TEXEL (Jean-Yves Delitte)

9782344026472-L

Texel

Quand un corsaire donne ses lettres de noblesse à la Royale

En ces dernières années du XVIIe siècle, la France est en guerre, une fois de plus, une fois encore. Sous le prétexte de renforcer les frontières de son royaume, Louis XIV a fait le choix d’une politique agressive qui a fini par exaspérer les grandes puissances européennes qui se sont liguées. Malheureusement, pour l’impétueux Roi Soleil, le conflit s’enlise et la situation devient embarrassante. Famines et épidémies se succèdent. Pis encore : on spécule sur les prix du blé et on met à mal l’économie du pays qui doit déjà supporter le coût de la guerre. Un véritable héros va alors éviter le naufrage : Jean Bart. Il était corsaire, le voilà maintenant officier de la Royale et l’un de ses plus mémorables faits d’armes reste à écrire. Il se déroulera en juin 1694 au large des côtes de la Hollande, à hauteur de l’île de Texel.

Onzième livraison de la newsletter de Glénat consacrée à la période du confinement, ouvrant ses colonnes cette fois-ci à Jean-Yves Delitte :

LE CONFINEMENT VU PAR Jean-Yves DELITTE et Jean-Benoît HÉRON.

Nous vous partageons les nouvelles que Jean-Yves et Jean-Benoît nous ont envoyées de la campagne flamande et de l’île d’Yeu. L’un plus habitué à la face BD et l’autre plus habitué au côté livre se retrouvent sur un projet très " confinement style " puis qu’il s’agira de raconter les sous-marins dans le second opus de la collection " À Bord des " :

Puisque l’heure est aussi au confinement dans le plat pays tant chanté par Brel, je vais également donner des nouvelles pour alimenter la gazette.
Habitant la campagne flamande, j’avoue ne pas ressentir l’étouffement que doit produire les restrictions de mouvements en ville. Certes, l’ambiance comme partout est anxiogène, mais je peux librement sortir de chez moi, profiter du jardin et me balader. Les seuls êtres vivants que je croise, indépendamment des volatiles, sont des ruminants ! Et quand bien même, je viens à croiser fortuitement une autre personne, instinctivement, une distance plus que raisonnable se fait tout en se saluant poliment d’un sourire. Le seul renoncement que je me suis imposé c’est le vélo. Non pas qu’il est interdit, mais le pratiquant de manière sportive sur de longues distances, la crainte de la mauvaise chute, avec les conséquences que l’on peut imaginer dans le contexte particulier, m’impose une prudence excessive. Et faire seulement le tour du village à petite vitesse, en guise de lot de consolation, n’est guère enthousiasmant.
Sinon, pour le quotidien, il faut bien avouer que les journées ne sont pas différentes qu’habituellement, je veux dire qu’avant cette merde (si, si, un peu de vulgarité fait du bien). J’évite seulement d’écouter et de regarder l’actualité. Même s’il faut reconnaître que la situation en Belgique n’est pas celle catastrophique de l’Italie ou même de la France - le système hospitalier, qui comme partout ailleurs a subi, hélas, des restrictions budgétaires, demeure l’un des meilleurs au monde –, le petit royaume compte aussi ses drames humains. Je sais d’ailleurs que dans les hôpitaux de ma région, il y a plusieurs personnes en soin ! J’ai donc choisi de m’évader par la pensée. Ainsi, les compilations de musiques résonnent plus régulièrement dans la maison. Variétés françaises, pop italienne et new age anglo-saxon se mélangent, le tout saupoudré de quelques morceaux de musique classique avec le curseur du volume déraisonnablement élevé !
Reste donc à espérer que tout cela se termine vite et bien pour tous.
Portez-vous bien et veillez sur les vôtres.
Vive la vie.
Jean-Yves

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L’illustrateur vivant en quasi-confinement la plupart du temps, son quotidien change peu. Il faut conserver la même rigueur dans l’organisation de ses journées. J’ai la chance de travailler dans une grande maison, un grand atelier ouvert sur un grand jardin. La chance de résider à l’île d’Yeu quasiment coupée du reste du monde : l’île n’est plus accessible qu’aux seuls détenteurs d’une carte d’insulaire, de résident permanent. Il faut dire que la capacité de l’hôpital local se limite à 17 lits et qu’il n’y a pas de structure d’assistance respiratoire ou autre : les malades nécessitant des soins intensifs seront évacués sur le continent. On est un peu dans une espèce de bulle et, après 10 jours quasiment, nous connaîtrons désormais sous peu l’état sanitaire des 7000 personnes présentes sur l’île - 5000 résidents permanents et environ 2000 " estivants " ayant une résidence secondaire et venus sur l’île avant sa mise sous quarantaine -.
Heureusement, j’ai une charge de travail pour assez de temps je l’espère, et compatible avec mon stock de couleurs, de pinceaux et de papier.
Je suis plutôt inquiet pour le relevé de droits d’auteurs du premier semestre 2020, je ne m’attends pas à de grands miracles. Ajoutez à cela les ventes de produits dérivés que j’ai développées en partenariat avec divers fabricants de produits de Carteriez, de produits textiles ou autres supports : leur chiffre d’affaire du premier semestre sera lui aussi quasiment nul… Les conséquences économiques de cette épidémie ne se feront sentir pour moi et mes confrères que dans six à huit mois…
En attendant, je continue mon travail sur le deuxième ouvrage de la nouvelle collection " À Bord " avec Jean-Yves Delitte qui sera consacré aux sous-marins. C’est un peu dans l’air du temps, de parler de lieux de confinement (sic). (La sortie du premier volume a été décalée à des jours meilleurs), je travaille aux illustrations d’un ouvrage sur les sites Vauban inscrits au Patrimoine mondial de l’Humanité. Ces deux ouvrages à paraître… euh… nous verrons bien. Et heureusement pour ma trésorerie à court terme, il me reste deux belles commandes fermes pour deux institutionnels.
Bon courage à toute l’équipe Glénat and keep safe !
Jean-Benoît

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