RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

ça m’a complètement échappé.

Jim

J’ai récemment trouvé, à vil prix, un TPB reprenant les deux rencontres mémorables que les X-Men ont faites dans les années 1980 avec les Fantastic Four et avec les Avengers.

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Deux aventures que j’ai lues avec passion dans la collection Récit Complet Marvel de Lug, mais qui présentent, pour des raisons différentes, de quoi décevoir.

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La première, écrite par Chris Claremont et dessinée par Jon Bogdanove, est bien entendu magnifique : les personnages sont expressifs et sensibles, les portraits sont vivants, tout le monde est crédible et touchant. Les décors (notamment latvériens) sont très chouettes. Bref, de l’excellent boulot.

Mais la série souffre d’un trop grand nombre d’intrigues (les X-Men se remettent avec difficulté de la raclée administrée par les Marauders, Doctor Doom vient jouer les tentateurs faustiens et le passé de Reed Richards est remis en cause) et d’une conclusion rapidement expédiée et bien faible : tout ça pour ça, serait-on tenté de dire.

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L’autre mini-série revient sur le procès de Magneto et sur ses méfaits en tant que super-vilain et incarnation de la cause mutante. Le script est rédigé par Roger Stern et les dessins assurés par Marc Silvestri, alors encré par Joe Rubinstein (qui éteint un peu sa fougue, mais ça reste très chouette).

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Malheureusement, Stern écrit un quatrième épisode qui va à l’encontre de ce qui était prévu pour les mutants, et sachant que l’editor n’est autre qu’Ann Nocenti, il n’a d’autre choix que de revoir sa copie ou de céder la place. C’est ce qu’il fait, le quatrième épisode étant réalisé par Tom DeFalco et Keith Pollard, équipe éminemment compétente mais dont la prestation laisse entendre qu’on est passé à côté de quelque chose.

Stern ne tardera pas à quitter la série Avengers. J’ai longtemps pensé que son départ était motivé par les désaccords avec Ralph Macchio notamment quant à l’intrigue en cours (le groupe Heavy Metal), mais je me demande si le changement de cap de la mini X-Men / Avengers n’a pas joué un rôle également.

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Le recueil propose un aperçu du quatrième épisode version Stern, en reproduisant en petit ses pages de script, annotée par Macchio.

Le sommaire, enfin, propose la réédition de deux conflits précédents, tous deux orchestrés par Stan Lee et Jack Kirby. On a tous lu ces épisodes, mais ça ne fait jamais de mal d’en reprendre une tranche.

Jim

Allez, plus qu’une semaine …

Sans oublier Terry Austin à l’encrage. La qualité des planches de Bogdanove dépend beaucoup de l’encrage (il y a d’autres séries où il a officié que j’ai trouvées nettement moins agréables à regarder) !

Jamais aimé FF Vs XMen… c est typqiue du claremont que j en aimais déjà plus… ca pleurniche… ca part dans tous les sens sans queue ni tête…
ZZZZZZZZZZZZZZ
Comme Stan sans Kirby et Ditko, Claremont sans Byrne ou Cockrum c est souvent sans idée, ca tourne en rond et ca veut faire humain quand ca fait soap de bas étage.

J adorais l autre mini malgré une fin pourrie… mais les 3 numéros de Stern sont superbes…et Silvestri n a jamais été aussi bon qu en sous mike zeck…

Rien que la réplique de Black Knight à Wolverine et ses phrases répétitives… c est un régal.

Je viens de lire “Control”, le TPB reprenant les premiers épisodes de la série Heroes for Hire version Dan Abnett et Andy Lanning. Et c’est excellent.

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L’histoire débute grosso modo dans la période suivant le cross-overShadowland”, orchestré autour de la série Daredevil version Andy Diggle. On retrouve Misty Knight, qui vient de remonter les “Héros à louer”, mais sous une forme inédite chez Marvel. “Chez Marvel”, parce que la forme emprunte un peu à Mission: Impossible et beaucoup à l’Oracle de DC, à savoir que Misty confie des missions à des héros qui ne connaissent pas son identité (pour la plupart d’entre eux) et qu’elle ne rejoint pas sur le terrain, puisqu’elle reste derrière son ordinateur. Si l’idée en soi n’est donc pas originale, elle a le mérite de créer une dynamique inédite pour ce “groupe”. Cela permet de voir passer des personnages moins connus (le Paladin tire la couverture à lui) ainsi que des vilains peu exploité (le Baron Brimstone fait un retour impressionnant).

La première qualité de la série est la diversité des missions : les héros interceptent des trafiquants d’armes distribuant des objets magico-techno-organiques impliquant des possessions, ou déjouent un trafic de femmes primitives enlevées dans la Savage Land et destinées aux clients de clubs sélects. Il y a dans les trois premiers épisodes, superbement illustrés par Brad Walker, un petit quelque chose de Warren Ellis, dont on retrouve les thèmes : mélange de magie et de technologie, marchandisation de l’humain… C’est assez brillant, très vif, les dialogues fusent et les épisodes peuvent être lus indépendamment.

Mais il y a un fil rouge : Paladin soupçonne que quelque chose cloche, et se met en secret à enquêter sur Misty, découvrant qu’elle n’opère pas de sa plate-forme. Mais où est-elle ? Et si elle a été enlevée, à qui parle-t-il ? La résolution de ce premier volet se déroule dans les deux épisodes suivants, illustrés par Robert Atkins, qui est nettement moins bon que celui qu’il remplace. Dommage. Mais le suspense fonctionne très bien, et les rebondissements sont bien amenés. Misty est libérée de l’emprise où elle se trouve, et il reste aux héros à louer à découvrir pour qui son ravisseur travaillait.

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Pour ma part, je n’ai pas encore la suite, dont je découvre d’une part qu’elle est connectée à Fear Itself (zut, un cross-over) et d’autre part qu’elle semble n’avoir été recueillie que dans une intégrale. Ce qui va sans doute occasionner un doublon dans ma collection, parce que je crois que je vais me précipiter dessus si je le vois passer, tant cette première partie m’a emballé.

Jim

Non j’ ai les 2 TP + celui de villains
Ça existe

http://core.collectorz.com/comics/fear-itself-heroes-for-hire

De mémoire hfh est très bon jusqu’à la fin
Villains était un peu décevant

Oui je garde aussi un excellent souvenir de HFH

Ah merci.
Je vais les chercher très rapidement.

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Jim

Bon, ça a mis le temps, parce que j’avais plein de taff, mais en ce moment, ça se calme un peu, ce qui permet de reprendre le fil des lectures abandonnées en route (et d’en commencer d’autres, aussi, héhéhé).

Donc, Marvel a entreprise de rééditer, dans une logique d’omnibus (un arrêt à chaque gare) la carrière de la Cape et de l’Épée. Étonnamment, les recueils, qui font leurs quelque 450 pages, ne sont pas numérotés, ce qui ne rend pas la chasse au trésor bien facile pour quelqu’un qui serait parti en retard en quête de ces rééditions. En revanche, chaque volume arbore un titre construit autour d’une association : le premier s’intitule « Shadows and Light », puis viennent « Lost and Found » et « Predators and Preys ». Je crois que le prochain porte le doux titre de « Agony and Ecstasy », sans compter le « Runaways and Reversals », qui compilent des apparitions plus récentes.

Les couvertures de chacun des tomes reprennent une illustration d’époque, retravaillée, et bien entendu recolorisée. Le style très propre et précis des auteurs de l’époque, Rick Leonardi au premier chef, contraints de travailler avec détail dans le cadre d’une profession publiée sur papier médiocre, permet facilement ce genre de réinterprétation, d’autant que les illustrateurs travaillent avec de larges masses noires qui minimisent les effets fluo propres aux couleurs d’aujourd’hui. La couverture du premier tome fonctionne à ce titre assez bien.

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Dans la logique de passer en revue toutes les apparitions des personnages, qui au demeurant se construisent en squattant les séries des autres, leur propre mini-série ne suffisant pas à assurer la visibilité et la pérennité, ce premier tome s’affiche comme un vaste fourre-tout.

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Les réjouissances commencent avec Spectacular Spider-Man #64, de Bill Mantlo et Ed Hannigan. On ne répétera jamais assez que les quelques épisodes que ce dernier réalise dans les années 1980 constituent un mets de choix pour les amateurs de bons comics. Sa narration est complexe, s’inspirant de celle de Frank Miller, déjà en train de faire souffler un vent d’innovation sur Marvel via ses épisodes de Daredevil. Mais il renoue également avec la version Ditko du héros arachnéen, décrivant un justicier plus freluquet, toujours en déséquilibre, parfois sans traits de mouvement. L’un des plus beaux chapitres est celui où Spidey affronte Boomerang, Hannigan livrant des cases horizontales de combat bâties sur le modèle des affrontements que dessinait le créateur du personnage. L’apparition de deux jeunes héros, dont les origines sont présentées ici sommairement (victimes de dealers, ils subissent une injection d’une drogue expérimentale qui, plutôt que les rendre accrocs, leur confère des pouvoirs), appartient à cet enjeu graphique déployé sur plusieurs numéros. Le dessinateur déploie des idées efficaces : Spidey coincé dans une case noire, les parties rouges de son costume étant les seules à apparaître à l’image, ou encore la séquence finale dans laquelle des bandits fuient les nappes d’obscurité de Cloak, se dirigeant vers une lumière lointaine : celle-ci est en fait une fenêtre à un étage élevé, représentée par des petites cases comme autant de carreaux qui découpent les méchants en segments, et quand ils traversent la vitre, ils sortent de la case et dégringolent dans la planche. Virtuose.

Ensuite vient la publication de Spectacular Spider-Man #69 et 70, encore plus beau. Si le précédent était encré par Mooney (pas tout à fait en phase avec son dessinateur, surtout sur les premières planches), celui-là est encré par Milgrom, et le tandem fonctionne très bien, l’encre grasse du second servant à merveille les atmosphères lugubres du premier. Au rayon prouesses visuelles, il y a une séquence avec le Kingpin, recourant à des trames afin de créer des surimpressions d’images, et c’est du meilleur effet.

Cloak & Dagger, à nouveau alliés à Spider-Man, sont plongés dans les ramifications complexes d’une guerre des gangs opposant notamment Silvermane (vieux personnage de la période Lee / Romita, boosté en cyborg mourant. L’action est efficace, et les pages sont étourdissantes. Quant à notre tandem, il commence à prendre ses marques dans son nouveau rôle d’équipe de justiciers, ayant même droit à une magnifique pleine page dans le #70.

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L’étape suivante est un nouveau diptyque, Spectacular Spider-Man #81-82, dans lequel interviennent le Kingpin et le Punisher. C’est toujours Mantlo au scénario (qui est ici au milieu d’une des plus épatantes prestations de sa carrière), mais c’est Al Milgrom qui assure le dessin, soutenu par Jim Mooney, plus ou moins l’encreur attitré du personnage à l’époque.
Milgrom n’est pas un grand dessinateur, mais c’est un excellent narrateur. Il raconte avec une clarté telle qu’il peut se permettre d’inclure dans ses planches des effets sympas, comme par exemple les barreaux d’une cellule de prison découpant en parties verticales une case de gros plan. Il récupère ainsi certaines astuces de son prédécesseur, la série conservant identité visuelle.
L’intrigue est plus anecdotique concernant Cloak & Dagger, qui une fois de plus se retrouve dans le feu croisé d’autres personnages occupant le devant de la scène. Il est donc temps pour les deux héros d’avoir leur moment de gloire.

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Le mois suivant arrive donc le premier numéro de la mini-série à leur nom, encore écrite par Bill Mantlo, mais cette fois-ci illustrée par Rick Leonardi, encore débutant. S’il n’a pas encore la rondeur qu’on lui connaîtra par la suite, notamment sur de nombreux fill-ins consacrés aux mutants, et s’il fait encore preuve de maladresse au détour d’une case, il assure quand même le spectacle, d’autant qu’il est encré par Terry Austin, qui confère à ses planches une somme colossale de détails.

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La mini-série introduit deux personnages nouveaux, le père Francis Delgado, qui offre aux deux héros gîte et couvert, et l’inspectrice Brigid O’Rielly, qui enquête sur une légende urbaine parcourant le milieu des drogués et des revendeurs. À l’occasion de cette mini-série, Mantlo décide de pousser la dimension sociale de ses personnages, présentés dès l’origine comme des victimes, comme une métaphore de l’addiction et de la drogue. Mais jusque-là, les deux apprentis justiciers avaient toujours été abordés avec le point de vue de Spider-Man, un personnage qui survole les rues malfamées, qui y intervient parfois, mais qui finit toujours par reprendre le chemin des toits. Cette fois-ci, le scénariste plonge dans l’horreur sociale, dans le quotidien sordide des ruelles sombres peuplées d’une faune composée de dealers, de drogués, de prostitués, de crapules à la petite semaine vivant des profits qu’ils peuvent tirer de leurs victimes. La scène d’ouverture, suivant le père Delgado (dont on n’apprendra le nom que bien des pages plus tard), permet de prendre un bain de cette foule malsaine. Dans la carrière de Mantlo, qui a toujours été obsédé par la maladie mentale et physique (on se souviendra du Wraith / Spectre, dans Marvel Team-Up, qui cristallisait déjà ces fixettes, en 1976), cette série marque un tournant. Les années suivantes (courtes) de sa carrière verront l’émergence de thèmes tournant autour du parasitage, de la tumeur, de la contamination, le tout dans une tonalité nettement plus sombre que précédemment. Ombre et lumière.

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La mini-série ne présente aucun super-vilain, nouveau ou classique. Au contraire, les deux personnages affrontent… la réalité sociale. Les quatre épisodes constituent une plongée dans la face cachée du rêve américain. Et Mantlo développe de nouvelles choses concernant ses personnages, notamment en établissant l’instabilité de Cloak, qu’il s’agisse de la maîtrise de ses pouvoirs ou de sa santé. Renouant avec l’idée centrale que le drogué est une victime, il postule que le héros est un danger pour lui-même, mais aussi pour les autres. Le tandem de héros est dès lors fragilisé à son tour, puisque les pouvoirs de l’un peuvent nuire à l’autre. Autant de développements qui nourriront les aventures des héros pendant des années.

À la fin de leur mini-série, les deux justiciers urbains reprennent leur valse dans les titres des voisins. Donc l’étape suivante est le Marvel Team-Up Annual #6 de 1983, par Mantlo et Frenz, où le tandem rencontre les Nouveaux Mutants. Il fallait bien que ça arrive : l’idée que la drogue injectée aux deux victimes ait déclenché leurs pouvoirs mutants latents est présente dès les premiers chapitres dans Spectacular Spider-Man.

Cloak & Dagger font une nouvelle escale dans Spectacular Spider-Man, cette fois-ci dans les épisodes 94 à 96, où Al Milgrom, désormais auteur complet sur la série, exploite le fond de commerce de la série, notamment avec Silvermane (qui, finalement, s’est bien habitué à son corps de cyborg).

Bill Mantlo retrouve ses deux héros à l’occasion de Marvel Fanfare #19, dans un récit en trois parties réalisées par Tony Salmons, Rick Leonardi et Terry Austin, puis Kerry Gammill et George Freeman (une association superbe).

Enfin, ce premier recueil se referme sur New Mutants #23 à 25, trois épisodes écrits par Chris Claremont et illustrés par Bill Sienkiewicz, issus de leur légendaire prestation qui continue à scotcher les amateurs.

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Ce recueil déjà riche est complété par de nombreux bonus éditoriaux. Les articles de Marvel Age présentant la mini-série ouvrent le bal, avec notamment la reproduction des pages qu’Ed Hannigan avait réalisées pour le premier épisode, avant d’abandonner le projet et de céder la place à Leonardi. Il est intéressant de comparer les compositions proposées par les deux auteurs, mais également de constater que Hannigan évoluait déjà, s’éloignant de son hommage à Ditko pour préférer un style plus traditionnel, qu’il utilisera par la suite, chez DC ou dans sa série Skull & Bones.

Le reste est composé des illustrations du portfolio Cloak & Dagger par Leonardi (à ce titre, si quelqu’un a une adresse parisienne susceptible de vendre de vieux portfolios, je suis preneur), des pin-ups réalisées pour Marvel Fanfare par des gens comme Terry Austin ou Kevin Nowlan, des reproductions de couvertures de Marvel Tales ainsi que des reproductions, hélas trop petites, de planches originales.

Un menu de choix.

Jim

P.S. : le travail d’Ed Hannigan sur la mini-série, avant son remplacement par Rick Leonardi, est évoqué ici :

Sacré post, chapeau !!

Je te savais déjà homme de goût, tout flagornerie mise à part, mais en voilà bien une preuve supplémentaire. Je me demande si nous n’en avions pas déjà parlé sur un autre thread, d’ailleurs : cet épisode avec Boomerang est un sommet absolu de tout le corpus spideyien (que je connaisse). Je l’ai lu un nombre invraisemblable de fois gamin, dans Nova (et en y pensant, je visuelle tout de suite ce petit format caractéristique qui ne me gênait pas le moins du monde, étrangement, bien au contraire même) de la grande époque. Je n’ai jamais trop compris d’ailleurs pourquoi Boomerang (avant sa “consécration” dans le fabuleux “Superior Foes Of Spide-Man”) se traînait une réputation de super-vilain ringard et naze, parce que pour moi lors de cette première exposition au perso, il était sacrément bad-ass (de même un peu avant dans le “Iron Fist” de Claremont et Byrne, que je n’ai lu que des années après).
Toute cette ère de “Spectacular…” (et aussi la précédente, dont tu as également souvent chanté les louanges) est excellente.
Ce titre a plus souvent été brillant qu’autre chose, faut dire, si l’on prend aussi en compte le run exceptionnel de Gerry Conway et Sal Buscema (je me souviens d’un combat marin contre Boomerang datant de cette période-là, tiens…) un peu plus tard. Une époque bénie, mine de rien, pour Marvel.

Merci.
Je sais que le tonton aux pieds ailés attend ces notules avec une impatience trépidante, et comme j’ai un peu de temps devant moi, j’en profite pour détailler, et illustrer avec de belles images.

Je vante souvent les mérites de cette période (Mantlo a rarement été aussi bien servi), et cet épisode avec Boomerang revient souvent à ces occasions.

Déjà, y a des compositions intéressantes en soi, sans même les jeux de référence.

Ensuite, Hannigan s’inscrit dans la logique visuelle de Miller, sans doute à la suggestion des editors. Et il maîtrise : on retrouve, en vrac, les cases verticales de décors, les plans américains sur fond noir, les cases horizontales de combat, souvent sans bord et sur fond blanc.

Et c’est d’ailleurs marrant, parce que Hannigan consacre cette approche millerienne exclusivement aux séquences faisant intervenir le Kingpin, comme s’il cherchait clairement à bien distinguer les deux influences, et à bien rendre hommage à l’un et l’autre sans bousculade.

Mais surtout, il parvient à réinjecter du Ditko dans la sauce, à une époque où la référence était surtout Romita. On reconnaît l’influence du créateur du personnage au maniérisme dans les mains (les personnages ont tout le temps des gestes de pianiste), mais aussi au fait que Spidey est plus gracile ou encore qu’il est en constant déséquilibre.

Il utilise aussi un découpage très sobre, avec les fameuses grandes cases horizontales de baston propres à Ditko, mais également un gaufrier de cases presque carrées qui évoque les années 1960 et les premiers épisodes de la série.

Il faudra attendre Ron Frenz sur Amazing Spider-Man (et encore, au début surtout, par la suite il renouera avec la version Romita) pour avoir ce sentiment à nouveau.

Épisode qui fait aussi partie de mon panthéon personnel, pour mille raisons : Byrne commence à devenir ce qu’il est, l’encrage (Adkins je crois ?) est magnifique, les cases sur la main de Fist qui sort de l’eau sont bouleversantes, et le scénario porte un regard intelligent sur le terrorisme.

J’aime beaucoup la série en général. Elle débute (avec Goodwin et Buscema, de mémoire) de manière assez plate, parce que les gros événements doivent se produire dans Amazing, et celle-ci doit se contenter de faire tapisserie. Et pourtant, on a l’arrivée du White Tiger dans le giron de Spidey, on a des trucs formidables sur Flash et Sha-Shan (forcément, si on ne peut rien faire sur Peter, on travaille sur les personnages secondaires)…
Et puis, Mantlo arrive et pousse le raisonnement plus loin : si on ne peut rien apporter de neuf, alors on décline. D’où les variations avec le Lizard, par exemple. Ou encore la très formidable saga de Carrion qui, mine de rien, va poser plein de jalons pour plus tard.
Ensuite, la période que j’aime beaucoup, c’est celle de Roger Stern, notamment grâce aux épisodes où le Beetle occupe le devant de la scène. Stern sait qu’il ne pourra pas utiliser des vilains de premier plan, alors il ramène le Gibbon, le Beetle… et rend ce dernier plus dangereux que jamais. Formidable.
Et que dire des épisodes de Mantlo et Milgrom avec la guerre opposant Octopus au Owl ? Doc Ock a rarement été aussi dangereux !
J’adore la première centaine de numéros, c’était une sacrée série.

Bizarrement, je ne m’en souviens pas. Tu saurais en dire plus ?

Jim

Pour la VF, y’a cette couv’ de Nova 142…

…qui reprend l’un des deux épisodes formant le “two-parter” que j’évoque, “Spectacular Spider-Man” 144 et 145.

Ce n’est pas un sommet de cette ère (que j’adore donc, avec tout ce qui tournait autour de Robbie et Tombstone, la deuxième guerre des gangs avec les frères Lobo, tout ça…), mais c’est de l’excellente “routine”, avec un criminel qui arrive temporairement à duper Spider en montant une fausse tentative d’assassinat contre lui (et Boomerang est le vilain idéal pour ça), sur fond d’America’s Cup ou autre compétition nautique du même ordre.

A noter que l episode où la cape et l epee apparaisse pour le premiere fois et la mini en 4 a été traduite recemment en vF dans la collection rouge de chez Hachette!

Complètement zappé ce récit.
Faut que je le relise.

Mais ouais, la “seconde” période Conway, je l’aime aussi beaucoup : Glory Grant prend de l’importance, Robbie cache des secrets, et le rythme feuilletonnesque tient super bien la route.
J’ai plein d’agréables souvenirs (mais j’ai aussi des trous de mémoire, visiblement, merci pour ce rappel).

Jim

Et je ne fus pas déçu du voyage ! (Merci aussi à Photonik pour le complément. :slight_smile: )

Mes possessions cape-et-épesques se limitant pour l’heure à un volume “Top BD” de Semic, comprenant un graphic novel de Mantlo et Stroman (qui doit se trouver dans le TPB suivant)

et les épisodes des New Mutants récemment sortis dans le volume Icons de Panini, le plantureux menu proposé par cette collection en V.O. me fait sacrément de l’œil… surtout présenté avec autant de maestria. :wink:

Des épisodes qui doivent être au sommaire de ce volume (dont la suite se fait toujours attendre, avec Robbie en zonzon), déjà évoqué par Lord dans ce même thread (le 572ème message et la déviation qui suit sur la carrière de Sal Buscema).

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Hop, merci pour l’info, je suis allé relire tout cela…

Et tous ces commentaires du Seigneur de Babylone me donne envie de me replonger en VO dans cette série. J’aimais beaucoup le style de Sal Buscema de l’époque, qui semblait ne pas se remettre de son passage sur Thor, écrit par Simonson, et tant mieux : l’usage d’un encrage très anguleux me semblait du meilleur effet.

Jim

J’ai justement relu les deux numéros rattachés à Mutant Massacre il n’y a pas longtemps. Si certains des premiers épisodes sont parfois lourds à force de marteler le message de l’escalade anti-mutants (même en plein shopping, Rogue n’y échappe pas), les épisodes du duo Simonson/Buscema (qui arrive à ménager ses propres intrigues) constituent en revanche une véritable bouffée d’air frais, riche en chaleur humaine (Sigurd et la fratrie accueillante) jusqu’à l’arrivée de Thor dans les égouts (une partie forcément plus conforme à l’atmosphère du crossover).

Allez, faisons une petite pause dans la carrière de la Cape et de l’Épée, et retrouvons notre ami le Vengeur Cosmique, Quasar, égérie de Mark Gruenwald, que nous avions déjà évoqué ici :

https://www.comics-sanctuary.com/news/24643/viens-dans-mon-comic-strip-quasar.html

Et ici :

Constatant que je n’avais pas fait de chronique concernant la sortie du TPB Cosmos in Collision, je me suis dit que j’allais faire un petit détour. Et puis, pourquoi ne pas évoquer le tome précédent, intitulé Classic, portant un numéro 1 mais jamais suivi d’un second.

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Donc voilà, vous êtes partis pour un diptyque que je posterai entre ce soir et demain. Na !

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Quasar Classic (tome 1, donc) reprend les neuf premiers numéros de la série régulière, ainsi que l’apparition du héros dans Avengers Annual #18, connecté à la saga « Atlantis Attacks » (à l’occasion d’un petit récit illustré par un Mark Bagley encore débutant et dans lequel Quasar est officiellement recruté par Cap America), et dans Marvel Comics Presents, où l’équipe régulière livre un court chapitre (permettant d’introduire Quagmire dans l’univers 616, ce qui aura son importance par la suite).

La couverture du recueil est retravaillée selon la mode récente, à savoir qu’on applique des couleurs informatiques sur un dessin conçu plusieurs décennies plus tôt et prévu pour des aplats. Le résultat est loin d’être hideux, mais il affiche un travers assez fréquent dans ce genre d’entreprises : la surenchère des effets pyrotechniques.

Je ne reviendrai pas sur les origines du personnages, évoquées dans la chronique dont le lien se trouve plus haut. Il suffit de dire que le personnage se greffe sur le Marvel Boy des années 1950, auquel Roy Thomas a fait un sort dans Fantastic Four puis dans Captain America. Les bracelets de ce héros sont récupérés par le SHIELD et confié à un agent qui apprend à se servir de ces capacités. Cet agent, c’est Wendell Vaughn, qui n’est visiblement pas taillé pour le métier et qui, pendant un temps, fera office de chef de la sécurité du Projet Pegasus. C’est dans les pages de Marvel Two-in-One que Gruenwald croise le personnage, duquel il s’éprend et qu’il développe dès qu’il en a l’occasion.

Le premier épisode récapitule l’état des lieux à l’aide de flash-backs qui permettent de développer la personnalité de Wendell, sorte de héros réticent toujours en décalage par rapport à sa mission. Les auteurs, Mark Gruenwald au scénario, Paul Ryan au dessin et Danny Bulanadi à l’encrage, font un bon boulot mais qui semble plus versé dans l’encyclopédie que dans la grande épopée. La rencontre entre Ryan et Bulanadi est très fructueuse : l’encreur, qui jusque-là avait déployé un style très chargé, s’épure avec les crayonnés de Ryan, sans perdre en précision. Le résultat est plutôt chouette à regarder et leur vaudra d’illustrer la période De Falco sur Fantastic Four qui, si elle est controversée, est l’occasion de grands morceaux et d’une régularité exemplaire.

Les choses sérieuses commencent dans le deuxième épisode qui, pourtant, est encore l’occasion de reporter à plus tard le coup d’envoi. En effet, l’action se déroule dans l’espace, et la première page montre Quasar avec une longue barbe, parti en vadrouille dans le vide infini. En fait, sa mission, consistant à retrouver la mission uranienne d’où provenait Marvel Boy, permet au scénariste, et donc à ses lecteurs, de faire le lien en matière de continuité. Qui plus est, c’est aussi l’occasion pour le héros de rencontrer Deathurge, un super-vilain croisé précédemment dans des Marvel Two-in-One sans qu’il ait eu l’occasion d’être développé.

Revenant sur Terre au troisième épisode, le héros peut enfin débuter ses vraies aventures. Continuant à installer son personnage dans l’univers Marvel, Gruenwald fait de Wendell Vaughn un spécialiste de la sécurité dont les locaux sont installés au Four Freedom Plaza, le quartier général des Fantastic Four. Le quatuor est l’une des références régulières de la série, l’autre étant Captain America, que Quasar prend comme modèle. D’une certaine manière, le Vengeurs Cosmique est le nouveau Hawkeye, à la différence qu’il remplace le trop-plein de confiance de l’archer par une estime de soi souvent défaillante.

Ce manque de confiance est peut-être aussi celui de Gruenwald, et de Howard Mackie son editor. En effet, leur apprenti héros s’associe à d’autres héros (Johnny Storm dans le #3, Aquarian dans le #4, Spider-Man dans le #7), et affronte des vilains bien connu comme l’Absorbing Man dans le #5, ou Venom et le Living Laser dans le #6. La série fournit son lot d’aventures, avec une caractérisation intéressante et une construction efficace de la galerie de personnages secondaires (pour la plupart les employés de l’agence de Wendell), mais elle ne connaît pas encore d’envolée. Cependant, l’épisode #6 marque la rencontre avec le Watcher, et peut-être le premier pas du héros vers sa mission cosmique.

Pour la petite histoire, la couverture de l’épisode #6 montre, en médaillon, le visage avenant et goguenard de Venom. En réalité, ce dessin a été réalisé pour la couverture du numéro précédent. Mais souvent, déjà à l’époque, les couvertures étaient réalisées en amont, alors que le script n’était pas fini. Et l’apparition de Venom a été décalée au chapitre suivant par rapport aux prévisions, son médaillon passant d’une couverture à l’autre. Mais je laisse Mark Gruenwald expliquer l’affaire :

I really liked the series Quasar. It had a very cool Marvel cosmic setting and I always thought Wendell Vaughn’s Quasar was a great character and a lot of fun to read. I especially liked the early Paul Ryan issues. This particular comic was an Acts of Vengeance tie-in plus it had one of my very favorite villains Absorbing Man - here on the cover absorbing the Quantum Bands! What is a huge coincidence is that this story takes place chronologically after the events of Hulk #348 where Hulk fights Absorbing Man. This is his very next appearance after that fight and I have that cover. How the heck did I manage that?

What makes this cover extra special is that there is a wonderfully drawn - HISTORIC - Venom inset as Venom was supposed to appear in this issue but he doesn’t really appear until issue #6 in a brief cameo. I asked Tom DeFalco why this was and he could not remember. Nobody seems to know and I can only imagine the original story or script had Venom in #5 but after Paul Ryan drew the cover plans were changed and he was bumped to just that first 1-2 pages in issue #6. Why this is special is that this drawn image of Venom - which would be used exactly on the cover of 6 - represents just the 3rd cover appearance of Venom ever. It is only about a year after Venom first appeared and he would grace the cover of Amazing Spider-Man #315, #316 and next show up on the cover of Quasar #6 with this image! Not only would it be just the 3rd time we see Venom on a cover but it is the VERY FIRST time Venom appeared outside of Amazing Spider-Man. It is Venom’s first guest appearance anywhere else!

So whatever the mystery about why Venom showed up here (and in such an awesomely drawn image) only adds to this fanastic Paul Ryan Marvel battle cover that crossed over into one of my favorite Marvel events, Acts Of Vengeance!

Quasar #5
December, 1989

"The Absorption Principle!
Writer: Mark Gruenwald

L’épisode 6 marque le départ de Paul Ryan. Il est remplacé par Mike Manley, un excellent dessinateur assez mésestimé, qui livre une prestation très vivante, toujours soutenu par l’encrage précis de Bulanadi.

Quasar, de son côté, continue à assurer la protection de la Terre face à Terminus (#7), un monstre hantant les couloirs abandonnés du Projet Pegasus (ce qui permet de faire le lien avec ses précédentes fonctions, #8) ou Modam (#9). La série n’a pas encore connu la grande envolée qui la fera connaître et reconnaître, se contentant de positionner le personnage dans l’univers Marvel.

Quasar est cependant devenant le nouveau protecteur de l’univers, disposant de la Conscience Cosmique, comme son prédécesseur le Capitaine Mar-Vell. Il a fait la rencontre d’Eon, dont il cache une manifestation dans un placard (en réalité une sorte de portail dimensionnel ouvrant sur le cosmos). Gruenwald donne d’ailleurs une dimension amusante à ce jeu de cache-cache, dans une sorte de variation vaudevillesque de la protection de l’identité secrète : Wendell cherche à éviter que les autres ouvrent la porte et tombent sur le ciel étoilé où se trouve Eon suspendu, dans une évocation des portes qui claquent propres au théâtre de boulevard. C’est d’autant plus amusant que cette fatidique ouverture de porte, qui surviendra plus tard, sera le moteur de nombreuses intrigues.

Mais ces intrigues, et la fameuse envolée, sont encore à venir. Elles occuperont le sommaire du TPB suivant, Cosmos in Collision, qui n’est pas le tome 2 tant attendu, mais qui reprend là où ce volume s’est arrêté. Rendez-vous est donc donné pour la suite de cette chronique.

JIm