TITANE (Julia Ducournau)

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DATE DE SORTIE

14 juillet 2021

REALISATRICE & SCENARISTE

Julia Ducournau

DISTRIBUTION

Vincent Lindon, Agathe Rousselle, Garance Marillier…

INFOS

Long métrage français
Genre : drame/fantastique/thriller
Année de production : 2021

SYNOPSIS

Après une série de crimes inexpliqués, un père retrouve son fils disparu depuis 10 ans…

Inégal mais formellement interessant

Et grave est ce bien ?

Ah bah, je l ai vu, grave, en fait.

Film femis, comme je les appelle.

Un concept, bien filmé, un peu chiant, et les persos dansent au milieu du film.

Hahahaha.

Jim

Palme d’or

(J’ai pas tout compris à la tirade et demi de Nemo)

« Grave » est le premier film de la réalisatrice, comme on peut le lire lorsqu on voit la bande annonce.

Merci

Eh bien tu seras servi si tu tombes sur « Titane », car j’y dénombre non pas une, mais au moins quatre scènes de danse. :wink:

Bon, et sinon, qu’est-ce qu’elle vaut cette Palme d’Or si décriée à droite à gauche (et portée aux nues par d’autres) ? Ce sera un bilan mitigé pour votre serviteur.
Que le film « mérite » ou non sa Palme, je vais être franc, je m’en tamponne le coquillard : je me fous avec la dernière énergie du palmarès cannois. Tout au plus pourra-t-on se réjouir qu’un film assez « radical » dans sa démarche bénéficie d’une telle exposition.

Et il ne faut pas s’y tromper : le film a quelques atouts de poids à faire valoir. Notamment une forme assez éblouissante, avec une photo à tomber par terre, des plans de fous à la pelle, une belle recherche chromatique qui souffle le chaud et le froid et renvoie à de glorieuses références (je pense à Tsui Hark et Shynia Tsukamoto ; je reviendrai plus loin sur le cas de ce dernier…), sans compter que Ducournau a tout compris au potentiel cinégénique du feu, qui rentre complètement en résonance avec certaines des thématiques du film.
Bref, « Titane » est un vrai régal pour les mirettes, pas de doutes.

C’est plutôt au niveau de l’écriture que ça pêche, et pas qu’un peu.
Il y avait là aussi pourtant de quoi faire, avec cette idée assez lumineuse de faire « muter » le film (comprendre : lui faire entreprendre des « glissements de genre », du slasher au film « naturaliste » à la française, en passant par une veine SF assez abstraite) ; un authentique film transgenre donc, dans tous les sens du terme. Mais le film se ramasse un peu aux moments-charnières de son intrigue (je n’achète pas du tout la scène qui voit l’apparition du perso de Vincent Lindon), manque totalement de poser les motivations de son perso principal (si ce n’est très maladroitement), et jongle avec les stéréotypes en entendant les dénoncer… mais en les renforçant quand même d’une certaine façon.

Pire : Ducournau se tire carrément une balle dans le pied au moment de la conclusion du film (une scène pourtant assez forte), en contredisant littéralement le discours du film jusque-là : le perso a bel et bien été « déconstruit » (c’était le programme du film) mais en dernière ligne droite l’héroïne/héros (ou anti-héros, plutôt) finit quand même par mourir en couche pour donner un fils à l’hyper-viril père de substitution en manque de paternité ?!? Etrange choix scénaristique.

Vraiment dommage : l’idée très « Tetsuo » (de Tsukamoto, c’est là que j’y reviens) de l’hybridation homme/machine (avec un superbe dernier plan en la matière) était très porteuse, mais finalement peu fouillée. C’est pourtant l’un des sens à donner au titre. Je me demandais si Ducournau l’avait fait intentionnellement, et j’ai vu qu’elle le confirme en interview : « Titane » est un alliage, certes, mais c’est aussi un néologisme qui féminise les Titans du panthéon antique… Titans qui sont les géniteurs des Dieux de l’Olympe, rappelons-le. Cette piste « mythologique », hélas, est plus effleurée qu’elle n’est vraiment creusée.

Une belle tentative, criblée de défauts mais qui vaut le coup d’oeil en salle.

Aïe la fote d ortograf, ça pique.

Oh, tu sais, tu es un vrai hérisson ! :wink:

C est un symptôme !

Héhéhéhé

Jim

Le sous texte trans est d époque, ce qui n est pas faire preuve d une grande originalité.

L idée de faire un film trans genre de films apparait par contre bonne pour ne pas realiser un tract.

C’est clair, et si j’étais mauvaise langue je dirais que ça n’est pas pour rien dans l’attribution de la Palme en question.
Si j’étais encore plus mauvaise langue, je dirais que le fait que Ducournau soit une femme ne gâte rien…
Et je modère tout de suite mon propos polémique : il était quand même anormal que seule Jane Campion (eh oui) ait été « palmée » jusque-là ; d’autre part, Ducournau a un authentique talent de pure cinéaste.
Mais son film n’est pas aussi génial que certains se sont empressé de le hululer sur tous les toits, pour des raisons parfois très peu cinématographiques (et Spike Lee le premier).