Jim_Laine
(Jean-Marc Lainé)
Mai 11, 2026, 6:33
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J’ai relu sa série Ringo récemment, qui s’étend sur une plus longue période que, mettons, Ramiro , donc on voit l’évolution de son style. Et vraiment, « Trois salopards dans la neige », c’est une sacré leçon d’encrage.
Tu peux aller sur ce sujet, j’y ai laissé pas mal de commentaires. Mais y a plein d’autres séries qu’il a illustrées avant XIII et avec un peu moins de raideur, je trouve.
La dernière partie de l’intégrale est consacrée à l’aventure « Trois salopards dans la neige », premier album publié par Dargaud après les deux livraisons au Lombard. Il s’agit du remontage d’une aventure publiée dans Tintin Sélection #34 à 38, en 1976-1977. Bref, la belle période de Vance.
Le principe est simple : une diligence s’est perdue dans une tempête de sable, et la Wells Fargo diligente Ray Ringo afin qu’il retrouve l’équipage, ainsi que la passagère, fille de sénateur, et la cargaison, une grande quantité d’or. Ce qui s’apparente à une opération de sauvetage se mue rapidement en bataille, quand un petit gang de bandits mexicains, qui passaient par là. Le récit déroule des fusillades, des trahisons, des alliances, en cinq chapitres écrits par William Vance pour le premier et André-Paul Duchâteau pour les quatre suivants.
Je suis retombé récemment sur des planches du troisième album, Trois salopards dans la neige . Mais ces pages, je les ai lues dans un Tintin Sélection , où elles figurent en noir & blanc, et c’est magnifique.
Si la version colorisée est assez belle (exécutée par Petra, l’épouse du dessinateur), les pages en noir & blanc mettent en valeur le travail d’encrage de Vance, notamment sa manière de restituer le vent et la neige, avec de nombreux retours de blancs qui fonctionnent à merveille avec son encrage sec et cassant.
J’aime beaucoup le Vance de cette époque, nettement plus vivant et vigoureux que celui de XIII , série dans laquelle les automatismes s’installent. Sur ses différentes séries historiques, il éprouvait encore le besoin d’explorer des techniques et des formes.
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La dimension graphique rend cet épisode vraiment formidable. C’est un tour de force en matière de dessin, d’ambiance, de claustrophobie. Les personnages sont réduits à l’état de masses d’ombres écrasées et zébrées de traces blanches simulant le vent et la neige. Comme Vance lui-même l’explique dans une citation reproduite dans la préface, il recourt souvent à l’usage d’un cutter, dont la pointe de la lame vient érafler l’encre et gratter le papier, soulevant la couche supérieure de la feuille, ce qui confère un côté granuleux à ces hachures blanches : une technique que j’ai déjà repérée chez John Romita ou Don Heck, entre autres, peut-être aussi chez Mathieu Lauffray. Vraiment, un épisode qui tient essentiellement sur le dessin.
Jim