SUPER-HÉROS : L'ÉTERNEL COMBAT (Michael Kantor)

Le réseau public américain PBS diffuse ce mois-ci Superheroes : a never-ending battle un documentaire de 3 x 53 mn consacré à l’histoire des comic-books de super-héros.

L’émission est présentée par l’acteur Liev Schreiber (X-Men Origins : Wolverine) et propose de nombreuses interviews agrémentées d’images d’archives.
Parmi la longue liste d’intervenants, on trouve notamment Stan Lee, Joe Simon, Jerry Robinson, Mark Waid, Grant Morrison, Michael Chabon, Jules Feiffer, Adam West, Lynda Carter, Joe Quesada, Len Wein, Gerry Conway, Jenette Khan, Jim Lee, Todd McFarlane, et j’en passe.

Le sommaire des 3 parties :

[quote]**“Truth, Justice, and the American Way” (1938-1958) **

During the Depression, the popularity of dozens of superhero characters opens the door for a new generation of artists and writers. World War II creates a patriotic fervor for star-spangled adventurers to represent the American spirit at war and on the home front, but in the 1950s, superheroes are caught in the fire of government scrutiny and regulation. When the thrilling “Adventures of Superman” is broadcast on the new medium of television, America’s first and greatest superhero leads the entire comic book industry to renewed strength.

**“Great Power, Great Responsibility” (1959-1977) **

A new breed of superhero emerges in the 1960s, inspired by the age of atomic energy and space travel and, in turn, inspiring artists of the time. The pop art movement draws heavily on comic books, with superhero images appearing in the works of Andy Warhol and Roy Lichtenstein. Civil rights in America and other social issues make their way onto the page as black superheroes emerge with powerhouses such as the Black Panther and Luke Cage. The pages of “Green Lantern/Green Arrow” address social issues in their relevant storylines, and comic books are forced to confront the reality of an increasingly complex world.

“A Hero Can Be Anyone” (1978-Present)

This episode captures the enthusiasm for superheroes as they are embraced in all forms of media and by all demographics, beginning with the historic “Superman” movie featuring Christopher Reeve as the Man of Steel. In 1986, Batman is overhauled as The Dark Knight to reflect the nocturnal underside of his character, and Watchmen brings new sophistication to comic book narratives, illuminating a violent and politicized world. In the burgeoning new millennium, superheroes have taken over popular culture with feature films, television shows and video games complementing a new generation of web-based comics that bring superhero adventures to every corner of the world.
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L’intégralité de Superheroes : A never-ending battle sera disponible en DVD/Blu-Ray Zone 1 à partir du 15 octobre :

http://img856.imageshack.us/img856/8135/15om.jpg

Quelques extraits :

Nouvel extrait :

Arte diffusera le documentaire Super-Héros : L’Eternel Combat les samedi 1er, 8 et 15 février.

La présentation par Arte du premier volet :

[quote]Super-Héros : L’éternel combat (1/3)
Vérité, justice et modèle américain
samedi 01 février à 22h35 (53 min)

VÉRITÉ, JUSTICE ET MODÈLE AMÉRICAIN :

Soixante-quinze ans d’histoire américaine vus à travers l’épopée de l’industrie des comics et de ses super-héros. Un documentaire en trois volets à suivre chaque samedi.

En juin 1938, Superman fait sa première apparition dans la revue Action comics. D’abord cantonné aux pages des journaux généralistes, le héros imaginé par les dessinateurs Jerry Siegel et Joe Shuster connaît d’emblée un immense succès et définit les codes d’un nouveau genre de la bande dessinée: les comics, qui s’imposent bientôt comme le mètre étalon de l’industrie de la BD aux États-Unis. Une aubaine, dans l’Amérique de la Grande Dépression, pour une nouvelle génération de dessinateurs qui imaginent ces nouveaux personnages dotés de superpouvoirs. En 1939, Bob Kane crée Batman avant que Joe Simon et Jack Kirby ne donnent vie au très patriotique Captain America en 1941, au moment où les États-Unis entrent en guerre avec le Japon. Les super-héros deviennent alors un instrument de propagande au service de l’effort de guerre…

Hérauts d’une superpuissance

Au moyen d’interviews d’historiens de la bande dessinée et de témoignages des plus célèbres dessinateurs de comics, Michael Kantor retrace les évolutions d’une industrie dont les héros accompagnent depuis leur création les soubresauts de l’histoire des États-Unis. Un documentaire éclairant sur le rôle joué par ces hérauts de l’American way of life et de la superpuissance de l’Oncle Sam, qui ont fait des comics une industrie multimilliardaire diffusée dans le monde entier.[/quote]

La présentation par ARTE des épisodes 2 et 3 :

[quote]À GRAND POUVOIR, GRANDES RESPONSABILITÉS

Après avoir failli disparaître dans les années 1950, l’industrie des comics retrouve un second souffle grâce à l’éditeur Marvel au début des sixties. Pour contrer l’hégémonie du rival DC Comics, le rédacteur en chef Stan Lee imagine de nouveaux super-héros plus proches de ses lecteurs. Avec les Quatre Fantastiques, Hulk et, surtout, Spiderman, les dessinateurs de Marvel font descendre ces héros de leur piédestal et leur attribuent des faiblesses jusque-là réservées au commun des mortels. Le succès est immédiat et oblige DC Comics à remettre ses personnages vedettes au goût du jour. Les super-héros deviennent alors des icônes dont s’emparent notamment les artistes du pop art, auquel la kitschissime série télévisée des aventures de Batman et Robin, phénomène de l’Amérique des années 1960, multiplie les références. Mais l’assassinat de Kennedy, la guerre du Viêtnam ou le scandale du Watergate font basculer les aventures des héros de comics dans un univers plus sombre, reflet d’une société américaine en proie à de nombreuses désillusions. Jusqu’alors cantonnés au rôle de justiciers et de patriotes, ils n’hésitent plus à remettre en cause la probité des dirigeants ou à relayer les causes progressistes, s’affranchissant de la censure de la Comics Code Authority. Héroïne d’une série télévisée, Wonderwoman devient le porte-étendard des féministes et les premiers super-héros de couleur (La Panthère noire, Luke Cage) font leur apparition. Dans les seventies, une vague d’antihéros plus violents débarquent dans les cases de Marvel, et, à l’image du Punisher, s’érigent en redresseurs de torts dans une Amérique minée par la criminalité. Mais à l’orée des années 1980, les ventes s’effondrent. L’industrie ne devra son salut qu’à une nouvelle génération de dessinateurs et à des adaptations cinématographiques toujours plus spectaculaires.[/quote]

[quote]TOUS DES HÉROS ?

En 1978, Christopher Reeve revêt le costume de Superman pour le premier succès mondial d’un film de super-héros sur grand écran. Les progrès des effets spéciaux permettent de réaliser des adaptations cinématographiques toujours plus crédibles et achèvent de faire basculer les personnages dans un univers plus proche du monde réel. Pour faire face à la chute libre des ventes de comics dans les années 1980, et conscients du vieillissement de leur lectorat, les éditeurs décident de faire appel à une nouvelle génération de dessinateurs pour rendre leurs héros plus matures, et parfois plus violents. En 1986 DC Comics publie la série The dark knight dans laquelle Frank Miller met en scène un Batman plus adulte, renouant avec la noirceur de la bande dessinée originelle. La même année l’éditeur lance les aventures des Watchmen, gang d’antihéros évoluant dans une Amérique décadente imaginée par Alan Moore. Du côté de Marvel, Todd McFarlane remet au goût du jour les aventures de Spiderman et Jim Lee redessine les X-Men. Lancé en 1991 le premier numéro du magazine spécialement dédié aux aventures de l’équipe de mutants sera le plus vendu de l’histoire des comics. Mais le manque de reconnaissance de Marvel pousse ses jeunes talents à fonder leur propre maison d’édition baptisée Image comics et à créer de nouveaux personnages charismatiques à l’image de Spawn. Le nouveau venu taille très vite des croupières aux deux géants, obligeant DC Comics à réagir avec un numéro spécial mettant en scène la mort de Superman. Cette lutte acharnée à coups de numéros collector booste un temps les ventes avant un nouvel effondrement dans le courant des années 1990. Mais dans une Amérique traumatisée par le drame du 11-Septembre, l’industrie des comics retrouve un second souffle. Délaissant peu à peu la bande dessinée, DC Comics et Marvel font depuis fructifier leurs licences avec des produits dérivés, des adaptations cinématographiques et des jeux vidéo sans cesse plus spectaculaires, pour séduire le grand public dans le monde entier.[/quote]

Le site d’ARTE : boutique.arte.tv/f9508-super_heros_eternel_combat_serie

Je vais faire tourner le magnéto, c’est sûr!

LoB, tu sors! :mrgreen:

Je pensais justement à cette expression, mais pas à la Némésis des X-men (quel manque de référence pour un tel sujet, vous en conviendrez) :wink:

Je viens de regarder le premier volet de ce documentaire sur le replay d’Arte, et c’est vraiment pas mal du tout. En une cinquantaine de minutes, ce chapitre couvre de façon limpide une quinzaines d’années, de la création de Superman à celle du Comics Code. C’est clair, bien structuré, joliment documenté, agrémenté de superbes images d’archives et ponctué d’un grand nombre d’interventions d’historiens et de légendes du comics.

Personnellement, je ne peux pas dire que j’ai appris énormément de choses puisque c’est une période que je connais bien de par mes lectures sur le sujet (Gerard Jones, auteur du passionnant Men of Tomorrow, et Michael Chabon, lauréat du Pulitzer pour l’excellent Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay, sont bien évidemment présents) mais entendre de vive voix des anecdotes sur l’époque par ceux qui l’ont vécue (Simon, Kubert, Infantino, Robinson, Fradon, Lee, Feiffer…) donne toujours un cachet supplémentaire à ces documentaires.
En ce qui concerne les images d’archives, apercevoir des croquis rares et des planches d’époque ainsi que des objets de merchandising et voir des extraits d’émission, d’actualités et de sérials, dont j’avais entendu parler mais dont je n’avais pour certains pas encore vu d’images, reste un régal pour les mirettes.

À suivre…

J’ai pas vu le premier, mais ma mère l’a vu et le truc qu’elle m’a dit c’est “ils ont brûlé des bédés dans les années 1950 ?

J’ai vu le deuxième volet, dans lequel j’ai trouvé quelques raccourcis (l’ordre de la présentation laisse un peu entendre que DC réagit aux nouveaux super-héros de Stan Lee, et un peu plus loin le passage sur la drogue m’a fait froncer les sourcils une ou deux fois, je crois qu’ils ont arrangé un peu le contexte, mais bon…).
Dans l’ensemble, c’est quand même pas mal.
Le truc qui m’a réellement intéressé, c’est la partie sur le féminisme. L’approche d’O’Neil, qui fait son possible pour libérer Wonder Woman de sa panoplie de fétiche sexuel, et les réactions, notamment celle de Gloria Steinem. Vachement intéressant.

Bref, du peu que j’en ai vu (un tiers du docu, ça reste maigre, je verrai le troisième tiers la semaine prochaine), j’ai déniché quelques raccourcis de pensée un peu rapides, mais le grand nombre de témoignages et de citations fait que ça donne un portrait intéressant, notamment pour un néophyte.

Jim

Oui, j’ai noté aussi un ou deux raccourcis (il y en avait un aussi dans le premier volet à propos de la création de Superman) mais ça reste tout de même bien fichu. La deuxième partie met très bien en parallèle l’évolution des comics et les différents bouleversements de la société américaine pendant les 60s et les 70s. La documentation est foisonnante, les entretiens sont passionnants…

Le troisième et dernier volet couvre une période un peu plus importante, du milieu des années 70 à nos jours, et comme les deux chapitres précédents, passe en revue avec moult images d’archives et interventions d’auteurs les faits les plus marquants de ces trois dernières décennies : le grim & gritty, les comics révolutionnaires de Miller, Moore et consorts, le succès des X-Men, la création d’Image, les excès des années 90, la mort de Superman, les sujets de société (le 11 septembre, le mariage homosexuel…), l’émergence des supports numériques…c’est dense, toujours intéressant et bien rythmé.

Le cinéma a bien évidemment une part importante puisque cette dernière partie débute par le premier blockbuster dédié à un super-héros, le Superman de Richard Donner, et évoque régulièrement les productions qui ont fleuri sur les écrans les années suivantes pour terminer par la vague de succès actuels.

Au final, malgré les quelques raccourcis évoqués plus hauts, ces trois heures qui passent très vite dressent un historique assez complet de 75 années de comics de super-héros. Bref, une production de qualité…

A VOIR!!!

EPISODE 1

EPISODE 2

EPISODE 3

Alors là, pour ceux qui ne l’ont pas vu comme moi, un énorme merci s’impose. Donc : MERCI !!!