Chris Samnee :

BONE may just be my favorite comic of all time. The epic story, the adventure, the perfectly timed comedic bits, the utterly beautiful artwork. It was love at first sight for me with this book
Chris Samnee :

BONE may just be my favorite comic of all time. The epic story, the adventure, the perfectly timed comedic bits, the utterly beautiful artwork. It was love at first sight for me with this book
Merci.
Ça me donne envie de relire l’intégrale.
Jim
Et merci pour la chaîne que je ne connaissais pas
J’allais le dire.
Au-delà de l’histoire de Jeff Smith, de sa compagne et de leur création, la vidéo pointe du doigt différentes choses concernant le mainstream (et notamment les tomaisons faciles à suivre : c’est court mais ça tape bien). Et ça réveille en moi des réflexions qui me sont venues récemment, notamment autour de la multiplication des cross-overs intercompagnies (de Godzilla aux catcheurs en passant par la nouvelle association de Marvel et DC, qui en est le point culminant), qui me semblent témoigner d’une forme de panique, en quelque sorte, face à la morosité d’un marché bouché, sans issue.
Jim
Totalement.
Des histoires hors continuité et qui ne peuvent pas donner de suite ou tres rarement.
L évènement qui ne compte pas par excellence.
Et c est cela qui devrait donner du peps au marché ?
Pas imaginatif et à courte vue.
L année d après, tu fais quoi ?
Et puis, l’association avec l’ennemi héréditaire qui, à la suite d’une période de très grand froid (là où les précédentes associations se faisaient à des époques plus chaleureuses : dans les années 1970, les deux rédactions faisaient des matchs de base-ball), paraît presque contre-nature. Là, ça sent vraiment l’union sacrée contre l’ennemi commun (ce qui évite, pendant ce temps, de remettre en question l’approche éditoriale et commerciale).
Ça plus la volonté d’aller draguer le cinéma (le filon Godzilla) ou d’autres secteurs (le jeu vidéo, le catch…), ça sent vraiment l’agitation frénétique pour se faire remarquer.
Jim
Un.crossover avec Ronald McDonald et le chat de chez Feu Vert.
Faut virer les directions éditoriales ou accepter le marasme actuel.
Du sang neuf.
Quand tu lis à quel point brevoort était content de sa ligne x men qui correspondait en tout point à ce qu il avait imaginé et que tu vois ce qui est sorti, tu te dis qu aucune remise en question n est possible par les equipes dirigeantes actuelles.
Ils ont perdu la niaque depuis qu ils ont compris que le cinéma se ferait sans eux.
Ca peut se comprendre d ailleurs. Pourquoi s emmerder si lorsque le truc sur lequel tu bosses donne naissance à un empire et que toi tu n en profite aucunement ?
Donc ils vivotent, ne se font plus chier et gèrent la raréfaction du lectorat.
Ou sinon tu interesses toute la chaîne avec des primes ou autre. Histoire de remotiver tout le monde
C’est quasi-fait : il a une armure et il a la voix du doubleur de Tony Stark !!!
Jim
Comme en 2000 ?
Si tu regardes chez DC, tu sais que c’est là aussi une affaire générationnelle : tant que tu avais Kahn et Levitz qui se battaient face à Warner afin d’imposer l’idée que la BD, c’était la section recherche & développement du cinéma et qu’il fallait laisser bosser les gens, DC proposait des trucs. Le départ de l’une et de l’autre a plus ou moins coïncidé avec l’arrivée de dirigeants plus inféodé à la notion de « marque », de « licence », de « propriété intellectuelle ».
À partir du moment où tu n’es plus présent dans les kiosques, où tes produits sont chers (et pas facilement accessibles) et où la finance te dicte de privilégier les éditions luxueuses et cartonnées, le lectorat, tu l’as déjà perdu.
Et si tu pourras l’attirer avec des cross-overs, tu ne le garderas pas.
Shooter-like.
Jim
C est ça. Ils augmentent les prix pour un lectorat qui a de l argent mais c est comme s ils ne voulaient pas écrire pour lui.
A 40/50, balais tu as l argent mais ce n est pas un nouveau pitch tous les 15 ou 20 numeros qui peut t intéresser ni une redite d il y a 20 ans parce qu il y a 20 ans tu etais déjà là.
Ca avait boosté les choses.
Un mix 2000 et relance post crisis.
Et Marvel ne veut pas écrire pour les jeunes : ils délèguent ça à d’autres éditeurs (un savoir-faire qu’ils finiront par perdre). Les éditeurs de comics ne veulent plus s’adresser aux lecteurs des petits bourgades paumées qui ont un point presse à l’épicerie du coin. Ils ont perdu ce marché, Marvel a tenté de le reconquérir avec sa ligne « ultimate » et ça n’a en gros rien donné.
Et ils en sont aussi à déléguer le secteur du beau livre pour le lecteur « de livres mais pas BD », en filant des projets à gérer par Abrams (l’Avengers par Kid et Cho, le futur Thor par Powell…). C’est un sacré recul. Sur plusieurs fronts.
Il leur reste leur vieux cœur de cible. Mais tu as tout résumé, ces lecteurs vieillissent, ils veulent bien qu’on leur resserve la soupe mais faut pas pousser. Moi, ça fait vingt ans que j’en ai marre qu’on me resserve la même soupe, et j’ai lâché l’affaire avec la période Bendis / Millar, Disassembled / Planet Hulk / Civil War. Désormais, je cherche soit des auteurs capables de me faire renouer avec des sensations oubliée (en gros, de parler à l’enfant que je suis encore, pas de baratiner l’adulte que je suis quand même devenu), et là, c’est Mark Waid par exemple, soit des auteurs qui proposent des choses un peu différentes, des angles nouveaux mais respectueux de la continuité, et là, c’est peut-être plutôt Al Ewing…
Mais je ne veux plus qu’on me vende une approche faussement adulte qui prend les vieux personnages et ma propre connaissance de leur univers à rebrousse-poil.
Des gens comme moi, je pense qu’il y en a plein. Je pense qu’il ont récupéré une génération de lecteurs grâce aux films (pour les premiers longs-métrages, le prescripteur, c’était le papa, qui emmenait ses enfants, c’était frappant dans la salle). Et ça a tenu disons dix ans. Mais là, l’élan cinéma s’essouffle, le public brièvement acquis déserte à nouveau, ça se ressent dans les rédactions, et c’est la panique.
Et pendant un temps, on sentait que l’approche « adulte » (Marvel Knight avait son petit côté Vertigo) fonctionnait, mais bon, Priest ou Jenkins, c’est pas Bendis ou Millar, quoi.
Ça, à savoir une certaine liberté au niveau des editors, et un intéressement aux auteurs. Mais ça impliquerait aussi de freiner sur les cross-overs et cette optique de multiplication des titres et des mini-séries. Là encore, 1986 et 2000 sont des modèles.
Mais effectivement, des numérotations pas bordéliques, des tomaisons claires, moins de mini uniquement pensées pour occuper les rayons, moins de cross-overs afin de laisser bosser les auteurs dans leur bac à sable, ça rendrait l’offre plus lisible.
Jim
J ai l impression qu ils meublent en fait.
Ils ne cherchent pas à raconter quelque chose et encore moins de façon novatrice.
Y a un savoir faire qui s est perdu aussi. Comme au cinéma. Ils ne savent même plus donner l impression qu il se passe quelque chose.
Ouais : ils occupent les rayonnages et le planning.
Je parlais des voix singulières (en évoquant le DC post-Crisis). Aujourd’hui, les voix me semblent moins fortes et moins… polyphoniques, pour rester dans la métaphore chorale. Bon, je lis moins de choses, c’est clair. Donc il doit m’en échapper plein. Mais là où, mettons, Justice League, Lobo, Doctor Fate ou d’autres me donnaient l’impression que même sur les « petites » séries, on pouvait avoir des voix qui sonnaient différemment vers 1986-1990, aujourd’hui, j’ai l’impression que les voix particulières sont, pour l’essentiel, des auteurs bankables. Hickman, bien sûr. Peut-être Ewing.
L’éditorial fait son boulot pour les auteurs à succès. Il vole au secours de la victoire.
Jim
Je suis en train de lire le spectre du coup.
J ai lu la première mini. Et déjà là, tu sais que les auteurs ont des choses à dire sur l humain.
Ils veulent raconter quelque chose de pertinent avant tout, là avec du super heros.
Qui veut raconter quelque chose de pertinent aujourd’hui ?
A la limite, aujourd’hui si ca veut etre pertinent, ca fait de la politique et de la politique ramenée en plus à de la morale.
C est chiant la politique en fiction tres souvent. Faut vraiment etre doué pour faire v for vendetta et ne pas faire du prechi precha