Et ben c’est plutôt pas mal, ce très gros lancement de la saga Leviathan de Bendis. Tout n’est pas parfait, mais l’auteur (et ses copains) maîtrise vraiment bien la franchise de l’Homme d’Acier, et le montre ici en organisant un joyeux crossover avec le monde de l’espionnage. Et ça fonctionne.
Alors que Leviathan a anéanti toutes les organisations secrètes de DC, le nouveau « maître » de l’organisation rencontre la cheffe secrète du crime de Metropolis ; pour savoir comment elle, elle s’en prendrait à Superman. L’idée est reprise par Talia, qui enlève Clark Kent plutôt que Lois. Clark se laisse faire, happé par l’idée de faire une « histoire » autour de ça, mais Talia lui met un poitrail en Kryptonite pour affaiblir Superman quand il arrivera ; problème. Lois bat le rappel des alliés, Jimmy Olsen est dans de sales draps en se retrouvant marié après une nuit alcoolisées dans Gorilla City, à une super-voleuse extra-dimensionnelle. Supergirl, elle, se rend compte que sa famille d’adoption a des difficultés, a priori en lien avec l’intrigue principale ; mais la vie conjugale va révéler des secrets que la fille adoptive va avoir du mal à gérer. Clark finit par être aidé, sauvé rapidement, mais le nouveau « maître » s’en prend violemment à Talia… avant que le pire ne se déclenche, directement.
Bon. Brian Bendis et Yanick Paquette gèrent l’histoire principale, avec un passage au début et à la fin ; ça fonctionne bien. La discussion entre le Big Bad et la cheffe criminelle de Metropolis est très bonne, et l’auteur montre encore sa grande maîtrise de la vie criminelle ; ses apports sont excellents. Le sauvetage est trop facile, l’ellipse est mal fichue, mais l’ensemble demeure très dynamique et cohérent. J’aime vraiment ce que fait Bendis de l’univers et des proches de Superman dans Metropolis, et il parvient à bien caractériser ce Leviathan et son nouveau chef. Paquette est impérial comme très souvent, ses planches sont belles et dynamiques ; grande réussite.
Greg Rucka et Mike Perkins livrent un très bon passage sur Lois Lane, qui appelle les héros quand elle s’inquiète ; tout fonctionne. Que ça soit le pourquoi des craintes de Lois, aux petits détails sur sa façon d’agir (paquet de cigarettes et téléphone portable de secours cachés dans des petits pois congelés, pour que Clark ne voit rien), tout est cohérent, pertinent et bien fait. Perkins livre des planches un peu sombres, mais très adaptées à ce segment plus obscur et tendu.
Matt Fraction s’amuse avec Jimmy Olsen en plein hangover, mais ça fonctionne bien. C’est fun, décomplexé, un peu fou, mais rythmé et amusant ; une parenthèse bizarre, mais fun, oui. Et en complète cohérence avec l’historique du personnage. Steve Lieber livre des planches très claires et jolies, très efficaces.
Enfin, Marc Andreyko offre un passage gentillet sur Supergirl, avec des références appuyées aux apports de la série TV, avec notamment ce couple de parents « espions ». Bon, ça se lit bien, les éléments sont bons, les rebondissements aussi ; mais ça ne va pas très loin. Eduardo Pansica a un style clair et joli, mais pas forcément inspirant. Ca fonctionne bien, sans plus.
Un épisode dense et riche, et bien fait ; une jolie réussite, même si la facilité de l’ellipse pour le sauvetage est grande. Je suis emballé, et curieux de la suite :