CAPTAIN AMERICA : FIRST AVENGER (Joe Johnston)

Bon, vu la chose. Pas grand chose à en dire, c’est quand même poussif. Je me suis ennuyé pas mal, je dirais que la première partie d’apprentissage n’est pas trop mal (je cherche le positif là), par contre la deuxième partie du film est à chier. Je n’en pouvais plu. Et j’ai failli laisser couler un larme à la mort de Bucky. J’epluchais un oignon.

C’est ça aussi qui est intéressant dans le film, c’est qu’on voit bien que tout est fait pour éloigner Captain America des théâtres d’opération « normaux ». Et quand il affronte l’armée régulière, c’est dans des séquences rapides présentées comme des extraits de son quotidien (et encore, vu la taille du tank, on doute que ce soit l’armée régulière…). Et pour moi, ça fait sens : dans l’univers Marvel où il y a des super-soldats, des super-canons, des super-armes, on voit mal l’armée américaine envoyer leur seul super-soldat sur des théâtres d’opération que l’armée régulière peut gérer. Au contraire, on l’envoie là où l’armée régulière ne peut rien faire. On envoie l’arme secrète sur les batailles spéciales. Ça me semble complètement logique, et assez clairement montré dans le film.

Jim

Tout à fait. C’est une adaptatation Marvel, pas Timely Comics. Captain est sans doute le film Marvel Studios sur lequel j’ai le plus de mal à taper : je ne suis pas un fan du perso à la base mais il a réussi à m’emballer.

Y a pas que la balise spoiler qui fait des facéties en ce moment, fonction « citation » déconne aussi à plein pot.

sur ce coup-là, c’est moi qui m’y suis mal pris.
Et comme je suis parti jardiner un moment et qu’un pote est passé à la maison, forcément, j’ai pas eu le temps de corriger…

Jim

Je l’ai revu ce soir. Enfin bon, en faisant la vaisselle, en fermant les volets, en finissant un courrier, donc pas tout à fait attentivement, mais c’est pas comme si je ne le connaissais pas.
Mais c’est vrai que ça faisait quelque temps que je ne l’avais pas revu.
Et vraiment, j’aime toujours autant.
Il y a des chouettes trucs, des petites lignes de dialogue, des astuces de montage, que je n’avais peut-être pas vraiment remarquées, et qui font plaisir. Celle que j’ai en tête, par exemple, c’est le balancement des deux scènes dans le bar de Londres. La première se situe à la hauteur de la formation de l’équipe, quand tout est encore « enjoué », et la suivante se déroule dans les ruines du troquet, alors que le Blitz est passé par là. Le moral de Cap est altéré par la disparition de Bucky, mais ça fait écho à l’évolution du conflit et à l’évolution de la société, et donc le décor est un reflet de l’état d’âme des héros. Je n’avais pas réellement fait attention à ça, et je trouve que c’est astucieux. Classique, mais efficace.
L’autre dimension à laquelle je n’avais pas prêté attention, c’était la musique. Et là, la composition fait des clins d’œil à Indiana Jones, à Star Wars, aux classiques du genre. Ça fonctionne bien et on le garde dans la tête longtemps.
Quant au numéro monté pour les levées de fonds, c’est une belle prouesse (saluons la traduction de la chanson, qui est vraiment très bien). Le film raconte presque la même chose que Mémoires de nos pères, mais sur un ton souriant et moqueur. J’aime beaucoup.
Et puis, c’est un film qui nous dit que l’Amérique s’est construite sur le nazisme (ce sera confirmé dans le suivant). Pire, même, que l’Amérique est comparable à l’Allemagne nazie, puisque leurs surhommes respectifs sont comparables. Et ça, je dois avouer que je trouve ça assez fort.
Enfin, il y a dans ce film une petite étincelle humaine, idéaliste, presque innocente, qui touche la fibre profonde. Bien souvent, les grandes réussites du genre au cinéma tutoient l’épique tout en développant une tonalité sombre, désabusée voire cynique. Elles reflètent alors la société d’aujourd’hui, mais en oubliant la dimension humaine et sensible. Je crois qu’il y a peu de films de super-héros qui parviennent à reproduire la magie du Superman de Donner (je pense notamment à la mort de Pa Kent dans la cour de la ferme, quelle intensité). Le premier Spider-Man de Sam Raimi, avec les scènes consacrées à Ben Parker, n’est pas loin dans le registre. Et dans ce Captain America, il y a quelque chose du même acabit.

Jim

Oui, scène que j’ai trouvé géniale dès le premier visionnage, pour tout ce que tu dis.
La trad est vraiment épatante !

Ouais, en anglais, ça marche super bien, en français aussi : ça devient rare, de telles réussites de doublage.

Jim

Amen

Je cherchais autre chose (c’est toujours comme ça) et je tombe sur des storyboards de l’excellent Rodolfo Damaggio, qui a trop vite quitté le monde de l’édition pour celui du cinéma :

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Jim

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C’est époustouflant. Merci. Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà vu un story-board aussi précis.
J’ai consulté, je possède, certains story-board de « grands films d’animation » américains et japonais et ça n’approche pas cette précision; alors que l’intérêt de l’outil me semblait prépondérant pour un dessin animé.
Là, tu modifies la maquette, rajoute les bulles et zou, tu le publies comme « la BD du film ».
Tu feras pas mieux.

C’est très chouette.

Y a quelques légendes du storyboard. Dave Stevens, le créateur du Rocketeer, a remplacé William Stout sur le storyboard de certaines scènes d’action des Aventuriers de l’Arche perdue (Stout avait fait quelques illustrations, voir ci-dessous, mais sans aller jusqu’au bout) et il paraît que c’est formidable.

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Stevens a aussi fait le storyboard du Thriller de Michael Jackson, filmé par John Landis. Et ça cogne bien :

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Jim

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Fichtre. C’est excellent ça.

Ce qui m’épate le plus, sur ces story-boards, c’est le détail des décors…
Je veux dire, pour un story-board, ce n’est clairement pas le plus important, l’arrière-arrière-plan !

Tori.

Quant on compare avec le story-board dessiné par Scorcese pour les besoins de « Taxi Driver », le gouffre est en effet abyssal…

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Il dessine bien les télés d’époque.

Ce n est pas ça l info, mauvais titre.

Le bon titre : cap n est pas vierge !

Bah oui il est cancer.