THE FLASH #750-762 (Joshua Williamson / collectif)

Je me suis enfilé quelques épisodes de Flash depuis le Year one.

Je dois dire que cette série est excellente à suivre mensuellement alors que j’avais peu d’intérêt à la suivre en TPB. Je la trouvais ennuyeuse sous cette forme.

Etrange, non?

Joshua Williamson est peut-être un auteur qui maîtrise l’aspect feuilletonnant du médium.
Ca devient une rareté.

J’ai lu le run en cours de notre ami Williamson soit près de cent épisodes (très bientôt finalement si on compte les annuals).

Williamson n’est sûrement pas Morrison mais son travail mérite d’être mis en lumière. Au delà de la simple durée, c’est le run le plus long depuis Rebirth puisqu’il a dépassé Tom King laissé sur le bord de la route.

Williamson établit un canevas qu’il va tisser jusqu’à aujourd’hui. On peut se demander d’ailleurs si Paradox, le grand méchant temporel tapis dans l’ombre depuis de nombreux numéros, ne pourrait pas être son final. Mais non, le numéro 750 montre qu’il en a encore sous pied et qu’il finalisera le retour de la Flash Family à travers toutes les ages. Je crois qu’il bouclera son run à son moment là en espérant qu’il restera chez DC Comics.

Mais revenons au début. Williamson reprend le bolide écarlate (j’adore cette trad) au moment de Rebirth. Souvenez-vous, Geoff Johns, autre auteur ayant oeuvré sur Flash et pas qu’un peu (gros run sur Wally West, retour d’entre les morts de Barry Allen et Flashpoint), ramenait après cinq ans de tricotage insupportables le VRAI Wally West. Parce qu’il y a Wally (adulte) et Wallace (un jeune métis)… mais Joshua Williamson est un bon élève et doit se dire « à chaque connerie, sa solution »…

Bref, il prend les rênes de Barry Allen qui retrouve Wally West revenu de cette nébuleuse. Après le numéro introductif (avec en guest-star Batman qui nous amènera au « Bouton » si vous vous souvenez bien), un éclair crée des semblables à Flash. Barry se prend au jeu et on comprend que JW souhaite travailler sur la passation, l’instruction et le passage de témoin. Même si ce sont des inconnus, Barry prend plaisir et retrouve un certain sens à sa vie de Héros, ce fameux espoir (Hope) que nous verrons écrire des millards de fois dans les bulles de pensées de Barry Allen.

Barry trouve un semblant d’équilibre entre son boulot de jour à la Police scientifique et sa vocation suite à la sortie de son père de prison. Même Iris trouve de la place et un ami revient du passé, un certain August… touché par cette foudre et que l’on retrouve 90 épisodes après dans l’arc actuel.

Et c’est ça qui me plaît dans le run de Williamson. C’est qu’il valorise son lecteur fidèle en lui sifflant dans le creux de l’oreille qu’il a bien fait de prendre son titre depuis le début. Ce genre d’attention, malgré les parasites éditoriaux (j’y reviendrais), montre la qualité de l’auteur à savoir qu’il sait respecter son lecteur.

Le run de JW peut être décomposé en deux temps. La première partie s’étale jusqu’au numéro 50 et « Flash War ». Durant cette cinquantaine d’épisodes, avec en partenaire privilégié un Carmine Di Giandomenico inspiré et au bon endroit, Barry va s’entourer et comprendre que les choses changent et doivent changer. Il n’est pas seul mais il reste ce personnage maladroit aussi bien dans les sentiments que dans sa façon de faire.

Il se fera berné par August aka Godspeed, se fera prendre au piège par la Speed force et devra remettre de l’ordre dans sa famille. Les deux Wally et Wallace sentent qu’ils ne sont pas à leurs places. Barry a beau de démener mais c’est trop fort. « Flash War » met en péril l’amitié entre Wally et Barry car Wally comprend ce qu’il ne va pas, ce qu’il lui manque : sa famille, ses enfants et sa femme.

J’ouvre une parenthèse mais je pense relire « Heroes in Crisis » de Tom King, que je n’ai personnellement pas apprécié. Toute la trame de JW sur Wally amène à Sanctuary et je tends à mieux comprendre la suite dans ce contexte. Je pense même que HiC peut être une bonne histoire finalement.

Le numéro 50, avec Howard Porter, confirme le retour d’Impulse, coincé lui aussi dans la Speed Force et permet à Bendis de lancer son électrique Young Justice!
Si l’on compte le nombre de bolides en course à cet épisode milestone, 75% de la chaine est au départ de la course qui annonce deux évènements : le Year one et l’épisode 750.

Après le départ de Giandomenico, JW doit respecter certaines contraintes éditoriales assez nazes, que sont les nouvelles forces révélées lors de New Justice. Il est intéressant de voir que Snyder s’y intéresse peu dans son titre phare…
C’est l’occasion pour le scénariste de créer de nouveaux personnages porteurs des forces, elles-mêmes liées à la Speed Force. Cette partie de son run n’est pas forcément la plus prenante mais le job est fait et surtout en arrière-plan, il prépare le retour des Rogues (défaits une première fois dans les épisodes précédents) up-gradés par l’offre de Luthor mais négociée par Snart aka Captain Cold.

Cette partie met aussi en valeur un personnage malheureusement parti, Commander Cold, venant du 25ème siècle, etc… Il aidera beaucoup Barry en tant que Back-up et partenaire. Il ne survivra pas à l’attaque des Lascars et à la machination de Snart.
Le duo Iris (elle aussi bien mis en avant mais un peu chiante quand même) - Commander Cold fonctionnera bien au soutien de Barry et de ses amis bolides.
Rafa Sandoval devient l’artiste premier de cette seconde partie avec ses défauts mais aussi une élégance plus classique.

Le Year one (épisodes 70 à 75) permet à JW de souffler et surtout de se faire plaisir. je l’avais pris en single à l’époque et la relecture n’en a été que meilleure.
JW retravaille l’affrontement « Tortue/Flash », annonce le « Paradox » (arc en cours) et remet un peu d’ordre entre les Wally et Wallace. L’arc est dessiné par Howard Porter qui est vraiment né pour raconter ce personnage. Il dessinera l’arc entier et d’autres encore.
Le graphisme de la série est très inégal en raison du défaut principal de la qualité, la bimensualité. La première partie est criante tant que Di Giandomenico propose un style caractéristique. A côté, les Neil Googe et cie font tâche et surtout casse la continuité graphique. Et malheureusement pour JW, il n’a pas le droit au casting demandé par Tom King entre Janin, Finch, Jones, Fornes, Weeks (mon amour) et compagnie.
Il se consolera avec les pièces dessinées par Kolins et Porter, qui deviendra plus présent. Mais la partie graphique du titre aura mis à mal la bonne tenue du run et ne l’aura pas aussi bien mis en valeur.

Et voilà que l’on arrive à l’épisode coup de coeur de cette année, Flash 750. Premièrement, c’est un beau nombre. Il est même sympa de voir que personne n’a remplacé Barry (oh artifice éditorial combien utilisé ces dernières années…) et que le run de JW perdure. Flash doit faire face à Paradox dont les premières apparitions datent des épilogues de Flash War et compagnie, vu dans Year one, etc…

En définitive, je le répète, JW n’est pas Morrison et n’a pas le pédigree pour emmener Flash dans l’impossible éditorial. Mais je dois reconnaître que son run a de quoi plaire sur le long terme. L’écriture est nerveuse, il se passe toujours des choses en arrière plan, etc… Peut-être un personnage mériterait d’être mis en valeur, c’est le père de Barry très vite oublié finalement ou mis de côté.

Les méchants reviennent toujours plus forts, la Speed force est menacée, la Prison d’ Iron Heights sera toujours reconstruite toute les 25 épisodes… Ce n’est pas le run du siècle mais le lire est un plaisir.

Que JW reste le plus longtemps possible, avec un trio de dessinateurs pour assurer la partie graphique.

Et juste une chose Joshua, n’hésitez pas à prendre le temps de produire un petit one-shot par-ci, par-là car à force, vous n’aurez plus de gomme en dessous de vos baskets! :wink:

Je n’ai pas tout lu, mais je te rejoins : Joshua Williamson et Flash, c’est une rencontre qui fonctionne.
Loin des grands anciens comme Mark Waid ou Geoff Johns, Williamson s’approprie complètement le personnage. Son amour pour Barry Allen transpire, ainsi que son envie de bien faire… et il y arrive, finalement, en réussissant à réunir les influences et périodes du Scarlet Speedster ( :stuck_out_tongue: ) avec talent et émotion.

Certainement le run long le plus sincère, le plus cohérent, le plus pertinent et le plus agréable sur un personnage DC depuis… le Batman de Grant Morrison.

J’ai suivi le run de Williamson en single et je serais pas aussi positif sur les qualités de son run.

Alors déjà je suis pas un grand fan de Barry mais je pense que ce que m’a montré ce run c’est qu’il est difficile d’en faire un personnage vraiment intéressant. Je m’explique.

Barry c’est un speedster fondateur, il a eu son lot de drama avec son procès, la mort de sa femme etc mais depuis Geoff Johns il n’est plus défini que par la mort de sa mère et n’est que dans la pénitence.

Williamson a essayé de secouer ça avec son très bon passage parasité par la négative speedforce mais ça n’a accouché de rien.

C’est mon plus gros problème avec ce run. L’auteur a de très bonnes idées mais cela accouche toujours de souris. Je pense à Cold qui devient le caid de Iron Heigths, je pense à Raijin, je pense aux voleurs de forces. Beaucoup d’essais et beaucoup d’échecs.

Je salue les efforts mais je ne peux que constater qu’il ne sait pas faire vivre la ville et les personnages secondaires de son univers. Je trouve tous les speedster qui l’accompagnent interchangeable et sans personnalité.

Je trouve aussi le traitement des vilains peut satisfaisant que ce soient les anciens comme les Rogues qui font du surplace (retour au statuquo de Buccellato avec des pouvoirs) ou les nouveaux ratés comme Bloodwork.

Pour moi son run est vraiment en dents de scie. Il y’a de très bon moments comme le year one, l’arc avec Zoom, le retour du Trickster mais malgré 100 numéro je trouve toujours que son univers manque d’identité et je le déplore. Je ne suis pas attaché à Barry, je ne crois pas à son couple avec Iris ni à son lien avec les Wally. Je ne sens pas que je lis un héros, je n’ai pas de frisson à le voir accomplir ses histoires pourtant les bases sont là et je ne me l’explique pas.

Je suis conscient que c’est un avis tout personnel et un constat un peu amère pour un univers que pourtant j’aime beaucoup.

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THE FLASH #753

Written by: Joshua Williamson.

Art by: Howard Porter.

Covers by: Howard Porter, Jung-Geun Yoon.

Description: In this « Flash Age » interlude, the Fastest Man Alive must find the Reverse-Flash to stop Paradox’s annihilation of the Flash legacy. But catching a time-traveler is extremely difficult, and the Flash’s quest to find Eobard Thawne takes him to tragic moments in time he never thought he’d have to revisit.

Pages: 32.

Price: $3.99.

Available: May 5.

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Source : www.comicscontinuum.com

Bon, je n’ai pas suivi la série Flash depuis un moment, j’ai uniquement pris et apprécié le Year One. Mais je profite de ce #753 pour jeter un oeil, avec la preview qui évoquait « The Many Deaths of Eobard Thawne ». J’espérais ainsi une sorte de one-shot revenant sur Reverse Flash, ses morts et résurrections.
Bon. Ben c’est pas le cas.
Joshua Williamson survole fort joyeusement cette thématique, en actant que oui Eobard Thawne meurt très souvent et revient toujours ; mais c’est comme ça ! Le personnage lui-même ne sait pas, et s’en fiche, il profite pour s’en prendre à Barry Allen, qui l’a rejeté en découvrant que Eobard, qui l’idéalisait dans le futur, trafiquait ses pseudo interventions héroïques. On a donc la suite de la saga sur le nouveau super-vilain Paradox, qui veut anéantir l’héritage Flash en créant plein de paradoxes (haha) temporels, en tuant Barry à plusieurs époques. Il utilise pour ça Godspeed comme « moyen de transport temporel ». Barry, lui, tente de retrouver Reverse Flash car il est « le seul » à pouvoir stopper Paradox. Barry visite d’abord le 25e siècle, ravagé par Paradox, puis le passé où il est sûr de trouver Thawne… au moment où sa mère est tuée. Barry prend sur lui, ne fait rien pour éviter un deuxième Flashpoint, et Thawne finit par proposer un team-up pour stopper Paradox.
Bon, c’est sympa’. Je prends le train en cours de route, mais Joshua Williamson fait comprendre ce qu’il se passe. Barry est bien caractérisé, son moment « déchirant » est sobre et efficace, et Thawne est une raclure souvent fun à lire. Mais il ne se passe finalement pas grand-chose, hormis le cliffhanger un peu évident.
Howard Porter et Brandon Peterson se partagent les dessins, c’est plutôt joli et efficace. Le premier est sobre et appliqué, le deuxième moins froid et lisse que d’habitude.
Un numéro efficace, au coeur du story-arc. Mais un peu une publicité mensongère dans sa preview. :smiley:

Je n’ai pas été dithyrambique sur le run mais je m’interroge toujours de lire un auteur resté sur près de cent épisodes. ca me rappelle le très sous-estimé Robert Venditti sur Green Lantern qui est resté 97 épisodes!

Ce n’est pas le même personnage, le même décor mais son run était apprécie sans être génial. Aussi il n’a pas révolutionné le personnage et Dieu merci. Il l’a juste bien compris et s’est attardé sur de bonnes histoires.

J’ai l’impression que ce type d’auteur (même si Venditti n’est pas du tout Williamson) est toujours rangé au second rang. Je vais cibler Geoff Johns en particulier qui devait avoir un boulot de dingue mais les deux cités ne sont jamais en retard. Les deux cités ne font pas dans le sensationnel (je relis le run de Johns sur JSA et c’est vrai que c’est triste sur le fond).

Et le run Josh Williamson est comparable à celui de Geoff Johns, qui aura écrit aussi les deux personnages contemporains de Flash. En termes de plaisir de lecture, je suis impressionné par le rythme mis par Williamson, ça bouge tout le temps, il se passe des événements à chaque épisode et ce deux fois par mois. Je le répète mais c’est à prendre en compte à son crédit et au discrédit du titre par sa qualité graphique inégale.

Tu évoques beaucoup d’essais (on se rejoint sur ce point) et beaucoup d’échecs. C’est là que je nuancerais et c’est même là que j’aime le run. JW n’essaie pas de laisser une trace (un peu comme Snyder sur Batman) mais il veut laisser un bon souvenir en mettant en avant un bolide qui recherche sa place de tuteur.

En fait, JW n’a pas d’égo et ça me plait. C’est un peu l’anti Geoff Johns (je trouve qu’il y a toujours de la rage dans le travail de Geoff Johns sauf dans Justice League) et montre, comme Venditti, qu’il n’a pas de besoin vital à tout chambouler pour revenir au point de départ (dans la majorité des intrigues au long cours, c’est ça).

J’apprécie le run et un peu comme Venditti, il arrive à bien incorporer les contraintes des events ou des grosses sagas. Il est bon cet auteur.

Put$in, quand même.

Il a eu le handicap de suivre Geoff Johns.
Qui, on aime ou non, a marqué la franchise sur beaucoup d’aspects.

Je vais essayer, un jour, de relire et lire tout Venditti sur Green Lantern.
Déjà parce que son run sur Hawkman me plaît, donc j’aurais un autre a priori que de voir celui qui « suit » Johns (je n’ai pas tout aimé sur GL, mais bon je me disais « déjà » que ça serait sûrement moins bien, presque par principe).
Ensuite parce que, a posteriori, Venditti a subi énormément de changements éditoriaux. La période DC YOU, la relance Rebirth qui cependant a apporté sa meilleure période du titre.
Alors qu’il gère si bien la saga The Infected/Batman Who Laughs dans Hawkman, je suis curieux de voir si ça fonctionne aussi sur GL.

C’est vrai.
Mais il va, à mon niveau, marquer Flash. Je n’ai pas « suivi » les runs de Waid et Johns sur Flash, j’ai lu « en live » les dix derniers numéros VO de Johns sur Flash mais pas plus. Je rattrape en VF avec Geoff Johns présente Flash, mais ce n’est pas « suivre » un run qui se construit devant nous.
C’est le cas pour Joshua Williamson. Qui réussit à donner du sens, de la cohérence, du dynamisme et des éléments pertinents à Flash, qui n’a pas été vraiment « pris » ou développé depuis des années.

La période New 52 était jolie par Manapul, sans plus. Le reste est anecdotique.
Même avant : Flash Rebirth par Geoff Johns et Ethan Van Sciver ne m’a laissé qu’un « gros bof » en souvenir, et les premiers épisodes de Johns ne sont pas enthousiasmants. Flashpoint est cool, mais comme Age of Apocalypse l’était ; parce que j’adore les univers changés.

Pour moi, Joshua Williamson est le premier auteur depuis la fin du run de Geoff Johns sur Wally à s’approprier le personnage, à bien l’animer et l’utiliser, en comprenant Flash et son univers (souvenons-nous de Marc Guggenheim et ses Rogues qui tuent Bart Allen).
Et ça fait plaisir.

Qu’il laisse une belle trace, en effet. Je pense toujours qu’un auteur qui se fait plaisir nous fait plaisir.

Mais de là à atteindre le « niveau » de Waid dans le coeur des « suiveurs » de Flash, c’est impossible, je pense.

Un épisode typique! Mais ça remue dans tous les sens, voyage dans le temps, la scène devant la maison familiale, Paradox qui ne nourrit. On est loin des monoscènes de Tom King!

Notamment parce que la nostalgie, le côté Madeleine de Proust et « le charme de la première fois » (dans le sens où Mark Waid a posé les jalons et bases de tout ce qu’est Flash maintenant) font beaucoup pour cela.
Au-delà de l’immense qualité du run de Mark Waid (que j’ai trop peu lu, d’ailleurs), il y a aussi cet aspect nostalgique qui va jouer.

L’aspect nostalgique ne marchera que sur une certaine génération de lecteurs. Or, il y a des lecteurs qui connaissent Flash depuis au moins quinze ans avant l’arrivée de Waid. Genre, moi. Et quand je regarde le public qui vient assister à mes conférences (même si j’en fais un peu moins qu’avant), je suis loin d’être le seul. Il y a ce que j’appelle une « génération Strange », qui a bien connu Flash, avant Crisis.
Rajoutons à cela le fait que la nostalgie marcherait bien mieux s’il s’agissait de Wally West, l’adulte hanté par le souvenir du mentor, qui parvient à une certaine rédemption auprès de Linda, qui acquiert lentement un sens de la responsabilité à la hauteur de celui de Barry, qui n’est pas criminologue (et qui est plutôt un charmant branleur, en tout cas dans la version Baron / Messner-Loeb à partir de laquelle Waid travaillera). Rien à voir avec Barry. Ceux qui ont connu Flash par le biais de la version Wally ne sont sans doute pas frappé de nostalgie.
En revanche, c’est au niveau du concept de « Bolide » que la nostalgie peut avoir des effets collatéraux. Et c’est là que réside l’essence du travail de Waid. Ce dernier façonne deux aspect du personnage : d’une part le thème de l’héritage et de la lignée (il ne se contente pas d’une « Flash Family » amenée par Crisis on Infinite Earths, il la développe, notamment avec Max Mercury, Impulse, ou encore des ennemis genre Savitar), et d’autre part l’idée géniale de la Speed Force. Autant de personnages et de concepts qui n’étaient pas présentes dans (les diverses incarnations de) la série, et que Waid a apportés (même si certains protagonistes sont des réécritures afin de renforcer la continuité).
C’est en cela que Waid, en dépit des apports de ses deux prédécesseurs et de l’importance sur la durée de Cary Bates pour Barry, s’impose comme l’un des plus importants scénaristes du personnage, toutes incarnations confondues. Waid pour Flash, c’est un peu Claremont pour les X-Men : des personnages, des idées, des intrigues au long cours, qui influenceront durablement le personnage et son mythe.
Regardons maintenant la prestation de Williamson (que je n’ai pas lue en entier, j’ai lâché un peu après les épisodes kiosques d’Urban, un peu après le cross-over avec Batman : je reprendrai, je le sais, j’aime trop le personnage). Retirons les déclinaisons de la Speed Force ou la thématique de la « Flash Family » qui parcourt l’ensemble de ses épisodes. Il ne reste plus grand-chose. Williamson décline les idées de Waid, comme Lobdell et Nicieza ont décliné celles de Claremont.
Cela n’enlève rien à l’énergie de ses récits, à quelques chouettes moments de caractérisation (j’ai beaucoup aimé le duel avec Zoom aux alentours du #25), mais j’ai l’impression de tourner un peu en rond. La figure de Zoom revient sans cesse, et j’ai la sensation de revoir tout le temps les mêmes méchants.
En revanche, il y a une chouette idée qui parcourt l’ensemble de sa prestation, c’est celle d’un Barry Allen dans le rôle de mentor. Ça me plaît parce que ça correspond à l’idée de l’héritage et de la lignée (ça renvoie à la période Infantino du début), c’est un outil dont le scénariste se sert afin de se sortir de la bouillie spatio-dimensionnelle de l’après Nioufiftitou, et c’est également un levier de caractérisation : à partir du moment où il retrouve ses souvenirs du premier Wally, Barry se reconstruit, lentement, mais sûrement, gagnant en confiance qu’il peut ensuite communiquer à ses élèves. Le thème de l’élève apparaît dès le premier récit, et c’est la cheville ouvrière qui articule plein d’autres choses. C’est vraiment la partie intéressante de ses épisodes, et c’est sans doute là que se situe son originalité et sa force, plus que dans sa longévité.

Jim

J’aime beaucoup tes parallèles Waid/Claremont et Williamson/Nicieza-Lobdell.
Notamment parce que j’ai beaucoup aimé Nicieza-Lobdell sur les X-Men. :slight_smile:

à propos du Flash de Waid :

https://www.newsarama.com/50067-the-return-of-barry-allen-cemented-wally-west-as-a-generations-flash.html

Ah mais moi aussi.
Mais là encore, ils ont bénéficié du contexte : ils arrivent après l’intermède des futurs « Image Boys », qui ont tout massacré, et ils parviennent à remettre dans l’ordre dans une série qui perdait toute cohérence. Et en fournissant un matériau assez cohérent par rapport à la proposition de Claremont, ils flattaient dans le sens du poil les lecteurs qui avaient mal vécu le départ du maître.
Il y a sans doute dans la prestation de Williamson sur Flash une parenté. Même si la période entre Waid et lui est plus longue, même si on a changé de personnage dans le costume, on assiste à quelque chose de comparable. En partie à cause de Johns, qui s’est éloigné du caractère souriant des épisodes de Waid en gérant Wally, qui a focalisé l’univers de Barry autour de la mort de sa mère… Bref qui a mis du sombre dans les couleurs. Williamson renoue avec quelque chose d’un peu plus aérien, sans doute bien aidé en cela par certains de ses dessinateurs (même si Kolins ou Porter ont aussi illustré les épisodes de Johns).

Jim

Oui.
Pour poursuivre l’analogie, Nicieza-Lobdell viennent après Jim Lee, Whilce Portacio et (aussi) John Byrne… alors que Joshua Williamson vient après le New 52, qui n’a pas forcément massacré le personnage mais n’en a rien fait.
Or, Geoff Johns n’était pas non plus parvenu à refaire quelque chose de Barry Allen. Déjà, parce qu’il n’est pas resté forcément longtemps dessus (douze épisodes, de mémoire, de la série post Flash Rebirth, mini-série vaine et lourde). Ensuite, parce que je pense sincèrement que Geoff Johns savait écrire Wally mais n’a pas de « prise » pour écrire Barry.

Joshua Williamson a la même démarche que Nicieza-Lobdell, en rappelant les grandes influences nées du run de Mark Waid, en réutilisant les mêmes éléments généraux mais en les appliquant à Barry.
C’est déjà en soi « neuf », car le personnage est mine de rien cadré et lancé pour la première fois depuis Crisis on Infinite Earths. Et c’est pertinent aussi, notamment sur cet aspect de mentor que tu évoques.
Wally avait eu ça au fil du temps, avec Impulse, en lien avec Max Mercury et Jay Garrick. Mais il était également mentor d’Impulse (bien que les relations soient difficiles), mais aussi Jesse Quick et même, finalement, de Kyle Rayner, moins expérimenté que lui.
Barry trouve ça ici dès le début, avec Godspeed, la tempête de Speed Force, puis toutes les suites. Et Williamson adapte intelligemment tous les thèmes, l’aura, la mythologie de la Speed Force à Barry. La Speed Force a été décrite et forgée autour de Wally, un type « pas scientifique » mais qui a quelques notions de son oncle. Là, on l’adapte à un scientifique curieux.

Certes, Joshua Williamson n’apporte finalement pas grand-chose… hormis, peut-être, ce qui me plaît souvent le plus dans mes lectures mainstream.
Cohérence et inventivité dans la réutilisation des concepts appliqués à d’autres personnages jusque-là.

D’autant que, je le répète, Williamson est le premier depuis 1986 à réussir à caractériser, cadrer et animer Barry Allen.
Je n’étais pas né la dernière fois que le personnage a bénéficié de ça.
(je n’évoque pas les retours sous Waid et Johns, qui servaient surtout Wally)

Sur ce dernier point, je suis en accord avec toi. Là encore, c’est plus dû, selon moi, au fait que le retour de Barry s’est fait sur un caprice nostalgique de Johns (et sans doute Didio), et que depuis lors, personne n’a su qu’en faire, à part rajouter du drame au drame. Flash: Rebirth, c’est 2009. Ça fait donc un peu plus de dix ans que l’éditeur et les auteurs successifs ont du mal à trouver le ton juste. Williamson y parvient, notamment en renouant avec le thème du mentor et de ses élèves. C’est effectivement pas si mal. Même si c’est souvent répétitif et si j’aimerais voir des menaces un peu plus originales de temps en temps.

Jim

Je pense plus Dan Didio, persuadé que les super-héros du Silver Age sont les seuls qui intéressent les lecteurs.
J’ai du mal à croire que Geoff Johns, qui a tellement oeuvré sur Wally et a livré des épisodes qui confirment sa glorification de « Best Flash Ever », ait une vraie passion pour Barry Allen.

La suite démontre effectivement qu’il ne sait pas quoi en faire.
Didio aura quand même bien foutu la merde.

Jim