TOXIC (Charles Burns)


(Benoît) #1

[quote]Toxic
*Auteur : Charles Burns
Album: 50 pages
Editeur : Cornelius Editions (octobre 2010)
Collection : Solange
Langue : Français
ISBN-10: 2360810049
ISBN-13: 978-2360810048
Prix : 21,50 €

La pénombre. Une houpette apparaît.
Un jeune homme dans son lit, un pansement sur la tempe. Doug se lève et suit son chat noir, Inky - pourtant mort depuis des années - et se laisse entraîner de l’autre côté du miroir.
Que s’est-il passé?? Une soirée punk, un concert, William Burroughs, une jeune femme nommée Sarah, des polaroïds, un amant jaloux… À grand renfort d’ellipses, Charles Burns fait voler en éclats nos repères spacio-temporels, multiplie les allers-retours entre rêve et réalité, nous place un foulard sur les yeux, nous fait tourner sur nous-même et nous laisse seul dans un pays inconnu, juste après le déluge.
Burns construit son récit à la manière des collages de William Burroughs, technique consistant à assembler des portions de texte au hasard à l’origine du Festin Nu et qu’il a également appliquée à son travail de peinture et de photographie.
L’attrait des personnages pour l’écrivain de la Beat Generation et le photographe-performer Lucas Samaras viennent renforcer l’impression d’éclatement introduite par le découpage des planches et les nombreux flashbacks. Inspiré par des influences aussi diverses que Hergé ou Burroughs, Toxic est un rêve sombre et fascinant.

L’enfance de Charles Burns se déroule, dans les années 60, sous l’influence du magazine satirique Mad, des films de monstres de Roger Corman et des séries à suspense que commence alors à proposer la télévision. On retrouvera ces sources d’inspiration dans ses bandes dessinées, remaniées pour créer un style étrange et immédiatement identifiable.
Il découvre Robert Crumb au milieu des années 70 et se lie d’amitié avec Matt Groening pendant le lycée. C’est en 1981, au hasard d’une séance de zapping, qu’il découvre à la télé un catcheur mexicain dont il s’inspire aussitôt pour créer son héros le plus fameux, le patibulaire et sympathique El Borbah.
Ses premières histoires sont publiées dans Heavy Metal, mais le personnage intervient rapidement dans Raw, la mythique revue d’avant-garde dirigée par Art Spiegelman et Françoise Mouly. Charles Burns partage alors son temps entre illustration et bande dessinée, se faisant avec les livres Big Baby et Fleur de Peau (tous les deux chez Cornélius) le chroniqueur d’une Amérique plus proche des Enfers que du Purgatoire.
À partir de 1994, il se consacre à Black Hole (Delcourt), feuilleton brutal et poisseux qui deviendra dix ans plus tard son chef-d’œuvre et lui apportera une reconnaissance internationale.*[/quote]

Liens:
Le site de l’éditeur : www.cornelius.fr
Le blog de l’éditeur : www.cornelius.fr/blog


(Photonik) #2

Excellent.

A la fois dans la lignée de ce qu’il a fait avant (plutôt post-“El Borbah”, quand même) et assez neuf. L’influence burroughsienne est très intéressante, puisqu’elle est double (Charles Burns se moquant de lui-même dans un passage hilarant où il se met en scène jeune, de façon à peine voilée, récitant mollement des cut-ups de son cru, absolument imbitables, mais Burroughs influe aussi sur la narration “globale”, faite de couloirs spatio-temporels et autres états hallucinatoires imbriqués les uns dans les autres, qui renvoient aussi à Lynch, d’ailleurs. Ouf !).
Le dessin est magnifique, et l’utilisation de la couleur, une première pour Burns si je ne m’abuse, est prometteuse (euphémisme).
De l’or en barre.


(Zombie) #3

Pas une première. Il maitrise très bien depuis un bon moment la colo.
Mais d’un point de vue séquentiel, oui, c’est une première ! :wink:


(silverfab) #4

C’est amusant, j’ai chroniqué ça en musique il y a quelques temps, et on retrouve des références littéraires/cinématographiques.

:arrow_right: bobd.over-blog.com/article-comics-toxique-110831008.html

Bon, je ne suis pas aussi enthousiaste que toi sur le bouquin au final mais c’est une oeuvre intéressante c’est clair.


(Photonik) #5

Oui, je suis d’accord avec ce que tu en dis (Burrouighs + Hergé + Lynch), mais j’adore ce mélange pour ma part (Burroughs et Lynch sont pour ainsi dire mes deux artistes préférés, faut dire) tout en comprenant que ça puisse laisser froid ou sur le bord de la route. Je complèterait en précisant qu’il y a une évidente influence de Lewid Carroll…
Tiens, tu es fan d’Art Zoyd ? Monsieur a du goût !


(Louisv) #6

[quote=“Photonik”]
De l’or en barre.[/quote]

Vendu exactement à ce tarif, oui.


(Photonik) #7

Ha ! Ha ! Très drôle…

Marrant, ça me gêne pas tant que ça pour un album de ce type ; mais je suis un peu gogo à mes heures perdues.


(Louisv) #8

Je fus capable de folies pour Burns, cela m’a passé (quoiqu’une demi-douzaine d’éditions d’El Borbah prennent encore chez moi la poussière quelque part sur une étagère). Le truc, c’est lorsque Charles Burns n’était pas “respectable”, les premières éditions étaient d’abord des fascicules abordables avant de devenir des choses à dos toilé. Désormais, c’est Pantheon Books dans la face, d’autorité.


(Photonik) #9

Pour les fascicules abordables, tu fais référence à la première édition en 6 volumes de “Black Hole” ou des choses plus anciennes ?