S1E1 : Tout au long des soixante ans de l’histoire des productions Star Trek à l’écran, des projets centrés sur les jeunes recrues de l’Académie Starfleet ont été évoqués à plusieurs reprises sans parvenir à être concrétisés. L’idée est revenue pendant le développement de la relance télévisuelle à partir de Star Trek Discovery en 2017 et après plusieurs années de réflexion, la première saison de Starfleet Academy fut commandée en 2023.
La série se déroule donc dans le lointain futur, le 32ème siècle que l’équipage du Discovery a rejoint à la fin de la saison 2. Ce qu’il y a de bien avec ces différentes nouvelles séries Star Trek, c’est que même si elles respectent une chronologie, elles se suffisent à elles-mêmes, il suffit juste de connaître le contexte. Les premières minutes expliquent ce qu’est le Brasier et la situation appuie bien sur le fait que ce futur fut longtemps sans espoir (la rencontre entre le capitaine Nhala Ake et le tout jeune Caleb Mir est le ciment de leur future relation tout en présentant Nus Braka, l’un des nouveaux vilains savoureusement interprété par Paul Giamatti).
Après le saut dans le temps de plusieurs années, les choses vont mieux, la Fédération est reconstruite et il est temps d’accueillir de nouveaux cadets. Cette nouvelle ère ne manque pas de bonnes idées. La capitaine incarnée par Holly Hunter (qui fait partie de la race des Lanthanite, comme Pelia dans Strange New Worlds) est aussi rectrice de l’Académie, ce qui la distingue de la longue lignée des capitaines de Starfleet, dans sa façon de faire et son comportement (j’aime notamment sa manière toute particulière et décontractée de s’asseoir dans sa chaise de capitaine). Il y a un vrai sens of wonder dans la présentation du USS Athena (au très chouette design), qui est à la fois un vaisseau et le campus de l’Académie. La découverte des élèves et des professeurs se fait à travers des échanges qui ont leurs moments d’humour, de tension, d’émotion; ce qui aide à se faire une première idée de la caractérisation de chacun et c’est plutôt bien vu. La présence du Docteur holographique joué par Robert Picardo inscrit également ce futur dans la longue histoire trekkienne et son apparence plus âgée est expliquée de façon aussi simple qu’efficace.
L’action n’est pas oubliée et le gros morceau de l’affrontement spatial avec les Venari Ral commandés par Nus Braka est intense et bien rythmé, avec un focus sur le petit groupe de cadets que l’on va suivre au fil des épisodes. Leurs capacités sont jaugées pendant le chaos qui touche l’Athena et c’est toujours palpitant d’en savoir plus sur eux de cette manière.
Le premier épisode de Starfleet Academy dure 70 mn menées sans temps morts. Caleb, Jay-Den, Sam, Darem et Genesis s’imposent déjà comme de bons personnages principaux, avec leurs failles et leurs qualités, et la rectrice/capitaine Nahla Ake est déjà très charismatique.
Bref, un début que je trouve très convaincant…
S1E2 : Le deuxième épisode est tout naturellement centré sur la dynamique au sein de l’académie Starfleet et le scénario passe alors par les passages obligés de ce genre d’histoire. Les cours, les différences de méthodes des professeurs (et c’est très chouette de retrouver Jett Reno dans ses nouvelles fonctions après la fin de Discovery…j’aime beaucoup ce perso et ses répliques sont savoureuses), les petits problèmes d’intégration, les engueulades…classique mais bien fait. Caleb Mir et son côté rebelle reste au centre des préoccupations mais les autres élèves ne sont pas oubliés et ils ont presque tous de bons petits moments. Pas d’action dans cet épisode et le rythme n’est pas le même que le précédent…ce qui peut occasionner quelques longueurs…mais ça ne m’a pas gêné car les scénaristes continuent d’explorer la reconstruction de ce lointain futur avec l’implication des Betazoides, ce que je trouve intéressant. Les combats peuvent aussi se mener sur le plan de la diplomatie et c’est ce qui est en jeu ici, avec une bonne démonstration de la promesse d’espoir véhiculée par la reconstruction de la Fédération après le Brasier.
Je suis très emballé aussi par ces 2 premiers épisodes. Je note une Holly hunter vraiment impecable dans son rôle qui change dans sa manière de se comporter des autres capitaines. Peut-être plus féminin (Burnham où Georgiou était à mon sens très masculin dans leur manière d’être Capitaine). Comme le doc la manière de s’asseoir sur sa chaise (notamment dans son échange face Nus Braka) est très raffraichissante et montre bien que ce capitaine sera différend des autres.
Je reste un peu sceptique sur le personnage de Caleb Mir que je trouve à la fois trop bon dans tout pour être vrai et trop tête à claque.
J’ai en tout cas vraiment hâte de voir la suite.
D’accord avec vous, messieurs.
C’est frais, et ça sort des sentiers battus pour proposer une autre approche, avec pas mal de notes d’humour.
Holly Hunter fait un excellent chef d’orchestre.
Contre toute attente, j’ai également bien aimé ces deux premiers épisodes.
Beaucoup moins convaincu par le troisième qui est, à peu près, tout ce que je n’aime pas dans le genre “campus”.
S1E3 : Perso, ça me plaît toujours. Le scénario s’amuse en effet des codes des histoires se déroulant dans des universités, avec des passages imposés comme les rivalités aussi bien entre élèves de la même promo qu’avec ceux d’autres écoles (ici Starfleet et l’école militaire). Mais il le fait bien, avec légèreté et un bon travail sur les personnages. Et l’aspect futuriste aidant, les exercices et canulars prennent des formes étonnantes, avec une compétition dynamique et l’utilisation d’une créature aussi mignonne qu’encombrante. Sur le fond, ce n’est peut-être pas très original mais j’ai trouvé ça bien fun, une bonne façon de forger la camaraderie.
Après j’aimerais bien maintenant que les cadets continuent leurs leçons dans l’espace…après tout, l’Athéna est aussi un vaisseau…
Vu le premier, c’est frais, j’enquille la suite cet aprem en rentrant du taff.
S1E4 : Les leçons sont également données dans l’espace, cadre du quatrième épisode. Le prologue poursuit cette ambiance que j’apprécie, avec un focus sur le docteur campé par Robert Picardo aux savoureuses répliques. Et puis le ton évolue pour se recentrer sur le klingon Jay-Den Kraag. Son parcours avant de rejoindre Starfleet est efficacement retracé, avec le rôle joué par son frère dans son apprentissage et sa relation conflictuelle avec son père. Le destin du peuple Klingon dans ce lointain futur qui continue sa reconstruction se joue aussi bien par une ancienne relation de Nahla (la longévité de ce personnage fait qu’il y aura toujours des choses à apprendre sur elle) que par la capacité de Jay-Den à surmonter ses angoisses. Au final même après les événements du Brasier, les klingons restent les klingons (arguments intéressants sur ce point dans le concours d’éloquence)…et le petit bluff diplomatique joué dans les dernières minutes ne manque pas de piquant…
un bon petit épisode que ce numéro 4, j’aime toujours autant, le Doc à tout dit.
S1E5 : En regardant le prologue de cet épisode, je me suis dit qu’il n’allait pas arranger le mauvais caractère des trekkies un peu trop acharnés (mais tant pis pour eux…pour certains, rien que la façon dont Nahla se positionne dans son fauteuil est une hérésie…et en plus il y a un klingon queer). Et puis j’ai jeté un oeil rapide à certains avis et heureusement il n’y a pas que ça. Ce cinquième chapitre fait un focus sur le personnage de SAM, l’excentrique forme de vie photonique dans sa quête pour trouver sa place et mieux comprendre l’humanité sur l’insistance de ses créateurs. Le tout est présenté avec énergie, fantaisie (avec le genre d’astuces visuelles que l’on pouvait retrouver dans la série Ms Marvel) mais pas que car son parcours est assez touchant dans son genre. Les auteurs ont eu la bonne idée de le lier aux questionnements sur ce qui est arrivé à un personnage légendaire de la franchise, Benjamin Sisko, et cela en évitant le simple fan-service car l’histoire parle avec justesse de la frontière entre la destinée et le libre-arbitre (et c’est en cela que SAM se retrouve en Sisko). Si certains détails seront plus familiers aux spectateurs de longue date, ils sont aussi suffisamment bien présentés pour que ceux qui n’ont jamais regardé DS9 en intégralité ne soient pas perdus (c’est ce que j’ai ressenti en tout cas). La petite guéguerre entre les cadets de Starfleet et ceux de l’école militaire continue avec le passage obligé de la bagarre de bar et la façon dont Nahla tente de décoincer le commandant Kelric m’a bien fait sourire.
Le très bon point de cet épisode c’est que sur le point de départ très casse gueule de résoudre le mystère du destin de Benjamin Sisko, l’enquête, et l’épisode, se déporte doucement sur l’héritage qu’il a laissé.
C’était de très loin le meilleur choix pour rendre hommage au personnage, du moins a ce moment de la série.
Peut être que les prophètes seront de nouveau traités mais pour le 5e épisode d’une nouvelle série qui aborde le thème de la reconstruction, analyser l’héritage du passé est pour l’instant plus intéressant que de répondre a un mystère.
C’est un jolie hommage a DS9 en tout cas qui a souvent été l’oublié parmis les séries Star Trek référencé dans les suites.
Ps : le très jolie morceau A Song of Prophets de l’épisode
Et « étrangement » c’est la meilleure
C’est pas impossible que la présence de Tawny Newsome dans l’équipe d’écriture (et dans l’épisode) soit lié a ça. C’est une trekkie de l’époque TNG,DS9,VOY.
Je viens de voir le 3, j’aime bien l’état d’esprit.
S1E6 : Les cadets sont confrontés à leur plus grande épreuve alors qu’ils étaient engagés dans un exercice de routine à bord d’un vaisseau à l’abandon depuis une centaine d’années et utilisé justement pour tester les jeunes recrues. Après un prologue sensuel qui se termine de façon amère pour les deux personnages, l’entame est dynamique et la menace vite installée. Le suspense qui suit alterne très efficacement entre le combat pour la survie des cadets et les discussions/stratégies sur l’Athena pour trouver un moyen de les sauver. C’est l’occasion de faire revenir Nus Braka et Paul Giamatti se régale une nouvelle fois à camper toutes les facettes de ce personnage face à Holly Hunter. L’intensité ne faiblit jamais et le dernier acte est implacable. Après la légèreté de certains épisodes, cette aventure est beaucoup plus dure pour l’Académie et le petit groupe de héros et cela devrait laisser des traces…(et parmi les bonnes idées de ce N°6, l’utilisation d’un comic-book dans le déroulement de l’intrigue est un chouette élément).
Étonnant ce changement de ton. Curieux de voir comment ça va être développé.
C’est malin.
Ça me rappelle les meilleures saisons de Discovery, même si la réalisation et l’écriture ne sont pas aussi fines.
Mais on sort de l’approche teenage pour construire dans le dur.
S1E7 : Bien…mais un peu moins bien que le précédent. La tension retombe après les événements dramatiques de l’exercice spatial détourné par Nus Braka et si plusieurs semaines ont passé, les cadets sont toujours marqués. Il est donc temps de prendre quelques jours de vacances. L’occasion d’une étude de caractères principalement centrée sur Genesis (qui doute plus qu’elle ne le laisse paraître) et Darem (on en sait plus sur lui et sur son peuple) même si Caleb et Jay-Den ont un rôle à jouer auprès de leurs camarades. Quelques longueurs mais l’épisode a tout de même son lot de chouettes interactions, des moments légers et d’autres un peu plus graves, dans ces démonstrations de l’esprit de camaraderie des personnages principaux. Pas le meilleur épisode de la saison donc mais tout ceci reste très sympa et je continue d’apprécier cette bande de jeunes qui représentent le futur de Starfleet…
Comme le doc.
