ALLAN QUATERMAIN ET LES MINES DU ROI SALOMON (J.L. Thompson)

REALISATEUR

Jack Lee Thompson

SCENARISTES

Gene Quintano et James Silke, d’après le roman de H. Rider Haggard

DISTRIBUTION

Richard Chamberlain, Sharon Stone, Herbert Lom, John Rhys-Davies, Ken Gampu…

INFOS

Long métrage américain
Genre : aventures
Titre original :: King Solomon’s Mines
Année de production : 1985

Héritier des aventuriers des pulps et des serials, Indiana Jones a lui-même été la source d’inspiration de nombreux héros suite au succès des Aventuriers de l’Arche Perdue et de ses suites. Sans Indy, pas de Patrick O’Malley (Tom Selleck) dans Les Aventuriers du bout du monde (1983), pas de Jack Colton (Michael Douglas) dans À la poursuite du diamant vert (1984), pas de Dakota Harris (John Heargreaves) dans…Dakota Harris (1986). Et c’est sans compter les nombreux ersatz nanardesques, comme le Indiana Jones de Bollywood.

Menahem Golan et Yoram Globus, les big boss de la Cannon, le studio spécialiste de l’action et du fantastique à petit budget dans les années 80 (c’était là que bossaient principalement Chuck Norris, Michael Dudikoff, Charles Bronson, Jean-Claude Van Damme et Tobe Hooper à cette période), décidèrent logiquement de surfer sur cette vague très lucrative en montant un projet autour d’un vénérable personnage dont les droits étaient tombés dans le domaine public : Allan Quatermain, l’aventurier créé par le romancier H. Rider Haggard en 1885.

Ainsi, celui qui fit partie des modèles du manieur de fouet de Steven Spielberg et George Lucas devint lui-même un sous-Indiana Jones. Les Mines du Roi Salomon, premier roman de la série, avait déjà été porté à plusieurs reprises sur grand écran, et la version la plus réussie demeure d’ailleurs celle de 1950, avec Stewart Granger dans le rôle d’Allan Quatermain. Mais si le film de Jack Lee Thompson reprend le titre bien connu, ce n’est que pour en livrer une adaptation très libre. Golan et Globus voulaient leur Indiana Jones et le scénario co-écrit par Gene Quintano (Alarme Fatale) s’est bien appliqué à le leur donner.

La scène d’ouverture est ainsi une quasi-réplique de la scène du souk dans Les Aventuriers de l’Arche Perdue. L’action du roman a été déplacée au début du XXème siècle, afin que Quatermain puisse affronter une armée allemande dans sa quête pour retrouver les légendaires Mines du Roi Salomon. Et dans le rôle de l’un des méchants, on retrouve John Rhys-Davies, qui a campé le sympathique Sallah dans la trilogie Indiana Jones.

Si Allan Quatermain et les mines du Roi Salomon ne s’élève jamais au dessus de sa réputation de déclinaison cheap d’Indiana Jones, il offre tout de même un dépaysement exotique aussi cliché que très divertissant (en tout cas plus que sa lourdingue suite). Ce n’est pas un grand film, mais le spectacle est assuré : le rythme est frénétique; le spectateur est tout de suite plongé dans l’action et les informations sont distillées au fur et à mesure du récit; les péripéties sont nombreuses et efficacement filmés par le vétéran Jack Lee Thompson (Les Canons de Navarone) et s’il est parfois laborieux, l’humour arrive à faire mouche assez souvent. Jerry Goldsmith livre également une bande-son bondissante, au thème principal accrocheur. Les effets spéciaux n’ont, par contre, pas supporté l’épreuve du temps.

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Dans le rôle d’Allan Quatermain, on retrouve Richard Chamberlain, qui venait d’enchaîner les succès télévisés Shogun et Les Oiseaux se cachent pour mourir. Suite à l’accueil globalement négatif réservé aux deux Allan Quatermain (je l’ai trouvé pour ma part plutôt convaincant), il retournera sur le petit écran pour incarner Casanova ainsi que Jason Bourne dans la première adaptation de La Mémoire dans la Peau en 1988.
À ses côtés, une (très belle) jeune inconnue de 26 ans sa cadette, Sharon Stone (jusque là principalement apparue à la télé et dans La Ferme de la Terreur de Wes Craven) incarne Jesse Huston, future “intérêt amoureux” de Quatermain…qui doit avoir une sacrée patience puisque Jesse réussit à être encore plus insupportable que la Willie (Kate Capshaw) de Indiana Jones et le Temple Maudit.
Entre John Rhys-Davies et Herbert Lom, les deux grands méchants, c’est à qui sera le plus cabotin…et à ce jeu, Herbert Lom (L’Île Mystérieuse, Les nuits de Dracula…) gagne haut la main.

Allan Quatermain et Les Mines du Roi Salomon ne fut pas un succès critique et public…mais Golan et Globus avaient encore sur les bras la suite encore plus fauchée, Allan Quatermain et la cité de l’or perdu, tournée à la suite du premier volet par deux autres réalisateurs. Ils la sortiront en 1987, dans l’indifférence générale.
Mais ceci est une autre histoire…

ça a quelle réputation en France ? Parce qu’il me semble que ce film est pas mal passé sur les écrans, à l’époque où on avait que 3 à 5 chaînes hertziennes !

J’avoue que je n’en sais rien (je n’ai pas trouvé d’infos sur sa sortie française), mais c’est vrai que le diptyque a souvent été rediffusé. Le deuxième (qui fera l’objet du prochain billet) est d’ailleurs repassé sur la TNT il y a un an ou deux…