SCREAM QUEENS (Saisons 1-2)

En 1995, un crime horrible a lieu au sein de la sororité des Kappa. 20 ans plus tard, le campus de l’université Wallace est frappé par une série de meurtres, commis par un mystérieux tueur déguisé en la mascotte de l’université…

[quote]CREATEURS

Ryan Murphy et Brad Falchuk

DISTRIBUTION

Emma Roberts, Jamie Lee Curtis, Lea Michele, Abigail Breslin…

INFOS

Série américaine
Genre : comédie/horreur
Diffusion : cet automne sur la FOX
Format : 15 x 42 mn[/quote]

Spots promotionnels :

https://www.youtube.com/watch?v=HOogGnn2jU8

https://www.youtube.com/watch?v=A6XV_Dam1OA

https://www.youtube.com/watch?v=j1n1hJnmMFE

Le premier teaser :

La bande-annonce :

Série renouvelée pour une seconde saison.

C’est en traînant par hasard ici-même que j’ai appris l’existence de ce show. Ryan Murphy, je suis pas vraiment fan mais les slashers, par contre, j’en suis gaga. En bon fan-boy neuneu, je fonce par conséquent dessus et bien m’en a pris : je trouve ça excellent.
Finalement, c’est ici plutôt que dans la série télé “Scream” (pas nulle du tout mais mortellement plombée par un final navrant qui dégomme toute la saison), un comble, qu’il faut venir chercher le feeling du travail originel du tandem Craven/Williamson…

Pourtant, sur le papier c’est pas gagné : la volonté de tirer la tonalité du show vers le comique pur, c’est aussi alléchant que casse-gueule, sans compter que les projets de ce type se bousculent au portillon (le récent direct-to-video “Scream Girls”, tiens tiens…). Et puis il y avait déjà les “Scary Movie”. Mais au final, ce manque d’originalité peut rester de l’ordre du détail si le contrat est rempli. Verdict : la série est hilarante, et c’est de là qu’elle tire sa pleine légitimité.
On y suit les tribulations d’une de ces sororités de filles à papa sur un campus “plus américain tu meurs”, mais il y a comme un côté “potards à fond” dans le traitement. Très très noire à la réflexion (au bord de la misanthropie) malgré ses dehors clinquants, la série peut aller très loin dans la cruauté à l’égard de ses personnages. Ce jusqu’au-boutisme contrebalance efficacement le côté “farcesque” très prononcé, qui aurait tôt fait sinon de ruiner toute la tension propre au genre.

Porté par un cast inégal (y’en a qui sont pas mauvais acteurs dans l’absolu, mais pas forcément très convaincants dans le registre comique…) mais dominé par un atout de poids, l’extraordinaire Emma Roberts (fille d’Eric et nièce de Julia, bon sang ne saurait mentir…), impériale en reine des pestes au bord de la psychopathie totale, la série provoque quelques fous-rires mais joue majoritairement sur un registre un tout petit peu en-deçà, de manière très subtile. La série est remarquablement calibrée, retrouvant certains effets de vitesse grisants chers à la tradition comique américaine (c’est très, très dense, dans le bon sens).
Super bien écrite, la série est en plus vraiment bien shooté ; pour de la téloche c’est vraiment du haut de gamme, tape-à-l’oeil (normal vu la thématique du show) mais virtuose aussi (la caméra est pour ainsi dire constamment en mouvement et ça a de la gueule).

Et il y a le traitement du genre slasher, donc, qui est loin de s’appuyer sur le seul ressort comique. Dans la logique d’un “Scream”, qui irriguait aussi son pendant télévisuel mais aussi son ancêtre direct “Harper’s Island”, le show est hautement référentiel. Là aussi, rien d’original par les temps qui courent me direz-vous, mais ici c’est vraiment fait de façon originale et ludique, avec une sorte de “mise au cube” du genre (après la "mise au carré que seraient les “Scream”) des codes du genre. Et ça donne des moments vraiment inspirés, soit cons comme la Lune (la tronçonneuse sous le lit…) soit plutôt sophistiqués dans la mise en abîme (le labyrinthe enneigé à la “Shining”).
Il y a aussi au générique une véritable référence sur pattes, la légendaire Jamie Lee Curtis, pionnière des “scream queens” du slasher, qui s’amuse à cabotiner gentiment en jouant les chaudasses sur le retour.

Même le côté premier degré du show, malgré la bouffonnerie assumée, marche finalement pas si mal, et on se prend à suivre de très près les développements tortueux d’une intrigue à tiroir, qui s’amuse à invalider aussi vite qu’elle ne les avait mises brutalement en avant certaines des théories traversant l’esprit du spectateur.
Une série décidément fort habile, et plutôt abrasive si on se donne la peine de gratter un peu la surface. Tout au plus regrettera-t-on quelques fautes de goût humoristiques de ci de là, mais bon, en la matière tout est question de ratio comme je dis toujours…

Je reviendrai en dire un mot une fois toute la saison matée, mais après 5 épisodes (dont les deux derniers se concluent sur de bien chouettes cliffhangers) je suis très enthousiaste.

Le premier teaser de la saison 2 :

youtube.com/watch?v=jxOlhCeM-Jo

youtube.com/watch?v=LPPzZUMOaHY

Tiens, je n’étais pas revenu dire un mot de l’excellente saison 1 de “Scream Queens” : pour moi, c’était une des très bonnes surprises de la saison dernière. Quoiqu’un brin trop longue (trois ou quatre épisodes de moins et c’était nickel), la série se révélait quand même très drôle de bout en bout, portée par un casting très costaud.
Même la relecture du genre “slasher”, en apparence prise par-dessus la jambe par les auteurs du show (il n’en est rien, en fait ; c’est un des gros points forts du titre), était payante : la série prend un malin plaisir à s’appesantir sur les scènes les plus casse-gueules et lourdingues du genre, en l’occurrence les scènes d’explication, destructrices de “mystère” par essence. C’est d’ailleurs l’écueil classique, avec les twists un peu trop faiblards, du genre “slasher-movies”. En les étirant au-delà du raisonnable, le show marquait des points au rayon comique ; dans le même esprit la conclusion de la saison validait en un sens la plupart des théories soulevées, là aussi pour un effet comique optimal.
Bref, du très bon boulot, et je ne suis pourtant pas vraiment fan du travail de Ryan Murphy par ailleurs (j’ai lâché l’affaire “American Horror Story” après la première saison, et je n’ai jamais accroché à “Nip/Tuck”, et encore moins à “Glee”…). Il semble pourtant que ni les audiences ni les critiques positives n’aient été au rendez-vous.

Pour la saison 2 annoncée malgré tout, la production avait révélé initialement vouloir adopter le modèle “anthologie avec castings identiques” étrenné sur “American Horro Story”, et pas le grand récit au long cours à la “Scream The TV Series”. Finalement, c’est pour un mélange des deux approches que les auteurs ont opté : mêmes personnages (mais pas tous) mêlés à de nouvelles têtes, et contexte radicalement autre.
De manière tout à fait improbable, donc, c’est désormais dans le milieu hospitalier que l’on retrouve les “Chanels”, toujours aussi connes et chipies, et innocentées des crimes de la première saison (après un séjour bien mérité et pas piqué des hannetons dans un asile).
Niveau casting, la production a eu l’excellente idée de miser sur les meilleures prestations de la saison précédentes, avec les Chanels donc (la fabuleuse Emma Roberts en tête), mais aussi Jamie Lee Curtis (dont le côté farfelue et improbable de la reconversion est complaisamment souligné), la nana à grand gueule qui joue l’officier Denies Hemphill, et même l’excellent Lea Michele le temps d’un flash-back irrésistiblement con. Au rang des nouvelles têtes, on trouve avec plaisir ce bon vieux John Stamos, très marrant, et le bellâtre Taylor Lautner (“Twilight”), dont le recrutement est plus contestable : je n’avais jamais vu le moindre film du playboy, mais force est de constater que le bougre ne joue pas vraiment comme Marlon Brando. On verra si la série en fera quelque chose…

J’ai vu sur le net que certains déploraient le côté totalement repompé sur la saison 1 de l’intrigue purement “slasheresque” (en gros, c’est exactement la même chose dans un contexte différent, comme l’intro de l’épisode en atteste) : pour moi ça fait partie des ingrédients les plus fins et irrésistibles du show. Elle est de toutes façons quand même propice à de beaux débordements graphiques, comme l’intro justement, ou la séquence-choc finale.
Cette dernière met d’ailleurs un perso régulier en péril : les auteurs iront-ils jusqu’à la tuer, ou succomberont-ils au syndrome décrit par Jack! sur le thread de “Scream”, à savoir que les auteurs rechignent à supprimer des persos devenus trop attachants pour eux ? Wait and see.

Pas de quoi, dans tous les cas de figure, altérer le plaisir éprouvé à la vision de chaque épisode de “Scream Queens”, très chouette réussite comique décidément ; ce premier épisode verse d’ailleurs très directement dans la gaudriole la plus échevelée : ça promet pour la suite.

Pas de saison 3 pour Scream Queens.