SECRETS OF SINISTER HOUSE (Collectif)

DC annonce une nouvelle anthologie horrifique qui sortira en octobre, juste à temps pour Halloween. Secrets of Sinister House sera composée de 8 histoires réalisées notamment par Paul Dini , Bryan Hill , Dan Watters , Rafael Scavone , Rafael Albuquerque , Cian Tormey et Jorge Fornes.

La couverture par John Romita Jr et Bill Sienkiewicz :

La couv est rigolote, déjà !

(W) Paul Dini, Rafael Albuquerque, Rafael Scavone, Bryan Hill, Dan Watters, Others (A) Rafael Albuquerque, Cian Tormey, Jorge Fornes, Others (CA) John RomitaJr, Bill Sienkiewicz
Witness what hides within the Sinister House-the DCU’s most horrific secrets and mysteries! Travel alongside Harley Quinn, John Constantine, Detective Chimp, Zatanna, the Atom and others as they face this macabre devastation firsthand! And in the bowels of this dark mansion…we return to the world of the legendary Red Rain to meet once again with the dreaded vampire Batman. Don’t miss this year’s DC Halloween special-because if you do, it’ll haunt you!
In Shops: Oct 09, 2019
SRP: $9.99

Source : www.syfywire.com

Comme toujours avec ce genre d’anthologies « de saison », il y a à boire et à manger parmi ces Secrets of Sinister House.

Le thème principal ici — qu’on retrouve dans six des huit histoires (c’est donc plutôt les deux autres qui donnent l’impression de ne pas avoir joué le jeu) — est celui, classique, de la maison hantée, ou au sens plus large du lieu hanté.

  • Je retiendrai en priorité « House of the Dead », avec Jorge Fornés au dessin — qui a apparemment bien commencé à s’installer chez DC, et tant mieux, depuis qu’il m’a tapé dans l’œil il y a un an avec sa prestation dans un autre numéro anthologique (Batman Secret Files #1) —, sur un scénario de John Layman (Tony Chu détective cannibale). Avec une idée de départ pas complètement originale, mais pas la plus surexploitée non plus du genre, et très remarquablement servie par les dessins de Fornés, il y aurait eu moyen d’étendre la chose sur la longueur d’un numéro conventionnel et d’obtenir potentiellement un des meilleurs récits de Deadman (je floute car il n’est dévoilé qu’à la fin) ; il y a donc un petit côté frustrant en l’état, tout de même, mais le récit se tient néanmoins très bien.

  • Malgré des réserves sur un traitement un peu « à la hache » des personnages (sans jeu de mot, hein, je précise), je dois quand même dire avouer avoir été favorablement marqué aussi par « Fear 101 », par Che Grayson et Miguel Mendonça, qui met en scène le duo de Green Lanterns Jessica Cruz et Simon Baz dans une histoire de vaisseau spatial de l’angoisse. Je ne connais pas Che Grayson, qui semble surtout se consacrer à l’écriture et la réalisation de courts-métrages, sa seule incursion dans les comics auparavant semble être un autre récit dans une anthologie en marge de la série Bitch Planet chez Image. Elle part ici sur un pitch intéressant mais desservi par une psychologie au ras des pâquerettes. Heureusement l’ambiance est essentiellement assurée par les dessins de Mendonça (qu’on a, mine de rien, pas mal vu ces dernières années chez DC, notamment dans les Detective Comics et la Justice League Dark de Tynion, ou encore sur le Nitghtwing de Seeley), et ça marche bien quand même.

  • Le volume s’achève sur une histoire de John Constantine à L.A., « Hell Is For Dreamers », par Bryan Hill et Alessandro Vitti, qu’il n’est pas besoin de présenter. C’est peut-être l’histoire qui s’accommode le mieux du format court forcé par l’anthologie, dans le sens où elle fonctionne bien sans qu’on ait l’impression (comme pour les deux précédentes) qu’elle aurait encore pu gagner à être développée sur un plus grand nombre de pages. C’est propre, quoi — bien équilibré. Ensuite, ce n’est pas forcément la plus marquante du lot, mais le scénario et le dessin assurent tous les deux une bonne ambiance.

À côté de ça, le reste est un peu moins convaincant.

  • Avec « Calling Dr. Bonkers! », Paul Dini réunit deux de ses héroïnes fétiches, Zatanna et Harley Quinn, pour un road trip et un arrêt motel miteux : c’est pas mal, ça rappelle un peu quelques grandes heures passées, disons, mais la résolution de la menace est quand même une pirouette sacrément facile et gentillette. Dessin tout à fait correct et appréciable d’un relatif débutant, Cian Tormey, à qui je souhaite bien du succès (déjà présent sur deux autres anthologies DC ces derniers mois, Mysteries of Love in Space et Dog Days of Summer, il semble faire sinon des pas déjà un peu plus assurés chez Marvel, où il dessine les prochains numéros de Valkyrie et Silver Surfer: Black).

  • Rafael Albuquerque dessine et co-scénarise avec Rafael Scavone « A Nightmare Mist », une variation sur le Batman Vampire de Doug Moench et Kelley Jones, conjoint avec un traitement similaire pour la Cour des Hiboux de Snyder. Fatalement, c’est assez chouette sur le dessin. Malheureusement, c’est aussi terriblement anecdotique sur le fond.

  • Dan Watters (scénariste de Lucifer et co-scénariste de House of Whispers dans le « New Sandman Universe ») et Sumit Kumar (Ruin of Thieves chez Action Lab, These Savage Shores chez Vault) signent « The Foosteps of Old Worm », une histoire d’Atom (Ryan Choi) et de vers de terre. Le dessin fait le job, mais le scénario illustre une fois de plus les tendances « brouillonnes » de Watters.

  • Diego Lucero Lopez (inconnu des mes services) et le vétéran Phil Hester (en petite forme, cependant) signent « Out of My Skin », une virée marécageuse du Limien Martien, qui se perd dans trop de baston dégueue pour que la note finale apporte autant d’émotion qu’elle semble le souhaiter.

  • Enfin, Robbie Thompson et Tom Raney s’intéressent à la Ligue de Justice « Dark » — enfin, surtout à Bobo, en fait — pour « Dreamweaver », une histoire sympa mais là encore très anecdotique (et mieux vaut ne pas penser à une comparaison avec la série telle qu’écrite par Tynion !..).

Je suis toujours assez curieux de ces numéros thématiques où DC fait se croiser des talents confirmés et des plus débutants (ou des « en voie de consolidation »), ce qui peut être l’occasion de découvertes intéressantes, qu’on voit parfois éclore avec plaisir dans des publications plus en vue de l’éditeur dans les mois qui suivent. Ceci étant, l’exercice du récit court (dix planches) est un art périlleux… et pour cet publication d’Halloween 2019, la récolte n’est pas fabuleuse.