CINEMA PURGATORIO (Alan Moore, Collectif)

Le scénariste Alan Moore (Providence) et le dessinateur **Kevin O’Neil **se retrouvent… sur une série qui n’est pas La Ligue des Gentleman Extraordinaires ?!?

Les deux auteurs britanniques viennent de lancer une campagne de financement participatif sur Kickstater pour l’anthologie horrifique Cinema Purgatorio que publiera l’éditeur Avatar Press dans le courant de l’année 2016 (si tout va bien).

Mais qu’est-ce que Cinema Purgatorio ?

[quote]Prenez un siège dans l’un des sombres recoins du cinéma [Purgatorio]. découvrez les gens qui le gèrent, les dommages qu’il a causé, et l’histoire de cette femme forcée de dépouiller son âme un film après l’autre.

Chaque numéro et chacun des récits qui le composent est radicalement différent du précédent et, pourtant, tous s’entrelacent dans une stupéfiante complexité comme seul Alan Moore peut le faire.[/quote]

Au programme de ce collectif en noir & blanc, en plus d’Alan Moore et de Kevin O’Neil, les lecteurs retrouveront Code Pru de Garth Ennis et Raulo Carceres (Crossed) racontant les tribulations de l’ambulancière Pru alors qu’elle découvre les créatures de la New York d’en-dessous ;

Ils découvriront ensuite Modded de Kieron Gillen (Über) et Ignacio Calero, sorte de quête aux Pokemons avec des démons et des monstres en lieu et place des jolies petites bestioles ;

Ils suivront Christos Gage et Gabriel Andrade dans leur recherche de la paix mondiale, aidés d’une jeune fille et de son fidèle monstre dans The Vast ;

Et pour finir, ils ré-examineront la Guerre Civile avec A more Perfect Union de Max Brooks (World War Z) et Michael DiPascale. Petite erreur Historique, les sudistes se sont en réalité fait envahir par des insectes géants.

Vous pouvez dès maintenant participer à la campagne de financement participative et recevoir des cadeaux en tout genre, notamment le recueil de Cinema Purgatorio et le premier numéro digital, des sketchs signés, Providence #1 et même un set de cartes publicitaires.

Jetez un œil si elles sont pas belles :

[quote=“Alan Moore”] In a world of used ideas spun out into unending single-premise sagas and told in full cyber-enhanced Technicolor, unapologetically we offer up CINEMA PURGATORIO, a black and white horror anthology which reaches for something both new and startling beyond the endlessly recycled characters and concepts of the 60s and the 70s. An anthology, to let its authors exercise the discipline and the invention that only short stories can provide – and out of which the vast majority of today’s memorable franchises were created – and black and white in order to impose that selfsame discipline upon its artists by removing the alluring camouflage of colour and requiring the same values that the classic comic illustrators made their byword. Why shouldn’t the 21st century enjoy the craft and quality that the E.C. and Warren luminaries managed, but with an originality and freshness born entirely of our anxious present and uncertain future? Why shouldn’t the world once more have horror stories which compel their audience to tremulously tell themselves “It’s just a movie; just a film”?

CINEMA PURGATORIO is an unholy resurrection of the backstreet bug-hutches and fleapits practicing their eerie silver mesmerism on our post-war predecessors, drenched in atmosphere and other less identifiable decoctions. The threadbare arenas to a generation’s adolescent fumblings and upholstery-slashing rage alike, these peeling Deco temples were the haunted, flickering spaces where were bred the dreads and the desires of those Macmillan days; Eisenhower nights. Varnished with blood and Brylcreem, in our razor-collared cutting edge collection we restore the broken-bulb emporiums where, in the creaking backseats, modern terror and monstrosity were shamelessly conceived. In our worn aisles and glossy pages the most individual and inventive talents in contemporary comics are delivering a landmark midnight matinee in monochrome, intent on pushing both the genre and the medium beyond their stagnant formulas and into shapes that suit the unique shadows and disquiets of our present moment.

Take your curling ticket from the withered and embittered woman in the booth, regard uneasily the lobby cards for movies recalled vaguely from a clammy dream, then, if you dare, follow the failing flashlight-puddle of the usherette on down into a different kind of dark.[/quote]

Lien
Le site de l’éditeur: www.avatarpress.com

Donc un éditeur tel qu’avatar press se met au financement participatif ?

Quel drôle de projet … on serait un 1er avril …

[size=150]INTERVIEW DU SCÉNARISTE ALAN MOORE[/size]

C’est dommage hormis les couv de O’Neill (et les photos promo) le reste, typiquement Avatar gore dégoulinant, aurait tendance à me faire fuir!
On jugera sur pièce.

Alan moore : “I have heard it said that there are those among the contemporary audience who feel it is their right to have the characters that they enjoyed as children grow up alongside them (which I think generally translates to “I am not yet ready to give up masturbating while thinking about Catwoman”)”

HEHEHEHE

Voilà une chose à laquelle je pense bien souvent. Me branler sur catwoman ? Peut être. Et encore récemment à la lecture d’un édito de comicbox qui se plaignait de l’image enfantine des comics.

C’est sur qu’une énième complainte de ce type est d’à propos à l’époque où les super héros envahissent toute la culture.

N’aurions nous pas, nous lecteurs patentés du genre, quelque chose de plus intéressant à penser aujourd’hui ?

Certes nous le savons que les comics ne sont pas forcément pour les enfants, ni même les super heros. Nous savons que “l’epoque de la maturité du genre” est une tarte à la crème, nous savons aussi qu’aujourd’hui on conseillerait pas à un enfant de 10 ans la très grande majorités des superslip actuels. On le sait, nous le savons, on le répète, et balblabli et blablabla.

Ca qu’on pourrait savoir aussi, et nous le savons, c’est que nous lisons à 30, à 40 à 50 ans les histoires des même personnages dont nous lisions les aventures à 20, 10 ou 5 ans.

Et cela m’interroge. Mais alors beaucoup.

Une histoire de branlette ? Difficile de s’en dédouaner à priori.

Une passion dévorante pour le même ? Pour la répétition ? Pour la variation sur le même thème ?

De notre expérience de lecteur de super héros nous pourrions sans doute tirer quelques éclairages pertinents sur ce qu’on nomme aujourd’hui l’adulescence. Qu’est ce que nous avons trouvé dans ces figures super héroïques qui ne cesse jamais d’y être trouvé encore encore et encore ?

Est ce la même chose que le pop culture actuelle y trouve ?

Que l’addiction s’impose comme terme générique dans la culture dans le même temps que les super héros s’y installent comme jamais, est ce une coïncidence ?

Le “à suivre” est en parti une façon de se formuler la nature de ce curieux objet dont on ne vient pas à bout.

Le “sense of wonder” sans doute aussi. Qu’on s’en lasse pas, reste énigmatique. Est ce là où énigme nouvelle ?

Que nous soyons si peu prolixe sur cette question est sans doute en lien directe avec ce dont il s’agit.

Il me semble que c’est là un sujet plus intéressant à développer que le pourquoi du comment les super heros c’est pas que pour les enfants.

L’adulescence est sans doute un terme qui masque autant qu’il nomme.

Allongement du temps des études, départ du domicile familial retardé, arrivée du premier enfant autour de la trentaine, insertion dans le monde du travail sur le tard et même allongement de la durée de vie qui remanie les périodes de la vie. Autant de faits sociologiques, de natalités et statistiques venant faire exister un temps nouveau entre l’adolescence et la vie d’adulte tel qu’on l’entendait.

L’adolescence elle même avait connu une élaboration pas si éloignait du mouvement qui amène aujourd’hui à parler d’adulescence. Entre fait sociologique, moment psychique spécifique.

Mais le terme d’adulescence se connote d’une touche dépréciative en tant qu’il vise une période de la vie qui ne devrait pas être, sans légitimité spécifique, plutôt marqué d’un retard, voir d’un refus : celui de grandir.

L’accusation tacite d’enfant attardé pourrait difficilement être porté à partir des faits sociologiques : quid du rapport entre l’enfance et un marché de l’emploi qui n’accepte que peu de nouveau venu, l’augmentation des loyers ?

L’accusation vise en fait les objets de consommations de cette catégories sociologique qui en fait n’est pas spécialement spécifique à cette dernière. Des adultes très intégrés professionnellement, ayant fondé une famille consomment console, super héros, dessin animé.

Le terme d’adulescence visant des gouts autant que des faits sociologiques le tout mâtiné de jugement sur la maturité psychique télescope bien des registres. Par se mot s’articule une logique en causes conséquences qui irait de l’immaturité au gout et de là à la non entrée dans la vie d’adulte, Le bon sens masque ici l’objet en question et repose sur des implicites fallacieux tout en posant un rapport entre des éléments qui relèvent peut être de la coïncidence.

Que règne dans la culture aujourd’hui des personnages, des fictions plutôt tiré du monde de l’enfance c’est sans doute un fait. Est ce que cela témoigne d’un refus de grandir ?

L’implicite de la question est qu’enfant et adulte ne partagent pas les même fictions. Pourtant la vulgate sur les contes pour enfants nous explique que les histoire destiné aux enfants ne voient le jour qu’au 19ème avec quelque coup de semonce avant coureur au 18ème.

C’est dire, si l’on en croit la vulgate, qu’avant cela adulte et enfant partageaient les mêmes récits au coin du feu.

L’adulescence comme gout ne se caractériserait pas tant comme un refus du monde de l’adulte mais comme la coloration du fictif commun aux adultes et aux enfants par des éléments plus près du pole enfant que de celui de l’adulte, du moins tel que le 19ème et 20ème ont posé les gouts de l’enfant.

Reste donc pour avancer sur la question à caractériser la spécificité de la fiction pour enfant comme nouveauté historique au 19ème et 20ème qui peu à peu conquiert un champ fictif qui a toujours été commun.

Ce que tu dis sur les contes “pour enfants”, et sur le fait que, jadis, enfants et adultes partageaient les mêmes fictions (rajoutons ici que la fiction avait des fonctions différentes : pas seulement divertissement, mais aussi métaphore, parabole…) est passionnant.

Quant au fait de savourer des fictions sur la durée avec les mêmes personnages, ma foi, je n’ai pas l’impression que ça soit propre aux super-héros. James Bond, les soap-operas, Plus belle la vie, Spirou et plein d’autres trucs, connaissent des publics qui sont fidèles depuis des années voire des décennies (je suis sûr qu’on peut observer le même phénomène sur les jeux vidéos, je pense).
Est-ce seulement un phénomène lié à “l’adulescence” ? Ce mot est nouveau, est-ce qu’il témoigne d’un truc propre à la société du divertissement ? Ou bien n’est-ce que l’itération récente de choses observables plus tôt ?
Ou bien est-ce seulement lié à la société de consommation qui favorise les licences et les franchises ? Oui, mais dans ce cas, licences et franchises ne sont-elles pas, elles aussi, des itérations récentes et monétisées de trucs plus anciens ?

J’en sais rien, je réfléchis à voix haute, et je dis sans doute des platitudes…

Jim

moi aussi “j’écris à voix haute” ^^. Toujours

dès que j’ai plus de temps j’ai quelques pistes à proposer autour de ces questions. Du repérage pas plus.

[quote=“Jim Lainé”]Ce que tu dis sur les contes “pour enfants”, et sur le fait que, jadis, enfants et adultes partageaient les mêmes fictions (rajoutons ici que la fiction avait des fonctions différentes : pas seulement divertissement, mais aussi métaphore, parabole…) est passionnant.

Quant au fait de savourer des fictions sur la durée avec les mêmes personnages, ma foi, je n’ai pas l’impression que ça soit propre aux super-héros. James Bond, les soap-operas, Plus belle la vie, Spirou et plein d’autres trucs, connaissent des publics qui sont fidèles depuis des années voire des décennies (je suis sûr qu’on peut observer le même phénomène sur les jeux vidéos, je pense).
Est-ce seulement un phénomène lié à “l’adulescence” ? Ce mot est nouveau, est-ce qu’il témoigne d’un truc propre à la société du divertissement ? Ou bien n’est-ce que l’itération récente de choses observables plus tôt ?
Ou bien est-ce seulement lié à la société de consommation qui favorise les licences et les franchises ? Oui, mais dans ce cas, licences et franchises ne sont-elles pas, elles aussi, des itérations récentes et monétisées de trucs plus anciens ?

J’en sais rien, je réfléchis à voix haute, et je dis sans doute des platitudes…

Jim[/quote]

L’adulescence ? Un truc de journaleux ou de psy à deux balles qui a besoin de mettre des gens dans des cases, alors que c’est simplement une évolution de la société !

Avant, les “adulescents” allaient picoler dans les bars jusqu’à plus soif ou restaient coincés dans leur garage à remonter/démonter leur vieille Vespa 400 au lieu de jouer aux jeux vidéo ou de critiquer à tout va, bien protégés derrière leur écran d’ordinateur !

En gros, tu portes un t-shirt de Dark Vador, t’es adulescent !
Tu portes un t-shirt de Ferrari, t’es un adulte !

C’est débile !

l’adulescence comme le terme d’addiction ou plus récemment de radicalisation sont avant tout des termes qui s’imposent dans le discours courant.

Quand bien même ils ne voudraient rien dire, le simple fait qu’ils se soient imposés resterait un fait à cerner.

Qu’est ce que ce terme d’adulescent arrive à toucher pour que tant de personne lui trouvent une utilité ?

Si j’en parlais moi même, c’était pour aborder ce mouvement qui voit, dans la culture, des fictions ou des objets associées à l’enfance s’imposer peu à peu à tous les publics.

Plus qu’un refus de vieillir ou une immaturité persistante, il est possible que ce soit de viser cela qui fait la force de nomination du terme adulescent.

Si le 16ème siècle a vu l’émergence d’un discours scientifique et d’une écriture scientifique inusités, c’est au 18 et 19 ème siecle que les fictions, la littératures, l’histoire avec un grand H se constituent telles que nous les connaissons aujourd’hui.

C’est à la fois une période de recomposition et une période de nouveauté. Dieu, le roi, le nom des ancêtres perdent à cette époque le rôle central qu’ils avaient tenu dans ce qui faisait groupe, famille et société dans l’Europe chrétienne. Nietzsche nomme cela la mort de Dieu, les psychanalystes parlent de chute de la figure paternelle ou encore de chute du symbolique.

Le terme de chute de la figure paternelle peut porter en confusion là où précisément cette chute produit le père de famille tel que nous l’entendons, le père bourgeois pourrions nous dire un peu rapidement. On passe un peu vite sur ce fait que la figure de l’enfant advient aussi à cette époque.

Un bref coup d’œil sur l’histoire de l’art, notamment de l’art antique, frappe qu’on n’y trouve quasiment aucune représentation des enfants. Même les figures de déesse mère sont très peu accompagnés d’enfant ou de nourrisson.

S’il y a bien un art qui popularisera entre tous la figure de l’enfant c’est bien la religion catholique attestant que les rapports de cette religion aux enfants est bien de nature singulière et que ce n’est pas non plus qu’une question d’opportunité pour les pédophiles d’avoir étaient si nombreux à trouver dans cette religion un lieu adéquat à leur sexualité.

Le 18 et 19 ème voient l’arrivée de la quotidienneté dans l’art et les enfants y sont représentés comme occupant une part importante de la vie des femmes et des maisons.

La représentation artistique n’est pas sans lien avec les discours des époques qui les ont vu naitre.

Ni femmes ni enfants ne font clairement parti de l’humanité chez les grecs.

Dans la chrétienté la femme n’est pas une autre partie de l’humanité, elle est un homme, un peu moins réussi peut être mais un homme. Si on y regarde de plus prés il est assez drôle de constater d’ailleurs que les théories des genres dupliquent et sécularisent le rapport du ma à la femme à savoir une simple fonction de mœurs. Là où les grecs et le 19 ème voit dans la femme quelque chose de très éloigné de l’homme dans son corps même.

Hors humanité, homme en devenir ou raté : la femme est l’enfant semblent souvent partager un destin commun dans les divisions anthropologiques.

La figure de l’enfant ayant une vie d’enfant se forge aux 19 eme et depuis cette époque occupe un place de plus en plus central dans notre société. Il faut ajouter qu’en contrepartie c’est la figure de l’adulte qui se constitue également. Le terme générique d’homme, d’age d’homme hors duquel on ne possède ni place ni sexualité s’élargit pour accueillir en son sein des divisions : enfant, adolescent, adulte et que très récemment la femme dont on discute encore du statut (homme comme un autre ou pas ?).

Pour se convaincre du role de plus en plus central de l’enfant dans ce qui fait société, il suffit de constater la bascule touchant le crime le plus abominable qui passe du parricide (encore aux 19eme) à de nos jours les crimes ayant pour victime des enfants. La tabou passe du meurtre du père à la relation sexuelle avec l’enfant.

Droits des enfants, protection de l’enfance, école obligatoire, interdiction du travaille sont autant de sujet brulant durant le 19ème. Mais aussi et surtout c’est le siecle de la littérature pour enfant.

Ce mouvement de promotion de l’enfant inauguré au 19ème connait son triomphe aujourd’hui avec le mariage pour tous et les droits à avoir un enfant qui font tant paniquer les réactionnaires: ce qui se joue entre autre c’est que la famille aujourd’hui n’est plus un effet du symbolique et du mariage mais qu’elle existe quand l’enfant existe. C’est l’enfant qui fait famille et non plus le nom du père et les sacrements associés.

Que peut on avancer après ce très minimal tour d’horizon ?

Il me semble déjà que l’on peut soutenir que si les fictions pour enfants conquièrent aujourd’hui la culture dans son ensemble, cela fait partie d’un mouvement bien plus vaste de la promotion de la figure de l’enfant sur tous les plans : politique, sociologique, anthropologiques, culturelle donc, économique, juridique etc.

Mais que dit on lorsqu’on dit enfant et lorsqu’on dit littérature pour enfant ?

Dire que la figure de l’homme s’ouvre à l’enfant, c’est dire que la figure de l’homme s’ouvre au discontinue mais aussi à la chronologie et quand je dis chronologie, je dis en fait fiction (début milieux fin).

Au 19ème siecles les structures fictionnelles investissent le sujet. Tout le monde accède au statut de sujet. Les pays s’inventent une histoires : ils font dépendre leur identité d’un récit qui touche non plus un groupe mais un espace. C’est l’invention de la tradition, “nos ancêtres les gaulois!”. Les rois ne disaient pas “nos ancêtres les gaulois”, nous le disons. Nous inventons l’histoire.

Les fictions élaborées durant des millénaires sont brusquement réinjectées dans l’espace, créant l’espace nationale, mais aussi dans le sujet lui même qui se fictionnalise en enfant et adulte.

L’enfant c’est ce qui arrive quand l’homme n’est plus issu de la transmission du nom mais qu’il est le produit de la fiction.

Quelle fiction pour le produit de la fiction ? C’est à ça que nous devons répondre si on veut cerner la littérature pour jeunesse.

Voici quelques extraits de Cinema Purgatorio #1 :

Source : www.bleedingcool.com

Du fort encourageant et du moins…en NetB ça passe bien, surtout pour les trucs “moins”(les passages de guerre par exemple) mais y a fort à parier qu’une bonne colo ´toshop à la truelle va passer par là :unamused:

Sinon, nemo, tu n’“écris pas à voix haute” tu te “lis écrire” c’est pas pareil (je précise que c’est une boutade, rien de méchant, :wink: la preuve j’ai même une proposition indécente de chroniques musicales à te soumettre si tu es intéressé :mrgreen: )

[quote=“silverfab”]
Sinon, nemo, tu n’“écris pas à voix haute” tu te “lis écrire” c’est pas pareil [/quote]

aie bobo.

J’ai coutume de dire que s’écouter parler c’est encore l’une des meilleures façon de savoir si on dit des conneries. Est ce que ça marche pour se lire ecrire ?

c’est très gentil à toi. Mais tu n’as peur de rien j’ai des associations très douteuses. Et puis j’y connais rien en musique, depuis une paire d’année mon modus operandi en musique, c’est une fois tous les deux mois une petite nuit youtube à circuler de lien en lien à partir des musiques que j’aime pour me faire un stock de nouveaux morceaux.

désolé du temps de reponse j’avais oublié cette discussion, surtout que j’avais des trucs à dire en plus.

L’idée était assez simple : le 18/19 eme siècle connait une grande mutation du cadre littéraire. Est abandonné la structure tragique et mythique au profit d’une promotion de la subjectivité. La tragedie est transférée à l’histoire qui devient l’Histoire, on passe des chronologies des dates à l’Histoire comme cause necessaire selon le modèle tragique avec en corollaire l’invention de la tradition et de l’identité. Le mythique lui va dans les contes pour enfants qui sont crées pour l’occasion.

Voilà j’ai fait bref.

On peut dire non à une relecture des Vengeurs de Hickman sur fond de Nicoletta alors ?

maintenant que tu le dis !

[quote=“Jack!”]

On peut dire non à une relecture des Vengeurs de Hickman sur fond de Nicoletta alors ?[/quote]

On se doit de dire non je pense au risque de voir cette brave Nicoletta se retourner dans sa tombe (ah, on me glisse dans l’oreillette qu’elle n’est pas morte…raison de plus pour ne pas la pousser dans la tombe via des usages peu catholiques de ses immortels tubes).

Pas de soucis pour le délai de réponse Nemo, il m’arrive aussi d’oublier :wink:

Et sinon, je viens de “lire” (c’est beaucoup dire vu qu’à la moitié j’ai lu ça en diagonale) ce premier Cinema …et c n’est clairement pas ma came.
Déjà niveau graphisme à part O’Neill le reste me fait vomir les yeux, et puis coté scénars, format (n’)aidant (pas) ça m’a pas donné envie (le récit de Moore par exemple fait anecdotico-gratuit…même si je sais ce n’est qu’un “début”)

Bref, vous me direz si c’est une révolution, mais c’en sera encore une qui passera sans moi :laughing:

Les sollicitations de novembre :

[quote]CINEMA PURGATORIO #7
$6.99
Cover: Kevin O’Neill
Writers: Alan Moore, Garth Ennis, Max Brooks, Kieron Gillen, Christos Gage
Artists: Kevin O’Neill, Raulo Caceres, Michael DiPascale, Ignacio Calero, Gabriel Andrade
MR, B&W, 48 pages, ongoing monthly, no ads

The screen goes dark and you hear the “tick-tick-tick” of the reel flapping as it whips unchecked around the spool. There’s something horrible in that sound. You still can’t believe what you just watched… but at least it’s over. Who made these movies? There’s something very wrong about them and you should go, just get up and leave. Maybe after this next feature… Now showing: Cinema Purgatorio by Alan Moore and Kevin O’Neill, A More Perfect Union by Max Brooks and Michael DiPascale, Code Pru by Garth Ennis and Raulo Caceres, Modded by Kieron Gillen and Ignacio Calero, and The Vast by Christos Gage and Gabriel Andrade. Each story has its own cover by the series artist and there is also an Ancient Tome Premium edition limited to 1000 copies.[/quote]

[quote=“n.nemo”]
L’idée était assez simple : le 18/19 eme siècle connait une grande mutation du cadre littéraire. Est abandonné la structure tragique et mythique au profit d’une promotion de la subjectivité. La tragedie est transférée à l’histoire qui devient l’Histoire, on passe des chronologies des dates à l’Histoire comme cause necessaire selon le modèle tragique avec en corollaire l’invention de la tradition et de l’identité. Le mythique lui va dans les contes pour enfants qui sont crées pour l’occasion.

Voilà j’ai fait bref.[/quote]

Je suis un être de contradiction : je n’aime pas les posts trop longs, mais quand c’est trop court, il m’arrive d’en redemander.

En l’occurrence, ce que tu appelles la “tragédie”, c’est à l’idée de cause ? C’est donc dans le sens de “tragédie grecque” ?
Et donc, la littérature était tragique jusqu’au XVIIIe, mais j’ai du mal à comprendre ce qu’elle est aujourd’hui.

Jim

Qu’est ce que je racontais et où voulais je en venir ?

Il me semble que les récits n’ont pas milles formes, ils servent une fonction dans ce qu’ils articulent, fonction qui fut notamment cernée du coté grec par la question de la catharsis.

Certain récit, les mythes, seraient de l’ordre d’une description de la structure dans laquelle est prise le sujet. Structure du monde, de la société et réduit par levi straus à la structure du langage comme structure phonique faisant la structure de la parenté.

Les tragédies sont de cet ordre également mais insiste en effet sur la question de la cause qui détermine le sujet de part en part, destin qui s’abat sur lui, qu’il entretient et qui le condamne à ployer sous lui sans droit à la parole.

les tragédies parlent de nécessité, c’est lorsque la structure tragique est investit dans la chronologie qu’elle y introduit le sujet pour créer l’Histoire. Les sciences humaines seraient pour beaucoup, à ce titre, des exégèses littéraires de la tragédie.

Mais il y a un autre type de récit, qui portent non sur la structure de ce qui tient le sujet mais plutôt sur les affres du sujet lui même. On pourrait dire que ce sont des récits qui portent sur l’amour. Ils ont leur structure mais c’est celle du sujet et non celle de l’Autre. Denis de rougemont indique la naissance de ce type de récit en occident comme accusé réception par l’amour courtois, et les troubadours des récits iraniens. Il fait de Tristan et Iseult le paradigme de ce type de récit, puis il suit comment à travers moult retournements ce récit donne naissance au roman moderne au 19ème siècle, mais aussi au discours sur la sexualité moderne comme matérialisation biologique des affres de l’amour. Partant, il fait de la psychanalyse une exégèse littéraire du roman courtois pourrions nous dire après lui mais sans le suivre jusque là.

La structure très stricte des histoires avec début milieu fin cède et se démantèle aux 19ème, déconcertant les critiques littéraires qui y voient des romans inachevés, madame Bovary étant qualifié de longue exposition sans récit. C’est le sujet du livre “le fil perdu” de rancière. Ce qui est promu alors c’est la subjectivité avec son corolaire l’objet d’amour.

C’est des points de repaires qui n’ont pas vocations à devenir systéme.