Miller a aussi signé la couverture du #10, avec Gene Day à l’encrage :
STAR TREK #7 :
Nouvelle équipe créative de passage pour le septième épisode du comic-book Star Trek. Après Marv Wolfman et Mike W. Barr, Tom DeFalco est aux commandes le temps d’une aventure, avec Mike Nasser aux dessins. J’avoue que je ne me rappelais pas vraiment ce dessinateur au style solide et après un coup d’oeil à sa fiche, je pense avoir juste lu une poignée de Marvel (dont des Marvel Team-Up et des Conan) mais pas son travail chez DC. À l’encrage, c’est toujours Klaus Janson et je reste partagé. Non pas que je n’aime pas la signature caractéristique du bonhomme mais sur du Trek j’ai du mal (on est loin de Tom Palmer sur Star Wars, qui participait pleinement à l’identité graphique du titre).
Dans Tomorrow or Yesterday, l’Enterprise doit aider à l’évacuation d’une planète condamnée car elle est menacée par un nuage d’énergie destructeur. La présence de ce phénomène perturbe le rayon téléporteur et si Kirk et son équipe sont bien transportés sur Andrea IV, il faudra tout le talent de Scotty pour le réparer, ce qui amène une tension de course contre la montre dès les premières pages. Pendant ce temps, Kirk, Spock et McCoy rencontrent les habitants et ont la surprise de découvrir qu’ils les connaissaient déjà…et ont érigé une statue en leur honneur des siècles auparavant !
Tom DeFalco orchestre alors à la fois un bon suspense (dans l’espace, l’Enterprise commandé par Scotty doit échapper aux énergies mortelles du nuage) et le mystère sur la nature des Andreans qui se révèlent être de véritables paradoxes temporels vivants, une race qui transcende le temps et qui expérimente chaque période simultanément. L’idée est intéressante mais il n’y pas assez de pages pour la développer (et les comics Marvel faisaient alors 17 pages) et si tout est bien qui finit bien, la fin en forme d’interrogation n’a jamais eu de suite.
STAR TREK #8 :
À partir de son numéro 8, le comic-book Star Trek accueille le scénariste Martin Pasko (Action Comics, Saga of the Swamp Thing…), la signature la plus régulière de la série avec sept épisodes. La partie graphique voit le retour de Dave Cockrum, qui a également dessiné le suivant avant de quitter le titre pour privilégier son retour sur Uncanny X-Men quelques mois plus tard. Sur les aventures des mutants, il a été associé aux encreurs Joe Rubinstein et Bob Wiacek, que j’ai toujours trouvé plus adaptés à son style que Klaus Janson, Ricardo Villamonte (sur ce #8) et Frank Springer (sur le suivant).
Dans Le Syndrome de l’Expansionniste, l’Enterprise est attaqué par les vaisseaux d’une race extraterrestre inconnue alors qu’elle se rendait vers la base stellaire 14. La communication est impossible et Spock disparaît soudainement, téléporté par cette nouvelle menace. Une entame percutante et le rythme ne faiblit pas lorsque la mission de sauvetage est envoyée sur la planète proche. Kirk et ses hommes font alors connaissance avec les humanoïdes Orgs, pris dans une guerre séculaire contre les Mox, organismes mécanoïdes.
Après la partie explicative, les explorateurs découvrent que le conflit entre ces deux civilisations n’a rien de manichéen et que chaque camp a ses raisons d’agir comme ils le font, une opposition remontant à l’époque des guerres eugéniques. Des péripéties entraînantes dans la dernière partie, qui donnent aussi lieu à une intéressante discussion sur les interprétations de la Directive Première entre Kirk, Spock et McCoy…et une chouette note légère en dernière page pour terminer tout cela…
STAR TREK #9 :
Le scénariste Martin Pasko a écrit plusieurs histoires d’horreur pour DC Comics, dans les anthologies de l’éditeur comme House of Mystery et House of Secrets. Il s’est donc amusé à plonger l’équipage de l’Enterprise dans ce genre d’atmosphère en revenant au thème classique du vaisseau fantôme. Dans Experiment in Vengeance, le dernier épisode dessiné par Dave Cockrum (qui avait inauguré ce titre par l’adaptation en bande dessinée du long métrage Star Trek de Robert Wise), l’Enterprise retrouve la trace d’un vaisseau de la Fédération porté disparu depuis 22 ans.
Mais alors que l’Enterprise entame la phase d’approche, l’Endeavor procède à un tir de défense. L’Enterprise se défend et Kirk mène ensuite la mission de reconnaissance à bord du vaisseau…où la petite unité se retrouve entourée de cadavres ! Et pourtant il y a une présence, qui possède l’un des lieutenants de Kirk avant de suivre la petite unité sur l’Enterprise après la téléportation. Martin Pasko maîtrise comme il faut un bon petit mélange d’action et d’horreur et entretient plutôt efficacement ce mystère qui permet de varier les menaces que doivent affronter les explorateurs de l’espace.
L’intrigue est bien ficelée, Pasko se tirant même bien de la situation parfois un peu cliché des anciennes conquêtes du capitaine Kirk, ici Karen Hester, une officier scientifique liée aux événements tragiques qui se sont déroulés sur l’Endeavor. L’ambiance est tendue pendant une dizaine de pages, le suspense est maîtrisé et la grande révélation est correctement amenée dans les dernières pages, en dévoilant la véritable nature des « spectres » de l’Endeavor.
STAR TREK #10 :
Les missions de l’Enterprise sont aussi faites de recherches, telles celles qui ont amené l’équipage près de la planète Barak-7 pour recueillir des infos sur les propriétés de son champ magnétique unique et tellement puissant qu’il perturbe les communications et les téléporteurs du vaisseau. Pour plus de datas, il va falloir se rendre directement à la surface…et comme le capitaine Kirk se remet à peine d’une grippe, l’équipe envoyée se limite à Spock et au docteur McCoy…
Sur Barak-7, il ne faut pas longtemps pour que Spock et Bones se heurtent aux coutumes locales, notamment constituées de sacrifices à un « puissant dieu dragon ». Les deux amis vont se retrouver séparés dans deux tribus rivales et essayer de s’en sortir jusqu’à ce que le capitaine Kirk les localise…et naturellement sans trop enfreindre la Directive Première. Les méthodes et les armements de cette peuplade sont en effet très archaïques, d’où le « Spock le Barbare » de la couverture de Frank Miller…même si le terme est un brin exagéré compte tenu du déroulé de l’aventure…
Star Trek #10 ne fait pas vraiment partie des meilleurs épisodes de la série. Michael Fleisher (qui n’avait pas encore oeuvré sur les aventures d’un célèbre barbare publié par Marvel) ne fait que passer pour une histoire dans l’ensemble assez moyenne, à la résolution expédiée (tout cela finit en queue de poisson). La partie graphique est également faiblarde entre un Leo Duranona (pas le plus connu des dessinateurs argentins de l’époque) sans inspiration et un Klaus Janson qui ne m’a jamais vraiment convaincu sur ce titre.
STAR TREK #11 :
Le capitaine Kirk reçoit l’ordre d’évacuer une colonie se trouvant sur une planète menacée par des radiations mortelles. Il s’agit d’une clinique privée dirigée par un certain Carl Wentworth, qui se rapproche plus du chef de secte que d’un psychiatre assermenté. À peine arrivé sur l’Enterprise avec son assistante Andrea Manning, Wentworth tente de convaincre les membres de l’équipage de se rebeller contre les ordres pour suivre leur propre voie. Quant à Andrea, elle découvre avec stupeur que l’homme qu’elle a autrefois aimé, Montgomery Scott, est l’ingénieur en chef de l’Enterprise…
Peu de temps après, une créature apparaît et s’en prend à un Scotty effrayé. Et d’autres monstres vont suivre alors que l’influence de Carl Wentworth ne fait que s’étendre. Certains éléments de cette histoire rappellent un peu trop le deuxième arc narratif du comic-book (voir Star Trek #4 et 5) mais malgré ces ressemblances Martin Pasko signe une histoire pas avare en rebondissements (pas de temps morts tout au long de ces 22 pages), un mystère bien entretenu avant les révélations du dernier acte. Ce qui remonte le niveau du titre après un épisode précédent très, très moyen.
Si le prolifique encreur Tom Palmer était plus associé à la série Star Wars de Marvel, il a également fait un petit tour par l’univers Star Trek. Il est au crédit de quatre épisodes, le #11 étant le premier. On reconnaît d’autant plus son style caractéristique que le dessinateur de passage, Joe Brozowski, livre une copie pas désagréable mais sans véritable personnalité, ce qui donne l’impression qu’il se fait « écraser » en quelque sorte par le trait de Palmer. Et je ne trouve pas cela vraiment gênant car je préfère le travail de Tom Palmer à celui de Klaus Janson sur cette série.
STAR TREK #12 :
L’une des protagonistes récurrentes de la première saison de la série classique Star Trek était Janice Rand, assistante personnelle du capitaine Kirk. La place de Rand, interprétée par Grace Lee Whitney, devait être importante puisque l’actrice a fait partie des premières photos promotionnelles aux côtés de William Shatner et Leonard Nimoy. Mais au final, Whitney n’a joué Janice Rand que dans huit épisodes, l’une des raisons officielles avancées étant que les producteurs trouvaient que les possibilités d’une possible liaison romantique avec Kirk étaient limitées. Quelques années plus tard, Grace Lee Whitney a révélé qu’elle avait été agressée sexuellement par un producteur exécutif de la série.
Sa carrière d’actrice a ensuite ralenti, ce qui l’a conduit à devenir chanteuse dans les années 70. C’est en croisant par hasard DeForest Kelley qu’elle a appris l’existence des conventions Star Trek, où elle a été chaleureusement accueillie par les fans. Elle a ensuite repris le rôle de Janice Rand à plusieurs reprises, avec des petites apparitions dans les films, dans la série Star Trek Voyager et dans des fan-films. Comme le comic-book Marvel est principalement basé sur le premier long métrage de 1979 pour des raisons de droits, Janice Rand a aussi eu droit à son propre épisode.
Ecrit par Martin Pasko et dessiné par Luke McDonnell et Tom Palmer, Eclipse of Reason montre un Kirk surpris par Janice Rand de retour de son congé avec un mari…une entité télépathe de pure énergie de la race des Phaetoniens. Comme Rand l’avoue à Kirk, elle est tombée amoureuse de l’esprit de Kadan et elle a accepté de l’accompagner ainsi qu’avec d’autres Phaetoniens dans un long voyage vers une autre galaxie. Le temps de préparer l’expédition, Kirk et Rand reviennent sur leur relation passée avec un brin d’amertume…puis c’est le grand départ. Mais en passant à travers une barrière d’énergie, les phaetoniens deviennent fous, contaminant aussi bien leur vaisseau que L’Enterprise qui était encore proche d’eux.
Commence alors une course contre la montre pour sauver les équipages, avec une Janice Rand coincée entre les deux. Le scénario de Martin Pasko ne manque pas de péripéties, avec du suspense et de l’action et après une bonne entame marquée par des interactions intéressantes à propos du choix de vie de Janice, le rythme ne se relâche pas jusqu’au bout. Et si le final est tout de même un peu amer pour Janice Rand, Martin Pasko a construit une bonne histoire autour de ce personnage qui aurait pu avoir un autre destin au sein de la franchise Star Trek.
STAR TREK #13 :
Joanna, la fille du Dr McCoy, est un personnage qui a été à l’origine inventée pour la série classique Star Trek. La scénariste D.C. Fontana avait proposé à DeForest Kelley l’idée que Bones ait un fils qui s’était éloigné de lui. L’acteur a préféré que ce soit une fille et D.C. Fontana a intégré cet élément à la bible de la série. Gene Roddenberry voulait que Joanna McCoy apparaisse dans un futur épisode et entame une relation avec le capitaine Kirk, ce qui aurait changé la dynamique entre Kirk et Bones. Ca ne s’est finalement jamais fait (et tant mieux à mon avis) et la série a été annulée. Joanna a ensuite brièvement été mentionnée dans un épisode de la série animée de 1973 et la plupart des ses apparitions suivantes ont eu lieu dans des romans et des bandes dessinées…
…comme le numéro 13 du comic-book Marvel en 1981. En visite sur la planète Hephaestus pour une permission bien méritée, l’équipage de l’Enterprise en profite pour négocier un traité minier avec les dirigeants. Les Klingons sont aussi sur place mais comme Hephaestus est une planète neutre, Kirk est obligé de s’accommoder de la présence des ennemis de la Fédération. Mais comme on pouvait s’en douter, les klingons amènent des ennuis et la découverte d’un cadavre va déclencher une enquête…
Avec cette intrigue, Martin Pasko orchestre un bon whodunit qui met à contribution tous les talents de l’équipage principal de l’Enterprise pour résoudre ce mystère. Et pour le Dr McCoy, la situation devient personnelle lorsqu’il découvre que sa fille Joanna est sur la planète, avec celui qui va devenir son mari, l’ambassadeur vulcain Suvak. Les retrouvailles se passent mal et le caractère ombrageux de Bones n’arrange pas les choses…une réunion compliquée qui ajoute encore plus de tension à cet épisode…
Le numéro souffre tout de même d’une partie graphique inégale, à cause d’un encrage collectif qui se révèle de moins en moins bon au fil des pages. Tom Palmer avait commencé le travail avant de laisser la suite à d’autres collègues non crédités (il y a juste un D. Hands pour « diverse hands »)…
STAR TREK #14 :
Avec ce numéro 14, Star Trek se la joue Stargate avant l’heure. En explorant le système Zeta Reticuli, l’Enterprise survole une planète qui s’apprête à être bombardée par une pluie de météores. Les habitants doivent être prévenus mais après une première vision de la surface, l’équipage fait une étonnante découverte…un désert et des pyramides, paysage qui ressemble à s’y méprendre à l’ancienne Egypte ! Une mission est envoyée et après l’entrée dans un temple, des statues prennent vie et un mécanisme transforme Kirk qui se prend soudainement pour un pharaon !
Après le #12, Luke McDonnell est de retour aux dessins, accompagné cette fois par Gene Day pour un encrage un peu plus « gras », qui apporte aussi un peu plus d’arrondis aux visages. L’histoire offre la vision assez croustillante d’un Kirk attifé en pharaon (ça m’aurait amusé de voir Shatner jouer ça), victime de la domination mentale d’un ordinateur qui se prend pour un Dieu (pas la première soi-disant déité que l’Enterprise croise dans sa patrouille du cosmos).
Tout ceci donne un épisode divertissant, encore une fois pas toujours maîtrisé graphiquement parlant mais solide dans sa gestion de l’action et des rebondissements, allant même jusqu’à reprendre une péripétie vue dans la série animée des années 70 lorsque l’Enterprise se met à rétrécir sous l’effet de la technologie se trouvant à l’intérieur de la pyramide. Et lorsque la pression retombe, Kirk, McCoy et Spock partagent une amusante interaction, le vulcain ayant comme souvent du mal à comprendre l’humour de ce bon docteur.
STAR TREK #15 :
Le quinzième numéro de la série Star Trek de Marvel accueille un artiste invité de luxe puisqu’il s’agit de Gil Kane, à la prolifique carrière aussi bien chez DC que chez Marvel, dont il fut le principal cover-artist dans les années 70. Kane n’était peut-être pas le plus meilleur pour ce qui est de la ressemblance des personnages avec les acteurs mais son trait caractéristique apporte un style différent et bienvenu au comic-book, notamment au niveau des décors et des designs des créatures extraterrestres. Le principal défaut de la partie graphique est l’encrage, débuté par Kane et terminé par d’autres non crédités, très irrégulier dans les dernières pages.
L’intrigue imaginée par Martin Pasko n’a de toute façon pas « obligé » Kane à dessiner les héros Star Trek avec leur vrai visage pendant une bonne moitié de l’épisode car Kirk, Spock et McCoy doivent revêtir un déguisement, costume et faux masques, pour pénétrer dans une prison de haute-sécurité afin de retrouver et d’en faire sortir le fils du commandant d’une base stellaire de la Fédération. Après un drame, le jeune homme a disparu et sa trace mène à cet établissement carcéral de la planète Miaplacidus V…
Dans ce complexe, les prisonniers sont traités de façon inhumaine, ce qui révulse les trois héros. L’enquête est rondement menée et le témoignage de l’objet de leur quête apporte une note dramatique assez touchante. Les rebondissements sont bons (car le directeur de la prison est une ordure sadique qui va les ennuyer jusqu’au bout), amenant une deuxième moitié d’épisode mouvementée ainsi qu’une réflexion sur la peine de mort. Le ton est sombre et le gamin sera marqué par cette expérience mais comme le souligne le capitaine Kirk, il faut savoir se contenter des petites victoires…même si ce n’est pas toujours facile…
STAR TREK #16 :
L’Enterprise est en orbite autour de la planète Valerian, dans le système Gamma Arietis, afin de procéder à l’approvisionnement annuel du vaisseau en matériel médical ainsi qu’au check-up des colons de la Fédération qui s’y sont établis depuis des années. Mais à peine arrivés sur les lieux, Kirk et ses hommes détectent d’étranges signaux et découvrent que la base de Starfleet a été attaquée. Et la nature de la menace est encore plus mystérieuse puisqu’elle ressemble à des créatures mythologiques…des gnomes et des trolls !
J’ai survolé quelques critiques de cet épisode et il semblerait bien qu’il soit considéré comme l’un des pires de la série Marvel tout simplement parce qu’il met en scène une croquignolette race extraterrestre qui aurait inspiré les vieilles légendes terriennes (car ils ont visité la Terre des siècles auparavant). Mais honnêtement, des ennemis à l’apparence saugrenue, il y en a eu aussi dans la série TV classique et ce n’est donc pas un aspect que j’ai trouvé gênant.
Ce dernier numéro de Star Trek écrit par Martin Pasko (il quitte là le comic-book qui sera annulé deux épisodes plus tard) est juste moyen, le scénariste peinant à équilibrer le bon ton pour injecter de la fantaisie à cette aventure. Malgré quelques scènes amusantes, la mission traîne alors un peu en longueur jusqu’à un affrontement final peu convaincant…et un dernier jeu de mot dont même ce brave Scotty a honte. Bref, et malgré l’idée de base, tout ceci manque un peu de folie…et de folie il n’y en a pas dans les dessins de Luke McDonnell…
STAR TREK #17 :
Après avoir écrit les #5 et 6, le scénariste Mike W. Barr est de retour sur la série Star Trek pour l’avant-dernier épisode. Il est accompagné par Ed Hannigan aux dessins et Tom Palmer et Dave Simons à l’encrage. Prolifique encreur, Tom Palmer n’a pas eu beaucoup de temps à accorder à ce numéro puisque son style caractéristique n’est reconnaissable que sur les cinq premières pages avant d’être remplacé par Dave Simons pour le reste des planches. L’épisode change donc rapidement d’identité visuelle, l’encrage de Simons étant plus « gras » et il apporte une ambiance graphique différente à cette aventure (sans surprises, je préfère Palmer).
Après avoir été percuté par un météore, un vieux satellite de la Fédération a pénétré dans l’atmosphère de Goran IV, une planète qui est en resté à l’équivalent du Moyen-Age. Mélangés à des éléments dans l’air goranien, le fuel de la machine peut se révéler toxique pour les habitants…Kirk, Spock & McCoy se rendent donc à la surface pour enquêter et tout cela sans enfreindre la Directive Première. Ce qui ne sera pas simple car les talents de médecin de Bones et les oreilles pointues de Spock ont vite fait de les faire passer pour des démons…
Malgré mes réserves sur le dessin qui aurait mérité d’être plus régulier, Mike W. Barr a signé un épisode solide sur une trame classique, déjà utilisé pour la série TV, celle de l’exploration d’une planète dont l’évolution rappelle une période de l’histoire humaine. Il faudra donc toute l’ingéniosité de notre trio pour s’en sortir et aider les goraniens sans qu’ils le sachent vraiment (à part deux alliés plus compréhensifs) tout au long de cette mission qui ne manque pas de péripéties, avec une dernière partie au suspense bien ficelé.
STAR TREK #18 :
Pendant un an et demi, au début des années 80, Marvel avait publié à la fois des comics Star Trek et Star Wars…pour un résultat qui ne fut pas vraiment identique. Car si les bandes dessinées de la Guerre des Etoiles furent un succès pour l’éditeur avec plus de cent numéros parus, celles de la Patrouille du Cosmos ont été stoppées au bout d’un an et demi, 18 numéros entre avril 1980 et février 1982 (selon les dates de couvertures) avec un rythme mensuel abandonné au bout de 13 numéros (les cinq derniers sont sortis tous les deux mois).
Pour ce #18, le responsable éditorial Al Milgrom a fait appel au scénariste J.M. DeMatteis qui s’est éloigné du ton des épisodes précédents (donc pas de gnomes, de trolls ou d’aliens moyenageux). En centrant son histoire sur le duo Kirk & Spock aux prises avec un gigantesque robot, apparemment le seul habitant d’une immense structure dérivant dans l’espace, l’auteur a signé (un peu trop tard) l’un des meilleurs épisodes de la série (qui se paye même un petit clin d’oeil visuel à la période Gold Key).
Au fil des épreuves traversées, les deux amis luttent pour leur survie et celle de leur équipage, un suspense prenant et un danger constant planant au-dessus de l’Enterprise…jusqu’à ce que l’ennemi dévoile enfin sa véritable nature. Car au final, ce sont les démonstrations d’amitié, de courage et de sens du sacrifice de Kirk & Spock qui vont être la clé pour débloquer la situation et servir de modèle aux concepteurs de la machine (révélés en état d’animation suspendue dans la dernière page). Une démonstration d’espoir au coeur de la saga Star Trek…et J.M. DeMatteis boucle joliment la boucle en dernière case avec l’accroche du premier long métrage, « L’Aventure humaine ne fait que commencer ».
Par contre pour Star Trek chez Marvel, c’était terminé. Les trekkies lecteurs de comics ont du attendre deux ans pour retrouver leurs personnages favoris dans une série régulière avec la reprise de la franchise chez la Distinguée Concurrence début 1984. Mais ceci est une autre histoire…
Merci pour les avis !
QUATRIEME PARTIE : DC COMICS (1984-1996)
STAR TREK vol.1 #9-16 :
Après Gold Key et Marvel, DC Comics a repris la licence Star Trek en 1984, avec plus de succès que la Maison des Idées puisque l’éditeur de Superman a publié des comics consacrés à cet univers pendant 12 ans (pour la franchise cinématographique, cela correspond à six longs métrages, de À la Recherche de Spock en 1984 à avant Premier Contact en 1996). S’il y a eu quelques titres Next Generation pendant cette période, ce sont les aventures du capitaine Kirk qui ont principalement intéressé les auteurs DC tout au long de deux séries régulières, 136 épisodes et 9 annuals au total. IDW a réédité plusieurs arcs narratifs en albums et sur ce que j’ai lu (en tout 25 épisodes répartis sur quatre volumes), c’est de la (très) bonne BD Star Trek (meilleure que la série Marvel), notamment avec de belles choses lorsque Peter David est aux commandes.
La Saga de l’Univers Miroir est écrite par Mike W. Barr (qui avait déjà écrit une poignée de comics Star Trek pour Marvel) et dessinée par Tom Sutton. Le récit ramène aux débuts du volume 1 (#9 à 16) et se situe chronologiquement juste après les événements de Star Trek III : À la Recherche de Spock. Le #9 est assez calme et traite des conséquences du film, en faisant réfléchir les membres de l’Enterprise sur ce qui pourrait arriver à leur carrière (ils ont désobéi aux ordres de Starfleet pour retourner sur Genesis et sauver Spock) et en montrant la triste réunion entre Kirk et Carol Marcus après la mort de leur fils. C’est bien écrit, bien caractérisé…et l’introspection ne dure pas longtemps car la fin de l’épisode montre le retour de la version maléfique des héros à bord de l’Enterprise de l’Univers Miroir (dans lequel il n’y a pas de fédération mais un tyrannique empire terrien), un concept qui n’avait pas été utilisé depuis la série classique
Tout au long des huit chapitres de cet arc narratif de qualité, Mike W. Barr orchestre une saga riche en action et en rebondissements, qui amène également Kirk et son équipage dans l’univers miroir pour empêcher une invasion. Il se passe beaucoup de choses (dont une réunion pleine d’émotions entre Kirk et le double de son fils décédé), le rythme est soutenu…il faut juste faire attention à ne pas se faire avoir par une possible confusion vu que la plupart des personnages et leurs adversaires ont le même visage (au moins, les auteurs de la série classique ont eu la bonne idée de donner un bouc à l’autre Spock). Graphiquement, la partie graphique est solide. Dessinateur inégal, Tom Sutton est ici bien secondé à l’encrage par Ricardo Villagran, ce qui améliore son rendu habituel.
À la fin du #16, les auteurs et responsables éditoriaux du comic-book ont établi un nouveau statu-quo car comme deux ans se sont écoulés entre les sorties des films Star Trek III et IV, Kirk et cie ne pouvaient bien évidemment pas passer tout ce temps sur Vulcain dans la BD. Ils ont donc continué leurs aventures sur papier…et il a fallu une petite astuce (pas totalement convaincante quand même d’après l’épisode que j’ai survolé) à la fin du #36 pour pouvoir raccrocher les wagons avec le début de Star Trek IV : Retour sur Terre…
STAR TREK Vol.1 Annual 3 :
Dans sa pièce Trahisons, jouée à partir de 1978 au Royal National Theater de Londres (et encore de nos jours, notamment en France), le dramaturge (et aussi poète, écrivain, acteur, réalisateur, scénariste pour la télé et le cinéma…) Harold Pinter parle d’un triangle amoureux, sans recourir au vaudeville, de façon dramatique en insistant sur les non-dits et l’incommunicabilité. Trahisons a également la particularité de ne pas être raconté dans l’ordre, utilisant la chronologie inversée pour parcourir la vie des trois personnages principaux.
Cette structure, le regretté Peter David l’a reprise, en mentionnant Harold Pinter dans les crédits, pour le très beau troisième numéro annuel du premier volume de la série Star Trek de DC Comics. Dans cette longue histoire de 38 pages, Peter David a délaissé l’aventure, l’exploration spatiale et l’action pour privilégier l’introspection, en s’intéressant précisément à l’écossais Montgomery Scott, le chef ingénieur et faiseur de miracles de l’Enterprise. Lorsque l’épisode commence, le docteur McCoy apprend au capitaine Kirk que quelque chose ne va pas avec Scotty. Ils le découvrent dans ses quartiers, devant plusieurs bouteilles de whisky, l’air profondément triste. Scotty leur apprend que son épouse vient de mourir…à la grande surprise des deux amis qui ne savaient pas que l’un des membres les plus indispensables de l’équipage de l’Enterprise était marié…
Ce qu’on désigne souvent comme « univers étendu », via par exemple des romans et des bandes dessinées, permet de développer des éléments et des protagonistes qui sont le plus souvent « réduits » en quelque sorte à leur fonction dans les séries TV et les films. Kirk, Spock et McCoy sont les stars de la période classique de Star Trek, dans le sens où ils sont le plus souvent mis en avant, et il aura quand même fallu du temps à Uhura, Scott, Sulu et Chekov pour briller un peu plus. Dans Retrospect, Peter David nous montre ce qui se passe entre les missions spatiales, en nous présentant les proches qui ont le plus compté pour Montgmery Scott…et surtout Glynn Campbell, la femme qui prouve que l’Enterprise n’était pas le seul amour de sa vie.
Le récit débute par la mauvaise nouvelle (apprise entre le troisième et le quatrième long métrage) avant de revenir à plusieurs reprises en arrière et d’explorer à rebours cette relation qui a eu des hauts et des bas. Il y a de la tendresse qui se dégage des échanges entre Scotty et sa Glynn, des pointes d’humour aussi ainsi que des passages plus difficiles et marqués par la tragédie. Peter David raconte cela avec justesse…l’ensemble est touchant, très joliment écrit, finement caractérisé…et ce jusqu’à la toute dernière case.
Curt Swan restera toujours principalement attaché à Superman et à sa famille de titres et c’est vrai que dans mes lectures, je l’ai rarement croisé ailleurs que sur les aventures du kryptonien. Sur cet annual de Star Trek, le classicisme (ce qui n’est absolument pas un défaut en soi) de son dessin fait merveille. Il est parfaitement à l’aise dans la description de ces moments de vie, les simples, les joyeux comme les moins heureux, et cela grâce son trait élégant et très expressif qui participe à la réussite de ce portrait de Scotty à travers les âges.
Aperçu en N&B :





































