Comédie
Long métrage américain
Réalisé par Charles Reisner et Buster Keaton
Scénarisé par Carl Harbaugh et Buster Keaton
Avec Buster Keaton, Ernest Torrence, Marion Byron, Tom McGuire…
Titre original : Steamboat Bill Jr
Année de production : 1928
Cadet d’Eau Douce (Steamboat Bill Jr en V.O.) a marqué une étape importante dans la carrière de Buster Keaton. Il s’agit en effet du dernier long métrage tourné en indépendant sous la bannière de sa société de production Buster Keaton Comedies. Après plusieurs succès, dont celui de La Croisière du Navigator, les résultats financiers des dernières productions furent jugés plus décevants et son partenaire Joseph M. Schenck a décidé d’arrêter les frais et de fermer la boîte. Buster Keaton a ensuite signé avec la MGM, ce dont il a parlé comme de la pire erreur de sa carrière.
Le cinéma parlant fut en effet pour lui synonyme de la perte de son indépendance, de son perfectionnisme et de sa créativité et s’il continua de tourner régulièrement (à quelques exceptions près), la situation l’a miné et il sombra dans l’alcool. Il n’est pas étonnant que ses films les plus connus et les plus inventifs datent tous du muet, période des histoires les plus savoureuses et des cascades les plus dingues.
Dans Cadet d’Eau Douce, Buster Keaton est William Canfield Jr, un jeune homme qui revient de la grande ville où il a étudié pour rencontrer enfin son père, un marinier bourru capitaine d’un vieux rafiot concurrencé par le beau navire à vapeur d’une compagnie concurrente. Les premiers gags jouent sur la déception de ce vieux loup de mer face à un fiston qu’il juge trop frêle pour ce métier et dont la maladresse, source de situations très amusantes, l’agace…même s’il va finir par s’attendrir au fil des péripéties…
William retrouve par hasard Kitty, la fille de l’ennemi personnel de son père, qu’il avait rencontré pendant ses études. Les deux tombent amoureux, ce que leurs paternels ne voient pas d’un bon oeil. Alors âgé de 32 ans, Buster Keaton a choisi comme partenaire la jeune débutante Mary Byron, qui n’avait que 16 ans lors du tournage. Il faut dire que Keaton, lui-même pas très grand, choisissait le plus souvent des partenaires féminines qui ne le dépassaient pas en taille…
Le dernier acte de Cadet d’Eau Douce enchaîne quelques unes des séquences les plus mémorables de la filmographie de Buster Keaton. La petite bourgade du Mississipi est frappée par un cyclone, les maisons s’envolent et les habitants ont du mal à résister aux vents violents. Keaton est au centre de performances physiques et visuelles jubilatoires, des cascades impressionnantes et souvent dangereuses, telle la plus mémorable du film, la chute d’un mur sur le héros, sauvé par une fenêtre placée au bon endroit.
Buster Keaton avait déjà testé ce genre de gag dans des courts-métrages précédents mais là c’était un véritable mur très lourd, pas une maison de cinéma. La préparation devait être minutieuse, sans aucune marge d’erreur…ce qui fera dire à l’acteur des années plus tard « je devais être cinglé ou je n’aurais jamais fait ce genre de choses »…










