THE WRESTLER (Darren Aronofsky)

Un film magnifique avec Mickey Rourke!!!

En gros c’est l’histoire de la déchéance d’un catcheur hasbeen qui vit pour son métier (le catch) plus que tout même plus que sa propre vie.

Vraiment émouvant, parfois drôle, l’ensemble est génial!!!

Un film a voir au moins une fois (même pour ceux qui n’aiment pas le catch)…

PS: la carrière du catcheur dont il est question dans le film peut être mise en rapport avec celle de l’acteur Mickey Rourke, qui encore il y a peu était considéré par ses pairs comme hasbeen. Ce film nous prouve qu’ils ont tort!!!

Je viens de le voir et je suis assez mitigé. Je ne comprend pas pourquoi ce film peut avoir un tel succès critique alors que d’autres films tout aussi bons passent inaperçus. A autant me rabacher que Rourke est exceptionnel et que le film est génial, je m’attendais sans doute à mieux.

Rourke est pourtant impeccable, l’univers du catch américain est bien retranscrit (les drogues, le public peu nombreux mais fidèle, les cachets minables, les blessures…) et le film montre que derrière ces géants musclés invincibles se cachent des êtres qui souffrent physiquement et se donnent à 100% pour leur passion. C’est très sympa de voir des organisations indépendantes comme ROH (Ring of Honor) et CZW dans le film aussi, franchement de ce point de vue, ça respire l’authenticité, le catch US ne se résume pas au cirque médiatique de la WWE et de ses bénéfices records.

Donc oui, The Wrestler est un bon film, mais voir Rourke remporte peut etre un Oscar pour ça me rend un peu perplexe. Ce film est à voir mais il restera un film honnête, loin d’être exceptionnel. Il s’agit d’un bel hommage à ce sport, mais autant regarder du vrai catch et se mater de vieilles vidéos de l’ECW en fait :wink:

Autant j’avais été considérablement déçu par The Fountain et autant j’avais trouvé médiocre Black Swan, autant j’attendais impatiemment son The Wolverine. Encore plus maintenant qu’un internaute a trouvé un synopsis d’une quinzaine de pages et dévoilé au compte-gouttes quelques infos alléchantes…

[quote]Aronofsky took the Wolverine character and threw him into REAL 80s Tokyo.

He smokes, tortures Yakuza, has sex with women in alleys and penthouses, chugs Saki and fights many, many, MANY ninja.[/quote]

[quote]It makes Wolverine’s nature a mystery to all the other players, something that only works because he’s the only non-human in the show.

The word “mutant” is never even mentioned in it.[/quote]

SPOILERS CONCERNANT NOTAMMENT LA FIN

En ce qui concerne son RoboCop, il a acheté les droits d’adaptation du roman Machine Man (apparemment, l’histoire d’un humain se cybernétisant progressivement - aucun rapport avec le personnage Marvel, donc), vraisemblablement pour pouvoir recycler les idées qu’il avait concernant RoboCop.

Très intéressant, cette approche pour “The Wolverine”, un peu l’antithèse de “X-Men Origins : Wolverine” qui cherchait par tous les moyens à raccrocher les wagons avec la franchise “mère”…

En ce qui concerne “Machine Man”, je m’étais fait la même réflexion. Il faut savoir que Aronofsky de son propre aveu a été littéralement obsédé par le cinéma de Shynia Tsukamoto, étant évident que la thématique du corps poussé au-delà de ses limites (pour se sentir vivant) a des résonnances chez les deux cinéastes. On souligne trop peu par exemple à quel point “Requiem for a Dream” doit beaucoup à “Tokyo Fist” (qui a aussi inspiré en partie “Fight Club”, mais ça c’est une autre histoire…).

Pour ma part je suis fan de tous les films d’Aronofsy (y compris “The Fountain”), avec un faible pour “The Wrestler” peut-être…

Certes, Tokyo Fist est sorti un an avant la parution du roman Fight Club. Mais je trouve que les deux films adoptent chacun une approche différente (à partir d’un pitch similaire, en effet) : Tokyo Fist privilégie l’aspect charnel, la mutation des corps, … tandis que Fight Club s’attache plus à l’aspect politique découlant du récit.

Personnellement, The Wrestler a “perdu des points” en ce qui me concerne à cause de l’'emprunt appuyé (pour ne pas employer un autre terme…) du style des frères Dardenne, de l’aspect émotionnel parfois faiblard (la fille du catcheur…) et du parallélisme christique lourdingue et à côté de la plaque du protagoniste.

Quant à Black Swan, j’ai déjà écrit ce que j’en pensais ailleurs…

[quote=“Tony Smart”]

Certes, Tokyo Fist est sorti un an avant la parution du roman Fight Club. Mais je trouve que les deux films adoptent chacun une approche différente (à partir d’un pitch similaire, en effet) : Tokyo Fist privilégie l’aspect charnel, la mutation des corps, … tandis que Fight Club s’attache plus à l’aspect politique découlant du récit.

Tu n’as pas tort sur la différence de portée des sous-textes respectifs des deux films. A noter que Fincher a précisé (je crois que c’est Dionnet qui éclaircissait ce point dans le DVD de “Tokyo Fist”) qu’il ne connaissait pas Tsukamoto : c’est Palhaniuk (j’suis pas sûr pour l’orthographe…) qui connaissait et s’en est partiellement inspiré pour le roman.

Personnellement, The Wrestler a “perdu des points” en ce qui me concerne à cause de l’'emprunt appuyé (pour ne pas employer un autre terme…) du style des frères Dardenne, de l’aspect émotionnel parfois faiblard (la fille du catcheur…) et du parallélisme christique lourdingue et à côté de la plaque du protagoniste. [/quote]

Je relativiserais le point formel que tu évoques : Maryse Alberti, la chef-op’ du film, est en grande partie responsable de ce parti-pris “documentaire” (pour le dire vite). Française, elle exerce dans ce style depuis des années aux Etats-Unis, et si elle connaît sûrement le travail des frères Dardenne, en ce qui concerne le côté “repompe” que tu évoques, j’ai quelques doutes… D’autre part, si je suis un admirateur des films des Dardenne, il faut quand même reconnaître qu’ils ne sont pas les inventeurs de cette approche “docu” de la fiction. On pourrait sinon dire aussi que Aronofsky pille Rossellini à ce compte-là (bon, j’exagère mais je suis sûr que tu vois ce que je veux dire)…

Source

Source

Non, en effet.

OK, je ne savais pas que Aronofsky s’était prononcé sur le sujet. On comprend du coup qu’il ait fait appel à Maryse Alberti.

Je tiens quand même à préciser que même s’il reconnaît l’influence que tu évoques, pour connaître à la fois le travail des Dardenne et celui d’Aronofsky, je ne trouve en rien que “The Wrestler” souffre de cette “ombre portée”.
Il y a une notion fondamentale dans le cinéma des Dardenne qu’on ne retrouve pas à mon avis chez Aronofsky (y compris dans “The Wrestler”), c’est l’unité d’effet recherchée : pour le dire vite, “une idée, un plan”. Aronofsky n’en est pas à ce degré d’épure… Son cinéma est donc à mon sens suffisamment différent de celui des Dardenne pour avoir sa “légitimité”.

[quote=“Photonik”]Ah , je pense qu’un “Robocop” signé Aronosky aurait furieusement tendu vers ça…et du coup je la trouvais pas con, cette idée de remake !!
C’est clair qu’il aurait orienté le métrage sur le versant fusion “chair / métal” plutôt que sur la satire socio-politique (quoique…il y en a bien dans “Requiem for a Dream”).[/quote]

Je ne pense pas, Tsukamoto et Arofnosky me semblent très différents en tant que cinéastes. Tsukamoto est clairement plus fou et furieux qu’Arofnosky et il a ses lubies.
Et il ne me semble pas aussi intéresser par le rapport chair/métal que Tsukamoto.

Arofnosky au vu de sa filmo, j’ai plus de mal à le cerner, il est bon certes, mais je n’arrive pas encore à voir/discerner ses préoccupations/obessessions.

Son PI (?) m’avait impressionné à l’époque, j’adore ce film.
Depuis, je ne retrouve plus cette folie, cette force du premier jet.
Mais bon j’aime bien Aronofsky (sauf pour The Fountain où je me suis emmerdé -mais faudrait que je revoie- et Blackk Swan que je trouve largement surestimé, même si très bien réalisé… Disons qu’au niveau du scénar, il n’y a guère de surprises… [size=85]Un réalisateur talentueux qui fait ses gammes là où on l’attend donc, très classique, trop car ce n’est pas ça que j’attend de lui, PI ça va le poursuivre, le pauvre. Pour ça qu’un gros blockbuster, ça pourrait être sympa pour lui.[/size].

[quote=“Tony Smart”]Autant j’avais été considérablement déçu par The Fountain et autant j’avais trouvé médiocre Black Swan, autant j’attendais impatiemment son The Wolverine. Encore plus maintenant qu’un internaute a trouvé un synopsis d’une quinzaine de pages et dévoilé au compte-gouttes quelques infos alléchantes…

[quote]Aronofsky took the Wolverine character and threw him into REAL 80s Tokyo.

He smokes, tortures Yakuza, has sex with women in alleys and penthouses, chugs Saki and fights many, many, MANY ninja.[/quote]

[quote]It makes Wolverine’s nature a mystery to all the other players, something that only works because he’s the only non-human in the show.

The word “mutant” is never even mentioned in it.[/quote]

SPOILERS CONCERNANT NOTAMMENT LA FIN

[/quote]

Ah putain !!!
Merde ! :cry:
Merci pour toute ces sommes d’infos, clair que ça l’aurait fait. Je regrette encore plus le fait qu’il ne soit pas le réal du nouveau film sur le griffu. Quel gachis… :frowning:

Après, je suis très content qu’il ne soit pas sur Robocop, tellement la version de Verhoeven est forte et se suffit à elle-même, et est toujours actuelle au niveau de la critique politique et sociale ([size=85]moins au niveau des nouvelles technologies, mais bon. d’ailleurs à ce niveau là, la nouvelle version ne semble avoir rien compris. On serait plus dans du trip graphique psychédélique de nos jours à base de réseau/virus que ça… Robocop en 2012, ça ne devrait tout simplement pas exister[/size]).

[quote=“Tony Smart”]

Certes, Tokyo Fist est sorti un an avant la parution du roman Fight Club. Mais je trouve que les deux films adoptent chacun une approche différente (à partir d’un pitch similaire, en effet) : Tokyo Fist privilégie l’aspect charnel, la mutation des corps, … tandis que Fight Club s’attache plus à l’aspect politique découlant du récit.[/quote]

Oui, pareil, ça n’a rien à voir.
Pour moi l’association Tsukamoto/Arofnosky n’a pas lieu d’être. Ce sont des cinéastes très différents.

[quote=“Tony Smart”]

Personnellement, The Wrestler a “perdu des points” en ce qui me concerne à cause de l’'emprunt appuyé (pour ne pas employer un autre terme…) du style des frères Dardenne, de l’aspect émotionnel parfois faiblard (la fille du catcheur…) et du parallélisme christique lourdingue et à côté de la plaque du protagoniste.[/quote]

Pour l’emprunt aux Dardenne , je ne savais pas.
Je me suis surtout dit qu’il voulait faire son film “indie”…
Mais c’est tellement voyant et poseur, que ça n’a pas pris pour moi…

Après, je ne déteste pas le film, mais au niveau du scénar, bof, on est pas très bouleversé par tout ça.
Après, j’aime bien, mais ça aurait pu être tellement mieux.
On sent vraiment trop le réalisateur qui veut en jeter, c’est dommage.

Et pour Black Swan, bah n’est pas Argento ou De Palma qui veut ! :mrgreen:
Trop poseur, là encore une fois ([size=85]après ça n’enlève rien à ses qualités en tant que réalisateur, il est très bon et comprend très bien la grammaire cinématographique[/size]).
[size=85]Pour ça que j’ai du mal à le cerner, j’ai pas l’impression qu’il fait des films par rapport à ses lubies, mais rapport à l’image qu’il veut renvoyer, et ça c’est gênant.
[/size]

Après, il faudra sans doute plus de recul sur sa filmo, mais faire du blockbuster ([size=85]avec une certaine liberté[/size]) serait sans doute un grande délivrance pour lui.

Je vais faire mon Tony Smart :wink:

Tsukamoto / Aronofsky, c’est pas moi qui fait la connexion, c’est…Aronofsky. Dans ses interviews circa 1998-2000, il n’a cessé de répéter que c’était une influence cruciale pour lui. A la réflexion, c’est assez logique.

Le noir et blanc de Pi et même sa structure globale renvoie à “Bullet Ballet”. “Requiem for a Dream”, je n’y reviens pas, ce sont des plans entiers de “Tokyo Fiste” qui sont cités (la vue à la verticale avec travelling ou zoom arrière sur un perso estropié et alité, la vision “angélique” du personnage féminin tout à fait à la fin…).

Si par la suite, Aronosky “s’égare” un peu stylistiquement, il n’en reste pas moins que sa thématique de prédilection demeure et je la trouve très “tsukamotoesque” : des perfectionnistes qui poussent leur passion / travail jusqu’au limite de la folie, quitte à émousser leur instrument de travail (leur corps et / ou cerveau.
Cette grille de lecture fonctionne pour tous ses films. Elle est même assez évidente dans les deux derniers.

Quant à “Fight Club”, je me répète mais c’est Chuck Pahlaniuk lui-même, auteur du roman, qui a reconnu l’influence de “Tokyo Fist”.

Pour étayer un peu mon propos, un extrait d’interview datant de “Pi” :

INTERVIEWER: What filmmakers have influenced you?

DARREN ARONOFSKY: I’m a big fan of (Akira) Kurosawa and (Federico) Fellini. In this film in particular I think there’s a lot of (Roman) Polanski influence and Terry Gilliam influence as well as a Japanese director named (Shinya) Tsukamoto he directed The Iron Man, Tetsuo.

Au niveau du style ([size=85]noir et blanc granuleux[/size]) et du montage, je ne peux que corroborrer le fait que Tsukamoto a du effectivement influencé Arofnosky ([size=85]et de son propre aveu, donc[/size]), mais ça s’aarête à ce film. Et uniquement en terme visuel, je ne trouve pas qu’au niveau des thématiques et obssessions, il soient très proches en tant que cinéastes. :wink:
[size=85]Par contre l’influence de Fellini (surtout)

Franchement, faudrait que je revois les deux films, tant la parenté entre Pi et Bullet Ballet ne m’a jamais sauté au yeux, tant les deux films ont des univers et thématiques très différents.
[size=85]Mais j’y penserai au prochain visonnage ! ; -)[/size]

[/size]
Peut être effectivement que ce film a influencé l’écriture de son roman.
Mais entre Fight club, l’adaptation de son roman, par Fincher et Bullet Ballet de Tsukamoto, y a un monde, et le propos n’est pas le même.

C’est pas “Bullet Ballet”, c’est “Tokyo Fist” pour “Fight Club”…
Mais tu n’as pas tort, il y a effectivement des différences de traitement majeures. Mais bon, des citadins fin de siècle qui se mettent sur la gueule pour se sentir vivants à nouveau, bon, y’a quelque chose quand même.

Moi aussi je me mélange les pinceaux : c’est plutôt “Tetsuo”, bien sûr, que Aronofsky a en tête pour “Pi” (c’est plutôt en termes de photo et de montage que l’influence est flagrante).

Ah désolé, je voulais écrire Tokyo Fist, désolé ! [size=85]C’est qu’à ce moment là, je postais à toute vitesse du boulot d’où le bug ![/size] :mrgreen:

Oui, certainement, quelque chose qui flotte dans l’air à un moment donné ([size=85]la “Doom Generation”, la generation “X” des 90’s, les trois auteurs étaient des jeunes trentenaires à ce moment là[/size]), c’est certain.
Après que Tsukamoto est à la fois influencé Palahniuk et Arofnosky avec son Tetsuo, c’est certain.

Mais, pour revenir à la comparaison Arofnosky/Tsukamoto, ça s’arrête là, c’est très superficiel à mon humble avis.
En tant qu’auteur, ils sont très différents et n’ont pas les m^me préoccupation ([size=85]c’est un peu comme quand Tim Burton revendique une influence de David Cronenberg, bon là on est un degré au-dessus, j’avoue ! ^^[/size]).

[quote=“Zombie”][size=85]Par contre l’influence de Fellini (surtout)[/size]
Ah y a eu du bug là aussi ! :mrgreen:

je voulais écrire:
Par contre l’influence de Federico Fellini ([size=85]surtout[/size]), et celle de Roman Polanski par rapport à Pi, je ne la vois pas trop si on les compare d’un point de vue cinématographique. Possible que quelque chose m’ait échappé aussi.
[size=85]Pour, Polanski en tirant par les cheveux, il y a le point de vue d’un anti-héros paranoïaque avec l’intrigue bien parano qui s’ensuit (et le fait que du coup on accepte de se faire manipuler par le réal). Mais c’est tout, il me semble.[/size]

[size=85]
Après, moi, ça m’intéresse toujours de savoir qu’un cinéaste aime ou non tel autre cinéaste, mais ce n’est pas forcement pour ça que leur cinéma respectif entretient des liens de cousinage.[/size][/quote]

Oui, c’est assez juste.
C’est toujours étonnant de lire de quels artistes se revendiquent tel ou tel cinéaste, les connexions ne sont pas évidentes, elles se situent parfois à un niveau formel qui échappe un peu au spectateur.

Fellini / Aronofsky, j’ai pas capté par exemple (mais pour Tsukamoto, par contre… :wink: ) : s’il le cite, c’est pourtant qu’il y puise quelque chose.

[quote=“Zombie”]…]

Oui, certainement, quelque chose qui flotte dans l’air à un moment donné ([size=85]la “Doom Generation”, la generation “X” des 90’s, les trois auteurs étaient des jeunes trentenaires à ce moment là[/size]), c’est certain.
…]
[/quote]

Sans parler qu’au début des années 90 un nouveau genre de tournoi d’arts martiaux voit le jour : l’Ultimate Fighting Championship.

Quand j’ai lu Fight Club c’est à ça que j’ai pensé en tout premier lieu

N’y aurait-il pas une petite erreur dans le lien que tu as posté, Artie ? Si on le suit, on tombe sur un billet (excellent au demeurant) sur “The Octagon”, avec Chuck Norris.

A moins que ce ne soit ton intention, et là je passe pour un couillon…

[quote=“Photonik”]…]

A moins que ce ne soit ton intention, et là je passe pour un couillon…[/quote]

Oui, et non : il y a une petite notule sur l’UFC dans ce billet et j’ai mis le lien pour ceux qui ne connaîtraient pas cette compétition. :wink:

Voilà voilà.

Merci.

Personnellement, hormis l’influence manifeste de Tetsuo sur Pi, je ne perçois pas non plus le rapport entre Tsukamoto et Aronofsky. Je trouve qu’Aronofsky a bien plus pillé Perfect Blue de Satoshi Kon pour Black Swan, par exemple.

Je vais faire dans la tarte à la crème, mais le judaïsme revient souvent dans son oeuvre. La numérologie dans Pi, l’Arbre de vie dans The Fountain et son prochain film, ben, c’est… Noé :mrgreen: .

En ce qui concerne le protagoniste, il souhaite fréquemment acquérir un statut supérieur (découvrir le nom de Dieu, être immortel, danseuse étoile, redevenir un catcheur adulé, …). Sa déchéance s’étale tout le long du récit (la trépanation dans Pi, la folie/l’amputation/la prostitution/l’emprisonnement dans Requiem for a dream, la mort d’Izzy dans The Fountain, …), qui se clôt néanmoins sur une “rédemption” douce-amère/ambiguë (Pi : le protagoniste redevient quelqu’un de banal ; Requiem for a dream : les personnages de Jared Leto et du frère Wayans arrêtent vraisemblablement de se droguer, mais à quel prix ? ; The Fountain : Thomas accepte-t-il la mort de son épouse et finit-il son roman ou bien reste-t-il dans une bulle pendant des siècles avant de mourir dans l’espace pour faire revivre l’Arbre de vie ? Ou mieux encore, l’intrigue avec le conquistador… ; Black Swan : la protagoniste meurt-elle ou accède-t-elle enfin à l’âge adulte ?)

C’est également un artiste cérébral, d’où les faiblesses de The Wrestler et de The Fountain (un film brassant de grands thèmes, notamment l’amour… Mais le problème, c’est que je n’ai jamais ressenti l’amour censé exister entre Tom et Izzy…). Il privilégie les films de “genre” (film expérimental, film de S.F. métaphysique, film d’horreur, film de drogués, …), d’où le problème de l’emprunt du style des Dardenne. Le cinéma des frères Dardenne s’inscrit dans le réalisme social (avec des scénarios tirés de faits réels, documentés pour se rapprocher au maximum de la réalité, tournés dans la région de Liège, …). Aronofsky, lui, a pris ce style et l’a utilisé en partie dans un film d’horreur (Black Swan), ce qui ne fonctionne pas AMHA.

Je suis assez d’accord sur à peu près tout.

J’aurais dû notamment me souvenir des emprunts au regretté Satoshi Kon (puisque tu cites “Perfect Blue”, on peut aussi rappeler ce plan de “Requiem…” qui est repris à l’identique, où la fille hurle “silencieusement” sous l’eau, dans sa baignoire).

Je suis un peu sceptique par contre sur deux points :

  • cinéaste cérébral d’où faiblesses de “The Wrestler” : c’est un raccourci, je pense, parce que je ne vois pas ce qui permet la transition…?
  • et pourquoi pas un style “à la” Dardenne sur une histoire d’horreur ou de genre plus généralement ? On ne peut pas dire a priori que ça ne fonctionne pas (même si je suis en partie d’accord pour l’exemple spécifique de “Black Swan”) : une des réussites de Friedkin avec “L"Exorciste” par exemple est d’avoir rompu avec le décorum gothisant des sixties à la Bava ou à la Hammer, et de traiter son sujet de manière “naturaliste”…