CHARLIE CHAN À LONDRES (Eugene Forde)

MV5BMTY2MDg3MjQ0Nl5BMl5BanBnXkFtZTgwNDQzNzQ0MjE@.V1

REALISATEUR

Eugene Forde

SCENARISTES

Phillip McDonald et Stuart Anthony, d’après le personnage créé par Earl Derr Biggers

DISTRIBUTION

Warner Oland, Drue Layton, Ray Milland, E.E. Clive…

INFOS

Long métrage américain
Genre : thriller
Titre original : Charlie Chan in London
Année de production : 1934

Charlie Chan est un inspecteur de la police d’Honolulu créé par le romancier Earl Derr Biggers dans une série de romans publiés à partir de 1925. Biggers détestait les clichés du « Péril Jaune » et a pensé son héros comme une alternative au Fu Manchu de Sax Rohmer. Malgré ses bonnes intentions et les qualités de son enquêteur, il n’a tout de même pas échappé à certains stéréotypes, comme le fait que Charlie Chan ne s’exprime que dans un anglais limité.

Le personnage a intéressé les producteurs de cinéma dès 1926, mais les trois premières adaptations sur grand écran des écrits de Biggers ont réduit Charlie Chan, incarné à chaque fois par un acteur asiatique, à un rôle secondaire et se sont soldés par des échecs. La quatrième fois fut la bonne. En 1931, la Fox confie le rôle au suédois Warner Oland (souvent cantonné aux rôles de chinois ou d’américains d’origine chinoise…il a même joué Fu Manchu à quatre reprises) pour une longue suite de 16 longs métrages tournés en sept ans. Les Charlie Chan furent d’immenses succès, les productions les plus rentables du studio pendant la plus grande partie des années 30.

Charlie Chan carries on, le premier Charlie Chan de Warner Oland, est sorti en 1931. Sur les suivants, trois sont considérés comme perdus (Charlie Chan’s Chance, Charlie Chan’s Greatest Case, Charlie Chan’s Courage). Charlie Chan à Londres, le deuxième de l’année 1934, est donc la sixième enquête de l’inspecteur qui a moins de trois jours pour innocenter un jeune homme anglais reconnu coupable d’assassinat et condamné à la pendaison. Pour résoudre cette affaire, Chan va devoir se rendre dans un somptueux manoir anglais, où les suspects ne manquent pas (et pour la petite histoire, ce film est mentionné dans le Gosford Park de Robert Altman)…

Charlie Chan à Londres ne se distingue pas par sa mise en scène, très statique. Ce whodunit à la structure classique vaut surtout par sa solide interprétation, Warner Oland en tête. Si le procédé (d’engager un acteur caucasien pour jouer un asiatique…cause principale des nombreuses réactions partagées sur les aventures de Charlie Chan au fil des ans, malgré les aspects positifs de l’inspecteur) reste problématique, le héros est savoureux, cachant sous ses manières douces et ses aphorismes pittoresques un esprit acéré qu’il ne faut pas sous-estimer…

Parmi la distribution, j’ai eu un peu de mal à reconnaître un jeune Ray Milland (Le Crime était presque parfait), qui enchaînait à l’époque les rôles secondaires (six films en 1934). J’ai par contre reconnu la moustache de E.E. Clive, prolifique second couteau aperçu notamment dans L’Homme Invisible et La Fiancée de Frankenstein de James Whale, en flic qui forme un drôle de duo avec Charlie Chan (qu’il persiste à appeler Charlie Chang).

Warner Oland n’a pas joué que Charlie Chan (en 1935, il est par exemple dans l’intéressant Le Monstre de Londres), mais le succès a fait qu’il est resté associé au rôle jusqu’à sa mort en 1938. En 1935, Charlie Chan a donc continué son tour du monde dans Charlie Chan à Paris, Charlie Chan en Egypte et Charlie Chan à Shangaï.

1 J'aime