RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Vil tentateur.

J’ai fini la lecture du recueil, et effectivement, c’est très chouette. La confrontation avec Mordo m’a fait penser au duel des papys dans Captain America #300, il navigue sur les mêmes thèmes. De même, sa Midwife, apparue dans son avant-dernier épisode et nommée dans le dernier, est une préfiguration de sa Nightmare Nurse qui évolue dans ses Justice League Dark. C’est intéressant de découvrir cette période, à mi-chemin dans une carrière prolifique.
Après, DeMatteis range magnifiquement les jouets. Quatre épisodes pour remettre le personnage sur pied, deux épisodes pour balayer le bazar de Quinn, et un dernier pour une mission d’ampleur planétaire, et paf, la série s’arrête. J’en aurais bien repris une louche, pour ma part.
Très content de cette découverte tardive.

Jim

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Les mini-séries actuelles de PAD sur un Spider-Man 80’s pas encore séparé du symbiote m’ont donné envie de remettre le nez dans certaines histoires de cette période (les ères Owsley/Salicrup en particulier), mais pas forcément les plus connues ou révérées.

Dont acte avec cette relecture d’un arc assez sous-estimé, car paru juste après Kraven’s Last Hunt (quitte à se retrouver dans l’ombre imposante de ce story-arc d’anthologie, également réparti à cheval sur trois titres) et peu avant l’arrivée de McFarlane ou encore le retour de Conway (d’un côté l’entrée en scène de la superstar Venom et une rouquine aux tenues de plus en plus légères pour mieux provoquer chez le lectorat adolescent des réactions façon loup de Tex Avery, de l’autre l’arrivée fracassante* de Tombstone et un supporting cast moins restreint).

*comme l’atteste le sort réservé au dos de Robbie :scream:

Résumé

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Le drame familial de départ puis le séjour contraint d’un héros diminué à l’asile permet à Nocenti de rebondir une des idées de Born Again (l’influence corrruptrice du Caïd et de ses sbires, pour mieux avoir à leur disposition toute une cohorte d’assassins déments, à usage unique selon les cas, tel celui qui endossa le costume de DD).

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La partie graphique a ceci d’intéressant que les 3 numéros ont chacun un encreur différent (entraînant des ruptures visuelles), plus ou moins adaptés au trait de Cynthia Martin (la stylisation de Leialoha, la patte plus cartoony de Kyle Baker, et enfin le style plus « sage » et moins tranché de Rubinstein en comparaison de ses prédécesseurs).

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La suite tardive (publiée 5 ans plus tard) réutilise certains des mêmes personnages secondaires tout en étant un prolongement thématique de la propension du héros au mensonge quotidien (tel qu’abordé précédemment par Nocenti dans « You’re Lying, Peter Parker » de « Web of Spider-Man Annual #2 »), et s’avère beaucoup moins inspirée (tout ce qui tourne autour des atermoiements « soap » d’MJ) et plus foutraque (un rat de laboratoire transformé en Stegron/Killer Croc du pauvre).
Le style pataud de Marrinan n’aide pas non plus à relever le le niveau (quelques mois auparavant, le trio Nocenti/Leonardi/Williamson avait su faire beaucoup mieux sur l’épisode avec Thanos).

bon souvenir de la 1ere saga… la deuxieme j en ai un tres mauvais souvenir.

M’apercevant que je n’ai évoqué que le premier des trois TPB Cloak & Dagger couvrant la période Mantlo, je m’empresse de rattraper le retard.

Nous en étions restés, donc, aux premières apparitions du tandem, d’abord dans les pages de Peter Parker the Spectacular Spider-Man (par Bill Mantlo, aidé d’Ed Hannigan puis Al Milgrom), puis à la mini-série qui leur est consacrée, et enfin à leurs passages divers dans d’autres séries, dont New Mutants.

Forts de leur succès, les deux héros de la nuit, toujours embarrassés de leurs pouvoirs, ont droit à une série régulière. Le recueil Lost and Found compile donc les onze numéros de cette série et les deux premiers chapitres du feuilleton auquel la Cape et l’Épée auront droit dans les pages du nouveau Strange Tales (aux côtés de Doctor Strange, qui lui aussi perd sa série régulière au même moment).

Les affaires commencent de manière classique : on retrouve les deux héros, les quartiers chauds dans lesquels ils tentent de faire régner la justice, les autres acteurs secondaires de la mini-série (le curé qui les héberge, la fliquette qui les traque…), ainsi que les trois auteurs : Bill Mantlo au scénario, Rick Leonardi au dessin, dont le style est désormais bien affirmé, et Terry Austin à l’encrage, qui sait équilibrer les cases pleines de décors et de matières et les surfaces lisses et stylisées (citons également le formidable travail du lettreur Ken Bruzenak). Mais au cours de ce premier épisode, alors que l’intrigue explore la misère affective et le commerce sexuel qui agitent un microcosme cruel, la révélation se fait : la mission que les deux jeunes gens se sont donnée les a changé en monstres. Tandy décide donc de quitter l’équipe, espérant reconquérir sa vie.

Dans le deuxième épisode, elle retourne chez elle, uniquement pour découvrir que la famille riche de laquelle elle provient se complaît dans le même genre de débauche que ce à quoi les deux anciens fugueurs ont récemment été confrontés. Pour Mantlo, en plus de donner un passé et une épaisseur à son héroïne, cela revient à donner à la série un ton résolument désespéré. Les deux héros reprennent donc leur croisade dans le troisième épisode, retournant à New York pour y croiser un certain tisseur de toile. Le quatrième épisode marque la rencontre avec le Beyonder, dans l’un de ces « tie-ins » qui coupent l’élan de toutes les séries Marvel dans le cadre de Secret Wars II.

En ce qui concerne le mensuel Cloak & Dagger, c’est bel et bien le cas : Leonardi quitte le navire (il reviendra pour le numéro 6). Commence alors une valse de dessinateur dont aucun ne démérite (c’est même plutôt joli dans bien des cas), avec Terry Shoemaker (#5), Marc Silvestri (#7), Mike Mignola (#8), Art Adams (#9), Bret Blevins (#10) et June Brigman et Larry Stroman (#11). De son côté, Mantlo se montre généreux. Le détective Brigit O’Reilly, qui poursuit les deux héros depuis le début, décède, et Dagger tente de la ranimer, mais ces efforts conduisent à ressusciter la policière sous la forme d’une femme verte nantie de pouvoirs. Comprenant qu’ils perdent pied et que leurs actions ont des conséquences aussi dangereuses qu’imprévisibles, les deux héros décident de quitte New York. S’ensuit un long voyage à l’étranger (Carl Potts, l’editor, se dit peut-être, à ce moment-là, que le thème du voyage, s’il a si bien fonctionné pour Uncanny X-Men, peut sans doute aussi sauver la série), où les héros se rendent en Europe, passant de pays en pays et rencontrant même Doctor Doom. Le dernier épisode est double, signe que la série est fermée de manière précipitée.

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À l’arrêt de la série, l’ensemble du personnel créatif se déplace dans les pages de Strange Tales, une anthologie calquée sur son glorieux homonyme et rassemblant également la nouvelle mouture de Doctor Strange. Bret Blevins s’installe pour une suite d’épisodes dont les deux premiers sont compilés ici, et dont la structure est comparable au mensuel précédent, à savoir que Cloak & Dagger voyagent, rencontrent des gens et résolvent des problèmes.

Faire quitter New York aux héros a pu paraître un moyen de relancer l’intérêt de leurs aventures, mais ça en dilue la personnalité. Le feuilleton à base de petits épisodes d’une dizaine de pages noie les deux héros dans la production, et malgré la qualité du dessin (Blevins en pleine forme), les héros semblent avoir perdu un peu de leur charme.

Jim

Le troisième tome consacré aux débuts de carrière de Cloak & Dagger s’intitule Predator and Prey. Il est orné de l’illustration, recolorisée pour l’occasion, utilisée à l’époque pour le graphic novel dessiné par Stroman.

L’action reprend alors que nos deux héros continuent à jouer les globe-trotters, dans les pages de Strange Tales, hantés cependant par le spectre de Nightmare, l’ennemi de Doctor Strange. Le sommaire enquille ensuite sur le graphic novel cité plus haut, par Mantlo, Stroman et Williamson, un récit qui, d’une manière étrange, reprend et résume la situation rencontrée dans la mini-série de base et dans les premières épisodes de la série mensuelle.

Le recueil reprend ensuite le cours de Strange Tales, alors que Nightmare continue à comploter. Cela conduit à une inévitable rencontre entre les deux séries du sommaire, dans le numéro 7 (occasion aussi de croiser le chemin des New Defenders, dont le scénariste Peter Gillis anime les aventures à l’époque). C’est justement Gillis qui se charge de la partie Doctor Strange dans l’anthologie (livrant, pour le coup, une prestation tout à fait honorable, même s’il est coincé entre la période Roger Stern et la seconde période Roy Thomas, toutes deux appréciées pour des raisons différentes).

Une fois cette « grande » aventure résolue, c’est Terry Austin, l’encreur, qui reprend le scénario. S’il parvient à animer ses personnages de manière cohérente (Tandy est un peu caricaturale, mais cela sert aussi à mettre en valeur ce qui arrive à Tyrone), il se montre un peu bavard. Mais il réserve quelques surprises à ses lecteurs, à l’exemple de la rencontre entre Dagger et Black Cat. L’intrigue tourne autour de Mister Jip, « usurper of souls », et autour de la rapide perte de contrôle de Tyrone sur ses pouvoirs, ce qui contribue à briser les liens du tandem, qui affronte des ennemis séparément.

La série s’arrête à l’épisode 19. Doctor Strange a droit à un nouveau mensuel, d’abord écrit par Peter Gillis, puis par Roy Thomas. En ce qui concerne Cloak & Dagger, Leonardi est remplacé par Dan Lawlis et par un jeune Erik Larsen qui signe le dernier chapitre, avant l’arrivée d’une nouvelle série consacrée au tandem, et surtitrée « the mutant misadventures of », dans une tentative de séduire le lectorat des X-Men. Les quatre premiers épisodes de la série sont contenus dans ce recueil. Mister Jip continue à comploter, les héros sont séparés, Dagger a coupé ses cheveux, Mike Vosburg vient à la rescousse…

Le sommaire de ce troisième tome se conclut sur un nouveau graphic novel, cette fois-ci illustré par Sal Velluto et Mark Farmer. « Shelter from the storm » associe cette fois-ci Cloak & Dagger aux gamins de Power Pack. Contrairement à l’autre roman graphique (traduit chez Semic), celui-ci demeure inédit en France. Écrit par Bill Mantlo, il se situe au tout début de la série mensuelle, et propose une nouvelle plongée dans le monde de la cruauté urbaine. Mais cette fois-ci, le scénariste parvient à dispenser quelques portraits positifs et quelques instants d’espoir, alors que les justiciers juvéniles affronte l’affreux Cadaver.

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Un quatrième tome couvrant cette période fondatrice est sorti en juin de cette année. Quand il sera dans ma bibliothèque, je n’hésiterai pas à en faire la chronique. Il rassemble les autres épisodes de la série, finissant de compléter le tableau des premières années de carrière de l’étrange tandem.

Jim

j en suis qu au 1er tp mais rien que les planches que tu as montré du deuxieme… faut que je m y mettes…

C’est « une » série qui a souvent été très bien servie graphiquement. Mais qui a sans doute manqué de personnalité, ou qui, sous l’impulsion de Carl Potts, a peut-être trop souvent cherché à surfer sur des vagues. Ce qui lui nuit un peu sur la durée, même si la lecture m’en semble agréable, sans être bouleversante. Pour faire court, je dirais que l’intérêt décroît un peu à chaque TPB. Mais pour les yeux, c’est un plaisir, effectivement.

Jim

Puisque tu as déjà évoqué le volume 11 (A Kingdom Lost), doit-on en déduire par là que ce billet portera sur le suivant (Runequest) ?

Voilà. Tu déduis bien. Il te faudra simplement un peu de patience.

Jim

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Une saga d’anthologie (conformément à mes souvenirs), en particulier la deuxième partie post-Xandar (après l’intermède sur Terre du #207) avec l’arrivée de Byrne, correspondant à une des périodes les plus productives de sa carrière.

Cet agenda alors très chargé est même le sujet d’une illustration méta du Byrne de l’époque :

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Au tour des 4 mois suivants :

  • Complete Collection : What If ? vol.4, Spider-Man - The Gauntlet vol.2 (suite et fin), Avengers d’Hickman vol.1 & 2, Oz, Winter Soldier de Brubaker, Peter Porker Spider-Ham vol.2, Eternals de Kirby, Old Man Hawkeye, Ghost Rider Robbie Reyes, Avengers Academy vol.3, Incredible Hercules vol.2, Spider-Girl vol.3
  • Epic Collection : FF book 5 (Lee/Kirby), Silver Surfer book 9 (Marz/Starlin), DD book 15 (Nocenti/Chichester), Conan Chronicles book 5 (Thomas/Wood), Avengers book 5 (Thomas/Buscema), Black Widow book 2 (divers), New Mutants book 7 (Liefeld), X-Men book 6 (Claremont/Byrne), Iron Man book 4 (divers), Avengers West Coast book 3 (Englehart), Star Comics Top Dog
  • Omnibus : Amazing Fantasy, Silver Surfer (Lee/Buscema), Cloak & Dagger, Morbius, Savage Sword of Conan, Uncanny X-Men, Miles Morales, Adventure Into Fear, Solomon Kane, Heroes Reborn The Return, Spidey Ben Reilly, X-Men Grand Design, She-Hulk de Slott, Absolute Carnage, Marvel Classics Comics
  • Divers : Heroes Reborn - Avengers, Heroes Reborn - Captain America, Heroes Reborn - Iron Man, Fury de Steranko et Dr Strange de Ditko (king-size), Astonishing X-Men Companion, Avengers: Live Kree or die, Acts of Vengeance: Marvel Universe, X-Men Reload d’Austen, Hellstrom Evil Origins, Hellstrom Prince of Lies (pré-Ellis), Eternals (Gaiman & Knauf), Eternals Sersi & Avengers, Thor Deviants saga, Conan the barbarian Marvel Years, Many Lives of Carol Danvers (divers), X-Men/Avengers Onslaught vol.2, Silver Surfer Parable, Shang Chi (post-Moench), The World Outside your window (relevant comics)
  • Marvel Select : Guardians of the Galaxy (DnA), Venom (Cates), DD Man Without Fear (Miller/JRjr), Infinity Gauntlet (Starlin)
  • Milestones (X-Men) : Necrosha, Second Coming, Age of X

(Oups, j’avais un brouillon qui traînait ici, je pensais avoir posté.)

Comme je le mentionnais à la fin d’un (plus ou moins) récent post sur la série Excalibur version Tini Howard et Marcus To, la réapparition du personnage de Pete Wisdom m’a donné envie de me replonger dans la série Captain Britain and MI:13, écrite par Paul Cornell et (majoritairement) dessinée par Leonard Kirk pendant un peu plus d’un an en 2008-2009.

La série a été collectée dans la foulée en trois TPB (des plus fins, une réédition en un seul volume ne ferait pas de mal) : le premier estampillé Secret Invasion, tie-in de l’event du même nom, reprend les quatre premiers numéros, soit l’arc « The Guns of Avalon », puis Hell Comes to Birmingham (#5-9) et Vampire State (#10-15 + un annual). Seuls les cinq premiers numéros ont été traduits en VF par Panini (en kiosque), dans Secret Invasion (Marvel Monsters) n°2… et oui, si vous avez bien suivi, cela veut dire le premier arc et le premier numéro seulement de l’arc suivant.

Si le MI:5 est la section des services secrets britanniques chargée de la sécurité intérieure du Royaume-Uni et le MI:6 sa branche tournée vers l’extérieur, le MI:13, imaginé en 1999 par Warren Ellis dans le cadre de son run sur Excalibur, est l’unité chargée des affaires surnaturelles. La section est dirigée par Peter Wisdom, un mutant également créé par Ellis quelques années plus tôt dans la même série.

Scénariste briton jusqu’au bout des ongles, ayant surtout officié sur différentes déclinaisons de Doctor Who (romans et nouvelles, comics, et quelques épisodes télé proprement dit, dont l’excellent diptyque Human Nature/The Family of Blood, nominé pour un prix Hugo et qui me met les yeux humides à chaque fois que je le revois), Paul Cornell avait déjà eu la charge, en 2007, d’animer le personnage et son équipe dans le cadre d’une mini-série de six numéros simplement titrée Wisdom, sortie sous le label MAX. Comme il se doit sous ce label, le titre série fleurait alors le mauvais esprit et la testostérone.

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L’année suivante Captain Britain and MI:13, titre « mainstream » et donc un peu plus « sage », s’ouvre avec une équipe presque entièrement renouvelée par rapport à l’incarnation précédente. Les Skrulls attaquent la Terre en force (l’Invasion Secrète n’ayant plus grand chose de secrète à ce stade), et ils concentrent (étonnamment) une partie de leurs attaques sur la Grande-Bretagne. Pourquoi un tel « régime de faveur » ? À cause de la magie, bien sûr — et du lien privilégié de la perfide Albion avec Avalon / Hors-le-Monde, qui fonctionne comme un « inconscient national » pour les Britanniques (un inconscient sacrément médiéval, comme pestait Pete Wisdom en 2007).

Le MI:13 mène donc la résistance sur deux fronts, occasion de présenter la nouvelle mouture de l’équipe : tandis que Wisdom mène à Hors-le-Monde un commando composé notamment de Captain Britain et Spitfire, Dane Whitman, le Chevalier noir, mouline de son épée d’ébène dans les rues de Londres aux côtés de l’armée — et d’une femme-médecin, le Dr. Faiza Hussain, qui va se retrouver dotée de pouvoirs (dans des circonstances qu’on qualifiera pudiquement de peu claires).

En dehors de cet aspect de présentations, ces quatre premiers numéros ne sont pas d’un intérêt majeur : la série souffre alors de son caractère de tie-in, et il est difficile de ne se défaire d’une impression de bourrinage et de brouillon, dans un récit contenu dans un nombre de numéros trop court pour ses ambitions. Heureusement, les choses ne s’arrêtent pas là.

Le deuxième arc, « Hell Comes to Birmingham », monte le niveau alors que le MI:13 doit commencer à gérer les retombées de l’action qu’a dû entreprendre Wisdom afin de se trouver des alliés suffisamment puissants pour affronter les Skrulls : un Duc de l’Enfer a ainsi établi sa résidence à Londres, faisant tomber sous sa coupe tous les habitants d’un immeuble auxquels il promet en échange la réalisation de leur plus cher désir. L’équipe s’enrichit par ailleurs de l’arrivée de Blade, de retour au pays natal. Ses relations avec Spitfire — alias lady Jacqueline Falsworth, ex-membre des Invaders et bolide vampire (suite à d’obscures histoires de transfusions de sang nées de la plume de Roy Thomas dans les années 70) — s’avèrent vite… compliquées — selon la formule classique et éprouvée « on essaye de se tuer jusqu’au moment où on se roule des pelles ».

Mais c’est surtout sur « Vampire State », son dernier arc mais aussi le plus étendu, que Captain Britain and MI:13 donne son meilleur. L’arc vaudra d’ailleurs à son scénariste une autre nomination pour le Prix Hugo. Même si les intrigues ne sont pas exactement comparables, à le relire en 2019, il est difficile de ne pas penser au récent arc des Avengers « War of the Vampires » et c’est peu dire que la comparaison ne se fait pas à l’avantage de Jason Aaron.

Ici Dracula se lance à la conquête de l’Angleterre pour en faire une « nation pour les vampires », avec quelques plans de nettoyage ethnique au passage (Cornell réutilise le background anti-islamique du Dracula « historique » dans une série où il fait d’une femme musulmane voilée la dernière porteuse en date d’Excalibur, le message d’ouverture est clair sans avoir besoin d’être asséné par des grands discours). Les attaques pleuvent (quasi littéralement) sur les membres de l’équipe, tandis que Jac reçoit la visite de son fils, vampire inféodé au « Maître ». S’engage alors entre le MI:13 et les suceurs de sang un affrontement où chacun rivalise de coups d’avances par rapport à l’autre.

Le plus étonnant peut-être est que l’on sent bien que la série a été écourtée, vraisemblablement par décision éditoriale, pour en arriver là : comme l’un des personnages le fait remarquer, le choix de Wisdom à la fin de « Guns of Avalon » aurait dû avoir de plus nombreuses conséquences (et aurait pu alimenter une série régulière) ; néanmoins, malgré ce changement de braquet un peu brutal, Cornell a planté suffisamment de graines dans les neuf numéros précédents pour pour leur faire porter du fruit avec succès dans cette dernière ligne droite avec une impression de forte cohérence.

« Vampire State » concentre le meilleur de Cpt. Britain and MI:13 : une capacité à jongler entre fantasy délirante (et over the top) et intrigue d’espionnage évoquant presque par moment le « réalisme » d’un Greg Rucka, des personnages attachants aux interactions travaillées et prenantes, un scénario roublard où l’affrontement se joue à qui dévoilera avoir le plus de coups d’avance sur l’autre, et une certaine conception de la culture anglaise, « un mélange de sitcom et de tragédie que les autres ne peuvent pas vraiment comprendre ».

Très bon résumé. J’aime beaucoup la série.

J’ai récemment déniché le septième tome de la première réédition intégrale de la série What if? d’origine (une nouvelle intégrale de quatre gros tomes est en cours de réédition).

Hé bien c’est super.

J’avais deux épisodes de ce tome, en fascicules : le #40, avec Doctor Strange, dessiné par Butch Guice un peu débutant mais déjà prometteur, et le #41, avec Sub-Mariner, illustré par un Marc Silvestri non moins débutant, affichant un certain goût pour John Buscema, mais animant un Namor quelque peu inexpressif.

Le What if? #42, écrit par Peter Gillis (sorte de pilier de la série à l’époque), est illustré par Ron Frenz, avec un encrage de Joe Sinnott. Quoi de plus normal puisque l’intrigue propose de découvrir ce qui se serait déroulé si Sue Storm était morte en couche (un récit que les lecteurs de Spidey connaissent, puisqu’il a été traduit chez Lug).

Gillis n’hésite pas à plonger Reed dans une profonde dépression et à aller très loin dans le processus de destruction psychologique, livrant l’un des épisodes les plus dramatiques de la série. Bon, celle-ci n’en manque pas, mais le récit parvient à associer une présence forte des personnages et une émotion palpable.

Frenz, en mode kirbyen, assure comme un beau diable, parvenu à imiter le maître sans le singer. Ses pleines pages, assez nombreuses dans l’épisode, en rajoutent une couche et Gillis a l’excellente idée de ne pas les noyer sous les bulles. Très bien joué.

À partir du #43, Bill Sienkiewicz devient le nouveau dessinateur de couverture (remplaçant Mike Golden, qui livre de belles illustrations), et assurera celles des derniers numéros (sauf une Ron Frenz, pour Spider-Man).

Le 43 est consacré à Conan (donc son aventure n’est pas rééditée dans cette édition, il serait intéressant de voir si les épisodes conaniens sont repris dans l’intégrale actuelle), avec une back-up dessinée par Mark Gruenwald et consacré au pan cosmique de l’univers Marvel (ce qui préfigure un peu son travail sur Quasar, dont j’ai déjà parlé dans cette colonne).

Le #44 est consacré à Captain America (l’image a récemment été postée dans la discussion consacrée à l’anniversaire du héros), pour un récit de Gillis, illustré par Sal Buscema, qui reprend le thème de l’imposteur. Le suivant est dédié à Hulk, et Ron Wilson, un dessinateur qui a connu de grandes heures sur Two-in-One dans les années 1970, y est encré par le tandem Akin & Garvey, et le résultat est plutôt agréable à l’œil, avec un Titan Vert à la fois surpuissant et sculptural.

Le gros morceau suivant arrive dans les pages de What If? #46, un épisode consacré à Spider-Man, et s’intéressant au devenir du héros si c’était la Tante May, et non l’Oncle Ben, qui avait succombé à l’assaut du funeste cambrioleur.

Gillis, démontrant une fois de plus une compréhension évidente du personnage et faisant preuve d’une sensibilité bienvenue, décide d’inverser la situation sur tous les points : Peter trouve une aide inattendue auprès de son oncle, et l’identité est dévoilée devant Jameson, qui voit bien l’intérêt de son journal à déclencher une croisade… mais d’un type différent cette fois.

La force de l’épisode est qu’il est dessiné par Ron Frenz. Ce dernier, qui vient de marcher dans les pas de Kirby quelques numéros plus tôt, suit cette fois-ci la trace de Ditko, reproduisant ses gaufriers, ses cases horizontales de combat, les mimiques maniérées de ses personnages. Là également, force est de constater que c’est virtuose, techniquement parlant. L’encrage de Sam De La Rosa, assez épais, évoque par endroits les graisses épaisses d’un Milgrom, et par d’autres les angles et les contours d’un Austin. Le mariage est assez étonnant, mais très agréable au final.

En parlant de final, la série se conclut sur une aventure parallèle de Thor, illustrée par un jeune Kelley Jones, qui cherche à imiter Kirby par endroits, et dans le travail de qui on peut sans doute voir des parallèles avec celui de Pat Broderick. Pas le meilleur épisode pour baisser le rideau, mais qui s’inscrit néanmoins assez bien dans cette compilation.

Jim

PS : la publicité du What If #40 est reproduite ici :

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D’après les sollicitations, il est bien au sommaire :

Collecting WHAT IF? (1977) #36-47.

Celui sur les FF avec Jane qui meure m’avait marqué. L’une des pages que tu as mise en ligne fait partie des pages que j’ai bien en mémoire.

Oui, sur ces épisodes, c’est le seul qui a été traduit dans Spidey…

Y a un paquet d’inédits, quand même.

M’en doutais.
Ça, c’est pour me faire racheter mes anciennes éditions.
Les saligauds.
C’est un complots !

Jim