Je me range dans le camp des pour.
J’ai apprécié le fait qu’il n’y ait ni origine ni première mission ni subplot : on fait appel à l’intelligence et à la culture du spectateur, à qui l’on fait confiance pour raccrocher les wagons.
J’ai apprécié l’entrée direct dans l’action (avec un chouette texte de mise en situation), ce qui permet au film de rompre avec la structure en trois actes, en déjouant constamment les attentes : c’est peut-être de là que vient le sentiment, exprimé plus haut, de collages de scènes, mais j’ai trouvé ça plutôt bien joué.
J’ai apprécié le fait que le héros titre s’inscrive dans un univers déjà formé, mais qu’il en demeure à la fois un protagoniste et un enjeu.
Plein d’autres choses, aussi : c’est donnerien sans l’être, plus dans la tonalité, comme le relève Sylvain, que dans la forme, et là encore, tant mieux. Superman en vol est représenté différemment, et je valide.
Lois est très bien, Guy Gardner est super chouette, Mister Terrific est détestable (et comme je ne suis pas fan du personnage…), le groupe de héros dysfonctionnel tourne bien (c’est moins la foire à l’engueulade que dans Les Gardiens, mais après tout, ici, le non-groupe ne tient pas la vedette…) la rédaction du Planet est présente et mise en situation (et, tiens, il y a Ron Troupe : bah ouais, vous voulez des personnages issus des « minorités », fouillez dans les comics).
J’ai quelques petits bémols. Superman est peut-être un peu trop naïf, à la limite de la caractérisation d’un Shazam / Billy Batson, mais ça passe. Les décors sont parfois très chouettes (ah, l’univers de poche, il est génial, que ce soit les singes-bots, la prison, la rivière…) et parfois manquent d’ampleur et de magie (l’appartement, la ferme, et oui, le conflit à la frontière…). Et sans doute que j’aurais aimé un Luthor plus calme et froid, et là, Nicolas Hoult s’inscrit dans le surjeu hackmanien : il le fait bien, ça donne des scènes bien « critique sociale », et ça m’a plu, mais peut-être que j’aurais aimé autre chose.
Je trouve le discours politique discret (parce que place au personnage), mais plutôt bien vu dans la deuxième ère Trump. Bien vu et courageux. J’aime beaucoup la scène avec Pa, qui contourne les clichés précédents (le père, « gros sentimental », qui n’assume pas la réussite de l’éducation prodiguée, mais la fierté qu’il ressent, loin du gentil donneur de leçon à la Glenn Ford ou de l’anxieux qui promeut « à grand pouvoir, grande discrétion » à la Kevin Costner) et qui annonce une scène finale vraiment chouette : l’enfant du droit du sol qui tourne le dos au fils du droit du sang.
Et, ouais, j’adore Krypto.
Pas de longueur, pour moi, de chouettes combats, un héros solaire et positif, de l’humour, des acteurs cools.
Ça, c’est ce que disent les anti-Superman.
Sors du corps de Lord, Lex Luthor, nous t’avons reconnu !
Jim
