US (Jordan Peele)

DATE DE SORTIE FRANCAISE

20 mars 2019

REALISATEUR & SCENARISTE

Jordan Peele (Get Out)

DISTRIBUTION

Elisabeth Moss, Lupita Nyong’o, Winston Duke, Anna Diop…

INFOS

Long métrage américain
Genre : thriller/horreur
Année de production : 2019

SYNOPSIS

Des parents emmènent leurs enfants dans leur maison secondaire près d’une plage afin de se détendre et de se déconnecter. Des amis les rejoignent. Au fur et à mesure que la nuit arrive, la sérénité se transforme en tension. Lorsque des invités - qui n’étaient pas prévus - se joignent au groupe, l’agitation palpable dégénère en chaos.

Décidément, bien fan de cinoche horrifique le Jordan Peele !!
Après l’excellente surprise “Get Out” (peut-être pas le chef-d’oeuvre du siècle comme certains l’ont claironné, mais un très bon film pas con et c’est déjà beaucoup), j’attends ça de pied ferme, comme beaucoup de monde j’imagine…

Yep.

Jordan Peele : “For my second feature, I wanted to create a monster mythology. I wanted to do something that was more firmly in the horror genre but still held on to my love of movies that are twisted but fun.”

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La première bande-annonce :

Prometteur !

Ouaip, ça s’annonce bien, cette affaire…
Et puisqu’on ne répétera jamais assez que Jordan Peele est également excellent en tant que moitié du duo comique Key and Peele, un petit sketch de leur cru, qui me fait personnellement mourir de rire, le “French Restaurant” :

J’aime bien l’idée Faut vraiment que je regarde Get Out.

Ah oui. Tu as même le droit de foncer.

Grosse déception. Je vais faire court parce que c’est un peu embrouillé dans ma tête (le film n’aidant pas justement à ce niveau).

Formellement le film tient parfaitement la route. C’est beau, bien cadré, une très bonne utilisation des environnements, une musique au diapason et quelques effets de mise en scène bien trouvé.

De la même façon au niveau comédien c’est parfait et, comme j’avais zappé en grande partie la promo du film, j’ai était totalement conquis par le jeu de Lupita Nyong’o qui porte le film sur ses épaules (conquis aussi par Winston Duke dont j’avais oublié la présence dans Black Panther et Avengers : Infinity War)

Le problème du film se situe à d’autre niveau. Problèmes qu’on pouvait entrevoir dans Get Out mais que la simplicité de ce dernier permettait d’oublier. Pour résumer US est un épisode étiré de La Quatrième Dimension (encore une fois pourrait-on dire et pas que pour Peele). C’est à dire que c’est une histoire fantastique/horrifique mais aussi une volonté de critiquer (du moins interroger) le mode de vie américain.

Mais là où la série de Serling était un modèle d’écriture qui ne fait pas du genre fictionnel un simple cadre mais le garde toujours au centre de tout avec un rigueur sans défaut, US perd en cours de route ce principe essentiel. A force de rajouter 5000 couches de sur-interprétation et de naviguer à vue entre réaliste et fantastique, le film oublie en cours de route d’être un film d’horreur.

C’est d’autant plus problématique que les rebondissements du film sont de plus en plus mal gérés, amenés et pensés (j’avoue que je pensais à tout les détails pratique lors de la dernière partie du film ce qui est assez révélateur de mon décrochage) mais qu’a force d’user la métaphore, on ne sait plus très bien ce que veut dire US. En fait n’importe qui peut y projeter une multitude de discours aussi diversifié que contradictoire. Film sur les noirs américains, film anti-trump, film réac*, métaphore du viol voire de l’inceste, film écolo, film pro-Trump, film apocalyptique, film feel-good etc. et j’en oublie.

Dans cette volonté de vouloir oublié une sorte de simplicité dans l’exécution au profit d’une recherche constante de complexité, Jordan Peele me semble pêché par orgueil et, en cela, US ressemble à mes yeux à la même descente de Shyamalian autrefois (in fine US est le même genre de croute que des films comme Le Village ou Phénomène).

Reste quand même une partie (la première attaque et ce qui suit directement) très bien exécuté et l’interprétation d’une actrice incroyable. Dommage que l’écriture de son personnage se délite au fur et à mesure du film. C’est, de toute manière, le grand écueil de film que d’avoir sacrifié cette fondation au profit d’image et scènes qui se révèle rapidement très faible une fois le choc passé et qui n’évite pas son lot de passage cliché et de comportement ridicule.

US est donc un film décevant

*j’avoue que c’est cet angle qui ma le plus sauté aux yeux tant il m’apparaît aussi évident qu’il sera, probablement, nié par beaucoup du fait qu’on parle d’une famille à la peau noir.

Tu résumes là parfaitement ce que j’ai pu lire des critiques à ce stade. Belle forme, fond confus.
Hâte de voir ça pour me faire mon propre avis…