C’est le cas pour les personnages qui ne sont pas des vedettes et qui sont oubliés pendant longtemps. D’une certaine manière, ils sont plus « libres ».
Jim
C’est le cas pour les personnages qui ne sont pas des vedettes et qui sont oubliés pendant longtemps. D’une certaine manière, ils sont plus « libres ».
Jim
Le douxième tome « Epic » consacré au Silver Surfer est centré sur une période courte, intense, foutraque et méconnue de la carrière du héros cosmique, quand George Pérez écrit le scénario. J’ai gardé un bon souvenir de cette période, que j’ai lue dans un mag de Panini il y a près de trente ans, mais la redécouvrir dans son jus d’origine, c’est une sacrée expérience.
Le sommaire s’ouvre sur un épisode de Spider-Man Team-Up dont l’intrigue est définie par Roger Stern et les dialogues rédigés par George Pérez. Stern associe le Surfer à Spidey face au Mad Thinker et à Quasimodo, faisant de multiples références à la continuité Marvel.
C’est très sympa, avec des dessins énervés de Tom Grindberg à qui il manque une bonne narration, même si les admirateurs de Stern auraient aimé qu’il signe aussi les dialogues : le style de Pérez est bavard et ampoulé, et on perd un peu la fluidité propre à la plume de Stern.
Ensuite, le recueil reprend les épisodes de Silver Surfer écrits par Pérez, et là, c’est une sorte de grand huit du nawak et des idées qui fusent. Tout commence alors que le Surfer se trouve dans une zone du cosmos qu’il n’a jamais explorée, confronté à une civilisation intelligente en proie à une sorte de guerre civile. L’intrigue débute dans une communion mentale qui verra apparaître une silhouette noire appelée « Blackbody » qui aspire les âmes. Au fil des épisodes, Pérez fera subir à son héros de multiples avanies, le séparant de son surf, le fondant à l’intérieur de la planche, le découpant en rondelles vendues aux enchères…
Les différents acheteurs des ces morceaux de Surfer seront contaminés par son pouvoir argentés et constitueront une escouade de surfeurs alliés dans la lutte contre une entité cosmique, l 'Uni-Lord, un dieu céleste générant des « blackbodies » et régnant en despote sur tout un système. C’est un peu confus au début, Pérez s’ingéniant à faire parler des voix off de personnages nouveaux difficiles à identifier (et il faut dire que Pérez, en tant que scénariste, se laisse souvent aller à écrire plus que de raison, et s’emporte dans ses bavardages…), et ça gagne en cohérence au fil des épisodes.
Les premiers chapitres sont dessinés par Tom Grindberg, qui n’est pas désagréable (il bénéficie d’un encrage limpide de Bill Anderson), et lettrés par Ken Bruzenak, qui met beaucoup de lisibilité dans des planches trop éclatées. Le premier est remplacé bientôt par Scot Eaton, à l’énergie intense et au découpage plus sobre, tandis que le second cède la place à John Costanza. Alors ce dernier est un vétéran aguerri (c’est lui qui lettre Miller sur le Dark Knight, pour donner une idée), mais sur son premier épisode, il est méconnaissable : les bulles sont trop grosses, mal calées sur les bords de case, et les queues de bulles sont grossières : ça donne l’impression que Costanza apprend le lettrage informatique sur le tas, et si ça s’arrange progressivement à partir du chapitre suivant, ça fait mal au cœur du vieux fan.
Le tournant dans l’histoire, c’est quand le Surfer découvre que l’âme damnée du despote, son éminence grise, son conseiller de l’ombre, c’est un ancien Gardien qui s’est perdu jadis dans ce coin du cosmos paumé. Les péripéties saugrenues du héros, déconstruit au propre comme au figuré, se reconnectent soudain à la continuité de l’éditeur.
En filigrane, Pérez établit, dans ce système lointain et perdu, une sorte de remake de la légende du Surfer. Ainsi, l’Uni-Lord fait peser sur les planètes une menace qui n’est pas sans évoquer Galactus, par son ampleur cosmique. Et la sorte d’enfer réservé aux derniers représentants des races rappelle bien évidemment l’au-delà infernal de Mephisto. Ce faisant, le Surfer est confronté à des dilemmes moraux auxquels il est habitué et d’où il tire sa grandeur.
Bref, un an d’aventures confinant à l’absurde et au surréaliste, mais qui tranche avec les hésitations qui ont présidé à la succession de Ron Marz : la série retrouve brièvement une direction. Si Bruzenak avait tout lettré et Eaton tout dessiné, ça aurait peut-être donné plus de corps à une tentative intéressante.
Le sommaire reprend également X-Men Unlimited #13. Comme le Spider-Man Team-Up, je l’ai lu chez Panini, mais je n’en ai aucun souvenir. Le récit repose sur une intrigue de Pérez et fait suite à sa prestation, mais cette rencontre avec les mutants est illustrée par trois dessinateurs qui en rajoutent en matière de découpage hystérique (ah, les années 1990), et il faut toute la souplesse de ComiCraft pour y injecter un peu de lisibilité.
Le sommaire se conclut sur le récit en grand format Silver Surfer - Dangerous Artifacts (paru vers la fin du run de Pérez), écrit par Ron Marz et illustré par Claudio Castellini, vaste démonstration graphique pour une aventure cosmique un peu anecdotique. Mais Marz a du souffle et sait raconter. Ce récit, je l’ai dans une version italienne grand format noir & blanc, dans une version française format comics en couleurs, et dans cette version. Et ça se relit avec un plaisir sans borne.
Les toutes dernières pages de ce tome reprennent le Silver Surfer Ashcan, parution très anecdotique résumant la légende du Surfer en reproduisant diverses cases célèbres, de Kirby, Buscema, Byrne et autres. Ça ravira les complétistes.
Jim
Ça faisait un bout de temps que je voulais relire la saga « Scarlet Redemption », et la parution du tome de Moon Knight dans la collection « Epic » a été l’occasion de le faire.
Le recueil s’ouvre donc sur cette saga. Il s’agit de six épisodes écrits par Jean-Marc DeMatteis et illustrés par Ron Garney au dessin et Tom Palmer à l’encrage. Les couvertures sont signées par Bill Sienkiewicz, hommage appuyé à l’illustrateur qui a donné au Chevalier de la Lune son cachet (et ses ennemis atypiques) et contribué à faire de Scarlet un personnage inoubliable.
Le récit débute dans Marc Spector: Moon Knight #26, soit juste après le départ de Chuck Dixon. DeMatteis livre ici un travail comparable à celui qu’il a fait à l’occasion de « Kraven’s Last Hunt ». Il me semble que c’est Fred le Mallrat qui soulignait un point intéressant sur ce genre de prestation : le scénariste est souvent appelé en vue de remettre une série sur les rails, de redéfinir et d’approfondir un personnage et, peut-être aussi, de gagner du temps avant qu’une nouvelle direction soit définie (voir ce qu’il a fait sur Doctor Strange ou Daredevil). Cette « Scarlet Redemption » semble correspondre, tant dans la forme que dans le fond, à cette définition.
On peut aussi identifier des signes distinctifs, là aussi à la fois formels et thématiques, qui sont la marque du scénariste. Le silence, la méditation, la foi, l’au-delà, voire la religion, autant de thèmes qui définissent des ambiances et favorisent des silences.
Marc Spector est hanté par les visions de Scarlet, et là encore on retrouve le prétexte central de « Kraven’s Last Hunt », à savoir le face-à-face entre le héros et le vilain, chacun était le reflet de l’autre. L’image miroir qui confronte le justicier à ses failles, voilà une approche récurrente. Les scènes parallèles ou symétriques sont légions dans ces épisodes.
Autre point commun avec « Kraven’s Last Hunt », la mort du héros. Plus ou moins symbolique (même si, là, il morfle dans les grandes largeurs), elle symbolise un parcours initiatique et une reconstruction. C’est un passage obligé chez DeMatteis : le héros meurt, l’absence est compensée par le méchant, et la chute de ce dernier correspond à la renaissance, à la remontée à la surface (ici, clairement représentée par une noyade).
Le dernier point fort de ces épisodes provient du lettrage. Ken Lopez joue une partition subtile, sur le registre familier de DeMatteis : plusieurs polices (calligraphies, puisque ça semble encore manuel, à l’époque) pour différents personnages, capitales, bas de casse, bâtons ou cursives, et parfois même des paroles entre parenthèses comme des discours parasites s’inscrivant dans un flux de pensée erratiques, autant d’outil littéraires et typographiques qui restituent les troubles mentaux qui saisissent les personnages principaux.
Le récit n’a peut-être pas la pureté sobre de son homologue spider-manien, mais il tape assez juste et surtout fait la démonstration d’une personnalité forte. Il montre aussi un héros capable de pitié et de compassion envers l’adversaire. Et qui réfléchit à son rôle : est-il un bras armé de la vengeance, ou un rédempteur ?
DeMatteis semble parti pour continuer à travailler sur la série. Il signe l’intrigue de l’épisode suivant, impliquant le Hobgoblin sur un registre voisin, celui du vilain en quête de reconstruction, mais c’est Howard Mackie qui rédige les dialogues et s’occupe de la deuxième partie de ce diptyque. Autant dire qu’on passe à un registre plus bourrin, même si très lisible.
Le sommaire intègre ensuite un épisode signé Chuck Dixon et J.J. Birch, qui a tout d’un fill-in, même si l’intrigue, centrée sur Frenchie, semble prendre en compte l’évolution du personnage, puis reprend la saga « Round Robin » qui a animé l’été du Tisseur de Toile cette année-là, dans Amazing Spider-Man #353 à 358. Danny Fingeroth, alors responsable éditorial de Moon Knight et de Spider-Man, confie à Al Milgrom la tâche de dévoiler le destin de Midnight, l’éphémère side-kick du héros.
Ça donne une histoire en six épisodes particulièrement remuante, où Spidey et Moon Knight tentent d’arrêter Midnight qui, de son côté, essaie de prendre le pouvoir au sein du Secret Empire. On croise Night Thrasher, Nova, Darkhawk et plein d’autres justiciers, c’est speed, nerveux, et plutôt bien caractérisé. Al Milgrom scénariste, c’est un peu comme Al Migrom dessinateur, c’est pas inoubliable mais ça fait bien son boulot. J’avais un vague souvenir de cette saga dans Strange, mais la relecture est très agréable.
Le sommaire de cet « Epic » se conclut par un arc de Moon Knight intitulé « Blood Brothers », qui marque les retrouvailles entre Marc et Randall. Ça démarre sur les chapeaux de roues, c’est musclé, un brin décompressé, mais ça permet de découvrir un Ron Garney (toujours encré par Palmer) particulièrement nerveux et adepte de grandes cases spectaculaires : le Garney de Captain America commence à se faire les muscles.
Le retour de Randall est un peu capillotracté. Il faut dire que le scénario est écrit par Terry Kavanagh, qui se débrouille pas mal quand il s’agit des scènes d’action, mais nettement moins bien dès qu’il s’agit de caractériser les motivations de ses protagonistes. L’intrigue fait intervenir une méchante inspirée par l’Égypte et le Punisher, et les idées se bousculent. Le dernier épisode semble un peu précipiter les choses, notamment concernant l’évolution de Randall, bien trop abrupte.
On peut se demander si Randall, que l’on identifie à la silhouette qui apparaît, cachée dans les buissons, à la fin de la période DeMatteis, a conservé la même intention éditoriale ou si les plans la concernant ont changé entre-temps. Toujours est-il que les épisodes de Kavanagh, surtout le quatrième, laissent penser à une certaine précipitation. Le récit s’empresse de renouer avec le passé du héros, là où Dixon avait proposé des idées nouvelles et DeMatteis une orientation différente. La construction d’un nouveau QG et la constitution d’une équipe de conseillers (sans parler du nouveau costume, tenant surtout de l’armure) semblent aussi le symptôme d’une volonté de renouer avec la tradition tout en allant vers l’avenir à marche forcée.
Le remplacement de Danny Fingeroth par Joey Cavalieri au poste de responsable éditorial peut aussi contribuer à faire marquer le pas à la série, et à rajouter de la confusion. Reste le dessin nerveux, énergique et puissant de Garney qui rend cette valse hésitation entre ancien et nouveau très facile à lire, en dépit du fait que le pic de qualité est passé.
Jim
On va dire que je trouve qu a partir des 90’s c est un peu son leitmotiv mais bizarrement j y aurai pas classé MK mais ca peut fonctionner.
Mais je trouve qu avec DD, Surfer, Doc Strange il arrive aprés des experiences sur les persos souvent orientée vers le pur gritty et qu il lur donne une sorte de thérapie reconstructrice où il arrive à donner du sens a ds versions pourtant contradictoire.
Sur MK je trouve comme tu le dis qu il fait un travail à la « Kraven » qu on peut remonter au Red Skull et qui finit avec Mordo (et entre temps le Goblin, Mysterio..)
Sur Kavanagh j ai pas lu cette partie (mon epic m attend) mais j ai lu la suite qui est terriblement du Grim & Gritty (MK a des soucis au noiveau de son squelette..) et oui le comité.. l armure..
Rigolo car je lisais le comité pile quand ca resortait chez MacKay.
Souvenir indélibile dans ma mémoire. Le 1er Strange que j’achète et je tombe en plein milieu de la saga et j’adore. Et là surprise en te lisant, je découvre que c’est Al Milgrom le scénariste alors que j’étais persuadé que c’est Michelinie.
Je dois préciser que, si j’ai un « vague souvenir » de cette saga, je n’en ai aucun ou presque de la prestation de Michelinie. Ou bien des souvenirs désagréables. Faudrait que je relise son histoire avec les Sinister Six, dont je crois me souvenir que j’avais détesté.
Donc ouais, la prestation de Milgrom sort du lot médiocre de cette époque.
Jim
Une de ces sagas estivales en six numéros typiques de la fin des 1980s et du début des 1990s.
Avec une dose d’humour un brin grivois en prime (la preuve que Milgrom a fait l’effort de s’adapter à la tonalité de la période Michelinie).
C’est quand même un sacré morceaux mine de rien avec la chance d’avoir des dessinateurs marquant ou d’une grande stabilité. Je pense me relire le tout un de ces quatre et confronter mes souvenirs à aujourd’hui
C’est vrai.
Mais « gros morceau » et « qualité », c’est pas synonyme.
Demande au Mallrat de nous parler des Captain America de Gruenwald !
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Ça, je le reconnais. Et j’ai progressivement repris goût (toute proportion gardée) à Amazing à mesure que Larsen remplaçait McFarlane et que Bagley remplaçait Larsen.
Mais bon, là encore, « stabilité » et « qualité »…
Tu nous raconteras.
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(Je dis ça, mais je sais que je vais finir par tout reprendre en « Epic », parce que le format est chouette et que ça permet de relire dans son jus et de choper les inédits… Mais bon, disons que cette période n’est pas dans mes priorités.)
Jim
Moi je trouve que Michelinie sur Spidey a l epoque je trouvais ca trés sympa mais comme Iron man.. et je me rend compte en relisant iron man en epic qu a l epoque (meme sur Spidey avec MJ top model, lingerie, Hotel de luxe..) que c est mega blingbling.. et parfois franchement génant (Iron man j ai peu relu Spidey).
Je trouvais bien la saga avec le retour des parents aussi.
Oui où Bendis sur Avengers.
Gros morceaux caveut dire que ce st incontournable par la longueur et par l impact sur la durée mais est ce aussi impactant qualitativement.. ca c est autre chose. Je trouve toujours que Claremont sur Xmen c est pas tout réussi… Peut etre plus que ce que je trouve mais..
Et Gruenwald, c est parfois compliqué… le début et la fin.. c est pas réussi. Le début en plus ca part sans direction.. la fin c est interessant mais pas bien fait.
Le vrai truc interessant de Gruenwald c est de Scourge à la fin de Ron Lim grosso modo..
Ca s’appelle les années 80
Pas tant que ca ailleurs. Principalement Michelinie
Pas grand chose qui m’intéresse en dehors du Thor de Simonson, du Captain America de Brubaker et de New X-men.
Ah, moi, y a peut-être le Ghost Rider (parce que je ne sais plus où j’en suis en Essentials, mais je pense que je n’en suis pas arrivé là…), le Moon Knight, et puis le Marvel Two-in-One, même si j’ai déjà en noir & blanc (mais j’adore tellement ce cycle…).
Jim
Punisher et moonie en achat.
J ai un bon souvenir de widow qui passe un peu sous les radars
Anciennes ou nouvelles couleurs pour le thor de simonson ?
Aucune idée et ça m’importe peu honnêtement; Steve Oliff est un excellent coloriste qui a une bonne compréhension des outils actuels et sait comment en tirer parti tout respectant le travail du dessinateur. Simonson lui-même est plutôt satisfait du travail effectué.
Il faudra le feuilleter au moment de la sortie pour le savoir. Et comme il y a une poignée de fill-in durant cette période, cela risque de jurer par rapport au reste en terme de colorisation. Sinon il peuvent opter pour la colorisation des tpb visionaries (utilisé par Panini pour ses intégrales), qui me parait plus satisfaisante que celle de l’omnibus.