La preuve.
Jim
La preuve.
Jim
Ne jamais résister à la facilité. Ce serait trop simple !

C’est qui, le méchant de l’histoire, cette fois ?
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D’après la dernière esquisse de couverture, on retrouverait Olrik et le prince Magon ayant survécu à la submersion de l’Atlantide en fin du tome « L’énigme de l’Atlantide »… Plus les engins spatiaux semblant indiquer que ce tome 31 serait la suite directe de l’ancien 6 ou 7 selon les éditions.
Pour ce rappel au tome « historique » de Jacobs, j’aime bien cette dernière couverture.
ginevra
Ouais, moi, l’absence des héros (ou au moins d’un d’entre eux) et la lourde insistance pour faire le lien, ça en fait l’idée la moins intéressante du lot.
Bon, n’étant pas un fan historique mais plutôt un lecteur curieux, je n’ai pas les mêmes réactions que les amateurs de longue date.
Jim
J’avais lu le deuxième tome des Trois formules du professeur Sato chez un pote, grand fan de Blake et Mortimer (ce qui nous vaut depuis genre quarante ans de grandes discussions…), mais je n’en gardais qu’un vague souvenir.
Blake et Mortimer, pour moi, c’est une relation complexe. J’ai longtemps considéré cette série comme un fleuron de la ligne claire, ladite ligne claire m’enquiquinant mollement depuis des décennies. Et puis, on vieillit, on apprend des choses, on découvre des angles, on relativise, et surtout on lit… Et au fil des ans, et des trouvailles en vide-greniers, j’ai commencé à compléter les albums des repreneurs (car ouais, même si je chipotais, les albums de Jacobs, je les avais : Le Secret de l’Espadon et Le Mystère de la Grande Pyramide en grand format, les autres au format d’origine). Et donc, ce fameux deuxième tome, coincé entre les deux périodes, je ne l’avais pas.
Je l’ai trouvé sur le stand d’un bouquiniste à Villers-sur-Mer, par hasard. Depuis des années, je m’étais dit que je serais ravi de le trouver en format classique afin qu’il soit harmonisé avec le premier tome, mais apparemment, cette version n’existe pas, l’album ayant été publié directement en grand format. C’est ce que je crois comprendre, mais je ne suis pas spécialiste.
C’est donc Bob de Moor qui a mené à terme cet album après le décès de Jacobs. S’il ne démérite pas, loin de là, il n’a pas l’élégance réaliste du créateur, qui était parvenu dans le tome précédent à une épure subtile qui n’enlevait rien au traitement hiératique des personnages : pas une once de cartoony ou d’humoristique. Chez de Moor, on sent le dessinateur de Barelli.
L’histoire se lit vite, le lettrage est plus grossier (avec quelques coquilles), mais c’est efficace. Les péripéties sont un peu téléphonées, les aléas climatiques (orage et tremblement de terre…) tombent à point nommé dans une construction assez capillotractée, mais l’ensemble offre de beaux moments, au premier rang desquels je citerai la charge des robots Mortimer aux allures contrefaites, nés d’une gaffe de Sharkey : certaines cases, notamment celle du décollage, ont un parfum de comics évident, celle-ci ayant même un je-ne-sais-quoi de kirbyen.
Bref, encore une redécouverte lointaine, ma dernière plongée dans ce récit devait jouxter la date de sortie, soit en gros trente-cinq ans.
Jim
Je continue à lire les albums de Blake et Mortimer signés par les successeurs de Jacobs (albums qui sont désormais plus nombreux que ceux du maître, c’est fou comme le temps passe), et bien sûr, je les découvre dans le désordre. C’est ainsi que je viens de lire le diptyque des Sarcophages du 6e continent, qui précèdent Le Sanctuaire du Gondwana, que j’ai lu il y a deux ans. C’est marrant, d’ailleurs, parce que ça permet de découvrir en diagonale et sous un angle différent, et surtout, ça me procure un plaisir qui n’est pas sans rappeler celui que je ressentais quand je lisais dans le désordre une série Marvel en achetant des vieux Strange chez les bouquinistes…
Bref.
Donc, tout commence alors que ce bon Mortimer est hanté par des cauchemars liés à une tragique expérience dans sa jeunesse, qui est d’ailleurs racontée à la faveur d’un flash-back dans l’album. Je ne connais pas très bien la série, mais il me semble que c’est la première fois qu’on se penche sur la jeunesse du personnage (et de son comparse, puisque cette évocation du passé montre la première rencontre entre Phillip et Francis). Yves Sente en profite pour développer tout un tas de personnages secondaires qui auront leur importance, certains dans cet album, d’autres par la suite.
Une fois le flash-back passé, l’action dans le « présent » nous permet de retrouver Mortimer et Blake, adultes, alors que se prépare l’exposition universelle de Bruxelles en 1958. L’intrigue nous permet de connecter le passé au présent, et aussi à d’autres éléments de la série, dont Olrik. Sente établit une continuité dans ses propres récits : il fait revenir un méchant de La Machination Voronov, et nous présente des protagonistes qui reviendront dans ses tomes suivants, tout en faisant intervenir d’autres personnages venus des tomes de Jacobs.
Le second volet du diptyque envoie les personnages dans le fameux sixième continent du titre, dans les glaces, au milieu des autres stations de nationalités diverses (dont la française, la soviétique…). L’arme d’un genre nouveau exposée dans le premier volet revient sur le devant de la scène, l’identité du méchant (qui se prétend immortel) est dévoilée (c’est un peu prévisible, mais c’est bien mis en scène), et ce qu’il advient à Olrik et Mortimer prend des allures de combats de super-héros, un peu.
C’est plutôt sympa, généreux en péripéties, bien entendu assez bavard (et Sente se montre parfois répétitif dans les formulations), mais c’est cool, SF comme il faut (ou devrait-on dire « merveilleux-scientifique » ?). Juillard est encore très agréable, détaillé et tout, faisant intervenir de beaux personnages féminins (madame Mortimer mère est une héroïne juillardienne pur jus), et le cliffhanger est bien chouette (se reporter à mon avis, qui remonte un peu, sur Le Sanctuaire du Gondwana, dont on ne dira jamais assez qu’il est écrit avec roublardise).
Jim
C’est comme ça que j’ai lu les Tintin ou les Astérix, ainsi que beaucoup d’autres séries classiques de BD franco-belges… Sur certaines, ça n’a presque aucune incidence, sur d’autres, ça change complètement l’expérience de lecture.
J’ai fait ça sur quelques séries de mangas, aussi, que je n’ai achetées qu’en occasion (et donc en fonction des tomes que je trouvais), et c’est un petit jeu de recoller les morceaux… Les enfants sont moins gênés que les adultes, en général (il manque un tome dans la série ? Pas grave, je prends (et lis) le suivant, je rattraperai plus tard).
Bon, sans parler de toutes les séries TV pour lesquelles, avant l’avènement de la vidéo, puis du streaming, il était fréquent de rater un épisode et de regarder le suivant sans que ce ne soirt gênant outre mesure (c’est pour ça que sur certaines, on a le fameux « dans l’épisode précédent » en début d’épisode…).
Tori.
Sur le compte Facebook des Éditions Dargaud, le 20 août 2025 :
Retrouvez les nouvelles aventures de Blake et Mortimer « La Menace Atlante » par Yves Sente et Peter van Dongen.
Au programme : un récit qui résonne avec l’actualité. Les complots politiques de « l’Enigme de l’Atlantide » laissent place aux problématiques dues à une crise énergétique sans précédent au cœur de la mythique cité !
Et en août, pour l’achat de deux aventures de Blake et Mortimer, l’édition inédite crayonnée de « La Menace Atlante » est offerte ! Découvrez les superbes planches de Peter van Dongen, en attendant la sortie de l’album en novembre !
Un nouvel album Yves Sente et Peter van Dongen, d’après les personnages d’Edgar P. Jacobs
Tome 31 « La Menace Atlante » en librairie le 21 novembre
Les 30 tomes de la série disponibles en librairie
Jim
Une couverture de Blake & Mortimer est plus dynamique qu’une couverture de Largo Winch.
Et puis, y a des décors.
Jim
Par contre, toujours pas de Namor…
Hahahahaha.
Jim
C’est ce que je comprends, oui.
Jim
Logique
Chargé d’une mission gouvernementale de la première importance, Philip Mortimer se rend en Écosse pour étudier d’anciennes terres volcaniques et y tester la viabilité d’une installation géothermique. Il se retrouve ainsi aux premières loges des terribles phénomènes qui touchent alors toute la mer du Nord : des nuées de gaz toxiques et un gigantesque tsunami ? le tout provoqué par des explosions inexpliquées ! Les victimes sont innombrables… sans compter les corps momifiés du Doggerland (lit de la mer du nord) qui remontent à la surface au bout de 10 000 d’ensevelissement. Le Daily Mail titre : « Que se passe-t-il en mer du Nord ? Le Yard impuissant ! » Il est temps que Francis Blake rejoigne Mortimer ! Alors qu’ils sont en pleine exploration sous-marine, leur submersible est endommagé. Les voilà pris au piège de personnages qu’ils ne connaissent que trop bien : Olrik, bien sûr, mais également Magon, le phulacontarque des Atlantes ! Profitant d’une crise énergétique qui touche (également) la Nouvelle-Atlantide et d’une mission de sauvetage envoyée sur Terre, Magon pense avoir enfin trouvé sa chance d’échapper à la prison terrienne et de pouvoir rejoindre son peuple. Son départ ne se fera pas sans mal, et il compte bien récupérer auparavant un maximum d’orichalque, quitte à détruire toute l’Europe du Nord… Avec La Menace atlante, Yves Sente et Peter van Dongen prennent la suite d’E. P. Jacobs et de son Énigme de l’Atlantide publiée en 1957. Les mêmes personnages reviennent, mais la science-fiction d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier. Et quand la mythique cité de l’Atlantide était auparavant menacée par des complots politiques, la Nouvelle-Atlantide doit à présent survivre à une crise énergétique…
- Éditeur : BLAKE MORTIMER
- Date de publication : 21 novembre 2025
- Édition : Illustrated
- Langue : Français
- Nombre de pages de l’édition imprimée : 64 pages
- ISBN-10 : 2870973101
- ISBN-13 : 978-2870973103
- Poids de l’article : 788 g