007 : SKYFALL (Sam Mendes)

[quote=« Guy Gardner »]
Tu parles de déconstruction établie précédemment, mais non, j’appelle ça des changements de points de vue, on a orienté la saga Bond ailleurs, mais en préservant globalement son identité, la période Dalton va plus loin dans la retenue amorcé après le trop délirant Moonraker et on veut faire de Bond le tueur froid qu’il peut être dans les bouquins, mais ça a toujours la patte Bond, au final.
(…)
Dans Goldeneye, oui, il y a ce procédé la qui est mis en jeu au début du film qui sert d’une part à tourner la page sur la guerre froide qui avait largement alimenter la saga et aussi a replacer Bond qui avait eu une longue absence sur les écrans, on nous fait croire qu’il est dépassé, [/quote]

Goldeneye est le premier film de la saga officielle a énoncer un point de vue sur le personnage. C’était déjà en germe dans Permis de Tuer (et à ce titre, je trouve que Permis de Tuer et Goldeneye, malgré le changement d’acteur et les années qui les séparent, composent un réel diptyque dont le sujet c’est les travers et les limites du MI-6…), mais c’était dans l’action, pas tellement dans les dialogues. Goldeneye comprend des dialogues qui définissent littéralement Bond.
C’est le premier film à faire ça (on ne comptera pas les scènes à visée humoristiques des Diamants sont éternels, par exemple, qui tendent à ridiculiser Bond et à en faire une brute de terrain, ce qu’il est, en définitive : là, c’est plus de la caractérisation de personnage que du point de vue), le premier film à avoir un point de vue sur le personnage, et à ne pas l’accepter tel qu’il est, comme argent comptant.
(En fait, le premier film Bond à amener un discours sur le personnage Bond, c’est l’apocryphe, Jamais plus jamais, qui pour le coup montre un espion vieillissant et pas réellement intéressé par sa mission. Mais bon, son statut de métrage pirate facilitait, à l’époque, ce genre de commentaires. Aujourd’hui, alors qu’on télescope tout et qu’on fait des commentaires dessus parce que c’est « post-moderne » et parce que c’est cool, c’est monnaie courante).
Et donc, pour en revenir à Goldeneye, c’est le premier film à avoir un point de vue presque externe au personnage. C’est lié autant au fait que le Mur de Berlin était tombé qu’au fait que les Broccoli sortaient d’années de guerre juridique. La vision du personnage ne pouvait en être que moins naïve.

[quote=« Guy Gardner »]sauf que, il revient bien et au final, on n’efface pas tout les codes de la série, déconstruire Bond, pour le ramener, c’est le postulat, pas le film.
Dans Skyfall, on pourrait dire que l’on a aussi ce schéma la, sauf que la promesse de revoir Bond, elle est pour les épisodes suivant, c’est de l’expectative.[/quote]

Dans la période Dalton/Brosnan, on est en plein dans la continuité. Avec la période Craig, on est dans un reboot. Mais pas un reboot franc, clair, net, tranché. Un reboot qui s’inscrit dans la continuité (même M, par exemple, mais également l’Aston Martin de Skyfall, qui induit que la continuité précédente n’est pas effacée : c’est pas aussi tranché que le reboot de Star Trek, mais ça procède d’une logique fort voisine…). Là encore, c’est un peu ce qu’on disait au post précédent : les vieux fans qui connaissent bien savent que c’est un reboot. Les spectateurs moins avertis, non. Et je crois que pour les deux catégories de spectateurs, les films fonctionnent. Les entrées semblent suffisantes, sinon, ils n’auraient pas procédé ainsi, et auraient déjà changé le braquet.
Et donc, dans cette perspective de reboot, on trouve un James Bond qui n’est pas encore l’espion majestueux que l’on connaît. Il est en construction. Et il passe par des étapes qui vont constituer la combinatoire classique (dont il me semble que c’est Umberto Eco qui avait évoqué le truc) : Felix Leiter, le cocktail Martini, les gadgets, les smokings, Q, Moneypenny, et jusqu’aux jeux de mots pourris.
Alors oui, trois films à se construire. Mais ma foi, pourquoi pas. Personnellement, j’ai rien contre. Pour moi, c’est trois bons films d’action, trois bons Bond (avec un creux de la vague au milieu, mais ça va, hein, c’est pas un gouffre…).

[quote=« Guy Gardner »]
Quand j’entends pas mal de gens affirmer qu’ils n’aiment pas les James Bond, mais qu’ils aiment cela, je crois que ça confirme cette impression que j’ai de ne pas être devant ce qu’on peut attendre de la franchise.[/quote]

Oui, mais ça, c’est quelque chose qu’on finisse tous par ressentir sur des héros / licences / franchises / univers qu’on aime. Moi, le Batman qui fait courir tout le monde au cinéma ou ailleurs, ce psychopathe à la voix éraillée qui s’habille tout en noir, il m’emmerde. Pour moi, c’est pas Batman. Parce que pour moi, Batman c’est un enquêteur en costume bleu nuit. C’est les planches de Don Newton. C’est les scripts de Conway ou de Moench. C’est une atmosphère de whodunnit teintée de pulps. Sauf que justement, « mon » Batman n’est pas « le » Batman, qui est plus complexe, plus universel et plus protéiforme.
J’imagine que James Bond, c’est un peu pareil.

Et la séance de torture sur la chaise percée (dans Quantum of Solace ou dans Casino Royale, je ne sais plus), directement empruntée au roman Vivre et laisser mourir (qui contenait aussi la scène du requin du film Permis de Tuer, c’est dire le sadisme tranquille et souriant des bouquins de Fleming…), est quand même un signe clair que la production et les scénaristes veulent renouer avec les bases littéraires du personnage, à savoir une brute épaisse, un combattant endurant, un tough guy qui encaisse aussi violent qu’il assène.
(Et j’y repense : Quantum of Solace s’ouvre sur une poursuite en voiture, au volant de quoi ? D’une Aston Martin ! Pas celle des années 1960, mais un modèle sportif noir récent. Le message est clair : c’est le même Bond, mais il évolue avec son époque. De même qu’il change d’arme, il change de modèle de voiture. Mais pas de marque. James sera toujours James.)

Mais il est clair que dans nos années 2000, John McClane, Jack Bauer et Jason Bourne sont passés par là. L’humour dandy à la Roger Moore ne fonctionne plus. Déjà chez Dalton, on sentait le côté salissant des missions. Et là, avec Skyfall, Bond est vraiment en mode McClane. Mais même James T. Kirk est sous l’influence de McClane. Les choses changent, les héros évoluent avec le contexte. Batman a changé aussi, pour reprendre un exemple banal…
Que Bond soit sévèrement « bourné », moi, personnellement, j’ai rien contre.

[quote=« Guy Gardner »]

Euh, non, pas du tout, vu que c’est abordé assez rapidement, le fond de la question c’est plus le complexe d’œdipe non résolu du méchant.[/quote]

Mais c’est particulièrement lié. M dit que les orphelins font les meilleurs agents. Et que le méchant était l’un des meilleurs agents. Il a un parcours similaire à Bond, recruté de la même manière.
Autre exemple, la véritable raison du retour de Bond procède de la même logique : sans son boulot, sans son permis de tuer, sans M, sans son parent de substitution, il n’est rien, il n’a ni but ni vie.
Lui aussi souffre du même complexe, il fait un transfert. Somme toute parce que sa vie se réduit à une fonction, celle du tueur assermenté. Sans ça, il n’est rien. Abandonné à l’ennemi ou abattu par ses propres services, s’il s’en sort, il ne sait plus quoi faire, à part focaliser sur l’illusion que le MI-6 a créée autour de lui.
C’est le versant psychologique d’une structure narrative classique dans les récits d’action (guerre, espionnage, thriller…) contemporains (et occidentaux, j’aurais tendance à rajouter) : on fabrique une machine à tuer, puis on l’abandonne ou on s’en débarrasse, et là, c’est le drame. De Rambo à Jason Bourne (en passant par Jack Bauer, Bruce Banner et plein d’autres…), c’est toujours la même chanson. Sauf que là, la dimension psychologique permet de mettre en avant le bourrage de crâne des services secrets, et le recrutement qui joue sur des cordes affectives.
Et ça, je trouve ça vraiment intéressant.

Jim

j’ai rien vu des films donc ma question est sincère mais n’y a t il pas une incompatibilité entre les james bond et le bourne rendant le mixage des deux forcéments dénaturant.

Après tout pour Bourne, dans les films en tout cas, il suffit qu’il sorte de cette illusion des services secrets pour avoir une vie à lui et c’est bien ce que lui refusent ces services secrets.

Bref Bourne à ce niveau, c’est tout le contraire de Bond, quelqu’un qui des qu’il prend du recule n’adhère pas au monde qui l’a produit.

Bond ne m’a jamais semblé en opposition fondamentale avec sa mission, ce que Jim souligne d’ailleurs.

Donc pour peu qu’il y ai un lien entre la réalisation des films bourniens (camera subjective, rapidité, chaos, conflit) et cette singularité de bourne, appliquer cela à Bond ne peut que donner un tout bancal,non ?

[quote=« n.nemo »]j’ai rien vu des films donc ma question est sincère mais n’y a t il pas une incompatibilité entre les james bond et le bourne rendant le mixage des deux forcéments dénaturant.
(…)
Donc pour peu qu’il y ai un lien entre la réalisation des films bourniens (camera subjective, rapidité, chaos, conflit) et cette singularité de bourne, appliquer cela à Bond ne peut que donner un tout bancal,non ?[/quote]

Je crois surtout que c’est purement formel, comme approche. Bond qui saute d’un immeuble à l’autre en passant par la fenêtre, c’est purement bournien (le Bourne du cinéma, je précise, j’ai pas encore lu la saga en roman…). Les poursuites des trois films récents sont bourniennes.
Mais comme la poursuite en camion de la fin de Permis de Tuer devait à l’époque beaucoup à Piège de Cristal : sueur, crasse et suie, vêtements déchirés et épuisement total. Quand à la dette de Goldeneye à 58 Minutes pour vivre, elle est évidente.

Mais, ma foi, des personnages au sein d’un même genre s’influencent les uns les autres, c’est évident. X-Force a influencé StormWatch qui a influencé Authority qui a influencé les Ultimates / Avengers… Et les personnages continuent à exister, somme toute. Transformé, mais là.
Et au final, un Bond plus teigneux, plus salaud, plus suant, me semble plus proche du personnage de Fleming que du personnage de Broccoli. Et j’aime bien.

Jim

Tiens, du coup, ça m’a donné envie de revoir Quantum of Solace, que je connais encore assez mal, et je note quand même des dialogues qui jouent à fond sur l’identité de M en tant que substitut maternel. Avec ironie, un peu cruelle d’ailleurs, mais c’est là. Comme quoi, c’est dans le projet, à long terme.

Jim

Ça y est, Jim finit par discuter avec lui même.

:mrgreen:

La relation M/Bond de ces opus là, je la trouve insupportable.
(En plus d’être hors de propos avec ce que doit être le personnage de Bond, pas un héros avec un complexe de castration œdipien donc)

Ça aussi, je trouve ça gênant et c’est encore une démonstration du cul entre deux chaises de la production, on veux faire du reboot en reprenant la 1ere mission en réintroduisant des personnages comme Leiter et d’un autre coté comme tu le rappel on renvoi à l’ancien avec l’Aston Martin, Bond serait usé (donc, il n’est pas débutant comme on nous le faisait comprendre), M reste la même actrice…
Pour le grand public qui ne se pose pas de questions, ça passe, pour les autres, on peut se demander quelle est la réelle continuité abordé au final.

Star Trek au contraire a eu une super idée en faisant un vrai reboot et en conservant la mythologie originale avec une astuce de science-fiction, on reste donc cohérent avec la franchise en respectant tout le monde de ce point de vue là.

Pour les entrées, méfie toi, quand même, c’est pas toujours parlant, Quantum of Solace a fait un score pas mal, malgré une mauvaise réputation (il a plus chuté que Casino Royale d’ailleurs), parce que bon, si la Franchise est toujours d’actualité c’est que les producteurs savent qu’ils ont un nombre d’entrées minimum assurés a cause des fans de la saga.
(Et j’en fais connement parti, je suis au moins curieux de voir ce qu’ils en font, bon pour celui, je ne regrette pas trop au moins pour quelques scènes bien foutus).

Et je précise aussi que voir 3 films pour en arriver là m’énerve, c’est aussi parce que, je trouve Casino Royale Bof/Pas terrible, Quantum of Solace nul à chier (mais vraiment, le pire film d’action que j’ai vu depuis 20ans avec Die Hard 4) et celui là, raté, qui a une jolie forme et un fond moins malin qu’il en a l’air.

A te lire, on a l’impression de voir des Underworld ! :mrgreen:

C’est marrant ça, je suis fan de James Bond, je n’ai vraiment pas apprécié les Brosnan (notamment à cause des dialogues, mais je en vais pas revenir là-dessus, sinon, on en aura encore pour 3 pages avec Jim :mrgreen: ) mais j’ai beaucoup aimé les deux premiers opus de Craig (entre autre pour les raisons évoqués par Jim)

D’un autre côté, on porte Connery aux nues, mais je viens de revoir les Diamants sont Eternels, et c’est quand même le premier Roger Moore, quand on y regarde de près (la poursuite en jeep lunaire, mon dieu, quoi)

(par contre, revu aussi le premier Dalton, Tuer n’est pas Jouer, que je trouve encore vachement solide, et en effet, on sent bien déjà la volonté de remettre la franchise sur les rails)

[quote=« soyouz »]A te lire, on a l’impression de voir des Underworld ! :mrgreen:

C’est marrant ça, je suis fan de James Bond, je n’ai vraiment pas apprécié les Brosnan (notamment à cause des dialogues, mais je en vais pas revenir là-dessus, sinon, on en aura encore pour 3 pages avec Jim :mrgreen: ) mais j’ai beaucoup aimé les deux premiers opus de Craig (entre autre pour les raisons évoqués par Jim)[/quote]

Je ne vois pas trop le rapport, mais je prefere les Underworld aux Bonds de Craig (avec le 3 du niveau de Quantum of Solace)

Ben, être fan de James Bond, n’empêche pas d’aimer seulement les bons, hein.
Les Brosnan ne sont pas terrible, malgré la présence d’un acteur qui je trouve arrivait a synthétiser un peu les périodes Connery/Moore/Dalton a lui tout seul, dans mes souvenirs, Goldeneye je le trouve sympatico-grotesque, Demain ne meurt jamais, j’aimais bien pour le coté asiat’ (j’ai peur de le revoir), Le monde ne suffit pas, c’est super naze et Demain ne meurt jamais, je trouve que la première partie fonctionne bien, mais que ça devient n’importe quoi sur la fin.

[quote=« Nikolavitch »]D’un autre côté, on porte Connery aux nues, mais je viens de revoir les Diamants sont Eternels, et c’est quand même le premier Roger Moore, quand on y regarde de près (la poursuite en jeep lunaire, mon dieu, quoi)

(par contre, revu aussi le premier Dalton, Tuer n’est pas Jouer, que je trouve encore vachement solide, et en effet, on sent bien déjà la volonté de remettre la franchise sur les rails)[/quote]

Ben oui, les diamants sont éternels c’est le moins bon (avec Dr no qui peine à trouver ses marques) et il porte bien les scories des prochaine productions Moore, mais bon, je trouve que ça se regarde.
Donc, bon, si tu veux revenir sur la période Connery, c’est plus le super enchainement de Bons Baisers de Russie à On ne meurt que deux fois qu’il faut attaquer.

Et je me refais la série en H.D., j’ai aussi revu Tuer n’est pas jouer hier soir, je le trouve assez surestimé, on parle surtout de Permis de Tuer mais celui ci est assez solide oui et j’aime beaucoup le jeu de dupes qui s’effectue entre tout les parties, chacun essaye de manipuler l’autre en gardant une partie de la vérité pour lui, c’est une partie de l’espionnage qui je trouve manque dans les Bond.

[quote=« Guy Gardner »]Ça y est, Jim finit par discuter avec lui même.
[/quote]

Depuis quarante-deux ans.
Un vrai drame.

Jim

[quote=« Guy Gardner »]
La relation M/Bond de ces opus là, je la trouve insupportable.
(En plus d’être hors de propos avec ce que doit être le personnage de Bond, pas un héros avec un complexe de castration œdipien donc)[/quote]

Ça me semble tellement cohérent avec l’image du dragueur queutard impénitent incapable d’avoir une relation suvie, pourtant…

[quote=« Guy Gardner »]
Pour le grand public qui ne se pose pas de questions, ça passe, pour les autres, on peut se demander quelle est la réelle continuité abordé au final.[/quote]

En même temps, depuis qu’on change d’acteur et depuis que George Lazenby a regardé la caméra en disant « ça, ça n’est jamais arrivé à l’autre » (scène qui est désormais coupée de la « version officielle » et des diffusions télé), la continuité, c’est plus un concept, une idée, qu’un état de fait.

Moi, je le déteste pas, le Die Hard 4, parce qu’il joue franc-jeu avec le vieillissement du héros. Contrairement à l’Indy 4 qui, pour le coup, en plus d’être mal écrit et mal dialogué, fait semblant d’être un film de jeunes alors que tout, du jeu d’acteurs à la caméra, respire la vieillesse. Die Hard 4, au moins les scénaristes ont eu la politesse d’inclure cette donnée dans le récit.

Moi, je les aime bien. J’aime beaucoup Goldeneye, malgré plein de petits détails, parce que les scènes d’action sont cools, parce que c’est Sean Bean en méchant (et depuis Jeux de Guerre, j’adore Sean Bean), et parce que, justement, le film développe des thématiques « nouvelles » pour la franchise cinématographique : relecture du personnage, menaces surgies du passé…
C’est d’ailleurs une constante dans ces quatre films, le passé rattrape le héros (ce qui semble logique : il est défini comme un personnage d’une autre époque, donc il n’est pas adapté, donc c’est les traces qu’il a laissée qui lui rebondissent au museau) : dans Goldeneye, il affronte un ancien agent 00 ; dans Demain ne meurt jamais, c’est un ancien amour qui ressurgit ; dans Le** Monde ne suffit pas** (qui joue aussi sur la continuité, car le titre est la devise familiale, aperçue déjà dans Au Service secret de sa Majesté), c’est une vieille affaire liée à M qui a de fâcheuses conséquences ; et dans Meurs un autre jour (film qui joue sur l’identité de Bond en faisant des clins d’œil à l’ornithologue), c’est aussi une affaire pas réglée qui refait surface).
Et c’est vachement intéressant, parce que, au final, c’est très logique et ça s’inscrit dans une évolution au long cours. On sait que Bond, dans la version cinématographique (mais aussi dans la version roman) n’est pas un espion discret. Ses couvertures sont dévoilées très vite, il ne passe jamais inaperçu, il marche toujours sur une brindille quand tout le monde se tait… Bref, il laisse des traces. Et visiblement, il laisse des traces depuis des années. Des gens qui ne l’aiment pas, des affaires qu’il n’a pas réglées.
Et tout le run de Brosnan tourne autour de cette idée : Bond n’est pas un espion. Si c’est un agent, il n’est pas secret. C’est un homme de main, grosso modo, qui enfonce les portes bruyamment pour créer des effets de surprise. Un gorille, une arme dont les services anglais se servent pour faire bouger les choses. Un instrument, rien d’autre. Et même si tout le monde (même les ennemis) sait qui il est, c’est pas réellement grave, puisque, d’une certaine manière, on envoie Bond au casse-pipe.
Le fait qu’il le sache et qu’il l’assume depuis la période Brosnan me semble servir de tremplin à la période Craig.

Jim

c’est clair que dans les Craig (en tout cas les deux que j’ai vus), Bond est un pit-bull, le bulldozer qu’on lâche pour qu’il fasse du bruit et fasse sortir le loup du bois pour lui sauter à la gorge. du coup, c’est un des éléments que j’ai bien aimés dans Quantum (même si le film est incroyablement bancal) : M assume le côté bulldozer du perso jusqu’à un certain point. et même si elle gueule quand il dérape, elle joue du côté incontrôlable dans un esprit de « maximum deniability » : « oui, il bosse pour nous, mais il part en couilles, c’est pas notre faute ».

(après, on parlait de Connery, et On ne vit que deux fois est un de mes Bond préférés, en effet)

Moi y’a quand même quelques trucs que j’ai pas compris…

On nous présente James Bond comme un vieux qui n’est plus tellement opérationnel… Il a même loupé ses tests d’aptitudes (bon, peut-être à cause des 3 mois de pause ?)
Alors faut qu’on m’explique le « retour arrière » avec M et Moneypenny à la fin…

HELP !!

(oui, c’est vachement moins intello que vos discussions précédentes ^^)

[quote=« Tzara »]Moi y’a quand même quelques trucs que j’ai pas compris…

On nous présente James Bond comme un vieux qui n’est plus tellement opérationnel… Il a même loupé ses tests d’aptitudes (bon, peut-être à cause des 3 mois de pause ?)
Alors faut qu’on m’explique le « retour arrière » avec M et Moneypenny à la fin…

HELP !!

(oui, c’est vachement moins intello que vos discussions précédentes ^^)[/quote]

C’est pas tellement le fait qu’il soit vieux, mais qu’il ait développé une addiction à l’alcool et un peu aussi aux médicaments qui nuisent à ses réflexes et à ses performances. Pour le retour en arrière, j’ai l’impression que les films font un redémarrage partiel depuis Casino royal tout en gardant certains éléments présents avant (Judi Dench). C’est une « redéfinition » du personnage avec une « nouvelle » continuité. C’est ce que j’ai compris en voyant Skyfall alors que je n’ai pas vu les précédents (la mort de Judi Dench coincide avec le lancement d’une nouvelle ère au MI6, mais ça n’a pas vraisemblement de lien logique avec les films antérieurs à Daniel Craig). Je crois qu’il faut juste le prendre comme une version actualisée qui conserve certains éléments d’avant pour redéfinir le cadre et la continuité dans lesquels évolue le personnage.

La scène a été réintégrée dans les éditions DVD/Blu-ray plus récentes, il me semble.

[quote=« Guy Gardner »]
Je ne vois pas trop le rapport, mais je prefere les Underworld aux Bonds de Craig (avec le 3 du niveau de Quantum of Solace)[/quote]

Rien à voir en effet, private joke vis à vis d’un autre topic (j’aime pas les Underworld :mrgreen: )

Oui, je ne pense pas avoir dit le contraire. C’est surtout pour répondre à ça :

:wink:

j’ai pas insinuer que t’avais dis l’inverse ou autre chose allant dans le sens contraire.

Ah d’accord ! (je vais arriver à comprendre … un jour ! :mrgreen: )

Je l’ai vu vendredi soir et avis un peu mitigé, tout comme le film, qui semble un peu avoir le cul entre deux chaises.

Jusqu’içi, les films du *reboot *nous avaient présentés un Bond brut de décoffrage, sans aucun des atours habituels de la série. Sous le prétexte de revenir aux origines tout en modernisant, les scénaristes avaient évacués pas mal de figures imposées, les gadgets notamment. L’idée était alors de déconstruire, d’enlever toutes les couches pour arriver à la machine froide, efficace, presqu’inhumaine qu’est 007. Dès lors, la logique dans SKYFALL est facilement compréhensible. On s’ingénie à lui enlever tous ce à quoi il pourrait tenir, de ce qui reste de son passé (Skyfall) à la figure parentale la plus proche (M) en passant par des vestiges passéistes (l’Aston Martin). On comprend la logique et le film déroule ce programme d’une bien belle façon, la réalisation de Sam Mendes étant assez classieuse.

Ce qui me chagrine le plus au final, c’est cette fameuse scène finale. Pourquoi vouloir à ce point vider Bond de tout son attirail , pour lui recoller ensuite tout une partie du folklore (un nouveau M, Miss Moneypenny…). Je sais bien que c’est l’année des cinquante ans de la franchise et qu’il fallait sans doute des clins d’œil, mais ce retour en arrière alors que justement la franchise s’ingéniait à vouloir prendre une nouvelle direction me parait hautement acrobatique. La réponse se trouvera évidemment dans le prochain film. Convoquera-t-il de nouveau le folklore bondien ou restera-t-il dans la ligne épurée des deux précédents ?

Mais puisque je te dis que les deux premiers " Underworld " sont de bons films ! Pas les deux suivants , je te l’ accorde . :smiley:

Désolé , vous pouvez reprendre le cours normal de la discussion . Mince le dernier " Bond " que j’ ai vu remonte à…bin…j’ en sais rien en fait . :unamused:

Je connais la sortie , merki . :mrgreen:

J’en sors et j’ai beaucoup aimé. Je suis plutôt client que ça sorte un peu des bonderies répétitives qu’on a eu avec Brosnan (je suis incapable de mettre une intrigue en face d’un titre où il officie). Et puis les clins d’œil, ça me plait (faudrait que je regarde s’il y a des correspondances avec Silverfin)

Et j’ajouterai que j’ai beaucoup aimé le générique (bien foutu visuellement) et beaucoup aimé les couleurs (aspect que je ne remarque habituellement jamais)