THE HIDEOUS SUN DEMON (Robert Clarke & Tom Boutross)

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REALISATEUR

Robert Clarke & Tom Boutross

SCENARISTES

E.S. Seeley Jr et Doane R. Hoag, d’après une idée de Robert Clarke et Phil Hiner

DISTRIBUTION

Robert Clarke, Nan Peterson, Patricia Manning…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur/science-fiction
Année de production : 1959

Inconnu du grand public, le comédien Robert Clarke était dans les années 50/60 une figure récurrente de la série B U.S. Les fantasticophiles ont pu le voir dans des films aux titres qui font rêver, comme L’Homme de la Planète X, Beyond the Time Barrier ou encore The Astounding She-Monster, avant que le bonhomme ne se vautre dans le Z dans la dernière partie de sa carrière.
En 1959, Robert Clarke décide de profiter de sa petite notoriété dans le genre pour se lancer dans la réalisation (et ce sera d’ailleurs sa première et dernière tentative). The Hideous Sun Demon sera tourné de manière indépendante : Clarke livre l’idée du film, le produit, le co-réalise (avec l’aide de son monteur Tom Boutross) et se réserve le rôle principal, celui d’un savant qui, suite à une irradiation accidentelle, se transforme en un hideux monstre reptilien lorsqu’il s’expose aux rayons du soleil (non, ce n’est pas une publicité contre les dangers du bronzage).

Tous les clichés du film de monstres des fifties répondent à l’appel, des dangers du nucléaire à la romance impossible en passant par l’habituel charabia pseudo-scientifique. Là où The Hideous Sun Demon arrive à se démarquer et à trouver son identité, c’est par le traitement du personnage principal, créature maudite qui n’est pas sans évoquer la tradition des grands monstres de la Universal (à la Loup-Garou) tout en jouant sur un schéma que ne manqueront pas d’utiliser les comics de la décennie suivante (il y a du Bruce Banner et du Curt Connors…normal quand on ressemble à un lézard, me direz-vous…dans le destin du héros). Clarke réserve quelques instants mélancoliques dans la première partie du métrage, quand le Dr McKenna se voit contraint de se calfeutrer dans sa villa du bord de mer pour échapper au soleil, dans une solitude qu’il ne pourra finalement pas supporter…

Malgré les bonnes intentions, l’amateurisme du traitement ne parvient pas vraiment à élever le niveau du film. Tourné les week-ends sur une période de trois mois, The Hideous Sun Demon est en grande partie joué par des acteurs non-professionnels (c’est moins cher), dont des élèves d’une école de cinéma et des membres de la famille de Robert Clarke, et ca se ressent, en particulier la sculpturale blonde Nan Peterson, atroce comédienne (au regard tellement vide que j’ai cru qu’elle jouait une aveugle pendant sa première scène) mais comme c’est surtout son décolleté affriolant qui attire l’atention (en même temps, c’est pour ça qu’elle a été engagée). Les décors sont de plus assez pauvres, les bagarres sont ridicules et mal chorégraphiées et la réalisation ne mégote pas sur les plans biscornus.

Mais, et ce bien que le long métrage souffre d’un ventre creux où l’ennui commence à montrer le bout de vilain nez, Robert Clarke tire tout de même de temps à autre son épingle du jeu.
Le maquillage est plutôt convaincant pour une production aussi fauchée, l’aspect horrifique des scènes-clés, comme celle de la cave, est déterminant pour la tragédie que vit le personnage et la course poursuite finale est assez efficace dans son genre…et tant mieux, parce que ça devenait bien mollasson, cette affaire !