AMAZING SPIDER-MAN #1-74 (Nick Spencer / collectif)

Je n’ai quasiment rien lu du run, mais je me suis procuré ce #74.
Bon, bon, bon…

J’apprécie l’idée de revenir sur Sins Past, et j’apprécie aussi le principe qu’il y ait une autre explication à l’intervention de Mephisto dans One More Day (son « héhéhé j’accepte de sauver ta tante si tu sacrifies ton mariage, le rite ultime de mon ennemi, héhéhé » est pathétique). J’apprécie même cette autre explication, en soi.
Mais bon…
L’épisode n’est qu’une immense baston très classique, avec le twist de victoire que je ne comprends pas bien (pourquoi Kindred arrête, en fait ? parce que MJ vienne aider Peter ? de décombres qu’une « simple femme » peut enlever, et pas lui ? pardon ?) et finalement un soufflé qui retombe très fort.

Peut-être qu en aboutissement du run, c est plus plaisant.

Mais c est la réaction que j ai eu à chaque tentative également.

Leur marionnettiste (Mephisto/IA Harry) estime qu’ils ne lui sont plus utiles donc il coupe le cordon de survie de ses marionettes (le vieillissement accéléré des clones instables).

Merci.
Mais « juste » parce que Peter émerge finalement des décombres ?

Et que l’aide d’MJ l’empêche de céder au désespoir.

Les Kindred vaincus par…

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Ah oui, c’est bien ce que je pensais.
Bon, bon, bon… :slight_smile:

Même pas (je n’ai lu que le début et la fin du run pour ma part), là ça fait « éléphant accouchant d’une souris » (la comparaison avec ASM #801, autre fin de run plus aboutie, ne se fait pas en sa faveur).
Même l’editor Nick Lowe (auteur du message de fin/lettre de remerciements à la place de Spencer) a l’air pressé de passer à autre chose (un aperçu des prochains numéros plus le back-up avec les retrouvailles de Ben Reilly avec une de ses ex).

J’avais lu les deux premiers TPB, et je n’avais pas été convaincu. Entre les intrigues clignant lourdement de l’œil en direction des années 1980 et 1990 et de la période Michelinie, les revisitations sans inspiration de vieux vilains et les bastons sans envergure, je m’étais passablement ennuyé, ayant l’impression que les bonnes idées étaient ailleurs que dans cette série et les trucs qui me plaisaient chez Spencer (les identités à tiroir, les références à l’actualité…) un peu disparus.

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Le troisième TPB m’a un peu rabiboché avec la série. Déjà, il contient une intrigue qui se greffe sur un vieux vilain de Ditko, le Big Man, et sur la saga familiale des Foswell, ce qui renvoie aussi à d’excellents épisodes de Mantlo sur Marvel Team-Up. Ensuite, Spencer tire un certain sel d’idées venues d’ailleurs, notamment en donnant la vedette à Jameson et Fisk.

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Tout ceci donne une première aventure rondement menée, assez drôle, avec des rebondissements intéressants et une plongée dans le passé des personnages et de la série qui rendent l’ensemble plaisant. On a vraiment la sensation que Spencer trouve ses marques.

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C’est donc avec une plus vive curiosité que j’ai lu la suite du TPB, à savoir deux épisodes dessinés par Bachalo dans lesquels le scénariste avance ses pions pour l’intrigue autour de Kraven qu’il prépare depuis le début (et qui traîne un brin).

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Mais surtout, Spencer en profite pour glisser d’autres subplots et faire le portrait de Peter Parker par le truchement de la tante May. Et toute cette partie est vraiment chouette. D’autant que Bachalo choisit de dessiner May non plus en vieille sexy comme le faisait Immonen (bon, Immonen rend tout sexy, aussi, faut dire…) mais en vieille dame à gros nez dont le charme réside dans son sourire et son optimisme : totalement en accord avec le scénario.

Bref, un troisième TPB qui m’a rabiboché avec la série, et donné envie de découvrir la suite.

Jim

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Pour l’info, l’idée de faire de Jameson un animateur radio provient de (l’excellent et grandiose) jeu vidéo

Ah tiens.
Mon absence de culture vidéo-ludique me tend des pièges.

Jim

Tiens, moins chiant que du Gaiman, bibi qui parle d’un des meilleurs Spider-Man de ces dernières années

Et tu as très bon goût ce fut un vrai plaisir que de poncer ce jeu.
La maniabilité de Spiderman dans ses déplacements par toile est incroyable !

Vivement la suite !

Quand on fait le bilan du run, on constate que réparer des lignées familiales, c’est un peu le leitmotiv du run de Nick Spencer.

La gestion de l’environnement familiale/amicale/professionnel de Peter est ce qui m’a le plus plu dans le run, Spencer a bien saisi le côté friendly qu’on accole si souvent au Tisseur, et il insère bien les apports d’auteurs précédents (l’évolution de la relation Peter-JJJ, Fisk maire…).

A l’inverse, j’ai tout lu, et si dans l’ensemble j’ai adoré ce run sans pour autant nier ses divers ventres mous (on va dire qu’à l’image de Spider-Man, il se contorsionne beaucoup !), je trouve le final satisfaisant malgré son côté bancal et précipité (un comble pour un final préparé depuis 73 numéros (et même plus en fait avec tous les one-shots complémentaires)).
J’ai beaucoup apprécié que Nick Spencer réécrive Sin’s Past que je n’aime guère et les motivations réelles de Mephisto me plaisent non seulement car comme Ben je trouvais que les raisons du pacte dans One More Day étaient trop minces, mais surtout cela replace Peter au centre de l’univers Marvel, puisque c’est sa descendance qui est amenée à sauver le monde en battant le diable.
Je suis tout autant ravi qu’on revienne sur la résurection d’Harry, qui avait été l’une des pires explications de Brand New Day, puisqu’elle se limitait à « en fait j’avais survécu et papa m’a caché pendant des années » et qu’elle était finalement totalement décorrélée du pacte démoniaque, c’était juste du hasard si Harry revenait pile à ce moment-là dans la vie de Peter. On reste quand même sur une histoire tordue dont les comics ont le secret avec cet I.A. qui organise des sessions de clonage, mais cela a le mérite de réparer la continuité, redonnant du sens à des histoires qui n’en avaient plus comme le one-shot The Osborn Journal, déjà une « rustine de la continuité » en son temps sur la Clone Saga mais qui ne fonctionnait plus avec les explications de Brand New Day.
Je rejoins toutefois les critiques sur l’exécution :

1) Les jumeaux Stacy ressortent un peu de nulle part sans même avoir été mentionnés jusque-là, pour directement disparaître potentiellement à jamais (sauf pour les tops des idées les moins aimées des lecteurs). Cela ne me gênerait pas si c’était une réintroduction pour une réutilisation ultérieure et ils ont leur place dans ce grand plan osbornien, mais dans l’état on nous sort deux lapins d’un chapeau. Le point « gros nerd de la continuité » : la dernière fois qu’on a vu Gabriel il y a presque dix ans, il était en captivité des autorités, mais on n’aura sans doute jamais de suite à ça.
2) Je ne suis pas du friand de l’idée que la grandeur et décadence de la famille Osbron vient d’un pacte passé entre Norman et Mephisto. Comme Amazing Spider-Man s’intègre dans un montre où la magie existe, c’est normal que celle-ci intervienne de temps à autre, mais je trouve cette révélation facile tout en rajoutant un élément à un passif déjà assez chargé. Et finalement, elle devient quoi l’âme d’Harry à la fin ? Son clone en avait-il aussi une ?
3) Le plan de l’I.A. reste quand même très tarabiscoté, et on se perd dans ses détails. J’ai dû en discuter avec un ami pour être sûr d’avoir bien tout compris, et une relecture (sans doute en VF) s’imposera. Il y a aussi des éléments amorcés précédemment qui disparaissent un peu de l’équation, je pense notamment à Mysterio et Mendel Stromm qu’Harry semble avoir rencontré en enfer mais qui n’interviennent plus ici. Pour Mysterio j’étais assez enthousiaste que quelqu’un reprenne enfin le sub-plot de la nature potentiellement démoniaque de Quentin Beck entrevue dans les FNSM de Peter David il y a plus de dix ans, et Spencer travaille le perso avec une relation inattendue tissée entre lui et MJ, mais il n’y a pas vraiment de conclusion à ce travail ici (un élément qui aurait dû être développé si le run avait duré plus longtemps comme prévu initialement ?).
4) Mon gros point noir : mais pourquoi avoir re-tué Harry ?! Il avait déjà eu droit à une belle mort et cela prive les auteurs suivants d’écrire sur ses relations compliquées avec Peter, Norman et le reste de sa famille. C’est d’autant plus dommage qu’avec le #75 arrive Ben, et une opposition entre Harry le clone qui veut être le même que l’original et Ben qui cherche à tout prix à s’individualiser par rapport à Peter aurait pu donner lieu à de bonnes histoires !
5) Tout l’aspect « entourage et vie privée de Peter » que j’ai tant apprécié dans le run est totalement laissé de côté dans la conclusion.

Je reste très satisfait du voyage, j’y ai retrouvé un Peter enthousiaste avec des histoires aux tons très différents, et certains arcs m’ont vraiment accroché comme Hunted (rendre le Gibbon attachant et héroïque, fallait le faire !) ou le retour du Sin-Eater, et je reste à jamais fan de Boomerang et ses acolytes losers (Panini, vite une réédition des Superior Foes of Spider-Man !).

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Pour parachever sa rédemption (les dès étaient pipés concernant son premier décès puisqu’il s’est retrouvé en Enfer à cause de Norman, en plus de ne pas eu le temps de son vivant de révéler à Peter la vérité sur ses faux parents).

Elle échappe à Méphisto (grâce à l’impact des actes du BND Harry sur le destin du « vrai » Harry), probablement en route vers le paradis (les FF l’ont visité, la preuve qu’il existe dans l’univers Marvel).

Tu as tout-à-fait raison, du point de vue de l’arc du personnage ça lui permet d’avoir cette rédemption ; mais je trouve quand même dommage de se priver de lui pour le futur.