SEPT t.1-21 (Vehlmann, Chauvel, Bertho, Ayroles, Le Galli, Morvan, Gabella, Blengino, Duval, Louis, Andoryss, Mitric, Hanna… / Phillips, Lereculey, McBurnie, Critone, Manapul, Takahashi, Tandiang, Denys, Calvez, De Caneva, Semedo, Guinebaud, Canete…)

En grand amateur de Lupano, je complète lentement mais sûrement le corpus du scénariste. Et là, j’ai trouvé récemment son Sept Nains, dessiné par Roberto Ali.

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Le principe en est fort simple : les deux auteurs revisitent l’histoire de Blanche-Neige. Pour commencer, il donne une explication à la situation de l’héroïne et des sept compères qui finiront par l’héberger : à la suite d’une boutade aussi hilarante que fâcheuse, les sept bouffons sont bannis du royaume dont ils ont vexé la reine. La nuit de l’exil, le roi disparaît, la rumeur affirmant que la reine l’a changé en rat. Et Blanche-Neige, de fille illégitime du souverain, est rétrogradée au rang de souillon dévolue au nettoyage des parquets.

Sur ce postulat, le scénariste construit un ensemble de quiproquos divers, démontant un à un les clichés du conte et opposant les personnages les uns aux autres. C’est très drôle, assez incisif, ponctué de dialogues modernes qui renforcent le côté comique de la chose, et Lupano parvient même à tenir un discours sur le patriarcat. Les intrigues croisées, comme souvent chez lui, donnent lieu à un enchaînement de conséquences pour le moins amusantes.

Un régal.

Jim

Je suis bien d’accord… un des meilleurs albums de la série!

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Dédicace de Sean Philipps pour l’album Sept Psychopathes :

Jim

Dédicace de Sylvain Guinebaud pour l’album Sept Dragons :

Jim

Pas un dragon, ça !

Monsieur est connaisseur !

Jim

Dédicace de Charlie Adlard pour l’album Sept Psychopathes :

Dédicace de Luigi Critone pour l’album Sept Missionnaires :

Jim

Jim

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Nouvelle collection à paraître en décembre :

« N&B et Storyboards »

Album de 80 pages avec les 62 planches n&b puis les 62 storyboards à raison de 4 par page

Tirage numéroté à 100ex signé par Jérôme Lereculey

Format 22,3 x 31cm (format Delcourt 23 x 32)

Kris a eu la gentillesse de me prendre un Fredric. Du coup, je lui ai pris un Sept Athlètes. L’un des albums de la collection que je ne connais pas.

Découverte imminente.

Jim

Donc, nous sommes en 1936, dans le milieu ouvrier : les usines Renault de Boulogne-Billancourt. De jeunes travailleurs, également sportifs, se mettent en tête de participer aux Olympiades Populaires organisées à Barcelone afin de concurrencer les jeux olympiques que le régime nazi accueille à Berlin. Ils partent donc pour l’Espagne.

Kris et Galic prennent le temps de présenter le petit groupe, avec ses amitiés, ses amours, ses grognements, ses bouderies et ses engueulades. Le petit aréopage est très rapidement sympathique : les dialogues sont un peu démonstratifs mais ils tapent juste immédiatement et on apprend donc à connaître très vite ces sportifs qui apprend à aimer (surtout cette tête de lard de Nicole). Le groupe se dote de deux recrues supplémentaires, un Juif allemand rencontré dans le train et un Irlandais rallié à la cause républicaine espagnole. Et tant mieux parce que les ouvriers, à peine les Pyrénées franchies, se retrouvent en pleine guerre civile, les nationalistes commençant à frapper.

Leur implication dans le conflit les conduit dans un petit village isolé où l’un d’eux a de la famille. Dans les combats où les sportifs mettent leurs capacités au service de l’action, drame, trahison, amour, jalousie se mêlent. L’intrigue retourne le vieux thème de Fort Alamo : ce sont les héros qui montent à l’assaut de la forteresse.

Un chouette album, frappé par le drame mais qui, potentiellement, aurait pu donner une suite, car il reste beaucoup de protagonistes et que, d’une certaine manière, le récit ne fait que commencer : car la lutte n’est jamais finie !

Jim

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Ouais, très sympathique.
L’album auto-contenu, surtout sur cette collection, c’est jamais très simple visiblement de nos jours, même sur un 64 pages.
Faut dire qu’il faut présenter l’univers, les persos, faire une intrigue et manœuvrer 7 persos (au moins, parce que finalement, y en a quand même 1 ou deux de plus).
Alors ça se lit très bien , parce que comme dit Artie, Lehman utilise des archétypes qu’on reconnait très bien et l’univers est très facile à comprendre, et il ne complexifie rien du tout. Mais ce que j’ai bien aimé surtout, c’est qu’il introduit par les mages, un logique, un « disciple de Lucrèce » comme disent les sorcières. Et ça, ça entraîne des dialogues assez lapidaires savoureux, et rien que pour ça, j’aurais aimé que l’album dure plus longtemps.
Et mine de rien, ça sort complètement de classicisme de la fantasy (que je connais assez peu, mais pour le peu que j’ai lu et vu, j’ai pas souvenir d’avoir vu un cartésien athée), d’autant plus que finalement, on a une enquête pour l’un, associé à une quête pour les autres (c’est en l’écrivant que je viens de me rendre compte du jeu de mots). Et comme, dès le départ, le cartésien indique aux autres mages que « votre monde est sur le point de finir », je me suis demandé derrière s’il n’y a pas une réflexion à la Lehman.
Surtout qu’il y a quand même une ou deux références philosophique, dont des comparaisons que me rappelle paragraphe du cahier supplémentaire de la Brigade : celui des deux visions sur la SF de Breton et Rosny, si tu vois ce que je veux dire, @n.n.nemo. mais tu saurais mieux dire que moi si c’est bien le cas, car la philo et moi…
Et l’histoire : c’est assez classique, mais c’est bien mené, avec de l’humour, du rythme et une surprise à la fin, évidemment, préparée en amont comme le fait souvent Lehman (que ce soit en BD ou dans ses romans), que ça tombe pas comment un cheveu sur la soupe.
Pour la morale de l’histoire, je pense que c’est assez ouvert en terme d’interprétation. J’ai la mienne. Et je me demande si là aussi, y a pas un jeu d’initiale dans le titre, d’ailleurs.

Le dessin d’Emmanuel Roudier que je ne connais pas du tout est plutôt joli. Assez équilibré au niveau du trait, ni trop anguleux, ni trop courbé (réaliste, direz-vous ? Peut être). Très agréable à l’œil. Pas sûr que je sache retenir sa patte, mais toujours est-il que c’est généreux et là aussi, dans le rythme.
J’aime bien aussi la couleur de Simon Champelovier, je trouve qu’il s’y prête et ne fait pas trop « informatique ».

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