Ben comme je le dis, ce n’est pas vraiment mémorable…^^
MARVEL COMICS PRESENTS #5 et 49 :
En 1988, Marvel a débuté la publication de Marvel Comics Presents, une série au format anthologique qui présentait le plus souvent 4 segments de 8 pages à chaque numéro. Si les stars marvelliennes étaient mises en avant (comme Wolverine qui fut un pensionnaire régulier du titre depuis le #1 et les « Mystères de Madripoor »), MCP était aussi l’occasion pour l’éditeur de faire le tour de son catalogue de personnages, dont certains n’avaient alors pas ou plus le potentiel commercial pour soutenir un titre régulier. Dans un même numéro, il pouvait y avoir Black Panther et Cyclope aux côtés de Shamrock, Paladin ou encore American Eagle par exemple.
Les histoires de MCP restent en grande partie inédites en V.F. Sur ce qu’on a eu dans les magazines Lug/Semic, il pouvait y avoir aussi bien de l’anecdotique (le plus souvent) que des histoires plus importantes (le Weapon X de Barry Windsor-Smith a ainsi été publié en sérial dans Marvel Comics Presents).
Daredevil a eu droit à sa première histoire dans MCP à l’occasion du #5 (traduit dans la V.I. Semic). Un récit au ton intismiste signé Terry Kavanagh et Dwayne Turner. DD essaye d’aider un adolescent persuadé d’être poursuivi par un homme qui veut le tuer. Le ton grave insiste bien sur la paranoïa du gamin jusqu’à ce que Daredevil découvre la vérité : il n’y a pas de harceleur, ce n’était que la tentative désespérée d’un ado solitaire, abandonné par des parents toujours absents, pour attirer l’attention sur lui. Pas de façon égoïste car la dernière case montre qu’il ne va pas bien du tout, le genre de combat qu’un super-héros ne peut remporter…
Malgré une partie graphique assez moyenne, elle est pas mal, cette histoire courte…ce qui n’est pas le cas celle au sommaire du #49 (inédite en V.F.), par John Figueroa et Ron Wilson. Lors d’une patrouille nocturne, DD arrête un trafic de drogue sur les quais de la Grosse Pomme. Le justicier aveugle disperse rapidement le gang et a un peu plus de mal avec le chef, un black balaise qui a lui aussi un pouvoir, une sorte de sens radar. Bref, que du classique qui se termine sans surprise par l’arrestation du bonhomme. Le scénariste en profite aussi pour ajouter un discours maladroit sur le thème du « Sauveur Blanc » (le titre V.O. est White Messiah), asséné ici avec des gros sabots.
John Romita Jr et Sandra Hope
MARVEL COMICS PRESENTS #69-72 :
En plus de quelques histoires courtes (voir un exemple au post 1722), Daredevil a aussi eu droit à son serial publié dans les pages de la revue anthologique Marvel Comics Presents, une histoire en quatre parties intitulée Redemption Song (oui, comme la chanson de Bob Marley & The Wailers…la musique a d’ailleurs un rôle important dans le déroulement du récit) écrite par Sandy Plunkett (un auteur qui n’a eu qu’une courte carrière dans les comics, pas de séries régulières, juste des historiettes, des fill-in, des épisodes épars) et dessinée par le même Plunkett (esquisses) et Dwayne Turner (finitions).
New York est frappée par la canicule et ses habitants font ce qu’ils peuvent pour échapper à la chaleur. Tout le monde semble branché sur la station d’une radio-pirate, happés par la voix d’un présentateur qui passe de la bonne zique et présente les infos du moment, comme ces étranges rapports sur des attaques de chiens. Au même moment, Daredevil intervient alors qu’un homme est poursuivi par une horde. Le justicier aveugle arrive hélas un peu trop tard mais la victime a le temps de le mettre sur la piste des expériences d’une organisation appelée Octagon, dont les recherches pour développer un nouveau type de drogues ont dégénéré…
Encore un MCP oubliable (même s’il y a eu de bonnes choses dans ce titre, je ne suis pas étonné qu’autant de segments, souvent placés en troisième ou quatrième partie dans le sommaire, soient restés inédits). La partie graphique est faible (l’encrage de Chris Ivy n’arrange rien), l’enquête de Daredevil sur les agissements d’Octagon (qui impliquent notamment des expérimentations sur des humains et des animaux) n’est pas vraiment palpitante (le scénariste arrive à rendre des chapitres de huit pages ennuyeux) et le final est ridicule, du genre on se prend les mains, on fait un cercle, on chante Kumbaya et la pluie tombe, apaisant les esprits et me donnant envie de bailler…
Super-Team Family : Black Widow & Nightshade
Rediff’ :
UNTOLD TALES OF SPIDER-MAN/AMAZING SPIDER-MAN ANNUAL '97 :
Pour sa série Untold Tales of Spider-Man , qui a enrichi la période Stan Lee/Steve Ditko de chapitres supplémentaires, Kurt Busiek ne s’est pas contenté des vilains déjà existants et a opposé l’Homme-Araignée à de nouveaux adversaires (Headsman, Commanda, The Scarlet Beetle…) et à des méchants qui n’était jusque là pas encore apparus dans ses aventures (comme l’Anguille, le Black Knight et l’Homme Radioactif).
Sundown (un scientifique qui a acquis des super-pouvoirs par accident alors qu’il travaillait sur une expérience sur la photosynthèse pour Oscorp) fait partie de la première catégorie et s’il n’a plus été utilisé par la suite (comme les autres super-vilains de Untold Tales ), le diptyque dans lequel il déchaîne ses pouvoirs reste une petite saga bien ficelée, avec une construction judicieuse entre passé (l’ annual 1997 de Untold Tales of Spider-Man par Kurt Busiek) et présent (l’ annual 1997 de Amazing Spider-Man par Roger Stern).
Le Untold Tales ne perd pas de temps pour plonger le lecteur dans l’action puisque Spidey affronte Sundown dès la deuxième page. Ce premier round se passe mal pour le jeune Spidey et il faudra l’aide de tous les super-héros de l’époque (et ils sont vraiment tous là, dont Daredevil période costume jaune) pour arrêter Sundown. La progression dramatique est réussie et les détails sur les secrets du vilain (pas si vilain que ça en fait) sont révélés progressivement tout en gardant des choses sous le coude pour la suite.
Car la partie Amazing se déroule une dizaine d’années plus tard, après la sortie de prison de Sundown. Roger Stern utilise efficacement la continuité (en ramenant notamment un gangster oublié depuis les Lee/Ditko, Lucky Lobo) et signe une suite bien écrite qui complète parfaitement la première partie de son complice Kurt Busiek en bouclant comme il le faut l’histoire de cet éphémère « adversaire » de Spidey. Je suis juste un peu plus partagé sur la partie graphique…il y a certes une régularité sur les deux parties et j’aimais bien le style du regretté Tom Lyle, mais les silhouettes et les expressions sont parfois un peu raides et surtout sa façon de dessiner les adolescents n’est pas très convaincante dans le Untold Tales .
Mary Typhoid par Lee Weeks
MARVEL COMICS PRESENTS #81, 93 et 136 :
Dernière fournée d’histoires courtes de Daredevil dans la revue anthologique Marvel Comics Presents (posts 1722 et 1726 pour les précédentes). Encore une fois rien de mémorable et la qualité passe rapidement de sympathique à médiocre. Celle au sommaire du #81 est donc très anecdotique (comme souvent) mais j’ai bien aimé le portrait de cette grand-mère assez allumée qui pense que sa magie et sa foi dans ce qu’elle appelle les esprits de la Terre peuvent l’aider contre des racketteurs. Lorsque DD apparaît pour les aider elle et sa petite fille, elle croit même avoir convoqué un démon…et la réaction du héros est assez amusante, tout comme le clin d’oeil échangé avec la gamine bien dégourdie à la fin. Graphiquement, ce n’est tout de même pas ce que Marshall Rogers a fait de mieux…
Dans le #93, Daredevil et Black Widow travaillent avec le S.H.I.E.L.D. pour empêcher l’Hydra de faire exploser une bombe en pleine ville. Natasha a choisi Matt pour cette mission parce qu’elle sait que ses sens hyper-développés peuvent localiser rapidement l’endroit où l’engin explosif a été caché. Le scénariste Dan Slott, alors à ses débuts, joue sur le rythme d’une course contre la montre, ce qu’il maîtrise plutôt bien…mais cette historiette est prévisible et les dessins de Dwayne Turner médiocres.
Et pour terminer, Daredevil a eu droit à un dernier segment dans MCP dans le #136 (la série s’est terminée au #175). Dans The Prisoner, écrit et encré par Ul Higgins et dessiné par Mark Powers, DD est l’obsession d’un détenu qui ne pense qu’à se venger du héros qui l’a mis en prison. Mais ce thème manque ici de place pour être efficacement développé et le personnage n’a rien d’intéressant. Mal écrit, mal dessiné…et la fin tombe à plat…
Elektra par Davide Messina
La Veuve Noire par Marc Beachum
Typhoid Mary et Daredevil par Scott McDaniel
Typhoid Mary par Christopher Moeller
Typhoid Mary par John Romita Jr