Le run de Doug Moench se compose de 5 épisodes que l’on peut répartir en 2 phases : deux longs récits, un en couleur (une première pour le personnage) et un en noir et blanc, et trois aventures d’une longueur habituelle (22 pages), entièrement en couleurs.
La prestation du scénariste de Moon Knight et Master of Kung-fu m’a moins convaincu que celles de ses prédécesseurs. De mon point de vue, les meilleures sont les deux premières, au sommaire de Marvel Super Special 10

et de Marvel Preview 18.

Dans ces deux numéros, Star-Lord est confronté à des choix qui mettent à mal ses convictions et sa décision de ne plus résoudre les situations auxquelles il est confronté en tuant (ce qui renvoie au Peter Quill impulsif des débuts par Englehart). Le long format permet au scénariste de développer à loisir les personnages et leurs histoires personnelles et d’amener les révélations par petites touches. Dans le Marvel Super Special, Star-Lord est amené de force à bord d’une version spatiale de l’Arche de Noé et passé la surprise de la découverte, il découvrira que les apparences sont vraiment trompeuses. Gene Colan est aux dessins et le prolifique artiste livre une très belle prestation, même si certains choix de couleurs m’ont un peu gêné.
Moench ajoute ici une dimension symbolique, mais sans lourdeurs excessives, ce qui ne sera pas le cas des autres épisodes en couleurs.
Dans le Marvel Preview, Quill se retrouve mêlé à une inextricable histoire de vengeance dont la résolution mettra le Seigneur des Etoiles à rude épreuve. Dernière aventure en noir et blanc et encore une fois, c’est de toute beauté. C’est le Bill Sienkiewicz des débuts, celui qui ne s’était pas encore débarrassé de ses influences Adamsiennes tout en montrant déjà toute l’étendue de son talent. L’encrage de Bob McLeod adoucit son trait (de la même manière que celui de Joe Sinnott sur ses Fantastic Four également écrits par Moench) et c’est vraiment super agréable.
Quelques extraits sont visibles ici :
comics-sanctuary.com/forum/star-lord-tears-of-heaven-moench-sienkiewicz-sutton-t68294.html

Après, ça se gâte un peu. Les 3 épisodes en couleurs publiés dans Marvel Spotlight et Marvel Première sont l’oeuvre de Tom Sutton, un artiste assez brouillon, qui dépend fortement de l’encrage (et hélas, il s’encre lui-même le plus souvent). Dans Marvel Spotlight 6, Moench passe l’essentiel de l’épisode à conter à nouveau les origines de Star-Lord (en mettant de côté certains éléments) et révèle la véritable identité de son mentor, le Maître du Soleil…coup de théâtre loin d’être convaincant. Il se perd ensuite dans des symbolismes lourdingues (les anges extra-terrestres de Marvel Spotlight 7) et une narration assez indigeste (la planète symbiotique de Marvel Première 61).
Star-Lord errera ensuite pendant plusieurs années dans les limbes des personnages oubliés par Marvel. Le manque de succès de ses aventures et le fait qu’il n’évolue pas dans la continuité officielle de la Maison des Idées (l’univers 616) font qu’il sera mis de côté pendant quelques années.
Mais comme Marvel ne souhaite pas perdre la propriété du nom, Star-Lord sera à « l’honneur » d’un strip comique d’une page dans le magazine Marvel Age , dans lequel il se lamentera que l’éditeur ne le sorte du placard que pour faire équipe avec…Irving Forbush !

C’est fini pour les années 80. Marvel se rappellera de Star-Lord dans les années 90 pour une mini-série en 3 épisodes écrite par le romancier Timothy Zahn (Star Wars : L’Héritier de L’Empire). Star-Lord reviendra…mais pour Peter Quill, c’est une autre histoire…
Note : La période Doug Moench a été publiée en France dans ces deux albums :

