THE OA (Saisons 1-2)

Prairie Johnson réapparaît après sept ans d’absence. Disparue subitement, l’enfant était aveugle ; à son retour, elle ne l’est plus. Qu’a-t-il bien pu lui arriver ? C’est ce que vont tâcher de découvrir son entourage, la science et même le FBI.

La bande-annonce :

youtube.com/watch?v=5oDrs_TN8cs

Bah, c’est Mojo, pardi !

Un pitch intrigant.

Je me suis laissé tenter par le long (1 h 10) premier épisode de “The OA”, et si mon sentiment est quand même globalement mitigé (vous allez voir, je me mouille pas beaucoup sur ce coup :wink: ), l’enthousiasme remporte la mise sur la fin.
Drôle de série, qui marche en permanence sur des oeufs mais dont les prises de risque finissent par séduire…

Je connais de Zal Batmanglij le long-métrage qui l’a révélé, “Sound of my Voice”, drame intimiste sur fond d’apocalypse SF, de sectes et de vrai/faux prophète. Doté de solides atouts (notamment cette mise en scène très maîtrisé dans le genre “indé à l’américaine”, produisant certes quelques nouveaux clichés mais aussi de beaux plans à la pelle), le film décevait au final à force de trop tirer à la ligne (le syndrome "scénar’ de moyen métrage étiré sur le format long). Il y avait quand même une scène bien bluffante sur la fin, je m’en souviens très bien.
Je ne me suis par contre pas donné la peine de regarder “The East”, son deuxième long, qui n’a pas soulevé l’enthousiasme des foules à ce que j’ai capté.

Il s’associe ici à Brit Marling, son actrice fétiche (déjà dans “Sound of my Voice” et par ailleurs scénariste/productrice), pour pondre une série au pitch intrigant : pourquoi pas.
Le pitch intrigant de la série, s’il a son importance (y compris allégorique), pour le premier épisode il ne concerne finalement que les 5 premières minutes. Passé ce point, entre séquences cotonneuses et léthargiques et fulgurantes accélérations et changements de braquet, la série se met à ne plus ressembler à rien de connu. On pense quand même un peu à “Lost”, pour le mélange SF ambigüe/fantasy assumée, avec une pincée en plus du feeling indie évoqué plus haut, propre au cinéma et à la sensibilité de Batmanglij (qui signe tous les épisodes de la saison à la mise en scène).

Il y a beaucoup de choses intéressantes dans cette variation sur le teen-movie spleenesque (qui a connu de beaux fleurons ces dernières années, comme “The Myth of the American Sleepover” par exemple) ; a-t-on souvent vu des portraits de grosse brute du lycée fouillés et complexes, par exemple ? Pas souvent. Quelques séquences surprennent dans le bon sens (l’attaque du chien), mais il plane sur l’ensemble, malgré tout le savoir-faire déployé, un désagréable arrière-goût d’absence de cohérence, d’unité. Le story-telling se fait à l’occasion hasardeux, navigue un peu à vue. On perd le focus en quelque sorte, la série cherchant trop à affirmer sa “différence”, à ce qu’il semble…

Et puis dans la dernière ligne droite, un quart d’heure avant la fin, les auteurs semblent se dire que quitte à faire dans l’originalité autant maximiser ses effets ; c’est là que l’épisode devient carrément “what-the-fuck”. Le générique se met soudain à défiler (55 mn après le début, donc…), et le récit change brusquement de cadre, et même de genre, dans une enfilade de séquences aussi outrées que finalement impactantes… avant une fin en queue de poisson, qui sent un peu la précipitation.

Eh ben : à défaut d’autres choses, la série peut se targuer d’être surprenante. Elle l’est même dans son format d’ailleurs : certains épisodes de la saison ne feront que 30 mn, d’autres 1 heure… Je dois dire que ce format “asymétrique” me plaît bien, c’est le signe que les séries sont en train de se défaire (trèèèès lentement) du formatage télévisuel.
“The OA” est tellement pas dans les canons télévisuels habituels qu’elle en devient presque automatiquement séduisante, malgré des défauts flagrants ; bien malin par contre qui peut dire à ce stade si la suite sera à la hauteur de cette intrigante promesse ou sombrera dans le trop-plein d’étrangeté pré-fabriquée ; l’une comme l’autre des options sont possibles.

C est clair que cette série se veut differente mais en même temps, elle ne m a jamais accrochée vraiment… sur ce 1er episode

“L’accroche” n’est pas le point fort de la série ; ce que je vois ne me déplaît pas et les thématiques m’intéressent mais je constate que je patine au niveau de l’épisode 4, sans que le “manque” ne se fasse trop ressentir pour autant.

Série renouvelée pour une seconde saison.

youtube.com/watch?v=jGmWHVXJqTs

Evoquée par un forumer dans la sujet sur “Iron Fist”, j’ai voulu découvrir cette série et j’ai regardé les deux premiers épisodes hier.

C’est effectivement très déroutant : le récit part dans plein de directions sans qu’on puisse deviner laquelle va être privilégiée (portrait d’une banlieue inquiétante derrière son apparence banale, aventure fantastique d’une jeune femme, histoire d’un groupe de désoeuvrés envoûtés par cette revenante…). L’ambiance prime clairement sur l’efficacité et le rythme, mais c’est quand même très intrigant, on ne décroche pas parce qu’on a envie de savoir. De ce point de vue, c’est très abouti puisqu’on s’identifie au groupe qui veut lui aussi connaître la vérité sur l’héroïne. On sent aussi une réelle ambition formelle, avec le format long du pilote, la photo soignée.

Le deuxième épisode reprend dans la même veine mais s’achève sur une note plus convenue avec un personnage de faux bon samaritain. La chute laisse deviner le traitement qu’a subi l’héroïne, son rapport avec Homer, tout ce qui tourne autour des E.M.I. … Pour un peu, c’est la douche froide, mais j’ai le sentiment que, dans cette production qui ne se donne pas facilement, la suite ne peut pas être aussi prévisible.

J’apprends, dans le post de Photonik, que la durée des épisodes est très variable, ce qui contribue à ma curiosité et renforce mes espérances sur le potentiel de la série. L’autre atout étant Brit Marling, vraiment investie dans le projet, et qui est remarquable dans son rôle, dont elle fait ressentir le mystère et le malaise.

J’ai aussi pensé à Paul Auster (un des mes romanciers préférés) en regardant ça, une histoire à tiroirs, bizarre, sinueuse et captivante. Bref, je conseille, même s’il faut être ouvert à l’expérience.

Bel objet. Tu devrais apprécier toute la saison.
Dingue comme on se découvre des goûts communs quand on ne parle pas de Bendis. :wink:

Tiens, vos posts me font penser que j’ai toujours pas fini la saison…
Faut que je reprenne ça, quand même. Ne serait-ce que pour l’originalité de cette tentative.

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J’apprends, dans le post de Photonik, que la durée des épisodes est très variable, ce qui contribue à ma curiosité et renforce mes espérances sur le potentiel de la série. [/quote]

Alors au final, le premier épisode fait 1 h 10, et un autre (le sixième, je crois) ne fait que trente minutes. Tous les autres font 1 heure, grosso merdo. Encore plus de variété dans le format, j’aurais bien aimé.

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L’autre atout étant Brit Marling, vraiment investie dans le projet, et qui est remarquable dans son rôle, dont elle fait ressentir le mystère et le malaise.[/quote]

Ha, si tu aimes cette actrice et le travail de Zal Batmanglij, tu devrais tenter “Sound Of My Voice” : co-écrit par les deux compères, c’est le premier long de Batmanglij. Inabouti mais pas inintéressant.

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J’ai aussi pensé à Paul Auster (un des mes romanciers préférés) en regardant ça, une histoire à tiroirs, bizarre, sinueuse et captivante. [/quote]

Un parallèle intéressant, je trouve aussi qu’il y a de ça.

[quote=“sylvain cordurié”]Bel objet. Tu devrais apprécier toute la saison.
Dingue comme on se découvre des goûts communs quand on ne parle pas de Bendis. :wink:[/quote]

C’est le secret des soirées de l’ambassadeur : ne pas évoquer Bendis :mrgreen: !

Bon, hier, je n’ai eu le temps que de voir un seul épisode, le troisième. C’est plus classique (l’héroïne fait connaissance avec ses co-détenus, tente de se débarrasser de son geôlier, le cliffhanger est prévisible), mais la magie opère toujours malgré tout.
En fait, tout repose sur la narration : l’héroïne (nous) raconte une/son histoire comme on lit un conte à des enfants (c’est d’ailleurs un conte sur l’enfance), et c’est assez efficacement développé pour qu’on n’ait pas envie d’en rester là. L’atmosphère, à la fois oppressante et lancinante, participe énormément au charme de l’entreprise : mine de rien, ce qui arrive à Prairie est terrifiant, mais la manière dont elle le relate est envoûtante.
Et, bien entendu, on veut savoir comment elle a retrouvé la vue, ce que signifie ces marques entrevues dans son dos, et désormais le sort qui attend ses co-détenus.

@Photonik : dès que j’ai fini de regarder cette saison, je vais m’intéresser à l’oeuvre de Brit Marling. J’ai commencé à aller à chercher quelques infos sur sa filmo et j’ai repéré quelques trucs alléchants.

Vu le 4ème épisode hier soir : ça avance toujours lentement, mais sûrement, en se concentrant sur la détention des quatre cobayes. C’est l’occasion pour Emory Cohen (je me suis alors rappelé l’avoir remarqué dans “The Place beyond the pines” de Derek Cianfrance, où il jouait le fils de Bradley Cooper) de voir son personnage de Homer mis en avant et de découvrir les expériences (abominables mais habilement suggérées) de Abe.
En parallèle, on suit les relations des auditeurs de Prairie (la prof et le deuil de son frère jumeau) et la rencontre de Prairie avec le psy du FBI (là encore, pas du tout ce à qui on s’attend). C’est appréciable que le scénario développe tout ça aussi soigneusement.

A mi-chemin, c’est toujours aussi prenant. Sans grands effets de manche, la série réussit à intriguer et à accrocher sans faillir.

Voilà, ça y est, j’ai fini de regarder la saison 1.

C’est vraiment magistral, original jusqu’au bout, avec cette atmosphère absolument envoûtante sur un rythme qui est lent mais prenant. La densité de l’écriture est remarquable, les auteurs avancent leurs pions minutieusement, déjoue les attentes du spectateur, emprunte à des disciplines diverses (les cinq mouvements sont des chorégraphies dignes de Pina Bausch). Et se permettent même une double fin (d’un côté, tout suggère qu’on a eu affaire à une épatante mystification ; de l’autre, sans spoiler, on a droit à une démonstration des pouvoirs du groupe effective… Qui contredit donc la théorie d’une histoire inventée de toutes pièces).

L’épisode 6, qui ne dure que 30 minutes, ne créé par de rupture car il comporte son lot de surprises. Mais il intervient comme une sorte de respiration avant la dernière partie. C’est très malin.

Un mot des acteurs qui sont tous formidables : Brit Marling a vraiment été une révélation pour moi, je ne la connaissais pas et elle est impressionnante. J’ai retrouvé avec plaisir la trop rare Paz Vega dans le rôle de Renata, la guitariste cubaine, superbe. On sent que tout le casting s’est impliqué dans le projet, leur interprétation est intense.

Je ne sais pas si une saison 2 est prévue, mais il y aurait de quoi faire. En vérité, on n’a pas envie d’en rester là : comme l’audience de Prairie dans la maison abandonnée, on voudrait que l’histoire continue.

Une saison 2 a bel et bien été annoncée par Netflix…

Bonne nouvelle.

Et, motivé, sur tes recommandations, j’ai regardé “Sound of my voice” et j’ai été emballé. Une autre histoire troublante, comme un échauffement à “The OA” : peu de moyens mais beaucoup d’idées, et déjà cette narration en chapitres qui préfigure une série télé, la présence magnétique de Brit Marling dans un rôle ambigu.

Je vais maintenant devoir trouver une copie et du temps pour voir “The East” de Batmanglij avec toujours Marling (le pitch est prometteur).

La bande-annonce de la saison 2 :

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Si j’ai bien compris, Netflix arrête cette série, mais les fans ont lancé une pétition contre cette annulation.

Pour la pétition, tu me l’apprends.
Netflix, je regarde de moins en moins au profit d’Amazon.

Attends … je m’assois !