UNE JOURNEE EN ENFER (John McTiernan)

Après avoir révolutionné le cinéma d’action avec Piège de Cristal, McTiernan revient sur la saga avec ce troisième opus, qui lui permet une nouvelle fois d’opérer un renouvellement drastique du genre.
Il en profite pour instaurer une mise en scène sensiblement différente, changeant ainsi (à nouveau) les codes du genre avec l’usage de la caméra à l’épaule entrainant un rythme encore plus effréné, proposant toujours plus d’innovation dans la représentation de l’action et la gestion du héros dans son environnement.

McT déconstruit ainsi le genre pour mieux le révolutionner, imposant de nouvelles bases et une nouvelle façon de faire souvent copiée mais jamais égalée.
Les effets de mise en scène ne sont jamais gratuits et toujours au service de l’histoire, qui monte dans la surenchère de rebondissements divers, accumulant les morceaux de bravoure, exception faite de la fin qui amène un climax assez décevant et frustrant après tout ce qui s’est passé auparavant (heureusement il y a la fin alternative autrement plus jouissive).
Cela constitue le seul défaut du film vraiment dommageable, tout comme la résurrection de Karl dans le premier (une scène dont McT n’hésitera pas à se moquer dans Last Action Hero).

Là où le premier était plus structuré dans la gestion de l’espace, celui-çi est volontairement plus chaotique, plus brut de décoffrage, avec un aspect presque documentaire (toutes proportions gardées) afin de restituer au mieux la situation d’urgence et de panique ,en adéquation avec la perception qu’ont les personnages des événements.
L’autre changement dans celui-çi c’est l’aspect buddy movie avec un duo Willis/Jackson qui fonctionne à merveille, le lieu de l’action étant quand à lui élargi, les héros devant enchaîner des épreuves de plus en plus éprouvantes dans un New York caniculaire (s’apparentant à un jeu de piste digne d’un jeux vidéo).
Irons campe un Bad guy très convainquant, néanmoins moins mémorable que Hans, mais tout aussi manipulateur.