THE MANHATTAN PROJECTS #1-24 (Jonathan Hickman/Nick Pitarra)

Bizarre : c’est la seule où il parvient à donner un semblant de vie à ses personnages. Y aurait-il un lien ?

Jim

D’ailleurs, c’est une des seules séries qu’il écrit sur le mode Marvel rendu célèbre par Stan Lee (c.a.d. une à deux pages pour chaque numéro).

Et ensuite, il dialogue quand les planches arrivent ?
Ah tiens !
(Bizarre, ça me “rings a bell” quelque part dans la tête, peut-être que quelqu’un me l’a déjà dit.)
Que je l’aie su ou pas, d’ailleurs, peu importe : le résultat, c’est un truc plus déconnant, avec des dialogues plus vivants, plus d’humour et de cynisme, moins de voix off pesante… J’en ai lu une dizaine d’épisodes (donc là aussi, je suis un peu en retard), mais j’ai trouvé ça pas mal, même si parfois j’ai le sentiment que ça ne va nulle part.
Mais j’aime bien.

Jim

[quote=“Jim Lainé”]Et ensuite, il dialogue quand les planches arrivent ?
Ah tiens ![/quote]

Je ne sais pas, mais j’imagine que oui.

[quote](Bizarre, ça me “rings a bell” quelque part dans la tête, peut-être que quelqu’un me l’a déjà dit.)
Que je l’aie su ou pas, d’ailleurs, peu importe : le résultat, c’est un truc plus déconnant, avec des dialogues plus vivants, plus d’humour et de cynisme, moins de voix off pesante… J’en ai lu une dizaine d’épisodes (donc là aussi, je suis un peu en retard), mais j’ai trouvé ça pas mal, même si parfois j’ai le sentiment que ça ne va nulle part.
Mais j’aime bien.[/quote]

Oui, c’est une bonne série, plus sous forme d’une récréation pour Hickman. Résultat, je réitère qu’il est bien plus sympa quand il n’imagine pas des grands plans, quand il ne s’embourbe pas dans ses gros schémas où il floute la moitié des enjeux pour donner un sens cryptique au tout. D’ailleurs, sa dernière année sur Fantastique Four et FF est bien plus vivante que tout ce qu’il a fait avant (comme si il voulait prouver que tout ce qu’on lui reprochait précédemment était infondé). A l’inverse, sa première année sur Avengers est plus lisible parce que la grande machinerie infinity ne se révèle que très tard. Donc, il prend le temps de intéresser aux personnages, à Mme Univers, à la relation Thor/Hyperion, etc… Mais après, on le perd très rapidement.

[quote]The Manhattan Projects #22
Story by Jonathan Hickman
Art by Nick Pitarra
Colors by Jordie Bellaire
Publisher Image Comics
Cover Price: $3.50
Release Date Wed, July 30th, 2014
“VECTORS” From the smoking ruins of Los Alamos, a new day begins for the revamped Manhattan Projects. Who stays, who goes…who goes away forever? The thrilling FEEL GOOD, BAD SCIENCE series continues in THE MANHATTAN PROJECTS #22: VECTORS.[/quote]

Source: www.comicbookresources.com

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[quote]The Manhattan Projects #23
Story by Jonathan Hickman
Art by Nick Pitarra
Colors by Jordie Bellaire
Cover by Nick Pitarra
Publisher Image Comics
Cover Price: $3.50
Release Date Wed, August 27th, 2014
MATURE READERS ONLY
"COLD WAR CRISIS" With the world split in two, and President Kennedy’s back against the wall, the only hope for the planet lies deep underground in Los Alamos. The thrilling FEEL GOOD, BAD SCIENCE series continues in THE MANHATTAN PROJECTS #23: COLD WAR CRISIS.[/quote]

http://imageshack.com/a/img539/9485/qaPWrF.jpg

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http://imageshack.com/a/img540/6866/cB3ukd.jpg

Source: www.comicbookresources.com

[quote]The Manhattan Projects #24
Story by Jonathan Hickman
Art by Nick Pitarra
Cover by Nick Pitarra
Publisher Image Comics
Cover Price: $3.50
Release Date Wed, October 8th, 2014
“TEXAS ROULETTE” In the wake of the disastrous resolution to the Cuban Missile Crisis, the scientists of the Manhattan Projects are forced to choose sides between the country they love and the people they love the most…themselves.[/quote]

Source: www.comicbookresources.com

Annoncé en conclusion de The Manhattan Projects #25 par Jonathan Hickman lui-même, la série va prendre des vacances et reviendra en mars 2015 avec la promesse d’un changement majeur, notamment au niveau du format.

[quote] The book and team will be on hiatus until March when Manhattan Projects will return with a few, but rather significant, changes.

Nick and I always knew that when the comic got to a certain point we would be changing format, as Manhattan Projects was always intended to eventually be a book where we could tell any kind of story — in any genre — we wanted. We were also aware that doing so would mean that we would be changing the entire structure of the book. Gone will be the sprawling ensemble narrative that moves each individual character’s story incrementally along, and replacing that will be tight arcs focusing on a single (or few) characters.[/quote]

Je viens de rattraper mon retard cet après-midi sur Manhattan Projects et c’est quand même vachement sympa. Un thème majeur (parmi les réguliers de l’auteur comme la multiplicité, l’élévation, etc.) se précise et sous-tend, consciemment ou non, la série: celui de la substitution. Très tôt, on apprenait que Georges Oppenheimer était en fait Joseph, le frère. Ensuite, c’était Einstein qui était remplacé par un double parallèle; la résurrection de Harry Daghlian; puis le faux Fermi, envahisseur extra-terrestre. Même Feynman se montre plus intéressé par le reflet/double qui lui sourit dans le miroir que par ce qui se passe devant ses yeux.
Dans le récit orchestré par Jon Hickman et Nick Pitarra, les personnages se substituent à eux-mêmes. C’est d’autant plus malin que les deux auteurs ré-imaginent l’Histoire avec un grand H. Ils racontent donc une histoire qui dévie de l’Histoire à cause des actions de plusieurs simulacres. Comment pourrait-il en être autrement ?
Au final, le seul qui pourrait se révéler comme honnête, c’est Werner Von Braun qui n’a fait que troquer “la cause”. Ironiquement, c’est sûrement pour cette raison que cet ancien Nazi est aussi le seul à faire un sacrifice héroïque (deux fois!) au court de la série.

Bref, c’est toujours très chouette à suivre, très drôle et grinçant (grince-dent même), voire sale gosse cra-cra parfois. Les intrigues avancent rapidement grâce à une écriture done-in-one qui bénéficie largement de l’insensibilité dont les personnages font preuve (ce qui permet de vite les faire se tirer dans les pattes et de surprendre bien plus lorsqu’ils décident de s’entraider).
J’y vois presque une manière pour Hickman de se tourner en dérision lui-même à travers toutes ces sociétés secrètes, ces Illuminatis qui se tapent dessus comme dans un Celebrity Death Match des années 40 tout en brossant un portrait au vitriole du pouvoir (chaque président étant plus barré que le précédent).