Discutez de Xenon
J’avais suivi la série quand elle avait été traduite par Semic, mais cette version n’avait pas duré, quatre numéros seulement.

Depuis, je n’ai pas repris, mais j’aimais bien. J’en garde un souvenir agréable, en tout cas.
Jim
J’aimais bien les titres de Masaomi Kanzaki, à l’époque… Mais ça fait longtemps que je n’en ai pas lu, et je ne suis pas sûr que mon ressenti serait le même aujourd’hui.
En tout cas, tu déterres vraiment une vieillerie, là.
Tori.
Je passais par là… j’ai vu de la lumière…
En fait, le titre était juste à côté d’une référence franco-belge que je déplaçais, donc j’ai mis le nom et ça a remonté la discussion.
Je ne suis plus du tout lecteur de manga, mais j’en ai lu quelques séries au début de « l’invasion », et j’en ai souvent gardé de bons souvenirs.
Jim
je sais donc d’où vient le nom de mon shoot préféré sur atari st qui est sortie en 88
Petite question, pour être sûr de ne pas comprendre de travers…
L’édition Panini en quatre tomes, il y a vingt ans, elle est complète ?

Jim
Oui et non.
L’édition reprend la série en entier, mais il n’y a pas de fin, car la série s’est interrompue au Japon.
Une suite est sortie quinze/vingt ans plus tard, intitulée Xenon 199X R.
Tori.
Ah, étonnant.
Une raison expliquée ?
Je lisais les commentaires autour de Flag Fighter, du même Kanzaki, et j’ai cru comprendre que la fin n’est pas satisfaisante non plus, trop vite expédiée. Kanzaki serait-il abonné aux conclusions inopinée ?
Par Kanzaki aussi ?
Jim
Le manque de succès de la série. Comme tu le sais probablement, les Japonais ont, dans les magazines de prépublication, des bulletins à remplir pour classer les séries dans leur ordre de préférence (moyennant des cadeaux à gagner, afin de motiver l’envoi dudit bulletin). Quand une série est en tête, elle a l’honneur de la couverture, est placée en début de sommaire, a droit à des pages couleur, etc. quand elle est en queue, en revanche, elle s’arrête et est remplacée par une nouvelle…
Je pense aussi que ce n’est pas facile, quand tu as toute ton histoire en tête, de l’arrêter plus tôt que ce que tu avais prévu… C’est aussi pour ça que beaucoup d’histoires fonctionnent par arcs, je pense : ça permet de préparer des portes de sortie.
Oui.
À la fois au scénario et au dessin, toujours.
Tori.
Cruel.
Et dommage de faire l’équivalent de quatre volumes et de ne pas pouvoir conclure décemment.
Et il a pu conclure ?
Jim
Ah, ça, le monde de l’édition (particulièrement au Japon) l’est…
Il semblerait…
Mais la série se poursuit dans une autre suite intitulée Xenon - Blue Buck, dont je n’ai pas réussi à savoir si elle était terminée ou interrompue…
Tori.
Tiens, j’ai relu les quatre numéros de la version kiosques parue chez Semic en 1996, et que je crois avoir acheté à l’époque (il ne me semble pas les avoir traqués chez les bouquinistes, malgré mes finances limitées à l’époque…).

C’est d’ailleurs marrant, parce que j’étais persuadé que c’était plus ancien. J’associais cette sortie plutôt au début des années 1990, disons avant mon service militaire (1994). Et pas tellement à la période qui suit, durant laquelle ne n’avais pas beaucoup de ronds. J’ai du mal à me rendre compte si 22 francs, c’était beaucoup pour le lecteur que j’étais à l’époque. J’imagine que oui…
Bref, c’est sympa. Une grosse histoire de cyborg issu d’expériences militaires, poursuivi par différentes parties et à la poursuite de ses souvenirs dans un premier temps puis de ses créateurs. Ça bastonne, c’est parfois un peu confus, pas tant dans la restitution des scènes de combat que dans l’enchaînement des chapitres, qui semblent parfois jouer les ellipses radicales ou la narration non linéaire (ou alors, y a un souci dans le découpage…).

Le personnage est un jeune homme, Asuka Kano, disparu depuis longtemps (ce qui laisse penser à un enlèvement). Autour de lui gravitent différents personnages, qui sont tous, de près ou de loin, liés soit à sa vie estudiantine oubliée, soit au complot gouvernemental dont il a été le cobaye. Ça donne à l’intrigue une allure de vaste coïncidence un peu facile, comme est facile le surgissement soudain de ses souvenirs, dont pourtant Kanzaki fait grand cas dans son entame.

Bref, c’est sympa, un peu léger, totalement dans la tradition du super-héros technologique à la japonaise, qui retourne contre ses créateurs l’arme qu’ils ont rêvée. Ce qui pèche, c’est la fabrication. On sent que les éditions Semic, qui n’ont plus le flair éditorial du cartel Navarro-Vistel et qui ne sont pas encore rachetées par Tournon (ça ne saurait tarder), naviguent un peu à vue, et ça se sent dans la gestion des étapes de fabrication : trois lettreurs et trois traducteurs pour quatre numéros. Les polices utilisées changent, certains noms d’équipement du cyborg aussi, ce qui fait tache.

Dans le même ordre d’idées, la fabrication de l’objet n’est pas terrible : la couverture est un peu trop rigide, sans rainage (je crois que c’est comme cela que l’on appelle la pliure de la couverture à hauteur de la reliure), ce qui fait qu’en ouvrant, la colle tire sur les cahiers intérieurs et fait gondoler les pages (ce qui fragilise l’ensemble : le premier numéro se détache facilement…). Ça s’arrange un peu avec les numéros 3 et 4, la quatrième livraison arborant un rainage très propre et un équilibre réussi entre le grammage intérieur et celui de la couverture. C’est très agréable à lire.
Hélas, même si le cinquième numéro est annoncé, il ne paraîtra pas (pas plus que le cinquième Mai the Psychic Girl, paru aussi chez Semic au même moment). Tout cela sent la précipitation, l’arrêt inopiné, en écho avec la volonté de coller, tardivement, à la mode manga sans réellement avoir pensé les produits. Dommage, car dans l’idée, cette tentative était intéressante.
Jim
