THE TOWN THAT DREADED SUNDOWN (Alfonso Gomez-Rejon)

[quote]DATE DE SORTIE PREVUE

16 octobre 2014 (USA)
Indéterminée (France)

REALISATEUR

Alfonso Gomez-Rejon

SCENARISTE

Roberto Aguirre-Sacasa

DISTRIBUTION

Addison Timlin, Gary Cole, Spencer Treat Clark, Joshua Leonard…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Année de production : 2014

SYNOPSIS

65 ans après qu’un serial-killer masqué ait terrorisé la petite ville de Texarkana, les “meurtres du clair de lune”, comme ils ont été appelés, recommencent. Sont-ils l’oeuvre d’un imitateur ou de quelque chose d’encore plus sinistre ? [/quote]

La bande-annonce :

Après avoir été omniprésent jusqu’à la nausée (les “Final Scream” et autres merdasses du même niveau), le slasher a été étonnamment discret ces dernières années, un peu supplanté par le survival (lui-même essoré jusqu’à la corde) puis le home-invasion. Rien à se mettre sous la dent depuis le très beau “All The Boys Love Mandy Lane”, pour ainsi dire…
Celui-là me tente bien, même s’il est produit par le mec de “Paranormal Activity” (pas vraiment bon signe, ça, même si le bonhomme laisse les coudées franches à ses réals). Le trailer comprend quelques plans qui ont de la gueule et de jolies idées, tout en lorgnant comme de juste vers son glorieux ancêtre le giallo. Je croise les doigts !

Je note également la présence au scénario de Roberto Aguirre-Sacasa, dramaturge de formation et scénariste de comics, qui m’épate en ce moment avec son Afterlife With Archie, où il fait preuve d’une grande compréhension des genres (zombie, teen humor, bientôt univers lovecraftien…) et des mécanismes des fictions populaires. Il est assez doué également pour la peinture des microcosmes s’agitant dans les petites villes (c’est un imaginaire en soi, et ça couvre les mêmes sphères géographiques et culturelles que les slashers…). Donc dans l’exercice, il peut livrer des choses intéressantes.

Jim

Ah tiens, je ne le connaissais pas ce mec. Intéressant qu’il se colle au slasher, en effet…
Le slasher, j’en suis fou perso : je ne sais pas résister à un bon whodunit, et les thématiques sous-jacentes inhéretes au genre me passionnent, depuis ses glorieux ancêtres “Psychose” et “Le Voyeur”, en passant par le giallo italien dont je suis un inconditionnel (je posterai d’ailleurs d’ici peu je pense un texte un peu fouillé que j’ai consacré à la question récemment, si ça intéresse quelqu’un).
Mais force est de reconnaître que le genre slasher-movie a accouché d’un nombre relativement restreint de perles pour un nombre incalculable de films tout juste sympas malgré leur réputation parfois flatteuse.

Oh, je pense qu’il y des a des gens ici que ça va intéresser… :wink:

J’en prends note. :wink:
C’est un texte assez long, mais complet sur la question du coup, je crois. J’en suis plutôt content. Je l’ai écrit pour le compte de la revue basque Hau dont j’ai parlé ici ou là.
Pour ce que ça intéresse, donc, voici une intervention portant sur le sujet signée Jocelyn Manchec, intervenant spécialiste (entre autres) du genre, réalisée dans le cadre d’une soirée “giallo” que j’ai organisée pour le compte de la revue, où nous avons aussi pu voir l’excellent et bizarre “L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps” de Cattet et Forzani. C’est là :
hau.eklablog.com/complements-internet-2-p817718

EDIT : je viens de me rendre compte que j’avais déjà posté ce lien sur le thread consacré à “L’Etrange Couleur…”. Bon, j’imagine que ça ne peut pas faire de mal. :wink:

Ah tiens ?
Il a bossé sur pas mal de comics chez Marvel, il était notamment aux commandes de la série Marvel Knights 4, qui abritait une version “vie domestique” du quatuor, version défrayant la chronique à l’époque parce qu’elle était supposée, pendant un temps, remplacer le run de Waid et Wieringo au cœur de la série régulière. Sous le tollé (justifié) des fans, Marvel avait monté une série parallèle, qui était franchement pas mal, en soi. Le premier arc pose des trucs qui sont assez évidents, enfonçant des portes ouvertes et refaisant avec les personnages des choses déjà faites, mais sur l’ensemble du run, il y a une sensibilité intéressante.

Ce qui est intéressant, c’est que ce mec, qui vient du théâtre (et dont la trajectoire a croisé indirectement celle d’Ostrander, la troupe du Steppenwolf Theater, dans laquelle Ostrander a fait ses débuts, ayant joué l’une de ses pièces), est intéressé par l’imaginaire populaire, pas seulement au niveau du fond (le mythe du héros, la petite ville comme métaphore de l’Amérique…), mais aussi par les structures narratives. Et ça, on le sent bien dans Afterlife with Archie, où il gère bien le côté “infection au sein d’un groupe social”.

Oui, c’est ce qui me fait dresser l’oreille. Je me dis que ça peut être l’occasion de bons portraits, de bons dialogues…

Après, il a déjà tâté du cinéma puisqu’il a écrit le scénario de la version récente de Carrie. Je ne l’ai pas vue, je ne sais pas ce qu’il faut en penser, mais ça peut donner une idée sur la manière dont il s’en sort.

Jim

Il a fait aussi, entre autres, le Angel avec Adam Pollina, le Nightcrawler avec Darrick Robertson et du Sensationnal Spider-Man avec Medina (à l’époque de Civil War).

Ah oui je le remets, mais je ne crois pas avoir lu tous ces trucs. Son travail sur les FF a récemment été réédité en version cartonnée en kiosque.

Tu confonds pas avec SPIDER-MAN & FANTASTIC FOUR ?

Euh…oui, je confonds avec ça, en effet.
Je me rappelle sûrement avoir vu le travail de Roberto Aguirre-Sacasa en librairie, alors.

[quote=“Photonik”]
Je me rappelle sûrement avoir vu le travail de Roberto Aguirre-Sacasa en librairie, alors.[/quote]

Ouaip, dans la collection Graphic Novel, celle qui coupait les planches au cutter ! :mrgreen:
france-comics.com/article.ph … ticle=2274

C’est bien ça.

En fait, tu n’étais pas loin. Les premiers Marvel Knights 4 avaient été réédités dans le mag Marvel Best-Sellers, juste avant que celui-ci ne devienne le cartonné Marvel Collector.

Bon, j’ai vu le bestiau. Même s’il y a des éléments intéressants là-dedans, ça reste quand même une déception, d’autant plus frustrante que le film fait illusion pendant les deux premiers actes…

A l’origine, il y a un authentique fait-divers, datant de 1946, impliquant un serial-killer sévissant à Texarkana, une ville à cheval entre les deux états dont son nom est la contraction (donc deux shérifs, deux maires, etc…). Un tueur jamais identifié.
En 1976, un film s’inspire des faits en question, c’est le slasher “The Town that dreaded sundown” premier du nom, signé par un réalisateur haut en couleurs, Charles B. Pierce. Je pensais que le film était une référence pour les seuls spécialistes de genre (qui sont effectivement les seuls à l’avoir vu…), mais il semblerait que le film, un peu “expérimental”, soit un peu plus que ça. Et n’oublions qu’il vient avant “Halloween” ou “Vendredi 13”…

En 2013, voilà que cette suite / remake du film originel est mise en chantier avec des noms intéressants au générique. Avec cette espèce de mille-feuilles de couches de “narrations” (fictive ou factuelle), il y avait de quoi se pencher sur le côté méta que le genre se trimballe désormais quasi obligatoirement pour tenter de rester intéressant. Assez client du procédé, je demandais à voir.
Et dans un premier temps, le film est convaincant, essentiellement du fait de la mise en scène, impressionnante de virtuosité (le premier plan du film est tout simplement époustouflant…) et d’ingéniosité (puisque le réal’ parvient à trouver des trucs de mise en scène pour suggérer les “emboîtements” de niveau de réalité, notamment des jeux de reflets et de surcadrages bien pensés). Complètement bluffant dans un premier temps, le cinéaste en vient hélas à en faire un peu trop par moments, avec quelques mouvements d’appareil ostentatoires pas forcément appelés par le récit, et surtout des effets de montage très “cut” (avec des gros “fwooooosh” sonores amplifiés par le mixage, vous voyez le genre, j’ai horreur de ça) et assez ringards. L’impression positive domine néanmoins, avec d’autres plans-séquences de dingos par la suite, ou de chouettes idées tout simplement bien exécutées (la course-poursuite dans le champ de blé)…

Et puis dans son dernier acte, le film s’écroule complètement, le script échouant à capitaliser sur le côté méta pourtant mis en avant dès l’ouverture (brillante) du film, et se rabattant sur un déroulement de slasher assez bateau (avec ce vieux truc bien réac que le tueur est probablement de la famille du tueur précédent…cet argument couillon n’est jamais battu en brèche par le film, à aucun moment), et pour la révélation finale, une tambouille un peu opportuniste sur les classiques du genre :

le tueur est en fait deux personnes, classique depuis Mario Bava, et en plus l’un des deux est censé être mort au début du métrage mais c’est une feinte. On s’est pas foulés la rate, les mecs !!

La mise en scène elle-même, décidément au diapason du script, semble perdre de sa puissance et se fait plus banale, moins flamboyante, dans ce troisième acte aux allures de bérézina (le final étant plombé par une voix off d’une platitude monumentale, cerise sur le gâteau).

Quel dommage, au final. Déception à la hauteur du potentiel, énorme, entrevu.