Les épisodes 289 à 292 de Fantastic Four forment un tout, l’ultime arc narratif complet écrit et dessiné par John Byrne après six ans sur le titre. Byrne s’acquitte d’abord d’une « formalité » : la construction du nouvel immeuble des F.F. libère par inadvertance un super-vilain un peu oublié, le Basilic. À peine sorti de sa prison de pierre, le Basilic ne pense qu’à se venger de Spider-Man et de la Chose…mais il n’a pas le temps de faire plus de plans car il est abattu par un faux ouvrier qui ponctue son acte par un « Justice est faite » . Ces petites scènes revenaient régulièrement dans les séries de l’époque, ce personnage étant le « Scourge of the Underworld » (le Fléau de la Pègre), créé par Mark Gruenwald pour se débarrasser des vilains jugés « mineurs » (la saga du Scourge s’est terminée dans les pages de Captain America , période toujours inédite en V.F.).
Ces cinq premières pages font un peu remplissage avant de passer aux choses sérieuses. Les héros sont téléportés sur la station spatiale du S.H.I.E.L.D. et découvrent que la destruction du Baxter Building a provoqué une déchirure vers la Zone Négative…et qui dit Zone Négative, dit Annihilus et Blastaar. C’est le début d’une saga qui va entraîner la famille à travers l’espace, les dimensions et le temps.
John Byrne a concocté une aventure pleine de rebondissements et menée sur un rythme enlevé, même si elle se repose sur des ingrédients qui donnent un petit goût de déjà-lu . Reed qui se lance dans la Zone Négative au mépris du danger, le conflit entre les deux conquérants de cette autre dimension…ce n’est pas nouveau (Byrne a replongé là dans ses influences Lee & Kirby) mais c’est suffisamment bien ficelé pour passer un très bon moment de lecture, avec des scènes d’action palpitantes.
Quand Miss Hulk se prend pour Superman…
Le cliffhanger du #290 (les F.F. et Nick Fury pensent que Reed a été tué dans le combat) donne au final de cette première partie un ton amer avant une grosse surprise : de retour sur Terre, l’équipe se retrouve en 1936. La disparition passagère de Mr Fantastic (ben oui, il revient vite, je ne divulgâche rien) permet à John Byrne de donner un rôle de leader à la Femme Invisible (et il nous gratifie aussi de l’instantané de la première rencontre entre Sue et Reed, histoire de ne plus avoir de doutes sur leur différence d’âge…peut-être pas sa meilleure idée) dans ce voyage temporel mouvementé (Nick Fury n’a plus qu’une idée…aller tuer Adolf Hitler !).
Byrne ne relâche pas la tension dans un très bon chapitre final qui assure le spectacle avant un twist final qui résout efficacement le mystère de cette virée temporelle. Bref, la meilleure partie d’une dernière année inégale pour John Byrne…
Et avec Fantastic Four #293 , John Byrne quittait Marvel par la petite porte pour aller s’occuper de la relance de Superman chez DC Comics . Dans cet épisode, les héros reviennent là où tout avait commencé pour eux et découvrent la ville de Central City (où ils habitaient avant de devenir les F.F.) coupée du monde, recouverte par un dôme noir. La relecture de l’épisode montre bien que Byrne est parti en cours de production : la qualité graphique est très irrégulière et on voit bien que plusieurs cases ont été dessinées par d’autres (notamment par John Romita Sr, dont on reconnaît bien le style distinctif).
Les ennuis avec le rédacteur en chef Jim Shooter ont continué jusqu’au bout puisque John Byrne a révélé par la suite que sa couverture prévue pour cet épisode avait même été rejetée (c’est Jerry Ordway qui a signé la définitive).
L’arc narratif a été terminé par Roger Stern, un ami de Byrne, et dessiné par Jerry Ordway, déjà encreur sur plusieurs numéros. Stern est resté au scénario pour une courte période, jusqu’au #302 (Steve Englehart fut ensuite le scénariste régulier du comic-book ). Quant à Jerry Ordway, les délais ont du être serrés car même si ses planches restent agréables à lire (j’aime beaucoup son style), ce n’est pas ici ce qu’il a fait de mieux.
Dans l’ensemble, et malgré les problèmes cités ci-dessus, ce récit en trois parties forme une bonne aventure des Fantastiques. Pas une grande aventure car c’est au final assez anecdotique mais il y a de bonnes idées dans la découverte de ce monde étrange à l’intérieur du dôme, avec ce qu’il faut d’action et de péripéties. Mais la fin de la prestation de John Byrne sur ce qui est resté l’une des périodes les plus mémorables du titre méritait tout de même mieux…
Cool ! Merci, Marko ! (je n’avais pas grand chose à dire sur le 233 et j’ai évoqué rapidement le 246 dans mon billet sur le 247. J’ai lu à l’époque les 234, 235, 238 et 239 mais je ne les ai plus).
Bon, après ce gros morceau, une petite pause. Prochains petits billets, un sur la série The Thing pour faire un point sur la situation de Ben, F.F. #296 (numéro anniversaire pour les 25 ans), F.F. #300 et la mini Fantastic Four vs X-Men.
Je ne vais pas faire le run d’Englehart (car je ne peux pas faire toute la série) mais je ne m’interdis pas de revenir sur quelques épisodes un peu plus tard dans l’année si j’ai le temps. Par contre, je pense que je détaillerai celui de Walt Simonson (qui fait 19 numéros)…
Ca restait quand même décevant selon les auteurs. En ce temps-là, on n’avait pas toutes les infos mais je me souviens bien avoir été surpris par ce départ abrupt…et même sans connaître les coulisses, on voyait bien que son dernier numéro n’avait pas la même tenue graphique…
À la fin des Guerres Secrètes , la Chose a annoncé à Mr Fantastic et à la Torche sa décision de rester sur la planète du Beyonder car il avait découvert qu’il pouvait y redevenir Ben Grimm à volonté. Son aventure spatiale a été racontée dans les épisodes 11 à 22 de la série The Thing (toujours inédite en V.F. à l’exception du #1). Ben décide finalement de revenir sur Terre pour découvrir que certaines choses ont changé en son absence, constatation douloureuse face au couple formé par son ami Johnny Storm et sa bien-aimée Alicia Masters (voir Fantastic Four #277, post #1381).
Ben était donc revenu sur Terre…mais pas chez les F.F. Ses histoires ont continué dans son titre solo qui a alors changé de scénariste : après 22 numéros, John Byrne a passé le relais à Mike Carlin, le responsable éditorial des F.F. (qui a également fini par suivre Byrne lorsque ce dernier a rejoint la Distinguée Concurrence). Graphiquement, la série The Thing a connu une vraie régularité puisque quasiment tous les épisodes à part les trois derniers ont été dessinés par Ron Wilson (un dessinateur qui divisait…il a ses défauts, c’est parfois un peu raide et il dépendait beaucoup de l’encrage, mais dans l’ensemble j’aimais bien ce qu’il faisait).
Je n’ai qu’un seul numéro de The Thing en V.O., le 28, et ce n’est pas le plus palpitant (même s’il se laisse bien lire). Disons que cela se voit qu’il s’agit d’une histoire de transition…Ben voyage à travers l’Amérique en compagnie du jeune Vance Astrovik (rencontré à l’époque de Marvel Two-In-One ) et est toujours en proie au doute. Il refuse l’offre de faire partie d’une équipe de cascadeurs, les Thunderiders, et cherche sa place loin de sa famille. C’est là qu’il voit à la télévision une publicité pour une nouvelle fédération de « super-catcheurs ». Pour Vance, c’est l’offre parfaite pour Ben qui relève le défi.
La Chose passe les qualifications sans problèmes (avec quelques passages amusants) et finit par affronter son premier adversaire…Dennis « Demolition » Dunphy. Oui, c’était la première apparition de celui qui deviendra D-Man, l’allié de Captain America. Dunphy prouve sa valeur sur le ring mais il n’y a pas vraiment de suspense. En tout cas, Ron Wilson montrait bien là que c’était le genre d’atmosphère dans laquelle il était à l’aise…rappelons qu’il fut le créateur du Marvel Graphic NovelSuper Boxers !
Je pense que ça suivra two in one, pas avant.
En 2024 on devrait arriver au 60…
Apres le 80 tout n est pas numérisé.
Thing n a que les épisodes scénarisés par byrne de numérisé et 3 de carlin
Fin 1999, John Byrne a entrepris de raconter ce qui s’était passé entre la fin des aventures des premiers X-Men dans Uncanny X-Men #66 (1970) et la relance de Giant-Size X-Men #1 (1975) dans sa série X-Men : The Hidden Years . Selon ses dires, le scénariste/dessinateur avait facilement une centaine d’épisodes en tête avant d’envoyer l’équipe sur Krakoa mais Hidden Years a été victime de la restructuration de la ligne des comics mutants et l’annulation a été décidée au #22, provoquant le départ de Byrne qui a passé les années suivantes à travailler pour DC et IDW.
Dans X-Men : The Hidden Years#8 et 9, John Byrne s’était amusé à rappeler de vieux amis, les 4 Fantastiques , pour aider les X-Men dans un second round contre la race extraterrestre des Z’Nox. Byrne fait un bon usage de la continuité, en plaçant cette aventure juste après la naissance du petit Franklin, d’où la présence de Crystal à la place de l’Invisible. L’accent est mis sur l’action, la virée spatiale est dynamique et retrouve bien l’ambiance des comics de l’époque.
X-Men : The Hidden Years était encré par Tom Palmer (très bon choix puisqu’il fut l’encreur de Neal Adams sur les derniers Uncanny X-Men trente ans plus tôt). Ce numéro 8 a accueilli un invité spécial en la personne du regretté Joe Sinnott, autre encreur légendaire qui s’est occupé de toutes les apparitions des F.F. (ce qu’il n’a pas fait sur la seconde partie du diptyque).
Cette relecture m’a rappelé à quel point Byrne aimait développer plusieurs intrigues en même temps sur Hidden Years . Il a même glissé une scène avec le Phénix à l’insu de tous les acteurs de l’histoire (grâce à une astuce toute simple), présage des événements dramatiques à venir. Mais ça, on y reviendra l’année de l’anniversaire des X-Men…