SUPERMAN (James Gunn)

Je me range dans le camp des pour.
J’ai apprécié le fait qu’il n’y ait ni origine ni première mission ni subplot : on fait appel à l’intelligence et à la culture du spectateur, à qui l’on fait confiance pour raccrocher les wagons.
J’ai apprécié l’entrée direct dans l’action (avec un chouette texte de mise en situation), ce qui permet au film de rompre avec la structure en trois actes, en déjouant constamment les attentes : c’est peut-être de là que vient le sentiment, exprimé plus haut, de collages de scènes, mais j’ai trouvé ça plutôt bien joué.
J’ai apprécié le fait que le héros titre s’inscrive dans un univers déjà formé, mais qu’il en demeure à la fois un protagoniste et un enjeu.

Plein d’autres choses, aussi : c’est donnerien sans l’être, plus dans la tonalité, comme le relève Sylvain, que dans la forme, et là encore, tant mieux. Superman en vol est représenté différemment, et je valide.
Lois est très bien, Guy Gardner est super chouette, Mister Terrific est détestable (et comme je ne suis pas fan du personnage…), le groupe de héros dysfonctionnel tourne bien (c’est moins la foire à l’engueulade que dans Les Gardiens, mais après tout, ici, le non-groupe ne tient pas la vedette…) la rédaction du Planet est présente et mise en situation (et, tiens, il y a Ron Troupe : bah ouais, vous voulez des personnages issus des « minorités », fouillez dans les comics).

J’ai quelques petits bémols. Superman est peut-être un peu trop naïf, à la limite de la caractérisation d’un Shazam / Billy Batson, mais ça passe. Les décors sont parfois très chouettes (ah, l’univers de poche, il est génial, que ce soit les singes-bots, la prison, la rivière…) et parfois manquent d’ampleur et de magie (l’appartement, la ferme, et oui, le conflit à la frontière…). Et sans doute que j’aurais aimé un Luthor plus calme et froid, et là, Nicolas Hoult s’inscrit dans le surjeu hackmanien : il le fait bien, ça donne des scènes bien « critique sociale », et ça m’a plu, mais peut-être que j’aurais aimé autre chose.

Je trouve le discours politique discret (parce que place au personnage), mais plutôt bien vu dans la deuxième ère Trump. Bien vu et courageux. J’aime beaucoup la scène avec Pa, qui contourne les clichés précédents (le père, « gros sentimental », qui n’assume pas la réussite de l’éducation prodiguée, mais la fierté qu’il ressent, loin du gentil donneur de leçon à la Glenn Ford ou de l’anxieux qui promeut « à grand pouvoir, grande discrétion » à la Kevin Costner) et qui annonce une scène finale vraiment chouette : l’enfant du droit du sol qui tourne le dos au fils du droit du sang.

Et, ouais, j’adore Krypto.

Pas de longueur, pour moi, de chouettes combats, un héros solaire et positif, de l’humour, des acteurs cools.

Ça, c’est ce que disent les anti-Superman.
Sors du corps de Lord, Lex Luthor, nous t’avons reconnu !

Jim

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Ça me rappelle une vacherie de… Guitry, je crois.
Un de ses amis évoque un ami commun, qui est comédien (appelons-le Machin) : « J’ai vu Machin dans l’autobus. » Et Guitry de répondre : « Ah, son meilleur rôle ! »

Jim

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Ca m’intrigue ce schisme …

Je ne serai pas étonné d un Superman naïf… il est tellement gentil tellement bon tellement premier degré que sa naïveté y est pour quelque chose : ce n’est pas un humain qui pense comme un humain, mais qui essaye, qui fait tout pour être le plus humain possible. Mais non, désolé, ça reste un extraterrestre. Point barre. Ca fait donc partie de sa personnalité ce côté naïf. Et rien que pour ça, les gens l’adorent « C’est trop mignon, il est adorable ! » :zany_face:

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Qui a justement interprété vocalement Superman/Clark dans le récent dessin animé.

Toi aussi ?

Disons que je n’ai pas plus envie de le voir que ça … mais ces avis contraires m’intriguent, ouais

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Au moins James Gunn aura eu raison en disant que son film allait diviser.

J’attends le retour de mon fils du centre de snu pour aller voir ce film avec lui.

Alors que ce nombre trois est très présent dans le film.

Et le « Justice Gang ».

Tori.

Résumé

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Bonsoir. Question ras des pâquerettes je m’en excuse.
À vous lire en diagonale je comprends que le film cherche à être « grand public ».
Pour une petite de 8 ans ça le fait ? Pas trop impressionnant ?
Je crains que si quand même.
J’adorerais partager ce centre d’intérêt avec elle au cinéma, mais je suis contre « sauter les étapes » de la maturité envers les œuvres.
Elle a eu peur devant Chihiro il y a 6 mois (strictement rien à voir je sais, mais pour « situer »…)

Disons que ça dépend des enfants et ca dépend de comment on les élève. Ma fille va avoir 12 ans et je ne l’emmènerai pas voir ce film, pour plusieurs raisons et aussi parce que c’est ma fille, la connaissant, elle a ce besoin d’être préparée à ce qu’elle va voir.

Chez Marvel, elle a vu la série MS Marvel, Captain Marvel et voudrait voir The Marvels. Chez DC, elle n’a encore rien vu meme si elle connaît beaucoup des personnages. Les seuls films DC qu’elle pourrait voir seront les Batman de Tim Burton. Mais ce film (le Supermanen question), je préfère largement le regarder avant si ça pourrait lui correspondre.

Sérieusement, tu la connais mieux que moi et tu sais quels films elle pourrait susceptiblement aimer et ceux qu’elle n’a pas aimée et te donner une idée.

De toute façon, nous les parents sommes toujours là pour les accompagner : à toi de voir si voir ce film avec tes commentaires pour la rassurer pourrait l’aider à apprécier ce film. Sinon, lui en parler de ce héros et de ses ennemis pour la préparer à voir ce film. En gros, c’est toi qui prends la décision (avec ton partenaire bien sûr) parce que oui, c’est pour tout public.

Vous en connaissez beaucoup des films qui font l’unanimité ?

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Aucun. :slight_smile:

Le 50/50 promis pour ce film se confirme.
Je ne suis pas surpris que certains membres du forum aient trouvé leur compte dans cette proposition.
J’aurais aimé être l’un d’eux…

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Merci beaucoup pour le temps pour cette réponse précise. Sans doute pas pour cette fois donc.

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Oui ce n’est pas le seul mais le traitement du versant Kent n’est même pas au niveau du minimum syndical, comme tout le reste j’ai envie d’écrire. Le film s’ouvre et se consacre alors qu’au versant Kryptonien (la base, les robots, la vidéo etc) et quand arrive assez tardivement le coté Kent c’est pour le traiter par dessus la jambe. D’une part des dialogues à n’en plus finir pour affirmer bien fort des trucs. Le mantra « c’est punk d’être gentil » est une belle idée mais en dehors du fait que le monde présenté n’a pas l’air si noir et cynique que cela, pourquoi ne pas avoir constamment joué sur l’image et la réalisation comme la scène de la découverte de sa chambre d’ado plutôt que ouatmille dialogue (résonnant d’ailleurs comme un rattrapage post-prod) pour donner plus de corps à cela.

D’autre part la figure du journaliste est inexistante (voire pire) par exemple. Pourquoi Superman n’utilise pas son identité secrète pour débusquer le plan de Luthor au lieu de se rendre (décision qui ne sert strictement à rien) ? Après Il faut dire qu’à ce niveau c’est tout le Daily Planet qui mange, on est dans un film où celui qui résout l’affaire c’est Jimmy Olsen en utilisant son gros objectif.

Si l’idée que je suppute c’est la prise de conscience d’un individu (et au delà tout un ensemble vu qu’on a compris que l’ennemi de Gunn c’est les réseaux sociaux) que la vie c’est pas une leçon apprise sur YouTube mais un lien et une histoire avec les êtres proches, c’est quand même dommage de ne pas traiter tout ce truc dans le film pour arriver sur une scène de fin jolie mais qui arrive comme un cheveu dans la soupe.

C’est mon principal problème avec le film. Débordé, surchargé, Gunn s’est laissé noyé dans le projet (belle mise en abime que la scène de la baston avec le bébé de Métamorpho à ce niveau) et sa mise en scène et sa réalisation, pourtant exemplaire auparavant, n’arrive jamais à m’intéresser à une proposition à laquelle j’aurais pu trouver du charme même en me bousculant dans mes certitudes. « Comment Superman se rend compte qu’il est con et arrête de l’être ? » faut oser le faire. Je peux pas dire que j’apprécie l’idée, je peux dire que je regrette qu’elle ne m’ai jamais convaincu.

Pour moi ce genre d’ouverture c’est très casse-gueule. Ca peut donner quelque chose de très puissant (La guerre des étoiles) ou qui fonctionne bien avec le reste (l’ouverture de Superman Returns) mais généralement c’est aussi un truc à moindre frais pour éviter de réfléchir à rendre crédible par l’image des idées et l’univers de ton film. Ici c’est hyper bancale, j’aime pas le fait qu’on me dire « hé on est dans un monde où il y a plein de gus avec des pouvoirs » parce que dans les faits ca évite d’en voir plein à l’écran et on se contente d’une dizaine de pelos et je trouve ça fainéant comme approche pour une telle production. Par contre j’aime bien l’idée du décompte sur Superman et la chute. C’est un retournement assez bienvenu pour le coup et qui fonctionne bien, une belle relecture de l’ouverture de Superman Returns (dont je me demande de plus en plus s’il n’est pas celui auquel Gunn tente le plus de se confronter ou de s’inspirer)

Alors j’ai peut-être loupé un truc entre les teubés qui filmait des scènes, l’autre qui mangeait son kebab et le décolleté de Cat Grant mais il me semble que le coup des lunettes est validé par la scène entre Loïs et Guy (jolie dialogue, mauvaise mise en scène encore une fois hélas) ? Ou alors j’ai pas compris que c’était un gag.

(en plus j’aime bien l’idée c’est cohérent avec l’idée d’un Superman con qui ne se rend pas compte qu’il torture et qu’il a un problème avec la déontologie journalistique)

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Warning baillement :scream:

J’avais découvert Superman Returns en salle à 7 ans (en ayant déjà vu au moins le film de Donner, peut-être Superman 2 également) auparavant, et ça reste encore un de mes souvenirs de cinéma les plus marquants ! Ce film là est dans la même veine, très familial, pour ma part je n’aurais aucun soucis à le montrer à un enfant dans cette tranche d’âge (mais tout dépend de la sensibilité de l’enfant évidemment)

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