the newly honored “Sir Pietro” leads these animals-turned-New Men out into an unfamiliar world, and straight into an encounter with Thundra and Arkon! But when the heroes return — and Quicksilver is reunited with his sister, the Scarlet Witch; his ex-wife, Crystal; and the other Avengers and Inhumans — it all races to a chaotic climax and a Siege of Wundagore. Pietro joins the Heroes for Hire in final battle with Exodus, his Acolyte, and the resurgent High Evolutionary! Collecting QUICKSILVER #1-13, HEROES FOR HIRE (1997) #15-16 and HEROES FOR HIRE/QUICKSILVER ANNUAL ’98.
440 PGS./Rated T …$34.99
ISBN: 978-0-7851-9293-0

Nous sommes en 1997, Marvel, avec son opération Onslaught / Heroes Reborn, a changé de visages, ses « vieux » personnages étant provisoirement éloignés dans un univers de poche (confiés aux sales pattes des Image Boys). La Maison des Idées profite donc de l’appel d’air pour lancer différentes séries afin de mettre en avant d’autres licences potentielles. Ça donnera des résultats contrastés : pour une série Thunderbolts marquant un tournant dans l’écriture des séries de groupe, il y a eu beaucoup de tentatives ratées de redynamiser tel ou tel personnage, qui ne résisteront pas au départ des auteurs du lancement (je pense au Ka-Zar de Waid et Kubert, série formidablement dynamique qui ne survivra pas au départ du tandem). Dans le lot, on peut également compter Heroes for Hire de John Ostrander et Pascual Ferry, ou encore Quicksilver, de Tom Peyer et Rob Haynes. Deux séries assez chouettes avec plein d’idées et une caractérisation réussie. Mais passées sous le radar, hélas.
La série Quicksilver avait tout pour me plaire (et autant le dire tout de suite, elle n’a pas démérité). Tom Peyer est un scénariste que j’apprécie énormément (je suis bigrement fan de son Hourman de 1999-2001) et que je trouve sous-exploité. Rob Haynes a un style limpide assez agréable. Qui plus est, il est rapidement remplacé par Derec Aucoin, qui a un dessin sexy et presque ligne claire. Super beau à regarder, et intégrant des déformations rares mais toujours efficaces. Et j’ai toujours bien aimé le personnage de Pietro, qui a été ballotté pendant des décennies entre la figure du héros frustré et jaloux et la posture de l’enfoiré manipulateur.
La série de 1997 décide de replacer le personnage dans la position du héros. Peyer fait le portrait d’un homme qui ne s’est jamais senti à sa place, et c’est assez astucieux parce que ça explique assez bien ses sautes d’humeur et ses changements de fidélité (de Magneto aux Vengeurs aux Inhumains, etc etc). À la fin du premier épisode, cette quête d’une place dans l’univers aborde un tournant, puisque Pietro semble enfin avoir trouvé son rôle, son appartenance. C’est plutôt bien vu, puisque le voilà désormais en mesure de choisir une cause et de s’y investir.
La série parle d’héritage, de lignée, de filiation, de péchés des pères, ce genre de choses. Quicksilver est poursuivi par l’image du père (c’était l’époque où il était encore admis que le bolide était le fils du maître du magnétisme). Il s’associe aux nouveaux hommes du High Evolutionary (là aussi une figure de père négative) et affronte Exodus, le mutant qui se prétendait à l’époque l’héritier de Magneto.
Au-delà même de ce thème récurrent, Peyer utilise l’idée de l’héritage génétique (et la capacité de Cortez à booster les pouvoirs mutants) pour signifier que les pouvoirs de vitesse de Pietro sont en fait une variation sur les pouvoirs de Magneto (en gros, Quicksilver court vite en se déplaçant sur les champs magnétiques). C’est rusé comme tout, et ça permet quelques variations intéressantes (et ça nourrit des enjeux, aussi : win win game !).
Le récit n’est pas seulement une succession de bonnes idées. On voit passer plein de personnages (dont les Inhumans), on a des scènes vraiment marrantes (un repas où Pietro mange trop vite), et la série connaît même un cross-over, « Siege of Wundagore », avec Heroes for Hire. C’est l’époque où Quicksilver est écrit par John Ostrander et Joe Edkin. Ça fonctionne très très bien, c’est agréable à lire et c’est pas tape-à-l’œil, donc bien entendu, ça n’a pas marché. Quicksilver s’est arrêté après treize numéros. Décidément, Ostrander a toujours eu moins de chance chez Marvel que chez DC. Et Peyer, pareil.
Ce recueil reprend la série, ainsi que le cross-over « Siege of Wundagore », ce qui permettra de lire quelques épisodes de Heroes for Hire. Et de redécouvrir une de ces petites séries méconnues mais pleines de vie, un de ces « chemins de traverse » comme dit Nikolavitch, qui font le charme des catalogues des gros éditeurs.

Jim

j ai récupéré cette série il y a 2-3 ans avec la série Heroes For Hire… appaté par les post d un M. Lainé sur Superpouvoir.com
C est en effet une série bien sympathique. J ai une préférence pour HFH mais ca m a bien plu.
Il y avait pas mal de pistes qui auraient pu faire avancer le personnage avant son (enieme) tombée en disgrace (c est un peu comme Wanda… on ne cesse de les faire retomber)…

Mais je recommance aussi la série qui est fort sympathique!
Le personnage évoluant vers plus de responsabilités…

Y a tant que ça d’inconnu en VF ?

La période Simonson, c’est dix épisodes, je crois. Doit y en avoir deux traduits dans Strange, donc il en reste huit. Et là, ils en placent trois ou quatre. Il reste donc de quoi faire un TPB de bon gabarit (le #300 est plus long).
Et il reste pas mal d’épisodes de la seconde période Shooter, entre, grosso modo, le #205 et le #225. Sans compter quelques Stern passés à la trappe, quelques fill-ins dans la période Harras…

Jim

Shooter (2eme run) on a quasiment rien a part la mort de drax, Pym qui “frappe” janet et l arrivée de Tigra (de tête) (15#??)
En simonson on a 3 episodes réduit à 2…
Stern il manque la saga Kang entre autre (Ragnarok aussi et les spectres noirs)
Il manque 7 simonson
en Harras outre les fill-in, il manque la rencontre avec les starjammers, galactic storm et l episode où Vision retrouve la femme de celui dont les schemas mentaux ont servis de base à son identité (suite au refus de Simon Williams)

Alors en cherchant, je vois que ce TPB contient les épisodes 286 à 293, ce qui veut dire que 5 épisodes sur 8 ont été publié en VF, ce qui correspond bien à ce que je pensais en voyant la couv’ du TPB.

Donc, en fait, je n’ai sûrement pas compris que tu ne parlais pas uniquement de ce TPB …

oui
il esperais une suite compilant la periode simonson.

aprés les inedits VF de Stern sont dispos en TPB avec
Absolute Vision T2
le epic collection Judgement Day ou Assault
The Once and Future Kang

Il manque Shooter, Harras et Simonson qui n ont pas été encore compilé.

Ouais, on a vraiment du mal à se comprendre, toi et moi. Et j’ai beau relire, je vois pas du tout ce que tu ne comprends pas.
Le TPB comprend l’arc « Heavy Metal » lancé par Stern, et les trois premiers épisodes de Simonson et Buscema. Qui sont inédits en VF.
Et j’espère que ça les amènera à compiler le reste de Simonson, qui est excellent.

Jim

Donc y a pas tant que ça d’inconnus VF dans ce TPB ? Uniquement trois épisodes ?

(c’est pour être sûr de comprendre :mrgreen: )

À vue de nez, là, comme ça, c’est que de l’inédit VF.
Genre une trentaine d’épisodes, quoi…

Jim

Dans celui-ci, ouais.
Dans la période Simonson, sept, huit, quelque chose comme ça.

Jim

J’étais passé complètement à côté de cette mini-série, et c’est à l’occasion d’un hasard et de mes lectures consacrées à Jason Aaron que je l’ai découverte.
Quatre numéros (paru aussi chez Panini), que j’ai lus en V.O non par choix mais par opportunité, plutôt pas mal du tout.

Aaron délivre une histoire plutôt éloignée des canons en vigueur, du moins au niveau des motivations de l’antagoniste du « Captain Ultimate », ainsi ce personnage ne m’est-il pas apparu comme un vilain, et j’ai même éprouvé de la sympathie pour lui.
Même si son *modus operandi * a tout pour me déplaire.

Si les motivations du « méchant » de l’histoire sont plutôt originales, Aaron propose aussi un dénouement ouvert, encore une bonne idée et surtout, un retournement de situation joliment trouvé (celui dans la cabane). :wink:

Ron Garney illustre sans esbroufe cette mini-série qui in fine se révèle bien sympathique.