THE EVIL CLERGYMAN (Charles Band)

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REALISATEUR

Charles Band

SCENARISTE

Dennis Paoli, d’après la nouvelle de H.P. Lovecraft

DISTRIBUTION

Barbara Crampton, Jeffrey Combs, David Warner, David Gale, Una Brandon-Jones.

INFOS

Court-métrage américain/italien
Genre : horreur
Année de production : 1988

Un narrateur mystérieux. Une mansarde dans une vieille maison. Un étrange objet qu’il ne faut toucher sous aucun prétexte. Des présences fantomatiques, dont celle du pasteur maudit qui donne son titre à l’histoire. Une fin ambigüe…

The Evil Clergyman (Le Clergyman maudit pour la version française) est l’une des nouvelles les moins connues de l’écrivain H.P. Lovecraft. Publiée à titre posthume dans le pulp Weird Tales, puis compilée dans l’anthologie Dagon, elle échappe aux tentatives de la résumer de par sa nature surréelle et confuse…un fragment d’un rêve à demi-oublié…il s’agit d’ailleurs d’un rêve que Lovecraft raconta dans une lettre adressée à son correspondant Bernard Austin Dwyer juste avant sa mort.

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6 pages…une narration un brin confuse…drôle de choix pour une transposition cinématographique. Et pourtant, lorsque le réalisateur/scénariste/producteur Charles Band se lance dans le développement du film anthologique Pulse Pounders en 1987, il décide que l’un des trois segments de 30 minutes sera consacré à une nouvelle (libre) adaptation d’une oeuvre de Lovecraft, après les bons résultats obtenus par Re-Animator et From Beyond - Aux portes de l’au-delà de Stuart Gordon. Il demande alors au collaborateur régulier de Stuart Gordon, le scénariste Dennis Paoli, de reprendre la trame de l’histoire courte…et de l’épicer un peu (beaucoup).

Le narrateur sans nom devient donc une jeune femme (interprétée par Barbara Crampton), qui visite la demeure de son amant décédé, un pasteur (Jeffrey “Herbert West” Combs) qui n’était, comme le titre l’indique, pas d’une nature très vertueuse. Au cours de cette nuit cauchemardesque, elle sera abordée par l’esprit de son maléfique amoureux, par l’esprit de l’une de ses victimes (apparition saisissante de David Warner) et par une étrange créature…car il y a des rats dans les murs…

The Evil Clergyman est une lente descente dans la folie, correctement réalisée malgré un rythme parfois un peu poussif (Charles Band n’est pas Stuart Gordon…et il n’a jamais vraiment été un très bon metteur en scène…mais il fait tout de même ici un bon usage des ombres et de l’espace réduit à sa disposition) et ponctuée de visions bizarres et cauchemardesques qui culminent en un final troublant.
Du côté des acteurs, les trois membres masculins de la distribution volent la vedette à Barbara Crampton : la prestation de Jeffrey Combs est un joli moment de séduction perverse, David Warner livre une composition frénétique et voir David Gale (le Dr Carl Hill dans Re-Animator), engoncé dans un costume de rat créé par le spécialiste des effets spéciaux John Carl Buechler, débiter des obscénités en faisant grincer ses dents de rongeur et se précipiter pour renifler les fesses de la très jolie Barbara Crampton est un savoureux moment de cinéma bis.

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Plus haut, j’ai mentionné l’anthologie Pulse Pounders qui devait être composée de trois parties : The Evil Clergyman et des chapitres “intermédiaires” des films Trancers et The Dungeonmaster. Les trois segments furent tournés…mais Pulse Pounders n’est en fait jamais sorti, puisque le long métrage fut pris dans les remous qui ont suivi la fermeture de Empire Pictures, le premier studio de Charles Band alors en pleine débâcle financière (mais Band s’est vite remis en selle en créant par la suite Full Moon Pictures).

Pulse Pounders fut considéré comme perdu…jusqu’à ce qu’une copie de travail soit retrouvée dans les années 2000. Au lieu de reprendre le film sous la forme prévue à l’origine, Band préféra restaurer chaque partie et les sortir séparément en vidéo…car après tout, il n’y a pas de petits profits…