@n.n.nemo, ça part demain.
Aie
Merci
Ils sont magnifiques !!!
C est par chronopost ?
Euh … j’ai pas regardé
Superbe édition. Papier adéquat, plaisir du toucher en plus de correspondre à la mise en valeur des couleurs.
Et toutes ces notes, bonus, passionnantes.
S’y apprend certes l’histoire éditoriale des séries mais s’y entraperçoit surtout l’auteur qui donne quelques clefs de son processus créatif, comme on dit.
Un grand émotif, pas tant par la force de son amour puis de son rejet pour ces séries lorsqu’une trahison survient, mais par ses atermoiements et culpabilités, ici cherchant à y revenir, là désespérant de ne pas y arriver.
Il explore en témoin ses propres affres créatives. Avec minutie et du point de vue divisé du spectateur impuissant et du corps souffrant.
Pourquoi s’y arrêter ? Parce que cette forme dichotomique épouse le rapport de BWS à ses personnages. Il les laissent vivre. Parfois, il est en communion avec eux, parfois non. Il les sens et parfois ils ne sont pas là ni dans son dessin ni dans leur parole.
Ainsi, BWS commence par les dialogues. Il a l’inspiration d’une scène (peut être par quelques images, un lieu, une situation peut être par nécessite de l’histoire, ce n’est pas très claire) puis il s’interroge sur son intérêt, sur ce qu elle permettra de devoiler comme facette de ses personnages et il leur céde alors plus ou moins la place. Cela commence par les dialogues, apprend t on, la voix et les lettres, et les corps viennent après avec leur gestuelle qui sont le point essentiel pour lui à l’en croire.
BWS note l’opposition immédiate entre cette manière de construire une bd et la méthode marvel. Et cela pourrait condenser toute l’ambition de ces séries : que les dialogues et à travers eux ses personnages échappent à une nécessite formelle dictée par l’action.
La mise en place, la scène d’introduction, qui signe un point de vue narratif en découpant le temps de façon logique, provoque chez BWS un rejet profond, un véritable dégoût.
Le temps narratif, découpé en fonction d’un événement ou d’une action, est simplement insupportable pour BWS. La découpe du temps est synonyme chez lui de fausseté et d’infantilisme.
Le dessin et les corps sont là pour incarner un dialogue sans fin, un dialogue et non une histoire. Ce serait là pour lui le signe d’une bd devenue adulte. L’histoire ainsi fluctue, se construit éventuellement comme sur des surprises produites par les scènes.
Je n’ai jamais vu Semfield mais les commentaires que j’en ai lu me laisses croire qu’il y aurait ici une rencontre avec l’ambition narrative de BWS. Et plus qu un forme antimarvelienne, je dirais que BWS est l anti morrison qui lui fonde sa narration sur l ellipse, la coupure et non le continu.
On résume : le rythme est fixé par le dialogue, l’histoire ne doit jamais découper la narration en évitant ainsi toute action, tout avant et tout après. Un présent perpétuel de mot et de corps en mouvement.
Cette forme narrative etait pour BWS son ambition et une ambition qu’il jugeait capable de redéfinir ce qu’il etair possible de faire en BD.
L’annonce de l’arrêt du titre vint couper ce dialogue sans fin. Retour de l’acte dans la narration. L’arrêt etait conceptuellement antinomique avec la narration de BWS.
Alors est ce que l’ambition de redéfinir le possible en bd est atteint ? Sans doute pas, en ce sens que cette narration est si intime à BWS qu’elle n’est pas forcément duplicable par d’autre.
Pour le plaisir de lecture, c’est autre chose, c’est un plaisir unique trouvable qu’à la lecture de BWS. Il y a déjà dans Storyteller ce qui fera la spécificité de Monster. Les scènes sont donc étendues au delà de tout raisonnable. Mais y a il seulement « les scénes » ?L’histoire ne commence jamais vraiment, elle se dessine dans les aléas d’une première et unique scène qui ne finit jamais. Que l’on passe d’une scène à une autre, ce sera toujours une première scène, une unique scène sans jamais aucune ellipse.
Si Monster visait l’horrible, Storryteller est léger et plein d’humour, mais le plaisir de lecteur est similaire. Et unique, une dilatation propre à BWS.