ROGUE TROOPER CLASSICS #1-8 (Collectif)

A l’instar de Judge Dredd Classics, l’éditeur IDW Publishing proposera, à partir de mai, le titre Rogue Trooper Classics qui compilera les numéros originaux de la série Rogue Troopers de Gerry Finley-Day et Dave Gibbons (Watchmen).

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Le site de l’éditeur: idwpublishing.com

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J’ai quelques recueils dépareillés de Rogue Trooper, et je viens de finir de lire The Future of War, qui reprend les tout débuts de la série (avec une numérotation « 1 » qui laisse entendre que c’est une collection intégrale) sous une jolie couverture de Cam Kennedy.

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Le principe de la série est simple mais brillamment ingénieux : le personnage fait partie d’un corps de soldats génétiquement modifiés (les « GI », pour « genetic infantryman »). Mais leur première grosse mission a mené à une catastrophe, l’ensemble du corps étant décimé, à l’exception d’un homme.

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Le code génétique de ces soldats est stocké et leur mémoire est archivées dans des puces électroniques : quand ils meurent, la puce est récupérée à la manière d’une plaque d’identité militaire afin d’être placée dans un nouveau corps. Bien entendu, avec l’ensemble des soldats tués, sauf un, le retour à la base est problématique, d’autant que soldat en question n’a aucune envie de revenir, hanté par l’idée de continuer la guerre. Comble de l’ironie, il est parvenu à sauver trois puces électroniques de ses camarades, qu’ils a placées dans son fusil, son casque et son sac dorsal. C’est donc quatre soldats qui avancent sur la ligne de front, un petit escadron à lui seul. Les puces ont une fonction de synthèse vocale, ce qui permet des échanges.

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La série est lancée par Gerry Finley-Day, un scénariste prolifique et assez doué pour les récits d’action, qu’il peut mener sur un ton déconnant à la Pat Mills (qu’il remplace sur la série Invasion, par exemple, pilier du tout début de 2000 AD) ou sur un ton plus sérieux, construisant des petites fables existentielles en temps de guerre, qui ne sont pas sans rappeler les meilleures inspirations de Robert Kanigher. Le personnage est créé graphiquement par Dave Gibbons, dont le style est déjà bien assuré à l’époque. Il sera épaulé par Colin Wilson, déjà un peu influencé par Jean Giraud, mais qui met de très belles lumières dans ses dessins, si bien que l’on songe un peu à Michael Golden. Ensemble, ils assurent une bonne partie de ce recueil et posent les bases de l’univers graphique, avant d’être relayés par Mike Dorey, Brett Ewins, Eric Bradbury ou Cam Kennedy.

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L’action se passe sur Nu-Earth, une planète lointaine où s’affrontent deux camps pour une guerre tellement longue qu’elle a perdu toute signification (en tout cas, les auteurs s’ingénient à ne pas en fournir, renforçant le côté absurde de la situation). Ceux du sud (auxquels appartient le personnage) et ceux du nord évoluent sur une planète désormais dévastée, rongée par les polluants et les gaz chimiques qui rendent irrespirable la surface. Guerrier génétique, le héros peut avancer sans problème, et il croise sur son chemin différents groupes. Au fil des récits, les explications et les flash-backs viennent éclairer le passé du soldat et de ses trois compagnons numérisés. Et les auteurs rajoutent une information : le massacre des soldats génétiques a été orchestré par un traître qui a vendu l’information au camp ennemi.

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Découvrir et abattre le traître devient le fil rouge de la série. Finley-Day et ses dessinateurs, s’ils maîtrisent parfaitement leur sujet, excellent surtout quand il s’agit de récits courts, où le GI intervient souvent comme observateur, sortant de sa réserve à la fin de l’histoire. Le diptyque des « Rookies » est particulièrement réussi à ce niveau. Le premier épisode de Cam Kennedy, axé sur deux profiteurs de guerre qui récupèrent le matériel militaire pour le revendre, est une petite pépite aussi. Quant au scénariste, même s’il fait le choix d’avoir des sudistes débordés et des nordistes sadiques, il ne manque pas d’imagination pour lister les horreurs de la guerre et les extrémités auxquelles les belligérants se livrent.

Jim

Le hasard fait que l’autre recueil de Rogue Trooper que j’ai, sobrement intitulé Rogue Trooper Book 3 et datant de la fin des années 1980, enchaîne quasiment à la suite de The Future of War, chroniqué ci-dessus. En commun, le récit « The Body Looters », sur les deux profiteurs de guerre, qui ouvre ce recueil.

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Le sommaire est consacré pour l’essentiel à une vaste saga, « All Hell on the Dix-i Front ». Si l’on en croit les propos du rédacteur en chef Steve McManus, écrits en 1986, l’intrigue a été mise en chantier afin de répondre à une exigence, celle de rendre l’ennemi plus dangereux. Le soldat censément déserteur que nous suivons depuis le début de la série lutte pour le camp du sud contre le camp du nord. Les soldats d’en face sont présentés comme cruels et sadiques, et le camp du héros comme débordé, devant recourir à de jeunes recrues à peine formées et peu préparées aux horreurs de la guerre. Mais à force d’interventions téméraires, le Rogue Trooper fait un peu passer les gens du nord pour des rigolos, donc l’équipe éditoriale et Gerry Finley-Day décident de montrer que c’est loin d’être le cas.

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L’action commence au moment où le commandement du sud, dans le but de rassembler les trucs dispersées et de remotiver les soldats, organise une vaste opération d’amnistie dans la zone de Nu Atlanta (le scénariste appuie ici un peu plus sur une dimension du récit qui restait superficielle jusque-là, à savoir la comparaison avec la Guerre de Sécession américaine). Le guerrier solitaire (ou presque : il est toujours accompagné des trois puces informatiques à synthèse vocale où sont stockées les mémoires de trois compagnons d’arme) se rend donc sur place. Il est accueilli par les supérieurs qui connaissent sa légende et qui sont bien contents de le voir rentrer dans les rangs. Entamant une quarantaine composée de décontamination et d’examens divers, il fait la rencontre d’une sœur, également spécialiste en génétique, qui s’occupe de lui. Mais à peine les examens ont-ils commencé qu’il démasque un agent de la cinquième colonne. Mais ce dernier a le temps d’empoisonner les conduites d’air (rappelons que dans ce monde, l’atmosphère est viciée et l’air est acheminé afin d’alimenter les bulles de vie et les scaphandres). L’armée est donc déstabilisée, moment parfait pour une attaque.

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Les épisodes suivants, dessinés par Colin Wilson, multiplie les attaques ennemis (par les airs, par la mer, par les terres), face auxquelles le Rogue Trooper organise la résistance et mobilise les troupes. Mais c’est un carnage. Wilson livre de très belles pages, pleines d’énergie et d’explosion. Du pur film d’action.

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Finley-Day y va de sa petite larmichette à l’occasion d’un diptyque mettant en scène des cadets de l’académie qui partent au combat au son des grands airs militaires face à des hordes de blindés. Ça fonctionne très bien dans le registre poignant.

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Wilson est épaulé par Brett Ewins, qui signe les épisodes où l’action se déplace dans les montagnes, au-dessus de la pollution et de la guerre. Là encore, même si le bellicisme des participants est le principal moteur du récit, le scénariste parvient à rédiger un chapitre où la nature épargnée et le pacifisme des reclus ne résistent pas longtemps à l’embrasement du conflit. Plutôt que faire dire au Trooper que la guerre est absurde, il le montre.

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Je ne m’étalerais pas sur la fin de la saga, que je laisse découvrir au lecteur curieux. Le recueil se conclut sur « Assassination Run », un récit là aussi en deux chapitres où Rogue Trooper s’infiltre dans le camp adverse afin d’abattre les principaux chefs militaires. Sa mission réussit, mais en partie seulement. Ces deux épisodes sont dessinés par Cam Kennedy, qui met à nouveau en scène Mister Brand et Mister Brass, les deux pillards qui tentent de faire commerce du conflit et qu’il a déjà dessinés dans « The Body Looters ».

Jim

Rogue Trooper par Cam Kennedy :

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Jim