WATCHMEN (Zack Snyder)

Rien qu’en regardant les photos promotionnelles du film, et plus précisément celles du Hibou, il était clair que **Zack Snyder **passait à côté de la BD.

Ainsi la disparition du ventre bedonnant de Dan Dreiberg et de sa silhouette size=85[/size] adipeuse était un aveu.

[quote=« Jim Lainé »]

[quote=« Jim Lainé »]

Bah non, justement : en changeant la fin, il change le propos politique de la BD.
Y a de fortes chances qu’il l’ait fait sous la pression des studios, mais le résultat est là, quand même.

[quote=« Rael »]Pour en revenir à Watchmen, la première fois que j’ai lu cette bd, les passages écrits me faisaient souffrir. Ca me passait complètement au dessus. Par la suite j’ai bien plus apprécié tout ces « à côté ». L’histoire trouve son équilibre avec tout ce qui entoure l’histoire principale. C’est entre autre, ce qui manque au film.
J’aime beaucoup le film, mais c’est clair qu’il lui manque la profondeur du bouquin.[/quote]

La profondeur, mais aussi le propos.
Là encore, et plus que dans V For Vendetta (que j’aime bien en version film, mais bon…), les studios sont enquiquinés par le propos anarchiste de Moore.

Dans la BD, le poulpe télépathique qui envoie des rêves terrifiants dans l’esprit de tons les médiums du monde (au passage, c’est Cthulhu, hein : on sait le goût de Moore pour Lovecraft…) et meurt en explosant, est interprété par l’humanité comme l’avant-poste d’une invasion extraterrestre. Du coup, l’humanité se met à imaginer la race extraterrestre en question, ses projets, l’avenir qu’elle réserve à la Terre, et imagine par la même occasion les moyens de contrer l’invasion. C’est donc « l’imagination au pouvoir » qui unifie l’humanité, au moins pour un temps.
Dans le film, l’attaque se concrétise par un cratère gigantesque qui a effacé une ville de la carte, et qui a laissé, volontairement, les traces du pouvoir de Doc Manhattan. Or, le film nous l’a répété, « Dieu existe et il est américain ». Ce cratère apparaît comme une trace du courroux d’un dieu jaloux, et si l’humanité est unifiée, c’est non pas dans l’imagination, mais dans la peur du courroux divin.

Et là, du coup, ça change tout.
En passant d’une menace qu’on suppose extraterrestre à une menace qu’on pense terrienne (mais à l’allure divine…), on change toute la portée de la BD.

Là où Moore une fois de plus défendait les vertus d’une humanité qui devait s’émanciper de toutes formes d’autorité et s’échapper du carcan social en créant son propre destin (c’est le véritable côté « surhomme nietzschéen » de Watchmen, ça…) et sa capacité à créer une société proprement anarchiste, fût-elle mue par la peur, le film présente une peur venant d’une autorité quasi-divine, et présente aussi cette autorité immanente comme fructueuse puisqu’elle permet d’unifier la planète.
On passe donc d’une pensée rebelle et subversive à une vision conservatrice et réactionnaire où l’humanité baisse la tête devant l’expression d’un pouvoir qu’elle reconnaît comme scientifique et américain.
De la paix planétaire à la pax américana.

Et là, dans le genre trahison de l’esprit, c’est fort.

Jim[/quote]

Oui c’est clair que c’est moche. J’avais pas poussé l’interprétation jusque là, mais c’est clair que c’est presque sale comme tournure.

Les contes du vaisseau noir : DVD qui accompagne le film Watchmen, qui comprend donc l’adaptation animée de l’histoire de pirates qui est conté dans la BD du petit dans Watchmen, mais également un faux reportage sur Under the hood, le livre dont on retrouve les extraits dans les bonus de chaque épisode de Watchmen.

Donc, l’histoire de pirate, je ne l’avais pas trop aimée en BD en tant que BD (mais j’ai bien compris la fonction et le concept), et ici, j’ai trouvé ça assez chiant (je paraphrase ma femme). Cependant, le gore est bien rendu ! :mrgreen: Mais bon, ce n’est pas trop long.

Under the hood, en revanche, c’est vraiment bien fait et je trouve que l’adaptation est assez fidèle dans l’esprit et la forme ! (même si ça fait longtemps que je n’ai pas lu Watchmen)

Et y a un bonus intéressant pour qui ne connait pas la BD, car ça explique ce que vient faire là-dedans ces deux suppléments au film. Et met en lumière, pour ceux qui ne le savent pas, les différents niveaux de lecture de Watchmen.

Avant d’être réalisée par Zack Snyder, l’adaptation cinématographique de Watchmen est longtemps resté bloquée dans les limbes du development hell. Parmi les projets qui auraient pu se faire, il y a eu celui de David Hayter (co-scénariste des deux premiers X-Men) au début des années 2000. À cette époque, les droits de Watchmen étaient chez Universal, mais le studio a fini par abandonner suite aux fameuses « différences créatives ». Watchmen est ensuite passé par la Paramount en 2004 avant d’atterrir chez la Warner en 2005. Des éléments du script de David Hayter ont été conservés mais le scénario a été réécrit par Alex Tse.

Si la version de David Hayter n’a jamais abouti, le scénariste et réalisateur avait tourné un bout d’essai qu’il vient de partager sur la toile par le biais de la chaîne Youtube du compositeur Joe Kraemer. Dans cette vidéo, Iain Glen (Game of Thrones) joue Dan Dreiberg et Ray Stevenson (Punisher War Zone) est Rorschach.

Plutot d’accord avec cette critique. Pour ma part, en tant que fan de comics et de Zack « 300 » Snyder je me devais de voir « Watchmen ».
Bien que plus fan de Marvel que de DC comics, j’avais lu la bande dessinée d’Alan Moore et de Dave Gibbons et en avais apprécié le coté sombre et la belle réussite technique de ce « roman graphique » culte.
Que dire du film donc ? Il est long, complexe et très voir trop fidèle à l’univers du comics.
Les deux Gardiens les plus intéressants pour moi sont le Comédien, qui bien que non doté de véritable pouvoirs, se révèle ère un anti-héros et un salopard amoral de premier ordre, n’hésitant pas à abuser de sa force pour violer ou assassiner des gens et Rorschach, personnage au psychisme perturbé, sans doute le plus captivant du lot.

Sa brutalité, sa violence, sa vision sombre de l’existence et son absence de concession avec le crime le rapprocheraient presque de personnages comme Punisher ou Wolverine bien qu’il n’ait lui non plus pas de super pouvoirs à proprement parler.

Pendant 2h43 , l’intrigue se noue donc… avant que la théorie du complot n’éclate.

La philosophie simpliste qui éclate au grand jour, utiliser le Docteur Manhattan pour provoquer deux attaques nucléaires simultanées sur le front de l’Est et de l’Ouest ce qui serait sensé pacifier le monde, ne tient pas vraiment la route.
Peu d’action et de rythme dans ce film plutôt lent et contemplatif, des combats façon « film de karaté » moins bon qu’un Transporteur dans une maison de retraite, ce qui s’avère un sérieux handicap pour un film de super héros censé « blaster » tous les sens du spectateur.
Zack Snyder se lâche un maximum dans les scènes cosmiques avec le Docteur Manhattan qui sont il est vrai magnifiques bien qu’un ton en dessous du choc visuel permanent de « 300 ».

Le film m’a globalement beaucoup moins plus que les super productions Marvel avec leurs personnages plus flamboyants, plus attachants et plus denses.
Critiquecompleteici

Go ahead make my day

Eh eh eh …

Movie Concept Original Art par Dave Gibbons

WHO WATCHES THE WATCHMEN ?

Je ne vais pas revenir sur l’entière genèse labyrinthique du film mais rappelons juste les grandes lignes de cet incroyable périple :

en 1989, le succès du Batman de Burton pousse la WB a demander à son scénariste Sam Hamm une adaptation de Watchmen. Son scénar ne reprend presque rien du comics d’origine, le ton y est parodique, gentillet, comique et avec des trous narratifs béants (un peu entre La ligue des gentlemen extraordinaires et Mystery men).

Dieu merci, après des années de gestation et différentes équipes (dont Terry Gilliam, Paul Greengrass et d’autres), un nouveau scénario est commandé à David Hayter, scénariste des deux premiers X-men de Bryan Singer, mais surtout traducteur et voix officielle de Solid Snake de la saga des Metal Gear Solid.

Au départ Hayter propose une mini-série de 6 heures pour HBO (imaginez du Alan Moore traité par les équipes créatives des Sopranos !), ce qu’on lui refuse. ( aaaah l’ironie quand on sait ce qui en sera fait plus tard sur cette même chaîne ).

On lui demande aussi de moderniser l’histoire pour coller à une ambiance post-11 septembre en remplaçant Nixon par Bush en plus d’autres modifications qui bouleversent complètement son idée de départ : un scénario fidèle au boulot d’Alan Moore et de Dave Gibbons.

Avance rapide.

En 2007 Snyder débarque sur le projet, auréolé de son succès sur 300. Ce dernier demande une nouvelle mouture du script a Hayter et Alex Tse, qui reprendra les meilleurs éléments du scénar d’Hayter. Snyder doit cependant se battre avec les exécutifs de WB, notamment pour imposer que le film se déroule en 1985, pour garder une fin fidèle à celle d’origine (la WB voulait qu’Ozymandias soit tué par le Hibou a la fin du film, avec un happy end). Il doit se battre aussi bec et ongles pour conserver le ton adulte de l’oeuvre d’origine, notamment les scènes de sexe ou le pénis bleu du Dr. Manhattan, et il veut exploiter au maximum la violence graphique implicite dans les comics. Et il gagne son combat. Du moins en partie.

Son director’s cut (qui dépassera le montage salles de 50 minutes !) n’aura pas droit de cité en salles, ainsi qu’un autre montage comprenant le dessin animé Tales of The Black freighter, tourné pour l’occasion, avec la voix de Gerard-Leonidas-Butler et enfin un Ultimate Cut comprenant le dessin animé dans la narration du film, comme dans le comics, ce qui donne un métrage complet de plus de 200 minutes, un peu moins de 4h. Ouais, un film de super-héros, de studio, classé R (interdit aux moins de 17 ans), de près de 4 heures.

C’est là-dessus que se joue tout ce qui a été dit et tout ce qu’on pourra jamais dire sur Watchmen.

Car on n’a jamais entendu, ni vu, ni lu l’avis de quelqu’un qui a vu ce montage et en a déduit que Snyder était un raciste, un pervers, un homophobe, un facho, et ainsi de suite.

Qu’est ce qui a changé depuis 2009 ? Fondamentalement que dalle : The Dark Knight est devenu et reste aujourd’hui le film adapté d’un comic-book le plus respectable du milieu, côté professionnel comme côté geek, les franchises partent 9 fois sur 10 au reboot voire au gonzo, et rares sont les films de genre super-héros a pouvoir se vanter d’avoir apporter quelque chose de neuf au genre ou du moins d’assez solide pour résister à l’épreuve du temps. Et aucune franchise n’a tenu sur son seul nom une vraie continuité plus de 3 films depuis 15 ans.

Watchmen fait parti des rares élus qui resteront dans l’histoire du cinéma de genre parce qu’avant même d’être une adaptation ultra-complexe d’un comic-book qui a été jugé comme l’une des oeuvres littéraires les plus importantes et intelligentes du XXième siècle, c’est un film de pur cinéaste, une entreprise somme comprenant un travail de recherche et de création titanesque.

Au premier abord, même si on n’y connaît rien (et dieu sait que certains ouvriront jamais un comic-book de leur vie et n’auront jamais la moindre idée a quel point Alan Moore a influencé la pop-culture de ces 40 dernières années), on ne peut que constater la présence de thèmes matures pour la première fois dans un film de super-héros : un viol (filmé en champ), une scène de sexe avec de la nudité, de la nudité frontale masculine (celle qui est impossible dans un film de cette envergure), un génocide, tout sauf un happy end, de la maltraitance d’enfants, du gore qui tache et ainsi de suite.

Snyder aura été le premier de l’Histoire a faire ça, et a aller aussi loin.

Même les autres qui ont adapté du Alan Moore ont tous systématiquement viré de l’histoire les aspects les plus subversifs pour n’en garder que l’attrait commercial, même avec From Hell et V for Vendetta !!! Une oeuvre historique à charge et ésotérique contre la franc-maçonnerie et une ode à la révolution et à l’anarchie sont devenus des pubs ambulantes pour Johnny Depp et Natalie Portman entre deux contrats Chanel et Dior et l’idolâtrie des multinationales et des industries pharmaceutiques, c’est quand même un truc de dingue !

Et qui s’en prend plein la gueule au final ? From Hell ? V for Vendetta ? Non, c’est Watchmen, et Snyder qui a signé un contrat a vie pour être crucifié quoi qu’il tourne et quoi qu’il fasse.

D’abord les non-geeks lui sont tombés dessus. Parce qu’une histoire fantastique stylisée au premier degré semble être un sacrilège. À croire qu’une forme putassière et un fond volontairement débile a la X-men 3 aurait satisfait plus de monde (d’ailleurs ça a été le cas). Ensuite les Ayatollahs du geekisme ont rajouté la couronne d’épines et l’ont planté avec une enclume : Snyder ne serait qu’un opportuniste, un facho d’extrême droite, un homophobe pervers dénué de toute idée de mise-en-scène qui ne penserait qu’a sa b-o en laissant la caméra tourner à 120 images-seconde pour se faire des ralentis numériques en HD de la mort. Tout ça parce que le mec est un des seuls a ne pas être un yes-man, et qui ne baisse pas son froc devant les exécutifs des majors. Il a un style, un sens de l’image, une esthétique qui n’appartiennent qu’à lui et qui font de lui un metteur-en-scène au sens d’auteur, d’artiste. Il est un des seuls a prendre le soin de soigner son image, la composition de son cadre, à faire attention a chaque détail pour rester cohérent avec ce qu’il adapte, a prendre le matériau d’origine comme une bible sans en faire un copier-coller sans âme.

Et c’est pour ça qu’on le déteste et qu’on ne comprend pas son cinéma.

Car quand il montre la première scène de sexe d’un film de super-héros, il y aura toujours un ignare pour dire : « c’est vulgaire. ça salit l’image de la femme. »

Quand il reste fidèle à des morts violentes et gores comme dans le comics, on aura toujours quelqu’un pour dire : « c’est juste un bourrin sans idées. il sait pas raconter une histoire. c’est un ado qui fait boum-boum avec ses jouets. »

Le pire ayant été d’avoir reproché à Snyder d’iconiser ses personnages.

Rappelons la démarche d’Alan Moore : Envoyer se faire foutre tous les modèles de comics mainstream de son temps, prendre des héros désuets (Charlton Comics), les mettre dans un contexte réaliste et montrer les implications désastreuses qu’auraient ces personnages dans la vraie vie. Alan Moore vous dit : « Si Superman existait, on serait tous a la merci d’un Dieu inhumain et si Batman existait, sa réflexion l’amènerait à devenir un vigilante tueur, un lâche impuissant ou un génocideur fou. Et c’est ça que vous voudriez dans la vraie vie ??? »

Le tout donnant une réalité alternative stylisée et caractérisée par un style cinématographique avec des moyens de comics.

Snyder a fait exactement la même chose avec le procédé inverse : il a filmé une réalité alternative stylisée par ses origines comics avec des moyens de cinéma.

On appelle ça de la cohérence.

Après les choix de style peuvent être discutés à l’infini (les tétons du costume d’Ozymandias, la longueur de la queue du Dr. Manhattan, le viol stylisé au ralenti, l’agencement des flashbacks, tout et n’importe quoi) mais personne ne peut s’appuyer sur le fond et la forme de l’oeuvre d’Alan Moore pour dire que Snyder a fait quelque chose de contraire à ce que Moore a conçu. Il est resté fidèle au comics et personne ne peut lui enlever ça. Et il osé le faire en employant des mouvements d’appareils beaux et élancés, un montage fluide, conserver les thèmes les plus ésotériques et profonds de l’histoire d’origine, osé évoquer de la philosophie, du sexe, de la guerre et de l’histoire d’une certaine Amérique devenue folle par une guerre froide interminable et un président mégalomane. Un film qui parle de physique quantique comme de communisme, d’art, de voyages dans le temps et d’existentialisme et oui, avec des scènes d’action.

C’est politique, c’est sexe, c’est violent, c’est philosophique, c’est adulte, c’est mature, ça dure 4 heures, c’est interdit en salles aux moins de 17 ans.

Et c’est un film de super-héros.

Et au fond c’est ça qui vous emmerde ou qui vous fait bander.

version salles :

Gros problèmes de montage et trous d’histoires béants ne doivent pas empêcher d’entrevoir une partie de quelque chose de bien plus immense qu’elle ne semble l’être.

version director’s cut :

Sans doute le juste milieu, environ 3 heures et un rythme encore assez fluide pour en paraître durer 2.

Un chef d’oeuvre marquant du film de super-héros.

version Ultimate cut :

Une œuvre somme, épuisante, éreintante, mais complète, et un des films les plus complexes et titanesques des années 2000. Snyder a signé quelque chose de monumental et d’unique dans toute l’histoire du cinéma.

1 « J'aime »

Je n ai pas vu les versions longues.

Elles sont dispo sur une plateforme ?

Il y a une scène de viol stylisée?
Ma mémoire me fait défaut…

Tu es quand même un peu radical dans ton adhésion à ce que propose Snyder.

Quand il compare son approche à celle de Moore, je souris. :slight_smile: Pour mémoire :

“Someone says to me like, ‘Oh! Batman killed a guy!’ I’m like, ‘Fuck, really?’ I’m like, ‘Wake the fuck up!’ That’s what I’m saying about once you’ve lost your virginity to this fucking movie and then you come and say to me something about like, ‘Oh, my superhero wouldn’t do that,’ I’m like, ‘Are you serious? I’m like down the fucking road on that.’ You know what I mean?”

“It’s a cool point of view to be like, ‘My heroes are still innocent. My heroes didn’t lie to America. My heroes didn’t embezzle money. My heroes didn’t commit any atrocities.’ I’m like, ‘That’s cool, but you’re living in a fucking dream world.’ The cool thing is like mythologically speaking, I’m 100% fine—and by the way I love more than anything Superman and Batman—but in the same way that Alan Moore was fed up with the fucking like, ‘Okay no, they do this,’ clearly this is a response. Watchmen talks about comic books in the same way that this movie talks about comic book movies, but it talked about comic books at their most—they were broken, so he was just addressing that. The thing with comic book movies is—and you know I’m a fan, I go and see them, I love ‘em…”

Moore a une approche infiniment moins putassière que Snyder.
Il questionne le fond comme la forme.
C’est ce qui fait de Watchmen une œuvre majeure de l’Histoire de la bande dessinée.
Majeur, le Watchmen de Snyder ne le sera jamais, sous quelque forme que ce soit. Déjà parce que les questionnements propres à la forme, il ne peut leur donner corps dans son adaptation. Ça réduit considérablement la pertinence du film.

Surtout, faire de la capacité d’un personnage à tuer une réponse à la naïveté des lecteurs, voire des comics, c’est oublier ce que sont justement les comics. The Dark Kinght Returns n’a pas proposé une vision mignonnette de Batman. Et pourtant, les lecteurs et la critique ont adhéré. Pourquoi ? Parce que Miller fait ici aussi un travail sur le fond et la forme. Un travail d’auteur.

Et, par exemple, le All-Star Superman de Morrison dépasse de loin tout ce que Snyder peut et pourra imaginer.
Mieux vaut écrire des histoires inspirées que des récits dont le « réalisme » repose sur une perception faussée de ce que fait la modernité d’un comics.

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Je dirais que c’est valable pour Snyder également ; s’il y a des aspects subversifs majeurs au travail de Moore sur « Watchmen », je les situerais sur le point précis de la question de « l’homme providentiel », un concept que Moore dézingue puissamment à travers ce récit. Sur le genre même du comic de super-héros, Moore ne dit pas autre chose que si l’idée est valable et séduisante dans le cadre d’une fiction (la fameuse « statue idéalisée de nous-mêmes », une description qui va à ravir à un Superman par exemple), c’est une catastrophe dans la « vraie vie ». Sur le plan politique, l’application de ce principe est à chercher du côté des penchants anarchistes de Moore : n’attendons pas l’homme providentiel, c’est une fable, il va falloir nous débrouiller nous-mêmes.

Tout ça est totalement absent de la vision de Snyder ; je n’en conclue pas que son « Watchmen » est totalement inepte (moi je ne l’aime pas pour des tas de raisons, mais ça ne veut pas dire que ça n’est pas un bon film), mais j’en conclue par contre bien volontiers que c’est une très mauvaise adaptation du matériau d’origine…

Il me semble tout de même que la question de l iconisation est un gros soucis dans l adaption que propose snyder.

Le film version salle n est pas désagréable à voir mais difficile d y lire un propos, il me semble.

Principalement parce qu’il se sert de la BD comme d’un storyboard.
Et que contrairement à 300, il n’y a pas de véritable problème d’ellipses à régler en passant d’un médium à l’autre avec Watchmen. L’adaptation en devient donc très littérale. Tu appelles ça « respect de l’œuvre » et ça passe comme une lettre à la Poste.
Sauf que le public ne suit pas…