SUPERSONIC SAUCER (Guy Fergusson)

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REALISATEUR

Guy Fergusson

SCENARISTE

Dallas Bower, d’après une histoire de Frank Wells

DISTRIBUTION

Marcia Monolescue, Gillian Harrison, Fella Edmonds…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : comédie/science-fiction
Année de production : 1956

La Children’s Film Foundation était une organisation à but non lucratif qui a développé, produit et distribué pendant plus de 30 ans de nombreux films familiaux à destination de la jeunesse anglaise. Beaucoup de jeunes talents de la perfide Albion y ont débuté leur carrière (dont un certain Phil Collins qui fit l’acteur en 1967 dans Calamity the Cow) et côté réalisation, un certain Michael Powell (Les Chaussons Rouges, Le Voyeur…) y termina sa carrière en signant en 1972 The Boy who turned yellow.

La plupart des films étaient co-distribués dans les salles de cinéma par la branche anglaise de la Gaumont avant que celle-ci ne ferme ses portes. Ceux-ci dépassaient rarement une durée de 55/60 mn (Supersonic Saucer est l’un des plus courts, puisqu’il ne dure que 50 mn). D’autres étaient découpés en épisodes et projetés sous forme de serials.

Fonctionnant grâce à des subventions, la CFF ne pouvait se permettre de gros budgets, et les tournages étaient le plus souvent mis en boîte en à peine deux semaines. Et quand l’histoire réclamait l’utilisation d’effets spéciaux pratiques et photographiques, ceux-ci étaient le plus souvent rudimentaires.

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C’est le cas de ce Supersonic Saucer sorti de l’imagination de Frank Wells, le fils du célèbre écrivain H.G. Wells. Dans cet E.T. avant l’heure, trois écoliers obligés de rester dans leur pensionnat pendant les vacances scolaires reçoivent la visite d’un minuscule alien venant de la planète Venus. Les enfants se lient d’amitié avec lui et l’appelle Meba. Mais l’homme à tout faire de l’école, membre d’un gang de criminels (!), découvre les pouvoirs de la créature et la kidnappe pour l’apporter à son chef. Les enfants se précipitent alors au secours de leur nouvel ami…

Aussi daté soit-il (et la copie abîmée qui circule sur le net donne l’impression que le film a été tourné 20 ans plus tôt), Supersonic Saucer conserve un certain charme naïf, propre aux films pour enfants de l’époque. Les péripéties de Meba sur Terre sont assez divertissantes, les gags sont certes convenus mais tirent tout de même quelques sourires, les bons sentiments abondent et la morale est sauve. Ca peut sembler ennuyeux, mais dans le contexte de l’époque, ça fonctionne plutôt bien, avec un petit côté guindé très british pas désagréable même si l’ensemble ne vole pas bien haut.

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Quant aux effets spéciaux, comme je le soulignais plus haut, ils sont très rudimentaires. L’extra-terrestre n’est qu’une poupée rigide recouverte d’un linge blanc qui ne laisse apparaître que ses gros yeux qui roulent dans leurs orbites (ce qui nous vaut le gag principal du film, réutilisé à plusieurs reprises). Idée tout de même assez amusante : l’E.T. se transforme lui-même en son propre vaisseau spatial. Mignon dans sa simplicité, même si le rendu à l’écran est (très) loin d’être convaincant…

Même si elle ne tient plus la route à de nombreux niveaux, Supersonic Saucer est une sympathique rareté qui permet de (re)découvrir les recettes bien calibrées de la production anglaise pour la jeunesse d’après-guerre (le premier long métrage de la CFF est sorti en 1947 alors que l’organisation s’appelait encore la Children’s Entertainment Films).