STAR TREK : LA SAGA EN COMICS

Première partie : GOLD KEY (1967-1979)

Gold Key Comics, qui était alors une division de Western Publishing, est un éditeur qui est surtout connu pour avoir publié de nombreuses adaptations de films et de séries télévisées. Il n’est donc pas étonnant que l’on retrouve chez eux la toute première déclinaison en comic-book de la série Star Trek. La publication fut d’abord irrégulière : un seul numéro en 1967, deux en 1968, trois en 1969, deux en 1970 et un peu plus (bimestriellement ou mensuellement) jusqu’en 1979 pour un total de 61 numéros. Après l’annulation de la série classique et avant le dessin animé, la bande dessinée fut donc le seul moyen qu’avait les premiers Trekkies pour avoir leurs doses d’aventures spatiales…même si elles n’ont jamais été considérées comme faisant partie du « canon » officiel…

Si les comics Gold Key ne sont pas crédités, on sait depuis que des noms de scénaristes connus de Marvel et DC comme Len Wein, Arnold Drake et John Warner y ont participé. Pour la partie graphique, on retrouvait le plus souvent les dessinateurs maison comme l’italien Alberto Giolitti (Turok Son of Stone, Voyage to the Bottom of the Sea). Les couvertures alternaient entre des photos de production et de très belles peintures.

Alberto Giolitti a avoué n’avoir jamais regardé un épisode de Star Trek. Il n’a donc travaillé qu’en se basant sur des photos de promotion et quand il n’en avait pas, il laissait libre cours à son imagination (il se dit que Scotty ne ressemblait pas vraiment à James Doohan dans les premiers épisodes). Sur la poignée de numéros que j’ai pu lire (juste deux et demi en fait), il a un style que j’apprécie…les silhouettes sont un peu raides et les visages pas toujours expressifs mais il y a pas mal de détails et de variété dans les décors et les designs.

En V.F., seuls les 18 premiers Star Trek de Gold Key ont été publiés, d’abords par les Editions des Remparts puis par Sagédition. J’ai juste l’une de ces dernières publications, l’album Le Voyageur du Cosmos dans la collection Présence de l’Avenir de Sagédition. Un de ces kiosques qui alternaient deux pages en couleurs et deux pages en N&B et dont les sommaires étaient un brin chaotique puisque l’album propose le #18, le #12 et la deuxième moitié du #13 (après vérification, il semble que la première partie est dispo dans l’album précédent). Ce qui n’est pas si gênant que cela en fait car chaque histoire est auto-contenue…

Signé Arnold Drake (X-Men, Doom Patrol...), le #18 déroule l’une des missions les plus délicates de l’Enterprise, évacuer la population d’une planète condamnée grâce à une invention révolutionnaire, un enregistreur de matière. Tout un monde peut ainsi tenir dans un simple globe…qui va être volé pour servir dans une tentative de chantage. L’ensemble est bien ficelé, avec une caractérisation correcte (je pense que le scénariste a vu la série, lui), un dernier acte mouvementé et de bonnes petites touches d’humour dans les dialogues.

Le #12 et le #13 font partie du court run de Len Wein. Le premier propose la vision saugrenue de pirates de l’espace vêtus comme dans l’attraction Pirates des Caraïbes…mais comme l’équipage de l’Enterprise a aussi croisé des aliens vêtus comme des gangsters de Chicago ou des recréations du Far-West, cela passe sans problème et reste dans l’esprit de la série TV. Et s’il n’y a que la moitié du #12, le récitatif permet de prendre efficacement le train en marche d’une histoire centrée sur une rébellion contre la tyrannie dans une dizaine de pages rondement menées.

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C’est joli quand même

D’après comicsvf, la première partie est dans l’album suivant:zany_face:

Moi, j’ai seulement le premier numéro de cette édition, qui reprend apparemment les numéros 3 et 4 de Gold Key.

Tori.

Ils ont interverti les deux sommaires en fait…

Ça me paraît plus cohérent.

Tori.
PS : mais tous les sites que j’ai consultés indiquent que les mutinés de l’espace est sorti avant le voyageur du cosmos… Probablement une erreur dans la date indiquée sur le bouquin.

Petite sélection de couvertures :

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Il me semble que c’est dans le recueil d’interviews menées par Éric Leguèbe, Le Voyage en balloon, qu’on trouve un entretien avec Giolitti.

Il faudrait que je retrouve le bouquin pour le confirmer : il est perdu quelque part sur une de mes étagères.

Jim

En balloon (probablement la correction automatique…).

Tori.

Non non, une erreur de ma part.

Jim

Deuxième partie : STRIPS ET BD AUDIOS

Une série de publications assez rares, que j’aimerai bien lire un jour…

De 1969 à 1971, une série de strips Star Trek furent publiés en Angleterre dans la revue TV21. La série classique n’avait pas encore été diffusée au Royaume-Uni et il se dit que les auteurs ont pris beaucoup de libertés avec cette adaptation. En tout cas, graphiquement tout cela (me) donne envie…

En 1979, la sortie du long métrage de Robert Wise a été accompagnée par un comic-book Marvel (ce sera l’objet des prochaines entrées de ce sujet) et par la publication d’un comic-strip dans les journaux américains. Le strip a duré quatre ans pour un total de 20 histoires, écrites notamment par Martin Pasko et Gerry Conway.

Et il y a eu aussi une collection de bandes dessinées/disques Power Records chapeautée par Neal Adams et son studio. J’en ai déjà parlé ici :

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On connaît ces auteurs ?

En tout cas, il y a une touche très Dan Dare, dans l’exemple que tu montres.

Jim

Il y a eu Angus Allan, Harry F. Lindfield (qui signe les pages ci-dessus et qui a travaillé sur le strip du Dr Who), Jim Baikie, Mike Noble, Ron Turner, Vicente Alcazar, John Stokes…

Et tu n’es pas le seul à y voir du Dan Dare :

Essayist Alan J. Porter wrote in the book New Life and New Civilizations: Exploring Star Trek Comics , "The writers and editors who worked on the strip failed to grasp one essential point: that Star Trek is an American show driven by America’s vision of itself as pioneers. So instead of a « wagon train to the stars, » the British version of Star Trek became, like Dan Dare , more a « Royal Air Force in space. »

Ah tiens, marrant.

Et parmi les noms, y a du beau linge, même en début de carrière.

Jim

Troisième partie : MARVEL (1980-1982) (I)

STAR TREK #4-5

Dix ans après la fin de la série classique, l’équipage de l’Enterprise a fait son retour en chair et en os (il y a eu un dessin animé entretemps) sur grand écran dans un long métrage sorti en 1979 et que j’ai toujours trouvé aussi beau qu’ennuyeux (je l’ai déjà souligné plusieurs fois sur le forum, pour moi la saga Star Trek au cinéma commence vraiment au N°2). Dans les années 70/80, Marvel proposait régulièrement des adaptations de films dans sa collection Marvel Super Special et c’est donc l’éditeur qui était déjà celui de Star Wars qui a obtenu les droits pour une nouvelle série régulière Star Trek en comic-book. Sauf que les aventures marvelliennes de Kirk, Spock et Cie ont duré beaucoup moins longtemps que celles de Luke, Han et Leia (moins de deux ans contre une centaine d’épisodes pour ces derniers).

Le Marvel Super Special #15 a été publié en décembre 1979 (date de couverture). Ce one-shot (le seul traduit en France à l’époque chez Sagédition) a ensuite été saucissonné en trois parties et réédité comme ouverture de la série régulière en avril 1980. Et en juillet 1980, la revue s’est poursuivie au #4 avec des histoires inédites. Une série qui a eu un peu de mal à garder une équipe créative régulière car 7 scénaristes, 6 dessinateurs et 7 encreurs se sont succédés tout au long des 18 numéros.

Le dessinateur Dave Cockrum et l’encreur Klaus Janson ont inauguré cette liste…et malgré les qualités que je trouve à ces deux artistes, les associer n’était peut-être pas une bonne idée car les dessins de Cockrum auraient mérité un encrage un peu moins rugueux, plus proche des visuels de ses épisodes des X-Men par exemple, surtout sur ce genre de titre. Ca reste pas mal, car le trait de Dave Cockrum se prête bien à cet univers, mais cela représente tout de même pour moi une petite occasion manquée.

Après avoir écrit l’adaptation du film, Marv Wolfman est revenu pour le #4 mais il n’est pas resté longtemps car son arc en deux parties a été terminé par Mike W. Barr. Cela rappelle le cas Roy Thomas qui n’est pas resté non plus très longtemps sur Star Wars. Il est à noter que Marvel n’avait que la licence du film, l’éditeur ne pouvait donc utiliser que les personnages et concepts apparus sur grand écran et pas dans la série originale. Pour sa première intrigue, Marv Wolfman s’est amusé à plonger l’Enterprise dans une atmosphère qu’il connaissait bien, celles des vieux monstres classiques.

Alors qu’il transporte un criminel vers une prison proche, le vaisseau est assailli par d’étranges phénomènes…et notamment un vampire qui semble sortir tout droit de la série Tomb of Dracula (drôle de crossover !). Un mystère qui s’épaissit lorsque l’équipage découvre que la fameuse prison ressemble à une maison hantée flottant dans l’espace…avec un intérieur qui évoque les films d’horreur de la Universal (Frankenstein montre aussi sa vilaine trogne). Les réponses seront données dans Star Trek #5, un chapitre qui fait intervenir les Klingons avec un peu plus de rythme et de rebondissements…et même un clin d’oeil de Cockrum à son Giant-Size X-Men !

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Je trouve leur association surprenante, et du coup, ça m’intéresse.
Je vais aller regarder l’épisode en entier, pour me faire une opinion.

Jim

STAR TREK #6 :

L’Enterprise s’approche de Yannid IV, une planète dont les responsables s’apprêtent à signer le traité de paix pour rejoindre la Fédération après des années de méfiance. Phral, leur ambassadeur, était vivant lorsqu’il a été téléporté de la planète…et pourtant, il est arrivé raide mort sur le vaisseau, un couteau planté dans le dos ! Un mystère concocté par le scénariste Mike W. Barr et illustré par le duo Dave Cockrum et Klaus Janson, comme les épisodes précédents (Cockrum dessinera encore deux numéros, les 8 et 9 sans Janson à l’encrage, avant de quitter la série).

Détail amusant, Spock fait une référence à Sherlock Holmes avant de s’engager dans le « fascinant exercice intellectuel » que représente la résolution de ce mystère (il fera un autre clin d’oeil au détective créé par Conan Doyle quelques années plus tard dans le très bon sixième long métrage Star Trek sorti en 1991). La situation diplomatique difficile apporte de la tension et les détails de l’affaire ramènent à un épisode peu glorieux des premières années de Kirk en tant qu’enseigne, ce qui explique le caractère ombrageux du capitaine depuis l’arrivée sur Phral.

Le suspense est bon et met l’accent sur la dynamique Kirk/Spock/McCoy, le trio déployant leur sens de la stratégie et leurs capacités déductives pour découvrir ce qui a pu arriver avant et pendant la phase de téléportation. Pour son avant-dernier Star Trek (il ne reviendra qu’au #17), Mike W.Barr a signé un murder mystery plutôt bien ficelé et bien caractérisé. Pour la paire Dave Cockrum / Klaus Janson, je reste partagé…

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Très marvellienne, la couv’, je trouve.

Je serais curieux de voir les crayonnés de Cockrum.
Je me demande si le fait de partir sur du réel ne change pas sa manière de dessiner.

Tiens, Frank Miller !

Jim

Mais ouais…Miller & Janson, un duo plus familier…^^

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