THE PRISONER #1-4 (Peter Milligan / Corin Lorimer)

Excellent. Je suis justement en train de me refaire la série.

Elle est toujours aussi hypnotisante.

À suivre…

« unless a narrative has an ending, it doesn’t possess any overall meaning. Consider Shakespeare’s Macbeth as it is, and then consider a serialised HBO version that is designed to run, theoretically, until the end of time. The first has powerful human meaning, and talks about how sometimes the decisions we make change everything and cannot be undone. The second is a soap opera, which, with its constant return to an ergodic baseline, is saying pretty much the exact opposite.»

Ça alors ! ? !

Le sens, l acte, la fin. Mais où va t il chercher tout ça ?

Et si pas de fin, pas de sens à l acte et ni tragédie ni héroïsme.

Ne serait ce pas un paradoxe STRUCTUREL pour une histoire de super heros ? Je me demande.

«whereas I think that Number One unmasked is more likely to be our controlling and, some would say, enslaving superego. We may prefer to think that it is an imprisoning doctrine, a government, a religion, a set of laws or our parents that are controlling us and limiting what we can do or be, but I suggest that none of those persons or institutions has ever physically prevented us from doing something that we genuinely wanted or felt compelled to do. »

Antiwoke.

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Mais il me semble que Moore s’est déjà prononcé là-dessus… La référence, c’est la préface qu’il a écrite pour « The Dark Knight Returns » de Miller dans les années 80 (à une époque où il admirait son travail, avant de tacler sévèrement le bonhomme pour ses déclarations publiques quelques 15 ou 20 ans plus tard).
Ce qu’il disait à l’époque, c’est que ce qui manquait à la figure du super-héros pour réellement accéder à une dimension mythique, c’était précisément la fin du récit. Il manque le « Crépuscule des Dieux », en quelque sorte. Ce que Miller, précisément, proposait avec « TDKR », avant finalement d’annuler sa propre proposition en lui donnant une suite.
J’imagine que c’est justement ce que Moore avait à l’esprit en proposant « Twilight Of The Super-Heroes » à DC, à l’échelle de leur univers fictionnel tout entier.

Oh il a commencé à le tacler dès Sin City, qu’il qualifiait, pour faire court, de fantasme pour adolescents.

Jim

Tout a fait.

Ce qui m a fait plusieurs fois dire que Moore malgré le fait qu il soit l un des grands scénaristes du genre super héroïque, ne le comprend pas, puisqu il ne considère le à suivre que comme un défaut de structure et non une structure propre.

Mais si j ai extrait ce passage, c est qu’il y a les éléments de structure que j avais isolé dans une discussion récente et surtout le lien entre sens/meaning et fin ainsi qu entre sens et acte/décision.

Discussion que tu as suivi, j espère.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’a jamais repris de série mensuelle (je ne compte pas ses ABC, qui sont clairement pensés avec un fin, même si ça ne se voit pas au début) après Swamp Thing.

Jim

C est possible que cela soit ça, en effet.

Et pourtant swampthing c est un.masterclass d écriture à suivre, avec chaque fois un changement de statut quo qui relance l.intérêt tout en intégrant la continuité avec un sens qui en est modifié.

D’ailleurs, petite réflexion en passant, pour illustrer que les problématiques du à suivre sont au cœur du final crisis de morrison.

« one day you’re going to die, you probably won’t enjoy it and then you’ll be dead forever after — and that this formulation of the human experience inevitably casts it as a tragedy. If, however, we conceive of space/time as Einstein’s “block universe,” then all our narratives become exactly that: narratives, with a beginning, a middle, and a conclusion. Narratives that exist forever in a continuum where time is a solid, just as a book or a film or a piece of recorded music hypothetically exists forever, and which hold a meaning that can be endlessly reconsidered and re-evaluated and enjoyed. »

La réflexion de Moore sur la mort est assez rigolote : la mort, celle du sujet, fixe le sens de sa vie en lui donnant une fin. Ce n’est pas sans rappeler la bd des freres Moon et Ba, Daytripper, dans laquelle on suivait la vie de quelqu’un, vie qui changeait de sens (dont le sens de ses amours) en fonction que changeait la date de sa mort.

Si Moore ne le dit pas, puisqu’il pense qu’un temps solide suffit à faire exister nos histoires à jamais, quelque chose manque pour que nos histoires, nos vies aient à jamais un sens : un lecteur.

Pas de sens de nos vies, transformées ici en narration, sans un lecteur. Au passage, c’est là la fonction du grand Autre chez Lacan, la fonction qui garantie le sens de nos paroles. Passons. Il y a donc un lecteur implicite chez Moore, Moore est croyant et son Dieu est une lecteur qui semble prendre son pied à lire nos vies qui ont une fin. Moore nous explique donc que l’on meurt afin de faire de bonnes histoires pour Dieu.

Fort bien.

Mais est ce que tout cette construction ne nous rappelle pas quelque chose ?

Dans Final Crisis, où apparaît l’image de la pierre tombale avec inscrit un « à suivre » dessus, il y a un lecteur. Des lecteurs même : les monitors.

Les Monitors ont été créés par les fictions pour avoir un lecteur : infectés nous dit morrison.

Et c’est bien les lecteurs/Monitors qui sont à l’origine des crisis (de la continuité) parce qu’ils cherchent à fixer une fin/sens aux histoires qu’ils lisent.

Or cette fin, c’est bien ce que les super héros (à suivre) tentent de repousser et ils n’y arriveront que lorsque les Monitors (lecteurs qui garantissent le sens) s’effaceront d’eux même pour enfin laisser le « à suivre » (sans sens) vivre sa vie. De là à considerer que Morrison nous dit que, nous, lecteur, devrions arrêter de lire des super héros, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement.

Multiversity, quant à lui, nous montre ce qui prend la place du lecteur/Monitor qu’il n’y a plus (ou comme disait Lacan le grand Autre qui n’existe pas) et nous narre ce qui arrive lorsque les histoires super héroïques n’ont plus de sens : à savoir qu’elles sont attaquées cette fois par le non sens.

voili voilou.

Tu bosses pas toi, aujourd’hui, hein ?

Sourire

Non en effet, et si, d’ailleurs, faut que je finisse de ranger les courses, occupation que j’ai du arrêter pour écrire cette bafouille.

Qu’il maîtrise et qu’il apprécie, ce n’est pas pareil.

Jim

Non j’en ai bien peur, sinon je pense que je m’en souviendrais.

Ça commence là.

Courage

Sourire

Ha ha ! Bon, ça va occuper mon dimanche.

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Je suis sûr que tu as des choses biens plus intéressantes à faire.

Jim

Et le suivant aussi.

Ha ha ha ! Ouais, ça a l’air long.